In Abhandlungen der Berl. Akad
2. Die Radiloarien, p. 147, tab. XXXIII, fig. 1-9. ;^. In Arch.f. mil.r. Anat., 1871, VII.
RADIOLARIENS. 137
squelette des Foraminifcres est formé de test à parois pleines ou simplement munies de pores très fins.
On peut admettre avec quelque chance de ne pas se tromper, que les Radiolaires et les Foraminifères sont issus d'une souche commune représentée par les Rhizomonériens. Cette opinion est plus probable que celle qui considérerait les Radiolaires comme issus des Foraminifères, ou les Foraminifères comme issus des Radiolaires. Ces deux groupes produits par une même souche ont évolué ensuite parallèlement, et il est facile de trouver en eux des formes tout à fait analogues. Dans les deux groupes, on passe de formes d'abord très simples, pourvues d'un squelette simplement chitineux, à des formes pourvues d'un squelette plus complexe, mais d'un côté, encore simples, puis à des formes composées, les Polythalame^f les Cyrlida et les Polycyllaria de l'autre.
Ces deux groupes se terminent de la mêm.e façon en s'épuisant. Il n'existe en effet aucune autre classe de Protozoaires qu'on puisse considérer comme dérivant soit des Foraminifères, soit des Radiolaires.
Les Radiolaires sont tous des animaux aquatiques. Un petit nombre seulement, les Âctinophryens, habitent les eaux douces, lesautres sont marins. Les Radiolaires d'eau douce se trouvent habituellement dans la vase ou le sable.
Quant aux Radiolaires marins ils vivent surtout à la surface de la mer ou entre deux eaux. Après la mort des animaux, les squelettes tombent au fond de la mer et contribuent h. en former le sol.
Ainsi que nous l'avons dit en parlant des Foraminifères, les Radiolaires sont relativement peu nombreux entre le 60'' degré de latitude nord et le 60" de latitude sud. Au delà de ces limites, au contraire, entre les pôles, les Radiolaires sont extrêmement nombreux. Dans le sol des mers polaires leurs squelettes prédominent sur ceux des Foraminifères. Rs y sont accompagnés de très nombreux squelettes également siliceux de Diatomacées.
Les squelettes des Radiolaires se montrent en grande quantité dans certains dépôts géologiques. Huxley pense qu'ils ont dû être très abondants dans les terrains crétacés où cependant on ne les trouve plus aujourd'hui. Il attribue celait à ce que les squelettes ont été dissous, puis reprécipilés à l'état de silex pour former les rognons siliceux qui abondent dans la craie.
En tenant compte des caractères indiqués plus haut, on peut diviser les Radiolaires, suivant qu'ils vivent isolés ou en colonies, en deux grands groupes : les Monocyllariens ou Monozoaires, dans
lesquels les individus sont isolés et ne présentent, par conséquent, qu'une seule capsule centrale ; et les Polycyllariens ou Polyzoaires, dont les individus se réunissent en colonies sphériques qui présentent autant de capsules centrales qu'elles comprennent d'individus. Les Monocyttariens eux-mêmes peuvent être subdivisés, d'après la présence ou l'absence d'un squelette, en un certain nombre de groupes secondaires. Nous résumons dans le tableau suivant les caractères de ces grandes divisions :
Allthidés ou Thalassicolidés. Pas de squelette siliceux. Capsule centrale très développée.
— Marins.
Radiolaires. — Corps protoplasinique nu ; divisé en deux parties : l'une centrale toujours entourée d'une « capsule cen-
tral
e » , 1 autre péri-
phérique émettant de très nombreux pseudopodes radiés, ordinairement anastomosés. Squelette siliceux formé de baguettes diversement agencées.
MONOCVTTARIENS
{Monocyttaria).
Individus isolés.
Une seule capsule centrale.
Polycyttariens.
Individus réunis en colonie.
Plusieurs capsules centrales.
Ectolithldés.
Squelette siliceux toujours extracapsulaire.
Entolithidés .
Squelette extra-capsulaire et intra-capsulaire.
Alilhidés. Sans squelette.
Lithidés. Pourvus d'un squelette.
CyHidés. Squelette largement ouvert à une extrémité aune ou plusieurs chambres inco mplètement closes.
Ampkilidés. — Squelette formé de spiculos ou de sphères grillagées disposées en dehors de la capsule centrale, et complètes.
RADIOLARIENS. 139
Quant à la division des Radiolaires en tribus, familles et genres, nous nous bornons à reproduire la classification de llœckel :
FAMILLES, SOUS-FAMILLES ET GENRES DES RADIOLAIRES (d'APRÈS HA-CKEL)
A. - RADIOLAlllA MONOZOA (MONOCYTTARIA).
Car. : Radiolaires pourvus d'une seule capsule centrale; animaux unicellulaires, vivant isolés.
Aa. — ECTOLITHIA.
Car. : Radiolaires monozoaires sans squelette ou avec un squelette extra-capsulaire.
Tribu I. — Collida.
Car.: Pas de squelette, ou squelette formé simplement de spicules adhérentes à la capsule centrale. Capsule centrale sphérique.
Fam. 1. Thalassicollida. — Pas de squelette.
Genres : Thalassicolla, Thalassolampe.
Fam. II. Thalassosph/ERIDA. Squelette formé de simples spicules disposées tangentiellement à la surface de la capsule centrale.
Genres : Physematium, Thalassosphœra, Thalassoplancta.
Fam. III. AuLACANTHiDA. — Squelette formé de spicules disposées en partie tangentiellement et en partie radialement à la surface de la capsule centrale.
Genre : Aulacantha.
Tribu II. — Acanthodesmida. Caractères de la famille.
Fam. IV. Acanthodesmida. — Le squelette est formé de quelques bandes ou bâtonnets irrégulièrement reliés et formant un treillage lâche, mais ne constituant pas une véritable enveloppe grillagée. La capsule centrale, située au centre du treillage, n'est pas traversée par les bâtonnets; elle a ordinairement une forme sphérique.
Genres : Lithocircus, Zygostephanus, Acantliodcsmia, Plarjiacantha, Prismatium, Dlctyocha.
Tribu III. — Cyrtida.
Le squelette est formé d'un test treillage, tantôt simple, tantôt divisé en deux ou plusieurs compartiments superposés ou disposés à côté l'un de l'autre, par des cloisons longitudinales ou transversales. Les formes principales sont sphériques, ellipsoïdes, cylindriques, coniques et fusifornios. Quehjue dilférenle que soit la forme, il existe toujours un axe longitudinal idéal très nettement reconnaissable.' Les deux pôles affectent des formes différentes : le pôle apical est voùlé en coupole et recouvert par letreillage; le pôle inférieur ou basilaire est ouvert ou bien possède un treillage tout différenl. ]>e développement du test commence par le pôle apical. La capsule centrale est logée dans la partie supérieure du lest; elle est ordinairement divisée vers le bas en plusieurs lobes. Elle est entourée d'une matrice d'épaisseur variable, s'étendanl jusqu'au bas du test treillage extérieur et émettant toujours de nombreux pseudopodes soit à travers le treillis, soit par rorilice du test; la matrice contient toujours plusieurs cellules jaunes.
140 l'IlOTOZOAlRES.
Fam. V. MoNOCYRTiDA. — Le test treillage est simple, non cloisonné.
Genres : Pylosphœra, Haliphormis, Cyvlocalpis, Lilharachnium, Cornutella, Spirillina, Halicalyptra, Carpocaniiim.
Fam. VI. Zygocyutida. — Test treillage divisé par une cloison longitudinale médiane en deux compartiments semblables et collatéraux.
Genres : Diclyospyris, Ceratospyris, Cladospyrls, Pelalospyris.
Fam. VII. DicYRTiDA. — Le test treillage est divisé par une cloison transversale en deux compartiments dissemblables, superposés.
Genres : Dictyocephalas, Lophophœna, Clathrocaniiim, Lamprodiscus, Lithopera, Lithomelissa, Arachnocory», Dictyophimus, Eiicecryphalus, Anthocyrtis, Lychnocan'uim.
Fam. VIII. Stichocyrtida. — Test divisé par deux ou plusieurs cloisons transversales en trois ou plusieurs compartiments dissemblables, superposés.
Genres: Lithocampe, Eucyrtidium, Thyrsocyrtis, Lithoeorythium, Pterocanium, Dictyoceras, Lithornithium, Rhopalocaniiim, Ptcrocodon, Podocyrtis, Dictyopodium.
Fam. IX. PoLYCYRTiDA. — Test divisé par deux ou plusieurs cloisons les unes longitudinales, les autres transversales, en trois ou plusieurs compartiments dissemblables collatéraux ou superposés.
Genres : Spyridobotrys, Lithobotrys, Botryocampe, Botryocyrtis.
Tribu IV. — Eth.mosph/Erida.
Le squelette est formé d'un test treillage, unique, simple, extra-capsulaire sphéroïde, ou bien de plusieurs sphères treillagées concentriques et reliées par des bâtonnets rayonnants. La sphère plus interne renferme une capsule centrale sphérique.
Fam. X. Heliosph.erida. — Le squelette est formé d'une sphère grillagée unique, extra-capsulaire, avec ou sans aiguillons radiaux.
Genres : Cyrtidosphœra, Ethmosphœra, Heliosphœra.
Fam. XL Arachnosph.erida. — Le squelette est formé de deux ou plusieurs sphères grillagées contiguës extra-capsulaires, reliées par des bâtonnets radiaux.
Genres : Diplosphœra, Arachnosphœra.
Tribu V. — Aulospilerida.
Fam. XII. Aulospilerida. — S((uelette composé de plusieurs tubes simples, creux, les uns radiaux, les autres tangentiels, les uns formant une sphère grillagée simple, tandis que les autres font saillie sous la forme de piquants. La capsule centrale est sphérique et suspendue au centre de la sphère grillagée.
Genre : Aulosphœra.
Ab. — ENTOLITHIA,
Radiolaires Monozoaires pourvus d'un squelette extra-capsulaire et d'un squelette intra-capsulaire.
Tribu VI. — Cœlodendrida.
Fam. Xlll. Cœlodendrida. — Squelette formé d'une coque treillagée sphé-
RADIOLARlEiNS. 111
roïde, entourée par la capsule ccnlrale spliérique; de cette coque partent des piquants radiés, creux, qui traversent la capsule.
Genre : Cœlodendrhim.
Tribu Vil. — Cladococcida.
Fam. XIV. Cladococcida. — Squelette formé d'une sphère trcillagée entourée par la capsule centrale spliérique; de la sphère grillagée partent plusieurs piquants radiés, simples ou ramilles, solides, traversant la capsule.
Genres : Rhapltidococcus, Cladococcus.
Tninu VIII. — Acanthometiuda.
Squelette formé de plusieurs piquants radiaux traversant la capsule centrale et se réunissant au centre de celte dernière sans former de coque grillagée. Les cellules jaunes ex tra-capsulaires qu'on trouve chez tous les autres Radiolaires n'existent pas ici. Les pseudopodes restent visibles chez l'animal mort, sous la forme d'une couronne de cils revêtant l'enveloppe gélatineuse qui entoure les piquants.
Fam. XV. Acanthostaurida. — Squelette formé de vingt })iquan(s radiaux, disposés symétriquement d'après la loi de Mùller, réunis au centre de la capsule centrale et soudés les uns aux autres.
Genres : Acanthometra, Xiphacantha, Amphllonche,Acanthostaurus, Lithoptcra.
Fam. XVI. Astrolithida. — Le squelette se compose de vingt piquants radiaux disposés symétriquement suivant la loi de Mùller et fusionnés au centre de la capsule centrale en une pièce unique, indivisible, éloilée.
Genres : Axtrolitlnum, Staitrolithiiim.
Fam. XVII. LiTriOLOPiiiDA. — Squelette formé de plusieurs piquants radiaux, sans arrangement spécial, unis dans la capsule centrale.
Genre : Lilholoplius.
Fam. XVllI. Acanthochiasmida. — Squelette formé de piquants radiaux qui traversent diamétralement la capsule centrale, quelquefois la perforent deux fois, et se touchent dan's le centre de la capsule centrale mais sans se soudt^r.
Genre : Acanthochiasma.
Tribu IX. — Diploconida.
Fam. XIX. Diploconida. — Squelette formé d'un test siliceux homogène non treillage, entourant la capsule centrale. Dans son axe longitudinal passe un piquant très long qui traverse la capsule de part en part et dont la partie médiane est reliée au test. Les pseudopodes qui rayonnent de la capsule centrale intérieure n'apparaissent qu'à travers de larges orifices situés au niveau de deux pôles semblables de l'axe longitudinal.
Genre : Diploconus.
Tribu X. — Ommatida.
Squelette formé d'un test treillage, sphéroïde, extra-capsulaire, unique ou bien de plusieurs tests sphéroïdes, concentriques, emboîtés les uns dans les autres et réunis par des bâtonnets radiaux. La capsule centrale est toujours entourée d'au
Ii2 PROTOZOAIRES.
moins un test et perforée par des bâtonnets radiaux qui partent du test et se réunissent vers le centre de la capsule.
Fam. XX. Dorataspida. — Squelette composé d'un seul test sphéroïde unique renfermant la capsule centrale et émettant les piquants radiaux qui perforent la capsule et sont entrelacés au centre de cette dernière.
Genres : Doraiaspis, Haliommatidium.
Fam. XXI. Haliommatida. — Squelette formé de deux tests sphéroïdes concentriques, reliés par des piquants radiaux; l'un des tests est en dedans et l'autre en dehors de la capsule centrale.
Genres : Aspidomma, Haliomma, Tctrapyle, Heliodiscus, Ommatospyris, Ommaiocampe.
Fam. XXII. Actinommatida. — Squelette formé de 3, 4, ou plus tests sphéroïdes, situés les uns en dehors, les autres en dedans de la capsule centrale, et reliés par des piquants radiaux.
Genres : Actlnomma, Didymocijrtis, Cromyomma, Chilomma.
Tribu XI. — Spongurida.
Squelette en partie ou en totalité spongieux; composé soit extérieurement soit dans toute sa masse, d'un agrégat irrégulier de compartiments ouverts. La capsule centrale est traversée et entourée par le squelette spongieux.
Fam. XXIII. Spongosph.erida. — Squelette irrégulièrement spongieux dans sa partie externe, avec deux ou plusieurs sphères grillagées régulières, concentriques, reliées par des bâtonnets radiaux et situées dans la capsule centrale.
Genres : Rliizosphœm, Spongosphœra, Dictyoplegma, Spongodictijum.
Fam. XXIV. Spongodiscida. — Squelette tout entier irrégulièrement spongieux, avec des compartiments irrégulièrement disposés.
Genres : Spongodiscus, Spongotrochus, Spongunis, Dictyocoryne, Rhopalodictyiim.
Fam, XXV. Spongocyclida. — Squelette irrégulièrement spongieux à la périphérie, formé au centre de plusieurs compartiments disposés en anneaux concentriques, réguliers.
Genres : Spongocyclia, Stylospongia, Spongasteriscm.
Tribu XII. — Discida.
Squelette formé par un disque plat ou en forme de lentille biconvexe, composé de deux plaques parallèles ou bien de deux plaques concaves appliquées l'une contre l'autre par leurs faces concaves; plaques munies de trous. Entre les plaques passent plusieurs anneaux concentriques ou bien les tours d'une poutre spiralée, coupés par des poutres radiales de façon à former entre les deux plaques des rangées de chambres disposées en cercles ou en spirale. La capsule centrale est discoïde, enfermée dans le disque et traversée par des cloisons.
Fam. XXVI. Coccodisgida. — Le compartiment central du disque cloisonné est entouré de tous les côtés par un seul test treillage unique, ou par plusieurs tests concentriques emboîtés les uns dans les autres et reliés par des baguettes radiales. Les rangées de compartiments disposées autour du test extérieur sont disposées en cercles concentriques.
Genres : Lithocyclia, Coccodiicus, Stylocyclla.
RADIOLAIIIENS. 143
Fam. XXVII. Trematodiscida. — Le compartiment centrai n'est pas différent des autres compartiments disposés autour de lui en cercles concentriques.
Genres : Trematodiscus, Pericklamyilium, Stijlodiclija, lihopalastrum, Histiastnim, Euchilonia, Stephanaslrum.
Fam. XXVIII. Discosi'Irida. — Le compartiment central du disque ne diffère pas des autres qui sont disposés en spirale autour de lui.
Genres : Discospira, Sti/lospira.
Tribu XIII. — Lithelida.
Fam. XXIX. Lithelida. — Squelette spliéri(iue ou ellipsoïde composé de plusieurs disques parallèles, réunis par leurs surfaces aplaties. Cliacjue disque est composé, comme dans les Discospirida, d'une rangée de chambres disposées en spirale autour de l'axe du disciue. L'axe commun à tous les disques, autour duquel passent toutes les rangées spirales des compartiments, est, dans les formes ellipsoïdes, perpendiculaire au grand axe de l'ellipse. La capsule centrale est sphérique ou ellipsoïde, enfermée dans le test et traversée par ses cloisons.
Genre : Litheliiis.
B. R.XDIOLARIA POLYZOV (POLYCYTT.VRIA).
Radiolaires à plusieurs capsules centrales, ou réunions d'individus vivant en société.
Tribu XIV. — Spilerozoida.
Le squelette manque ou est formé de spicules isolées, disséminées autour des capsules centrales.
Fam. XXX. Collozoida. — Pas de squelette.
Genre : CoUozomn.
Fam. XXXI. Raphidozoida. — Squelette formé de spicules isolées, disposées tangentiellement autour des capsules centrales.
Genres : Sphœrozoum, Raphidozoum.
Tribu XV. — CoLLOSPHiERiDA.
Fam. XXXII. Collosph^rida. — Squelette formé de sphères grillagées simples, enveloppant chacune une capsule centrale.
Genres : Collosphœra, Siphonosphœra.
Quelques genres de Radiolariens sont rendus très remarquables par la présence d'un flagellum analogue à celui que nous aurons à signaler dans les Infusoires- Flagellates. Tels sont les Actinomonas qui n'ont ni capsule centrale, ni squelette et peuvent être considérés comme des Héliozoaires; et les Cnchilonia, spongocyclia et spongateriscus que leur capsule centrale rend semblables aux autres Radiolaires vrais. Ces genres servent à relier les Radiolariens aux Infusoires-Flagellates.