Ch. Robin, loc.cit., p
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le jeune bourgeon, puis il se segmente en deux moitiés dont l'une reste dans le corps protoplasmique principal et dont l'autre se montre au centre du protoplasma qui remplit le bourgeon dont la base se rétrécit et qui offre bientôt tous les caractères d'une jeune cellule adliérentc par un point de sa surface à la Nocliliique qui lui a donné naissance. Celte cellule et son noyau se divisent ensuite en deux cellules nouvelles, d'abord disposées côte à côte, mais qui s'écartent bientôt l'une de l'autre de plusieurs centièmes de millimètre, puisse divisent cbacune en deux autres cellules; ces dernières s'écartent encore, puis se subdivisent, etc. On a ainsi d'abord '1 seulbourgeon, puis "2, 4-, 8, 16, M, 04, 128, etc. ; le même individu peut en produire jusqu'à 256 et même habituellement le double, c'està-dire 512. Toutes ces segmentations s'effectuent en une douzaine d'heures. Dès que le nombre des bourgeons arrive à 16, leur disposition par 4 est très manifeste. Après l'achèvement de leur segmentation en 512, les bourgeons forment par leur ensemble une plaque quadrilatère, à angles mousses, irrégulièrement ovalaire; « les gemmes sont toutes contiguës ou à peu près chez certains individus, un peu écartées sur d'autres, avec groupement par quatre encore reconnaissable, ou même de seize groupes composés chacun de seize cellules. Le disque recouvre environ le tiers ou le quart de la sphère représentée par l'individu générateur. » Lorsque les bourgeons sont entièrementdéveloppés, ils se présentent sous l'aspect de petites pyramides coniques, concaves sur l'une de leurs faces, à sommet un peu recourbé vers cette face, et à base adhérente à la Noctiluque mère par un pédicule grêle et court. Sur la surface concave de chaque bourgeon il se développe ensuite un long flagellum qui atteint six ou sept fois la longueur du bourgeon qui le porte. Après que le flagellum est entièrement développé, ce qui nécessite une heure environ, le bourgeon se détache et se meut librement dans l'eau. Les bourgeons se séparent habituellement les uns après les autres et la mise en liberté de la totalité dure environ une demiheure. Les gemmes se meuvent en portant en avant leur grosse extrémité, celle qui était en contact avec la Noctiluque génératrice et traînent après elles leur flagellum qui semble agir en poussant le corps d'arrière en avant. Les bourgeons devenus libres offrent une membrane d'enveloppe, un protoplasma granuleux, un noyau et un flaçellum. Us contiennent une ou deux vésicules contractiles. Ch. Robin fait remarquer que la paroi, le protoplasma et le noyau étant empruntés à la cellule mère, les jeunes Noctiluques sont bien réellement des bourgeons et non des zoospores, comme le pensent certains
l'ROTOZO AIRES.
zoologistes, les « zoospores n'empruntant rien à la paroi de la cellule dont elles dérivent, môme leur propre paroi, quand elles en ont une, mais seulement au contenu ou protoplasma de celle-là ».
La laçon dont s'effectue la multiplication des bourgeons encore adhérents à la Noctiluque mère explique l'existence de Noctiluques monstres formées par deux individus adhérents l'un à l'autre. Ces
Fig. 206. — Amas ou disque formé parles gemmes arrivées au nombre de 256 à la surface de la Noctiluque, et grossies environ 300 fois. Leur disposition en série et même leur groupement par 4 restent encore distincts. — a, a, gemmes vues par leur extrémité et non suivant leur longueur, qui paraissent sphériques. Le noyau offre Faspect d'une tache grisâtre centrale; 6, c, d, gemmes vues de côté, montrant une face plane, un peu concave, et l'autre bombée et l'extrémité non adhérente pointue. Le flagellum est développé complètement sur la plupart, inséré sur la face plane, et s'agite sans faire mouvoir la Noctiluque (d'après Ch. Robin).
individus proviennent, sans nul doute, d'après Robin, « de gemmes doubles, c'est-à-dire de gemmes dans lesquelles la scission portant le nombre de 128 à 256 ou de 256 à 512 a manqué sur l'une d'elles, tandis qu'ellese produisait sur les autres. » D'après Robin, on trouve une de ces Noctiluques doubles sur mille individus environ. « Ellesne sont pas plus grosses que les autres, leur corps est seulement un peu
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plus allongé, comme ovoïde, avec une bouche vers chaque exlrémité du grand axe. La situalion de celles-ci el de leurs ap|)ondiccs extérieurs est inverse, c'est-à-dire que Tune répond à un hémisphère et l'autre à Thémisphère opposé.
La transformation des bourgeons que nous avons étudiés plus haut, en Noctiluques, n'a pas élé suivie dans toutes ses phases. Gienkowski admet, il est vrai, que la pointe de la lace flagellifère s'allonge pour produire le tentacule de l'adulte, tandis que le flagellum du bourgeon persiste et constitue celui de l'adulte, mais Robin contredit cette opinion. Il déclare qu'il n'a pas trouvé d'état intermédiaire entre les bourgeons flagellés et de petites Noctiluques larges de O™™, 15 à 0'"",90 même, absolument lisses, sphériques, dépourvues de flagellum, de tentacule et de bouche, mais possédant un corps protoplasmique jaunâtre, appliqué contre un point de la surface interne de leur membrane et émettant des filaments protoplasmiques radiés. 11 pense que ces petits individus sont des bourgeons qui ont perdu leur flagellum, ont grossi et se sont arrondis. Ch. Robin a suivi sur ces individus la formation de la bouche, du tentacule, du flagellum, etc. La bouche se forme au niveau du corps cellulaire jaunâtre et nucléé. « Elle débute par un froncement linéaire de la paroi, avec épaississement et formation de 3 ou -4 petites saillies mamelonnées sur les bords ou lèvres limitant la dépression linéaire médiane de ce froncement. Une dépression correspondante à celle du tégument se voit dans le corps cellulaire jaunâtre sous-jacent. Les lèvres limitant cette ligne prennent une teinte ocreuse, et en même temps se dessinent les commissures limitant les deux extrémités de cette dépression, dont jusquelà les extrémités se perdaient insensiblement à la surface du tégument. Ces phénomènes s'accomplissent en trois quarts d'heure environ. Aussitôt après débute la production de la dépression infundibulaire et celle du pli dorsal, et en même temps, et quelquefois avant que les lèvres delà bouche s'écartent, le tentacule se développe de la même manière que sur les individus provenant d'une scission des adultes. » Le flagellum ne se formant qu'après l'infundibulum buccal et au fond de ce dernier, on ne peut pas suivre son développement.
On a souvent décrit la conjugaison des Noctiluques. On admet que deux individus se juxtaposent bouche contre bouche, qu'un ruban de protoplasma les unit bientôt l'un à l'autre, puis qu'ils se confondent entièrement. Ce phénomène paraît cependant être fort douteux et il est possible que l'on ait pris pour deux individus conjugués soit des Noctiluques doubles, monstrueuses, comme celles que Robin a
décrites, soit des Nocliluques en voie de bipartition plus ou moins avancée. Quoiqu'il en soit, il est nécessaire que de nouvelles observations, plus précises que celles qui ont été faites déjà, viennent confirmer l'existence de la conjugaison de ces animaux,
L'enkystement paraît être un phénomène possible. Saville Kent considère comme des Noctiluques enkystées l'organisme que Wyville Tompson^ a décrit sous le nom de Pyrocyslis pseudonoctUiLca. A en juger par les figures, cette manière de voir nous paraît fort probable. L'enkystement des Noctiluques a du reste été décrit par J. Millier'-. L'animal, dépourvu de son flagellumet de son tentacule, est logé dans un kyste transparent, incolore, solide; il est lumineux même à l'état de repos. Millier observa ces individus enkystés dans le détroit de Messine, pendant Tautomne de 1853.
Le petit groupe des Gysto-flagellés comprend indépendamment delà Noctiluca mUiaris uneespèce récemment décrite parHertvvig, qui a beaucoup d'analogie avec les Noctiluques et qui est pélagique, c'eslle Leptodiscus medusoides HERTWIG^
Le corps de ce petit Infusoire est très aplati, méniscoïde ou orbiculaire, très flexible, plus épais au centre qu'au niveau des bords qui sont très aplatis, L'infundibulum buccal est situé au centre de la face la plus convexe ; son bord porte un long flagellum. On n'a pas observé de tentacule; mais la disposition du protoplasma en un corps cellulaire appliqué contre la région buccale et émettant de nombreux filaments qui vont se réunir à un réseau protoplasmique superficiel, la présence du noyau dans la masse protoplasmique centrale et l'existence d'une membrane cuticularisée, incolore, solide, établissent tant d'analogies entre cet organisme et Ijes Noctiluques qu'il paraît difficile de les séparer. Il servirait d'ailleurs d'intermédiaire entre les Cysto-ftagellés tentaculifères, comme les Noctiluques, et les Flagellés.
Kunckelia gyrans. — Kunstler ' a décrit récemment sous ce nom un petit organisme qu'il considère comme très voisin des Noctiluques, sans que cette opinion nous paraisse suffisamment justifiée. Cet animalcule vit dans l'eau douce. Voici textuellement la description qu'en donne Kunstler :
« Sa forme est ordinairement globuleuse, mais son corps peut se contracter ou s'allonger et exécuter des mouvements de reptation,