Voy. Robin, Leçons sur les Humeurs, 1871, p. 52i, note
INFUSOIUES FLAOKLLATKS. Î2I7
d'après Phipson, dans tous les organismes et les matières pliospliorescenles.
Ces derniers faits nous permettent de considérer la j)hospliorescence des Noctiluqiies, celle de tous les ovg-anismes lumineux et même des matières organiques en voie de putréfaction dont il a été question plus haut, comme produite par l'oxydation dont la noctilucine ou toute autre substance analogue est le siège, oxydation qui est augmentée par les frottements.
En partant de ce fait, bien incontestable à notre avis, que la phosphorescence des matières organiques et des organismes vivants est toujours due à l'oxydation de substances spéciales, il est facile de comprendre que les frottements en activent l'intensité ou même soient nécessaires pour en déterminer la production comme nous l'avons vu pour les Noctiluques, le mucus des Poissons, etc. Les frottements ont, en effet, pour conséquence d'activer les oxydations, en amenant au contact de l'oxygène des molécules qui s'en trouvaient éloignées et en produisant de la chaleur qui elle-même active les oxydations.
D'un autre côté, si la phosphorescence est toujours la conséquence de phénomènes d'oxydation, il devient facile de comprendre qu'elle puisse être produite volontairement par certains animaux vivants, comme les Lampyres. Nous savons déjà, en effet, que la respiration n'est qu'un ensemble de phénomènes d'oxydation; or, beaucoup d'animaux et particulièrement les insectes peuvent activer ou ralentir leur respiration, en introduisant dans leur organisme une quantité plus ou moins grande d'air atmosphérique. Les Insectes, par exemple, peuvent à l'aide des mouvements de dilatation et de constriclion rapides et intenses de leur abdomen, activer beaucoup l'entrée de l'air dans leurs trachées et sa sortie après qu'il a donné lieu à l'oxydation des tissus, oxydation qui peut être accompagnée de production de lumière s'il existe dans les tissus de la noctihicine ou une substance analogue, c'est-à-dire jouissant de la propriété de devenir phosphorescente en s'oxydant.
Les Noctiluques possèdent au moins deux modes très distincts et bien connus de multiplication; la segmentation ou scissiparité et la gemmation. L'un et l'autre de ces phénomènes ne se produisent que chez les adultes.
Ils ont été étudiés surtout par Ch. Robin'. La Noctiluque qui va se diviser perd d'abord son tlagellum et son tentacule sans ([ue
1. Recherches sur la reprod. fissip. et gemmip. des Noctiluques, in Journ. Anat. et PhysioL, 1878, p. G04.
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l'on ait pu observer comment se fait cette disparition. Il est possible que ces deux appendices tombent après s'être plus ou moins atrophiés.
Un étranglement circulaire se produit ensuite au niveau du sillon dorsal et de la bouche qu'il sépare en deux moitiés. Cet étranglement augmente très vite de profondeur; tandis que le noyau se divise et que la masse protoplasmique centrale s'étire, un noyau nouveau se montre bientôt à chacune des extrémités de la masse étirée en bissac. Au bout de deux heures environ l'étranglement est devenu si complet que deux animaux distincts l'un de l'autre se montrent accolés par leur bouche; puis le dernier cor-
Fig. 203. — « Noctiluque aussitôt après l'achèvement de la scission, avec retour des deux corps cellulaires el des deux nouvelles fentes buccales, au niveau l'un de l'autre vers le centre de la masse, et tantôt un peu écartés, tantôt contigus. Plusieurs des filaments sarcodiques sortant du corps cellulaire, rampent à la surface interne de la paroi de chaque nouvel individu. Le noyau (n, n) fait saillie hors du corps cellulaire correspondant. Grossi 100 fois. — a, début de l'apparition du tentacule sous forme de saillie mousse finement grenue, un peu coudée, du corps cellulaire, et s'étalant un peu sous la paroi de l'animal qu'elle soulève bientôt peu à peu; b, sous l'extrémité de la saillie principale, s'en détache une autre encore petite » (d'après Ch. Robin).
don qui les relie se rompt et ils deviennent libres. C'est, d'ordinaire, un peu avant leur séparation que le tentacule commence à se développer. Ch, Robin qui a suivi attentivement sa formation la décrit de la façon suivante : « Elle débute par l'apparition d'un court prolongement de la substance jaune du corps cellulaire, jaunâtre et finement grenu lui-même, venant faire, à la surface du tégument qu'il soulève, près de la fente buccale, comme une courte saillie arrondie en forme de talon, à contour extérieur d'abord pâle, comme étalé sous le tégument; au-dessous de cette production et en continuité de substance avec elle, s'en élève encore une, conoïde d'abord, puis bientôt plus large à son extrémité hbre qu'à l'autre^
et s'étalantcn quelque sorte en palissant. Une ligne foneée occupant le milieu de cette nouvelle saillie, s'allongeant en même temps qu'elle, montre bientôt qu'elle estlbrmée par une bandelette repliée en anse sur elle-même. La partie convexe du déploiement de cette bandelette l'ait saillie à la surface du corps et s'agrandit de manière à élargir cette anse, puis la partie la plus étroite dégage son extrémité de dessous la partie en forme de talon et se redresse; une fois devenu libre, cet organe a la forme générale du tentacule », il se meut de suite et acquiert bientôt les stries transversales et caractéristiques. Robin ajoute que le talon jaunâtre duquel est dérivé le
Fig. 204. — Grossies 300 fois. A représente les corps cellulaires de deuxNocliluques nouvelles à la même période de production que les précédentes, mais dont le tentacule est plus développé et plus saillant à la surface du corps, et un peu inégalement des deux côtés, a, sous la principale saillie on est une autre plus étroite, comme repliée; b, même disposition du côté opposé, un peu plus caractérisé; c, rf, base des prolongements sarcodiques du corps cellulaire; n, n, noyaux saillants à la surface de chacun de ceux-ci; f, plan de contiguïté des deux nouvelles Noctilu(iues.
B, le même tentacule que b, de la figure A un quart d'heure à peine plus tard, c, corps cellulaire; d, pédicule qui le relie au tentacule même; a, e, renflement qui formera la pièce basilaire; b, prolongement replié en anse qui le continue sous forme de bandelette.
C, le même tentacule que «, de la figure A, 15 niinutns environ après avoir présenté les phases de la figure. B. La bandelette forme une anse bien plus grande, qui peu après s'étend sous forme de tentacule, dès que sa petite extrémité se dégage de dessous la partie basilaire. Même signification des lettres que dans la figure B (d'après Ch. Robin).
tentacule se transforme pour constituer la portion basilaire du tentacule, mais il n'a pas suivi cette transformation. Il n'apaspu suivre non plus la production du llagellum qui ne tarde pas à se montrer. Les deux Nocliluques produites par la scissiparité augmentent alors rapidement de taille et présentent bientôt tous les caractères de l'adulte qui leur a donné naissance.
La gemmiparité des Nocliluques. après avoir été assez bien observée par Cienkowski', l'a été aussi complètement que possible par
1. CiENKowsKi, l'eber StvammerbU(lu7ig bel Noctiluca miliaris, in Arch. fur mihroskop. Anal., 1871, p. 131, tab. XIV, XV.
Ch. Robin* dont nous suivrons pas à pas la description. Avant de commencer à bourgeonner, la Noctiluque perd son flagellum et son tentacule; puis son pli dorsal s'efface et les lèvres de sa bouche se rapprochent l'une de l'autre jusqu'à ce que l'orifice buccal soit entièrement oblitéré. L'animal offie bientôt l'aspect d'une sphère creuse, à paroli cose de toutes parts. Les individus en voie de reproduclion gemmipare ont au moins 0'""\S et même en général, un demi-millimètre. Robin en a trouvé un sur deux ou trois cents individus observés. La masse proloplasmique qui forme la partie principale du corps de l'animal reste adhérente à la région buccale et les filaments protoplasmiques conservent la disposition qu'ils avaient au
Fig. 205. — Portion de Noctiluque grossie 350 fols. Elle montre de trois quarts et vue par la face interne de l'animal la segmentation du corps cellulaire de 2 en i.
a, b, c, saillies de la paroi du corps, logeant en partie chaque nouvelle division du noyau (n) et du corps cellulaire jaunâtre correspondant, avec interposition de la substance de celle-ci, au noyau et à la paroi. Des prolongements sarcodiqiies se détachent à la périphérie en rayonnant contre la face interne de la paroi surtout. La cavité de l'animal contient en outre de la matière sarcodiqne molle et grenue (d'après Ch. Robin).
moment de l'oblitération de la bouche. Puis, on voit se former, sur un point de la surface voisine de celui dans lequel se trouve le corps protoplasmique, une saillie conique, revêtue par la membrane d'enveloppe de la Noctiluque et remplie par du protoplasma. En même temps, le noyau s'allonge et l'une de ses moitiés pénètre dans