Stein, lac. cit., tab. VIII, fig
2. Ehrenberg l'a décrit sous le nom de Peridinium pulviculus.
INFUSOIRES FLAGELLATES. 203
large. Sa surface est lisse et sa coloration est brunâtre ou jaune verdàtre. Il présente vers le milieu de sa longueur un sillon transversal et une couronne de cils vibratiles courts, semblables à ceux que nous trouvons cbez les Infusoires Ciliés ; il porte un lïagellum inséré sur un point de la ceinture ciliaire.
Fig. 191». — GiimnodiniumLaclimannii. — A, individu normal. ^B, individu en voie de segmentation longitudinale (d'après Claparède et Lachmann).
Fig. 191. — GijtnnocUninm Pulvisculus {d'après Saviilc Kent).
Les Hemidinium ont comme les Gymnodinium le corps nu, mais la ceinture de cils n'occupe qu'une moitié de la circonférence du corps.
Les Melodinimn ressemblent aux Gymnodinium par la présence
Fig. 192. — Melodinlum nberriinum. — A, individu normal; — B, individu en voie de division transversale (d'après Saville Kent).
d'une ceinture complète de cils, mais ils possèdent en outre quelques cils supplémentaires épais à la surface du corps.
Le Cerntium tripos Nitscii*, qui est très abondant dans la mer du Nord, se présente sous la forme d'un cône aplati, terminé par trois longs pieds, d'où son nom spécifique. Le corps est formé
1. finscn, Beitràgemr Infusorienkunde, 1857. La Ceratium tripos et d'autres espèces étaient autrefois considérés comme phospiiorescenls, mais Claparède et Lachmann disent que « des expériences répétées sur ce sujet (surtout avec le C. tripos) ne les ont conduits qu'à des résultats négatifs ».
d'une masse protoplasmique avec un noyau nucléole, mais on n'y a pas constaté de vésicules contractiles. Le corps est divisé en deux moitiés à peu près égales par un sillon transversal. D'après Glaparède et Lachmann, « le sillon transversal n'est point circulaire, mais forme en quelque sorte un élément de spire dextrogyre. Il commence sur la face ventrale du côté gauche et c'est à ce point qu'il est le plus
Fig. 193. — Ceratium tripos, variété macroceros, vu par la face ventrale (d'après Chip, et Lach.).
rapproché de la partie antérieure, puis il passe sur le côté gauche, se continue sur le dos et revient à droite sur la face ventrale à un niveau plus rapproché de l'extrémité postérieure que ne l'était son point de départ ». .
Du sillon transversal part, sur la face ventrale, un deuxième sillon plus court qui se dirige vers l'extrémité apicale. Au niveau du
1 N F u s 0 1 lî :•: s i- l a g k i. i. a t k s . i05
point de rencontre de ces deux sillons se trouve l'orifiee buccal dont l'une des lèvres porte un flagellum beaucoup plus long que le corps de ranimai.
Indépendamment de la membrane d'enveloppe qu'ils possèdent comme tous les Iniusoires, les Ceral'uun présentent une carapace solide qui recouvre tout leur corps. Elle est formée de deux segments, l'un antérieur et l'autre postérieur, entre lesquels existe une fente par laquelle passent le llagellum et la ceinture de cils vibratiles. Dans le Cerailum trlpos, le segment antérieur de la cuirasse porte deux longs prolongements en forme de cornes recourbées et dentées sur les bords; le segment postérieur porte une seule corne semblable.
11 existe un assez grand nombre d'espèces de Ceratium ne différant guère les unes des autres que par la forme de la carapace et surtout par le nombre et la disposition des prolongements de cette dernière. Le C. pyrophorum de la mer Baltique exisle en grande quantité à l'état fossile dans les fiants des formations calcaires des environs de Brigbton et de Gravesend.
La carapace est constituée par une substance que nous n'avons pas encore rencontrée dans les êtres précédemment étudiés, mais qui constitue les membranes de toutes les cellules végétales : la cellulose. Certains auteurs accordant à la présence de cette membrane cellulosique une importance prépondérante, ont proposé de considérer le Ceratium tripos et les organismes analogues comme des végétaux. Cette manière de voir ne nous paraît pas admissible. La cellulose se retrouve, en effet, chez d'autres animaux très élevés en organisation, comme les Ascidies, que certains zoologistes ont pu, en s'appuyant sur des raisons très plausibles, classer parmi les Vertébrés. Les Ascidies sont enfermées dans une tunique très épaisse de cellulose.
D'un autre côté, la cellulose n'est en réalité qu'une matière ternaire voisine des sucres, des amidons, et faisant, par conséquent, partie d'une classe de corps pouvant très facilement passer de l'un à l'autre et pouvant résulter de la décomposition des substances quaternaires, peut-être même, indirectement, du protoplasma. Il nous est maintenant facile de comprendre comment l'animal dont nous parlons en ce moment pourra se fabriquer une tunique de cellulose aux dépens de sa masse protoplasmique sans l'emprunter directement aux corps extérieurs, et je ne vois nulle raison suffisante pour justifier l'opiniond'après laquelle on devrait considérer lesCeratium comme des végétaux, parce qu'ils ont une enveloppe cellulosique.
La cellulose de la membrane des Ceral'mm ne resle jamais pure; elle s'incruste de silice, de manière à acquérir une structure analogue à celle du squelette des Radiolaires et de la carapace des Diatomées.
Les Peridinium qui sont très voisins des Ceratium et ont comme eux une carapace formée de deux segments, s'en distinguent par l'absence de cornes. Le Peridinium tabulatum Ehrb. ' qui est une des espèces les plus cosmopolites et les plus abondantes dans nos eaux douces, où elle vit en colonies souvent si étendues que l'eau prend la coloration de ces animaux, paraît ovale ou suborbiculaire quand on le voit par la face ventrale ou la face dorsale; il est très aplati ou déprimé, la face dorsale étant convexe et la face ventrale concave ; les segments de sa cuirasse sont composés de plaques polygonales très nombreuses qui à la surface ont un aspect fme-
Fig. IM. -— Peridinium tabulatum {à'a^res CAa])?ivk(\e etLachmann). — 1, individu normal. — 2, individu enkysté dans sa propre cuirasse. — 3, individu dégagé de sa cuirasse. e, e, taches de pigment,
ment réticulé très remarquable. Sa coloration est jaunâtre, verte ou brune. Il existe souvent une ou plusieurs taches de pigment rouge. Les Peridinium sont les seuls Infusoires Cilioflagellés dont on connaisse un peu les phénomènes de reproduction. Claparède et Lachmann ont constaté l'enkystement de ces animaux dans leur propre cuirasse ; le corps se contracte en s'éloignant de la carapace, puis il se divise en deux masses égales qui deviennent deux animaux semblables à celui qui leur a donné naissance. Il est probable aussi que l'enkystement peut, dans certains cas, constituer un simple état de repos. Dans d'autres cas, la cuirasse se rompt et tombe et l'animal devenu libre sécrète une membrane kystique analogue à celle que nous avons déjà eu l'occasion de signaler chez un certain nombre d'autres Infusoires Flagellés, puis
1. Voy. Saville Kent, A manital of Infusoria, IV, p. 448, tab. XXV, fig. 1-5, 55-57.
INFUSOIIîES FLAGELLATES. 207
il se divise et les animaux de nouvelles générations sont mis en liberté par la décliirure du kyste. Dans certains cas, la forme de la
Fig. 195. — Peridinium enkysté (d'après Claparède et Laclimann). — A, individu divise en deux masses. — B, individu divisé en huit masses.
membrane kystique est très caractéristique ; elle affecte l'aspect d'une sorte de croissant et l'animal enkysté pourrait être pris, par un observateur superficiel, pour une Algue Desmidiée du genre Closteriiim. Dans le kyste représenté dans la figure 195 le corps de l'animal enkysté se montre divisé en huit cellules sœurs offrant tous les caractères de jeunes Peridinium qui seront mis en liberté par déchirure de la paroi du kyste. Saville Kent rap])orle avoir trouvé dans un bocal qui contenait une grande quantité de Peridinium tabulalum de nombreux kystes en forme décroissant, contenant chacun deux masses cellulaires ayant la coloration caractéristique des Peridinium vivants. Il ne paraît pas douter que ces kystes fussent produits parle Peridinium labulatum.
Une espèce du genre Peridinium, le P, sangiiineum Cart. *, est intéressante parce qu'elle a été signalée comme existant dans certaines localités en assez grande quantité pour colorer l'eau de la mer en rouge. D'après Carter, on observe fréquemment ce phénomène sur les côtes de Tile de Bombay. L'eau qui séjourne dans les creux de la plage se montre colorée en rouge vermillon par des myriades de Peridinium sanguineum. D'après cet observateur, l'animal est d'abord coloré en vert par un pigment analogue à la chlorophylle et il est alors tout à fait translucide; mais, quand il approche de l'enkyslement, son pigment devient rouge, de nombreuses gouttelettes d'huile apparaissent dans son protoplasma et il devient opaque. C'est à ce moment qu'il colore l'eau en vermillon. Il se divise ensuite en deux animaux nouveaux qui sont mis en liberté par la déchirure du kyste. Carier ajoute que dans certains cas il vit des organismes monadiformes de petite taille se développer
1. Carter, The coloiiring Mat ter of Ihe.iea round llie Shores of the islandof Bombay, in Ann. of Natur. Ilisl., avril 1.S58. — Saville Kent, A manual of the Infusoria, IV, p. 450.
dans la carapace des Peridinium et s'y envelopper d'une carapace nouvelle.
Les'Dinophysis ont, comme les Peridinium et les Ceraiium, un seul flagellum, un sillon transversal pourvu d'une ceinture de cils sur son bord antérieur et une cuirasse forméede deux moitiés, l'une antérieure, l'autre postérieure; mais ils s'en distinguent très nettement par la position du sillon transversal et par la forme de la cuirasse. La forme générale de leur corps est comparée par Glapa^ rède et Lachmann à celle « d'un pot à lait muni de son anse et d'un couvercle ». L'extrémité antérieure du corps est arrondie, tandis qile l'extrémité postérieure est aplatie; c'est près de cette dernière que se trouvent le sillon transversal et la ceinture ciliée et la face plate est recouverte par une plaque qui représente la moitié postérieure de la cuirasse d'un Peridinium. La moitié postérieure de la
Fig. 196. —Variété de Dinophysis ventricosa Fig. 197. — Fragmcntdela cuirasse (d'après Clap. et Lach.). du Dinophysis ventricosakun
fort grossissement (d'après Clap. et Lach.).
cuirasse recouvre tout le reste du corps; elle offre sur la face ventrale une échancrure longitudinale sur les bords de laquelle la cuirasse se relève en deux plaques saillantes. C'est par la fente située entre ces deux plaques que sort le flagellum.
Les Prorocenlrum onl, comme lesDinophysis, la couronne de cils située près de l'extrémité postérieure, mais ils se distinguent par leur cuirasse formée d'une seule pièce, sans sillon transversal.
Les Dimastigoaulax ont une cuirasse assez analogue à celle des Peridinium, formée de deux pièces avec un sillon transversal et desprolongemcnts en forme de cornes ;la couronne de cils estsituée vers le milieu du corps, mais il existe deux flagellums.
INFUSOIRES FLAGELLATES.
VHeteromaslix proteiformis ^ est la seule espèce d'une petite famille caraclérisce par l'absence de cuirasse et la présence de deux flagellums dont l'un est dirigé en avant tandis que l'autre traîne à la suite du corps.
L'//. proteiformis doit son nom à la forme essentiellement variable de son corps qui mérite bien l'épilhôte de métabolique, ce terme étant appliqué aux Infusoires qui sont susceptibles de se contracter de manière à imprimer à leur corps des courbures dirigées dans différents sens. La forme générale de ce petit animal est fusiforme ou lancéolée; son extrémité antérieure se montre habituellement pointue, mais elle peut par contraction devenir arrondie. Les deux flagellums sont insérés près de l'extrémité antérieure ; ils sont deux fois environ aussi longs que le corps ; l'un d'eux, le tractellum, est dirigé en avant, vibratile; l'autre, le fjiibernaculum, est plus court de moitié que le premier et dirigé en arrière. Près du point d'insertion des deux flagellums, se trouve ia bouche, ac- Fig. I9s. — Dimastigomdax compagnée d'une rangée de cils vibratiles <^onuUum {d'après ciap. et qui se prolonge depuis la base des flagellums
jusqu'au niveau de la région médiane du corps; ce dernier présente près de son extrémité antérieure une tache oculiforme rouge.
Fig. ID'J. — Ilcteroinastix proleiformis (d'après Clark).
Dans les Mallomonas - qui constituent une autre petite famille de Cilioflagellés le corps est, comme dans le précédent, dépourvu de carapace, mais sa forme est constante et il est couvert de cils vibratiles; il n'existe qu'un seul flagellum situé au niveau de l'extrémité antérieure.
1. James Clark, in Mem. of ihe Boston Soc. of Nal. Uist., 1868. — Saville Kent, lac. cit., IV, p. 46:J, XXIV, fig. 70-71.
2. Voy. Saville Kent, loc.cU., IV, p. -iOi, tab. XXIV, fig. li, 73, 74.
210 pnOTOZOAIRES.
Dans les Trichonema et les Trichophora les cils n'existenl que sur une étendue plus ou moins grande du corps.
Dans les Stephanomonas^ le corps est nu et il n'existe qu'un seul flagellum, qui émerge du centre d'une couronne de cils vibratiles disposée au niveau de l'extrémité antérieure du corps.
Fig.200.
■Mallomonas PlossUi (d'après Saville Kent).
Asthmatos ciUaris Salisb. -. — Cette espèce, qui appartient h la même famille que les Stephanomonas, présente un intérêt particulier au point de vue médical. Le corps de ce petit Infusoire est ovale ou presque sphérique, mais très plastique et modifiant facilement ses contours; il porte au niveau de son extrémité antérieure une touffe de cils vibratiles du centre de laquelle émerge un long flagellum. Cils et flagellum sont très manifestement et énergiquement rétrac-
Fig. 201. — Asthmatos ciliaris (d'après Saville Kent).
tiles. Salisbury a constaté la multiplication de cet animal par segmentation transversale ; une couronne de cils vibratiles se développe vers le milieu du corps, qui ensuite se divise au-dessus d'elle. Salisbury a
1. Voy. : De Fromentel, Études sur les Microzoaires. — Saville Kent, loc. cit., p. 466, tab. XXIV, fig. 69.
2. Salisbury, in Hallier's Zeitsch. fur Parasitenkunde, IV, 1873. — Saville Kent, loc. cit., IV, p. 466, tab. XXIV, fig. 62-64.
INFUSOIKES FLAGELLATES. 211
trouvé celte forme dans le mucus des yeux, du nez et de la gorge de malades atteints de certaines lormes de lièvres catarrhales qu'il considère comme produites par ce parasite et qu'il propose de désigner sous le nom de « infusorial catarih and astlima ». Dans soixante cas de cette affection observés en cinq ans, Salisbury a constamment trouvé cet Infusoire en très grande quantité et dans tous les cas il n'a constaté la guérison du malade qu'après la mort et la disparition des parasites. L'affection débute par la muqueuse des yeux et du nez; il se produit une sécrétion très abondante de larmes et de mucosités nasales et des accès très violents et très intenses d'éternument; puis l'inflammation s'étend du pliarynx au larynx, à la trachée et aux bronches; le malade éprouve une sensation très vive debrûlure et d'irritation ; il a de violents accès de toux; enfin, lorsque les petites bronches et les vésicules pulmonaires sont atteintes, on voit apparaître de véritables symptômes d'asthme et une souffrance très vive qu'exaspère l'air frais du soir et de la nuit. La guérison fut toujours très rapidement obtenue par l'inhalation, répétée toutes les heures ou toutes les deux heures, soitd'unesolution d'acide phénique, soit d'une solution de teinture de perchlorure de fer ou d'acide sulfurique, chlorhydrique ou nitrique, en ayant soin que ces solutions fussent assez faibles pour ne pas provoquer elles-mêmes d'irritation pendant leur inhalation. Le mucus observé avant la première inhalation se montrait toujours très riche en Infusoires vivants et doués de mouvements vibratoires rapides, tandis qu'après l'inhalation il ne présentait que des animalcules morts ou immobiles. Des observations analogues à celles de Salisbury ont été faites plus récemment par Ephraïm Cutter, de Boston, et le professeur Reinsch, d'Erlangen*; elle contredisent formellement l'opinion de Leydi- qui nie la nature animale de ï Asthmatos cUiaris et le considère comme constitué simplement par des cellules épithéliales ciliées détachées des voies respiratoires. Cette opinion est d'ailleurs inadmissible à d'autres points de vue; les cellules ciliées ne présentent pas le flagellum de V Asthmatos cUiaris et Sahsbury a vu ce dernier se multiplier. La nature animale de cet organisme et sa place parmi les Cilioflagellés nous paraissent donc tout à fait incontestables. SavilleKent rappelle que Ilelmoltz'^ a signalé dans les mucosités nasales de malades atteints de fièvre printanière et présentant des accès fréquents d'éternuments, la présence d'innombrables petits corps a semblables à des vibrions »
i. Virginia médical Monllily, févr. 1878.