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II. — T HÉCOFLAGELLÉS

Dans toutes les formes d'Infusoires Flagellâtes que nous avons étudiées précédemment, la cellule unique qui constitue le corps de l'animal est munie d'une membrane cellulaire plus ou moins cuticularisée, mais adhérente au protoplasma; l'animal lui-même peut être considéré comme nu, d'où le nom de Nudo/lagellés que nous pouvons donner, avec llœckel, à tout ce groupe de Flagellâtes.

INFUSOIRES FLAGELLATES. 195

D'autres formes d'Infusoires flagellés se présentent au contraire à nous avec un corps logé dans une sorte de carapace ou test chilineux, parfois très résistant, indépendant de la membrane cellulaire, et sécrété par l'animal lui-même. Nous donnerons à ce groupe d'Infusoires Flagellâtes le nom de Théco flagellés.

Nous pouvons étudier comme premier exemple une espèce très répandue dans les eaux des étages, le Bicosceca lacustris Clark *.

Fig. 177, — Dikœca {Bicosœca) lacustris. — a, logette ; b , son bec ; n , noyau; c, vacuole contractile ; st, pédicule.

Fig

178. — Bikœca ( Dicosœea ) lacustris en jvoie de division transversale.

Fig. 179.|— Bikœca [Bicosœca) lacustris après la division.

Ils se distinguent par l'absence de collerette; leur flagellum est très long; et ils sont rattachés au fond de leur logette par un pédicule protoplasmique contractile qui, partant de la face dorsale de leur corps, va s'insérer dans le fond de la loge. A l'aide de ce filament l'animal peut se retirer dans le fond de sa logette où on le voit souvent ramassé sur lui-même et comme plié en deux. La loge est chitineuse comme celle du Salplngœca; elle est ovoïde, à grosse extrémité dirigée vers le bas et fixée par un pédicule court. Son extrémité supérieure est rétrécie et n'offre qu'un orifice étroit,

1. Ann.and Mag. Nat. Ilist., i" sér., I, p. U'J, — BuTsCHLi, in Quart. Journ. of micr. se, 18 9, XIX, p. 76, t. VI, fig. 12,

au niveau duquel se trouve la bouche de l'animal et par lequel sort le flagellum. Cet orifice offre, sur le bord opposé au flagellum, une sorte de petit bec allongé, qui donne à l'ensemble de la loge l'aspect d'une burette. La multiplication se fait par division transversale; il semble qu'au moment de la segmentation la loge se rompt en travers, de façon à laisser sortir l'un des deux animaux produits par la segmentation.

Le Bicosœca lacnstris se multiplie surtout par division transver-

Fig. 180. — Salpingœca gracilis Fig. 181. — Salpingœca oblonga

(d'après Biitschli); un trait ellip- (d'après Stein). — n, noyau ; c,

tique transversal doit unir les c, vésicules contractiles,

deux traits verticaux qui sont situés de chaque côté du flagellum. — n, noyau ; v, vésicule contractile.

sale. Le corps de l'animal acquiert d'abord une taille considérable et arrive à remplir complètement la logette; puis un sillon transversal apparaît vers le milieu du corps qui se divise bientôt en deux parties à peu près semblables, l'une supérieure qui sort bientôt de la logette, l'autre qui reste fixée au fond de cette dernière par le fila-

INFUSOIHES FLAGELLATES. 11)7

ment contractile. Cette dernière ne larde pas à produire un flagelliini et à offrir l'aspect qu'avait l'animal avant la division. La portion supérieure, devenue libre dans l'eau, présente une extrémité antérieure conique munie, de deuxllagellums etune extrémité postérieure arrondie. Le plus long des deux flagellums traîne dans l'eau tandis que le plus court est dirigé en avant et joue le rôle d'organe locomoteur. Après que l'animal s'est mu librement dans l'eau pendant une heure environ, il se fixe sur un corps étranger, sécrète une carapace et acquiert rapidement les caractères de l'état adulte K

Une deuxième forme du même groupe est représentée par le Salpingœca gracilis Clark*. Ce petit organisme est formé par un corps elliptique, muni, au niveau de son extrémité antérieure, d'un flagellum et d'une collerette semblable à celle du Codonosiga Bothnjtis. Le noyau est volumineux; il est situé près de l'extrémité antérieure; plus en arrière existe une vésicule contractile. Lorsque celle-ci se contracte, elle est remplacée par plusieurs petites vacuoles qui se réunissent ensuite pour former une nouvelle vésicule unique. La vésicule se déplace souvent pour se porter en avant. Le corps de cet animal est logé dans une sorte de cornet transparent, en forme de verre à Champagne, évasé dans le haut, rétréci dans le bas, fixé sur un corps étranger par un pied grêle, plus ou moins allongé. Cette coupe étant beaucoup plus grande que le corps de l'animal, celui-ci en occupe à peine le tiers. Il se tient d'habitude dans le voisinage de l'orifice, en dehors duquel sa collerette et son flagellum font saillie; mais il se retire parfois tout à coup jusque dans le fond de sa logette. Clark avait admis que ce mouvement était produit par un mince cordon contractile, qui partant de l'extrémité postérieure de l'animal irait s'insérer dans le fond de la logette; Biitschli n'a pu reconnaître positivement l'existence de ce cordon ; cependant il dit que dans un cas il lui a semblé voir un très mince filament partir du corps de l'animal et aller s'insérer sur le fond de la logette. Cette dernière paraît être formée par une substance chitineuse très transparente ; elle est relativement très résistante.

On n'a jusqu'à présent observé le Salpingœca gracilis qu'à l'état solitaire, on ignore de quelle façon il se reproduit; il est probable qu'après qu'un individu s'est divisé, l'un des deux êtres

1. Voy. Saville Kent, A Manual of the Infusoria. part. II, p. 275.

2. Ci.ARK, 4nn. and Mag. Nat. hist.. -i-- s(-r., l, p. l'.lt), tab. VI, fig. 28, 39. — BuTSCHM, in Quart. Journ. of micr. se, 1879, XIX, p. 73, tab. VI, fij;. 8. — Stein, Der Urgan. der Jnfus., lll, Heft !, tab. X, Abth. III, fi-. I-l. ^

produits par la segmentation se sépare de l'autre et va se fabriquer ailleurs une logette.

Nous pourrions citer encore un grand nombre d'autres Thécoflagellés à existence solitaire, mais les exemples précédents indi-

Fig. 182. — Dinobnjon stipitatum (d'après Stein).

Fig. |i83. — Poteriodendron petiolalum (d'après Stein).

quent suflisamment les caractères des principales formes de ce groupe pour que nous n'ayons pas à insister davantage.

Parmi les Thécoflagellés vivant en colonies, nous prendrons comme premier exemple le Dinobryon stipitatum Stein'.

1. Stein, Der Organ. der Infus., III, Heft I, tab. XII, fig. 5.

INFUSOIRES FLAGELLATES.

Chaque individu est constitué par un corps elliptique, muni à son extrémité supérieure de deux flagellums, l'un long et l'autre beaucoup plus court, situés près de la bouche. Un point oculiforme rouge se voit aussi dans le voisinage de cette dernière; plus bas, se trouvent une vacuole contractile et un noyau; on voit aussi sou-

Fig. 181. — Spongomoiias Uvella (d'après Stein).

Fig. 185. — Spongomonas Uvella (d'après Stein).

vent une grosse vésicule de matière grasse. Le corps de l'anmial est logé, comme celui du Salpingœca gracilis, dans un long cornet chitineux, très transparent, en forme de verre à Champagne, fixé par un long pied grêle. En se divisant, l'animai produit deux individus nouveaux, dont l'un reste dans la loge primitive, tandis que

Fig. 186. — Spongomonas L't)e//a (d'après Stcin).

l'autre s'entoure d'une cupule nouvelle ; celle-ci reste fixée par sa base très effilée sur la face interne de la loge primitive.

Les mêmes phénomènes se produisant successivement un certain nombre de fois, il se forme des colonies constituées par une ou deux rangées de cornets étages les uns au-dessus des autre§

et contenant chacun , un animal organise comme nous l'avons dit plus haut.

Le Poleriodendron petiolahim Stein*, que nous pouvons prendre pour deuxième exemple, forme des colonies très analogues aux précédentes, mais dans lesquelles chaque individu est remarquable par une collerette ou périslome en forme de trompe, rejetée sur le côté et près de la base de laquelle s'insère un long flagellum.

Le Spongomonas Uvella Stein^ se dislingue par le mode de

Fig. 187. — Rhipidodendron splen- Fig. 188. — Rhipidodendron splendididum (d'après Stein). dum (d'après Stein).

formation des carapaces de la colonie. L'animal est à peu près arrondi et muni de deux flagellums. Il vit pendant quelque temps à l'état libre, puis il sécrète une cupule formée par une substance mucilagineuse, à laquelle sont mêlés, en nombre plus ou moins grand, des corps étrangers venus du milieu ambiant. L'animal se forme ainsi une enveloppe dans laquelle il est libre. Plus tard, le corps de l'Infusoire se divise longitudinalement; les deux nou-

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