II. Radiolaires
g I. — ÉTUDE DES PRINCIPALES FORMES I. RADIOLAIRES A UNE SEULE CAPSULE OU MONOCYTTARIENS.
Thalassicola pelagica H/ECkel^ — Ce Radiolaire a été décrit pour la première fois par Ihcckel qui le trouva en abondance dans les eaux du détroit de Messine et put l'étudier à l'état vivant.
Pour obtenir ces animaux en bon état, Hceckel recommande de
Fig. 105. — Thalassicola pelagica (d'après Haeckel).
les pêcher avec des vases en verre ; quand on les prend au filet, ils meurent et s'altèrent très rapidement.
L'animal entier atteint jusqu'à 2 millimètres de diamètre. Il est sphérique et très transparent , entouré de pseudopodes radiés. Son
1. H^CKEL, Die Radiolarien. lena, 1862, p. 247, tab. I, lig. 1-5.
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corps est formé de deux pailles bien distinctes : un endosarque limité par une membrane résistante et un ectosarque très riche en grandes alvéoles.
La ca})sule qui limite l'endosarque et qui est décrite sous le nom de capsule centrale, atteint un demi-millimètie de diamètre ou môme davantage. Elle est constituée par une membrane sphérique, résistante, incolore, très élastique, épaisse. Sur une coupe transversale, elle montre de très nombreuses stries radiées qui répondent à autant de canalicules faisant communiquer la cavité de la capsule avec l'extérieur. Les mêmes coupes montrent encore, sur l'épaisseur de la membrane capsulaire, un petit nombre de stries circulaires, concentriques, qui répondent probablemeni à
Fig. 1U6. — Portion de Thalassicola pelagica vue en coupe optique (d'après Heeckel). — m, capsule centrale; v, vacuole;/, cellule jaune.
des couches superposées. La surface de la capsule offre un pointillé noirâtre, indiquant les pores qui la traversent.
Au centre de la capsule centrale se trouve une grosse vésicule que Hœckel nomme vésicule interne {Innerblase),el qui répond sans nul doute au noyau delà cellule, si l'on admet que l'animal soit unicellulaire. Cette vésicule est remplie d'une substance protoplasmique visqueuse, claire, incolore, très finement granuleuse. Sa membrane limite est mince et transparente; vue de face, elle présente un aspect réticulé très remarquable, dû à ce qu'elle est soulevée en un très grand nombre de petites boursouflures ou évaginations remplies par la substance protoplasmique hyaline qui forme son contenu.
En dehors du noyau ou vésicule interne, la capsule centrale offre un grand nombre de vacuoles sphériques, creusées dans un protoplasma granuleux d'autant plus dense qu'il est plus rapproché du noyau. Ce protoplasma avec ses vacuoles constitue l'endosarque. Les vacuoles sont sphériques, claires et disposées très régulièrement en rayon entre le noyau et la capsule de l'endosarque. Les espaces qui les séparent sont remplis par du protoplasma. Les vacuoles ou vésicules sphériques de l'endosarque sont limitées par du protoplasma épaissi en une membrane solide; elles sont remplies d'un liquide incolore et contiennent presque toujours une ou plusieurs grosses vésicules graisseuses, très réfringentes. Certains zoologistes considèrent les vacuoles comme des cellules véritables, mais l'absence constante de noyau et la nature vésiculeuse qui les caractérise rend cette manière de voir tout à fait inadmissible.
Contre la face interne de la capsule limitante de l'endosarque se voient de trente à quarante ou même jusqu'à cent grandes gouttes sphériques de substance huileuse.
L'ectosarque, situé en dehors de la capsule centrale, est formé de substance protoplasmique creusée d'énormes vacuoles sphériques. Hteckel lui donne pour ce motif le nom d'enveloppe alvéolée (Alveolenhûllé). Son épaisseur est considérable; son diamètre est de quatre à six fois celui de la capsule centrale. Les alvéoles que contient l'ectosarque sont d'autant plus grandes qu'elles sont plus voisines de la périphérie. La substance protoplasmique interposée aux alvéoles est plus dense au voisinage de l'endosarque où elle communique, par les pores de la capsule, avec le protoplasma de l'endosarque. De cette couche protoplasmique profonde partent de nombreux pseudopodes grêles qui se prolongent entre les alvéoles et font saillie en dehors de l'ectosarque.
Les pseudopodes manifestent une grande tendance à s'anastomoser entre les alvéoles pour former des masses protoplasmiques à aspect et à mouvements amœboïdes très remarquables. Les alvéoles de l'ectosarque sont tout à fait sphériques à lapériphérie, etplus ou moins polygonales dans le voisinage delà capsule centrale. Le protoplasma de l'ectosarque n'est pas pigmenté comme dans un grand nombre d'autres Radiolaires; mais, dans le protoplasma voisin de la capsule où s'accumule d'habitude le pigment, on constate la présence d'un très grand nombre de globules graisseux réfringents.
Dans cette région et aussi dans le protoplasma interposé aux alvéoles de l'ectosarque se voient un grand nombre de vésicules colorées en jaune, sphériques, limitées par une membrane propre très
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mince. On ignore le rôle de ces vésicules ou a cellules jaunes » qui se trouvent dans 1.1 plupart des Radiolaires.
La partie des pseudopodes qui fait saillie en dehors de l'ectosarque présente de nombreuses granulations qui se meuvent avec une assez grande rapidité sur les individus bien vivants.
Le Thalassicola nndeata Huxley', qui est voisin du précédent, possède quelques caractères de détail qu'il est bonde signaler. La capsule centrale présente, indépendamment des pores signalés pi us haut, des épaississemenls en forme de lignes saillantes disposées en réseau à sa surface qui en acquiert un aspect très remarquable. Le noyau ou vésicule interne situé au centre de l'endosarque est lisse à sa surface. La couche protoplasmique de Tectosarque située contre
V\is. 107
— l'oitiuii (1:3 l'ectDsaniuc du TkalassicoUi nucleata (d'aiurs ll.ockel). V, alvéoles; j, cellules jaunes ; r, pseuiioijodcs.
la capsule centrale est colorée par un pigment foncé. Les pseudopodes qui en partent sont gros, cylindriques, n'ont aucune tendance à s'anastomoser les uns avec les autres et se prolongent en dehors de l'ectosarque en cordons cylindriques qui se nouent au niveau de leurs extrémités libres et donnent à cette espèce un aspect très caractéristique.
Phy^emalium J/^H/eri Schneider". — Celte espèce se distingue "des précédentes par deux caractères importants, dont un acquerra, dans les formes que nous aurons ultérieurement à examiner, une importance de plus en plus considérable.
1. H.ECKEL, Monalsb.,\m<^, p. 71)'.); Die liadiol arien, \s. 203, tub. 111, fig. 1-5