Loc. cit., 1878, XLV. p. 261, lab. 111, lig
au début elle n'est pas nettement délimitée et se colore par les réactifs tout autrement que le reste du corps. La substance protoplasmique y est notablement plus claire et plus finement granuleuse. Tout d'abord, cette zone se forme autour d'un diverliculum du noyau dont les dimensions ne sont pas considérables dans le principe; aune phase plus avancée la zone protoplasmique devient plus volumineuse, prend ordinairement l'aspect d'un ovoïde et s'individualisa progressivement, en s'entourant d'une membrane qui réfracte fortement la lumière. De plus, une cavité se creuse autour de ce bourgeon en voie de développement. Le diverliculum du noyau maternel se prolonge alors jusque vers le milieu du corps protoplasmique individualisé. A son extrémité libre, il est généralement épaissi, tandis qu'il se pédiculise vers l'autre extrémité. On remarque ainsi une tendance à la séparation du bourgeon nucléaire du noyau maternel. Quant au corps du germe, il a la même constitution qu'au stade précédent. Plus tard, l'individualisation devient complète par la rupture du pédicule reliant le diverticulum nucléaire au noyau du parent. -A cette phase, le bourgeon paraît tenu en suspension dans une cavité, à paroi bien distincte, creusée dans le protoplasma de l'Acinète; on voit encore le fragment du nucléus maternel se mouler contre la paroi externe de la cavité. Il arrive quelquefois que le germe possède alors un aspect réniforme, aspect qu'affecte également le noyau. Enfin, l'embryon prend l'apparence d'un ovoïde et se recouvre, vers le premier tiers de sa petite extrémité, d'une couronne de longs cils vibratiles; il est alors complètement développé et ne demande plus qu'à être expulsé. )>
Fraipont a constaté encore la conjugaison de deux Acineta tuherosa, phénomène déjà observé par quelques zoologistes chez d'autres espèces, mais dont les conséquences sont tout à fait inconnues.
g 2. — CARACTÈRES COMMUNS, CLASSIFICATION ET PARENTÉ DES INFUSOIRES TENTACULIFÈRES
Il nous est facile, après l'étude que nous venons de faire des formes diverses présentées par les Infusoires Tentaculifères, de résumer les caractères du groupe. Tous ces organismes sont unicellulaires; ils sont formés d'un corps protoplasmique dans lequel on distingue assez facilement un endosarque granuleux, peu dense, opaque, et un ectosarque plus dense, moins granuleux, incolore. Ils possèdent un noyau unique, à forme très variable et une membrane d'enveloppe plus ou moins cuticularisée. Le corps protoplasmique émet des appendices recouverts par la membrane très amincie, rétractiles, mobiles,
INFUSOIRES TENTACULIFÈRES. 313
tantôt tous scnibliibles et servant alors, à la fois, d'organes de succion et d'organes de préhension ; tantôt différenciés, les uns en suçoirs, les autres en filaments préhenseurs. Le corps est tantôt nu, tantôt enveloppé plus ou moins complètement d'une logelte formée par une portion de la cuticule; il est tantôt libre, tantôt sessile, ou même porté par un pédicule. 11 existe toujours une ou plusieurs vacuoles contractiles.
La reproduction s'effectue par fissiparité, par gemmation interne et par gemmation externe; on a constaté une conjugaison dont les suites ne sont pas connues. Les embryons sont ciliés soit en totalité, soit sur une partie plus ou moins étendue de la surface de leur corps; chez les embryons ciliés de quelques espèces, on a constaté la production d'une bouche rudimentaire.
Fraipont a émis au sujet de la gemmation interne et externe de ces animaux une opinion qu'il me paraît utile de citer ici. « Si, dit-il\ l'on considère que l'ectosarque des Protozoaires est analogue physiologiquementàl'ectoderme des Métazoaires et que, d'autre part, l'endosarque correspond physiologiquement à l'endoderme des animaux supérieurs; si l'on se rappelle, d'un autre côté, que chez certains zoophytes tout au moins, les œufs se forment aux dépens de l'endoderme, les spermatozoïdes aux dépens de l'ectoderme, et que la fécondation n'a, par conséquent, pour but que de reconstituer un oiganisme formé d'éléments qui dérivent des deux feuillets primordiaux du parent; -on peut se poser la question : les petits embryons des Acinétiens ne sont-ils pas analogues aux éléments maies des animaux supérieurs, les gros embryons ne sont-ils pas les analogues des œufs, et la formation du nouvel être n'est-elle pas le résultat de la fusion d'un gros et d'un petit embryonTIl n'y a pas de faits dans la littérature qui permettent de trancher cette question, et mes recherches personnelles ne m'ont pas permis delà résoudre; toutefois, elles m'ont conduit à la présenter dans tout son jour, et maintenant c'est à l'observation directe seule à la vérifier. »
Nous avons déjà, à propos des Infusoires Ciliés, indiqué la parenté probable des Infusoires Tentaculifères. L'état cilié de leurs embryons, le fait que certaines formes adultes passent par des périodes alternatives de liberté pendant lesquelles leur surface se couvre de cils vibratiles et de repos où les cils tombent et sont remplacés par des suçoirs, le développement d'une bouche rudimentaire dans les embryons de certaines espèces, tous ces caractères indiquent nettement
l.Loc.cit., 1878, XLV, p. 503.
314 PHOTOZOAIRES.
qu'il existe une parenté étroite entre les Tentaculifères et les Ciliés, et permettent de supposer, ou bien que les deux groupes sont issus de parents communs qu'il faut chercher probablement parmi les Amœbiens à pseudopdes nombreux et très fins, ou bien que les Tentaculifères dérivent des Ciliés. Cette opinion est celle que Fraipont admet le plus volontiers. « En effet, dit-il, la présence de cils vibi'atiles chez les embryons des Acinétiniens et la faculté que possèdent un certain nombre d'entre eux de reprendre ce revêtement ciliaire à l'état adulte, le prouvent, si l'on admet que le développement ontogénique d'un organisme soit l'histoire en raccourci de son évolution phylogénique, et que tel ou tel caractère ancestral puisse reparaître à un moment donné. Enfin, il est un fait qui, s'il est confirmé, serait la meilleure preuve que les Acinétiens proviennent des Ciliales. c'est l'apparition à un point déterminé du corps de certains embryons, d'un cytostome rudimentaire, observé par R. Hertwig chez la P. gemmipara. »
Le petit groupe des Tentaculifères se compose actuellement de onze genres qui peuvent être classés dans neuf familles. Ces dernières peuvent être divisées en deux grands groupes, d'après l'absence ou la présence d'une tunique servant à loger le corps.
A. NUDO-TENTACULIFÉRES
Corps nu.
Fam. I. Triciiophrydés. — Corps nu; sans pédicule ni logette; émettant des bouquets de tentacules suceurs simples ou ramifiés; vivent appliqués contre d'autres corps.
i. Tnchophnja : Suçoirs non ramifiés.
■2. Digitiphrya : Suçoirs divisés en plusieurs branches.
Fam. II. Sph.erophrvdés. —Individus libres; corps habituellement arrondi, muni de suçoirs simples, pouvant perdre ses suçoirs et acquérir des cils vibratiles qui tombent ensuite et sont de nouveau remplacés par des suçoirs.