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III. CLASSE

OLIGOCHÈTES 1 (LUMBRICINA)

Vers annelés chétopodes . sans antennes, ni par apodes, mais pourvus de soies disposées en faisceaux sur chaque segment ou réparties sur un même cercle entourant le segment. Hermaphrodites . Habitent presque tous les eaux douces ou la terre humide.

Morphologie externe. — Tandis que les Polychètes sont presque exclusivement

1 F. Vejdowsky, System und Morphologie der Oligocliæten, Prag, 1884. — F. E. Beddard, A Monograph of lhe order of Oligochæta, Oxfort, 1895.

MORPHOLOGIE EXTERNE

marins, les Oligochètes habitent presque tous les eaux douces, la vase et la terre humide dans laquelle ils se creusent des galeries. Toutefois quelques espèces ( Clitellio , Heterochæta , plusieurs Pachydrüus, Pontodrilus ) habitent soit la zone littorale, soit des terrains fréquemment mouillés par la mer. La taille varie de dimensions presque microscopiques ( OEolosoma ) ou très petites (Chætog aster), jusqu’à plus d’un mètre ou môme près de deux mètres de long qu'atteignent fréquemment les Vers de terre des pays chauds ( Anteus , Microchæta , Geoscolex , etc.).

La morphologie externe des Oligochètes est beaucoup plus simple que celle des Polychètes. Aucun de ces animaux ne présente ni antennes, ni palpes, ni parapodes, ni par conséquent de cirres d’aucune sorte. De tous les appendices étudiés chez les Polychètes, il ne reste que les soies locomotrices , disposées d’ordinaire en quatre rangées longitudinales, symétriques deux à deux de chaque côté du corps. Il existe un segment prébuccal correspondant au protoméride des Polychètes. Ce protoméride s’allonge en une sorte de tentacule très long chez les Stylaria , assez court chez les Rhinodrilus\ il peut être séparé du deutoméride par une ligne droite, s’encastrer, en quelque sorte, dans celui-ci et s’y enfoncer jusqu’à la ligne de séparation avec le tritoméride ( Lumbricus ), ou bien encore ne présenter aucune ligne postérieure de délimitation (Naïdimorpha,

Enchytræimorpua, Tubificimorpha), autant de caractères qui doivent être signalés dans les diagnoses génériques ou spécifiques.

La bouche est située au-dessous du protoméride (fig. 1164, u" 2) et en avant du deutoméride ou segment buccal. Ce dernier peut présenter quelques caractères particuliers comme l’absence de soies; en général, tous les autres segments se ressemblent, et le corps, cylindrique sur la plus grande partie de son étendue, se termine par un certain nombre de segments plus étroits e.“ dessous montrant le protomé-

r ride au-dessus de 1 orifice buccal:

que les précédents et dont le dernier porte l’anus. 11 3, soie locomotrice (d’après Eisen). peut arriver cependant que quelques segments antérieurs présentent des soies autrement conformées ou autrement disposées que les segments suivants. Les Dero,Bohemilla , Stylaria, Slavina ne présentent, par exemple, que des faisceaux de soies ventrales sur leurs premiers segments qui sont par conséquent dépourvus des longues et fines soies capillaires que présentent les faisceaux dorsaux de soies chez les Naïdimorpha. D’autre part, chez les Aulophorus et les Dero le dernier segment du corps s’épanouit en un large pavillon cilié qui porte sur sa face dorsale (Dero) ou sa face ventrale ( Aulophorus ) des digitations dont il sera question p. 1676. Quelquefois l’arrangement et plus rarement la forme des soies se modifient à mesure que l’on s’éloigne de l’extrémité antérieure du corps ( Geoscolex ;

Fig. 1 IGi. — Lumbricus rubellus.

— 1, individu entier; Cl, clitellum ; 2 extrémité antérieure vue

OLIGOCHÈTES.

Vrochæta). D’autres fois encore des organes respiratoires en forme de digitations simples se montrent soit en arrière (Chætobranchus) , soit en avant ( Branchiura , Alma), divisant ainsi le corps en deux régions, mais les formes pourvues de tels organes respiratoires sont très peu nombreuses. Au contraire, à l’époque de la maturité sexuelle, presque tous les Oligochètes présentent un épaississement glandulaire et opaque d’un nombre variable de segments de leur corps. Cet épaississement, chargé de sécréter un anneau chitineux qui unit les deux individus pendant l’accouplement et de produire l’enveloppe du cocon dans lequel ces animaux enferment leurs œufs, est le clitellum ou ceinture génitale. Très souvent il existe le long de la ligne médiane dorsale, à l’intersection des segments consécutifs, une série de pores; ce sont les pores dorsaux. Sur le prolongement de l’une ou l’autre des deux rangées de soies de chaque côté, on aperçoit une rangée d’orifices; ce sont les orifices des néphridies , dont la position par rapport aux soies fournit de bons caractères chez les Lumbricimorpha; mais l’attention est surtout attirée, à l’époque de la reproduction, par une paire d’orifices dont la position varie, car ils peuvent être situés soit très en avant du clitellum, soit à sa surface, soit immédiatement en arrière : ce sont les orifices génitaux mâles. On distingue aussi plus en avant, en général, des orifices plus petits, ceux des poches copidatrices ou spermathèques et ceux des oviductes. Ce sont là les seules particularités qui donnent prise à une première observation chez les Oligochètes.

Soies locomotrices. — La forme des soies locomotrices est elle-même d’une grande simplicité. Ces soies sont des bâtonnets chitineux dont les formes se rattachent à quatre types : 1° les soies capillaires , très allongées, fines et pointues, le plus ordinairement lisses, quelquefois barbelées ( Bohemilla ); — 2° les soies pectinécs , légèrement courbées en forme d ’/, présentant vers le milieu de leur longueur une sorte de nodosité, et terminées à leur extrémité libre par deux crochets pointus, légèrement recourbés, supportant entre eux une lame chitineuse, à bord libre dentelé; — 3° les soies fourchues , qui ne diffèrent des soies pectinées que par l’absence de la lame dentelée; — 4° les soies simples, c'est-à-dire non fourchues à leur extrémité libre, droites, assez brusquement recourbées à leur extrémité interne ( Enchy træus) ou légèrement tordues en forme d’/ très allongé. Les trois premières sortes de soies peuvent se rencontrer simultanément chez les Naïdimorpha (à l’exception des Chætogastridæ), un certain nombre de Tubificidæ ( Tubifex , Psammoryctes, Ilyodrilus, Spirosperma) ; les soies des Naïdimorpha ou des Tubificimorpha, qui ne sont ni capillaires ni pectinées, sont très généralement fourchues; mais les deux dents de la fourche, souvent inégales, peuvent devenir à peine distinctes' ou même ne pas exister chez les Lumbriculidæ ; les Enchytræimorpha et les Lumbricimorpua n’ont, en général, que des soies simples; toutefois les soies des Vrochæta sont légèrement entaillées à leur extrémité libre et la simplicité de l’extrémité n’exclut pas certaines complications de détail. C’est ainsi que les soies des lthinodrilus et des Vrochæta présentent des saillies chitineuses arquées, à leur concavité dirigée vers la pointe libre; Savigny parle aussi de soies épineuses dans son genre Hypogeon, qui n’a pas encore été reconstitué, il en existe réellement chez les Anteus et les Vrochæta-, l’ornementation peut d’ailleurs se limiter à certaines soies occupant des positions particulières et paraissant avoir des fonctions propres, telles que les soies génitales, dont il sera question tout à l’heure.

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