Loc. cit. p. 534 tab. XXXIV, fig
RADIOLARIENS. 133
Il est facile de comprendre que, partant de ce point, on puisse arriver à des formes que l'on ne connaît pas encore, mais qui pour-
Eig. 126. — Sphœroioum Ilaliciim (d'après Hœckel).
raient être aussi variées que celles qui nous ont été présentées par les Radiolaires simples, la différence consistant toujours en ce que
Fig. 127. — Collosphœra fluxleuii.
dans le groupe dont nous parlons, les capsules centrales étant multiples, les squelettes le sont également. Nous croyons inutile
d'entrer ici dans réliide de ces formes qui sont d'ailleurs beaucoup moins nombreuses que celles des Monocyttariens.
p. — CAnACTÈRES COMMUNS, CLASSIFICATION ET PARENTÉ DES RADIOLAIRES
Il est facile de distinguer parmi les caractères des formes décrites plus haut ceux qui sont constants et ceux qui au contraire sont plus ou moins variables.
Les trois caractères les plus constants, ceux qui donnent aux Radiolaires leur physionomie spéciale, sont : 1" l'absence de membrane d'enveloppe; 2" la division du protoplasma qui forme le corps de l'animal en deux portions toujours distinctes : l'une centrale (endosarque), entourée d'une membrane propre (capsule centrale) et contenant une vésicule centrale ou noyau; l'autre périphérique (ectosarque), nue et émettant des pseudopodes grêles, radiés, plus ou moins anastomosés entre eux et pourvus de granulations qu'entraînent des courants protoplasmiques manifestes.
Nous devons signaler encore parmi les caractères communs aux Radiolaires la présence, soit à la fois dans l'ectosarque et dans l'endosarque (Thalassicola), soit particulièrement dans l'endosarque {Heliosphœra, etc.), de vésicules très grandes, sphériques ou parfois polygonales par pression réciproque, remplies d'un liquide clair, et contenant aussi quelquefois de grosses gouttelettes huileuses, très réfringentes. J'ai déjà dit plus haut que ces larges vésicules sont considérées par quelques zoologistes comme des cellules véritables, et j'ai exposé les motifs pour lesquels cette opinion me paraît devoir être rejetée.
Indépendamment de ces grandes vésicules ou alvéoles on trouve dans presque tous les Radiolaires des vésicules jaunes (cellules jaunes) dont le rôle est encore tout à fait inconnu, et dont la valeur morpliologique est également discutable.
Rappelons encore la présence fréquente dans les Radiolaires d'un pigment, tantôt dissous dans le liquide de la vésicule centrale, tantôt à l'état de granulations dans la couche protoplasmique située en dehors et dans le voisinage de la vésicule centrale.
Le squelette des Radiolaires est toujours, quand il existe, formé de silice; nous ne reviendrons pas ici sur les formes nombreuses qu'il peut revêtir; bornons-nous à rappeler que son caractère essentiel et constant est d'être formé de baguettes situées dans l'épaisseur même du protoplasma du corps de l'animal, et disposées soit en simples rayons, soit en réseaux à mailles plus ou
KADlOLAUlIiNS. 135
moins larges. Un caractère important de ce squelette est la régulante géométrique des formes qu'il atîecte, régularité qui ne se présente dans aucun autre groupe d'animaux avec la même netteté. Il est fort difficile d'expliquer la j)roduction de ces formes géométriques. Nous pouvons cc})endant être mis sur la voie d'une explication plausible de ce phénomène, si nous ne perdons pas de vue que le squelette des Radiolaires, comme celui de tous les autres organismes vivants, est l'œuvre du proloplasma. Le protoplasma vivant travaille surplace; il prend dans l'eau au milieu de laquelle s'écoule son existence les principes inorganiques qui doivent entrer dans la composition du squelette et ])Our lesquels sa propre composition lui donne une affinité spéciale. Dans le cas actuel, ce corps inorganique est la silice ou tout au moins un sel siliceux dissous dans l'eau et susceptible de produire de la silice insoluble, après avoir été absorbé parle Radiolaire vivant. Rappelons-nous maintenant que, d'après l'hypothèse généralement admise aujourd'hui, le protoplasma est formé de molécules solides polyédriques, séparées les unes des autres par un liquide. S'il en est ainsi, on pourra supposer que ces molécules elles-mêmes sont groupées de façon à former des figures plus grandes, nécessairement géométriques, limitées par des courants liquides au niveau desquels pourra se déposer la silice destinée à former le squelette. Ce dernier sera donc fatalement constitué par des pièces disposées de façon à former des figures géométriques très régulières. Telle est l'explication à laquelle peut nous conduire la manière de voir admise par les naturalistes au sujet de la constitution du protoplasma. Si cette explication est légitime, nous nous trouvons en présence d'un fait confirmant pleinement ce que vous m'avez déjà bien des fois entendu dire, qu'il n'y a pas un seul acte produit par l'organisme des êtres vivants qui n'ait été ou ne puisse être, tôt ou tard, expliqué par des phénomènes j)uiement physiques ou chimiques.
La respiration et la nutrition s'effectuent dans les Radiolaires comme dans les Héliozoaires. Les rhizopodes saisissent les corpuscules alimentaires solides et les attirent dans l'ectosarque où ils sont digérés. La respiration s'eftectue directement. Les mouvements sont lents, semblables à ceux des Héliozoaires.
On ne sait à peu près rien de la reproduction des Radiolaires. Il est très probable qu'ils se reproduisent par la segmentation de leur protoplasma, mais on ignore de quelle façon cette segmentation s'effectue.
Schneider a constaté que la capsule centrale du Thalassicola
136 PROTOZOAIKES.
micleataUjECK. séparée de l'animal, peut produire un individu nouveau. Ce phénomène n'a rien qui puisse nous étonner, étant donnés les pores qui traversent la capsule centrale et par lesquels le protoplasma contenu dans sa cavité peut s'épancher au dehors.
Dans les Radiolaires Polycyttariens HEeckel a constaté une multiplication par division. Le corps de l'animal se segmente tout entier en deux parties à peu près égales qui vivent séparées. « L'étranglement et la scission de la capsule centrale produisent des amas de cellules qui se séparent les unes des autres et vont former des colonies distinctes. » La capsule centrale des Radiolaires est très générale ment regardée comme jouant un rôle important dans la reproduction. John Mûller ^ a constaté dans la capsule centrale d'un Acanthometra la présence de petits corps mobiles, probablement produits par la division du protoplasma contenu dans la capsule. Hseckel- a constaté également dans la capsule centrale du Sphœrozoum, la présence de corps mobiles, flagellés, considérés comme destinés à servir à la reproduction. Mais les observations les plus précises que nous connaissions à cet égard, sont celles qui ont été laites par Cienkowski^ Dans le Collosphœra Huxlei/ii, il vit apparaître dans le contenu de la capsule, plusieurs vésicules délicates qui se divisèrent ensuite en corps plus petits dont il ne put poursuivre' le sort. Dans des Collospluera spinosa, observés à Naples en février, il trouva la capsule centrale remplie d'un grand nombre de petits corps sphériques, mobiles, qui dans un cas sortirent de la capsule et prirent la forme de zoospores ciliées.
Il nous sera maintenant facile d'établir la parenté des Radiolaires. Ils sont manifestement très voisins des Foraminifères dont le protoplasma est, comme celui des Radiolaires, nu à la surface, et émet des pseudopodes radiés, habituellement anastomosés et pourvus de granulations et de courants protoplasmiques.
Mais les Radiolaires se distinguent nettement des Foraminifères : en premier lieu, par la division du protoplasma en un endosarque et un ectosarque, par la présence d'une membrane autour de l'endosarque; en second lieu, parlanature et le siège du squelette quand il existe. Le squelette des Foraminifères est toujours périphérique, chitineux ou calcaire; celui des Radiolaires est siliceux, situé dans l'épaisseur même du protoplasma et formé de baguettes tantôt simplement rayonnantes, tantôt disposées en grillages, tandis que le