Voyez Auerbach, in Zeitsch. f. tuiss. ZooL, vin
animaux qu'à l'étal de mort, caràpart quelques excepUons, loprotoplasma des Protozoaires, de même que celui de toutes les cellules animales ou végétales, n'absorbe les matières colorantes qu'après la mort. Pendant la vie il ne se colore pas, d'habitude, quand on le met en contact avec des matières colorantes qui ne sont pas susceptibles de le tuer. On a cependant cité quelques exemples du contraire.
Si nous nous demandons maintenant comment le protoplasma de notre Amœbe est constitué, nous verrons qu'il est, en majeure partie, granuleux, mais que sa périphérie est plus dense, plus claire et dépourvue de granulations, sans toutefois constituer une membrane véritable. On peut donner à ce protoplasma périphérique le nom de couche membraneuse, qu'il porte dans les cellules végétales.
On peut encore constater, dans l'Amœbe qui fait l'objet de notre étude, l'existence d'une petite cavité qui, alternativement, augmente et diminue de capacité, d'où le nom de vacuole contractile qu'on lui a donné. La pai'oi de cette cavité est constituée par le protoplasma qui forme le corps de l'animal-. Quand cette paroi se contracte, les dimensions de la vacuole diminuent, tandis qu'elles augmentent quand cesse la contraction^. Il existe, dans l'intérieur de la vacuole, un liquide de composition complexe, mais non encore définie, moins dense que le protoplasma, et différant sensiblement de lui au point de vue chimique. Il est permis de penser que ce liquide provient en partie du protoplasma qui l'entoure et en partie de Teau dans laquelle vit l'animal. Lorsque le })roloplasma se contracte, il sort de sa masse une certaine quantité de liquide qui va s'accumuler dans la vacuole contractile, et la capacité de celle-ci augmente. Lorsque, au contraire, le protoplasma se dilate, il reprend une partie de ce liquide, et la vacuole diminue de capacité.
Nous pouvons considérer les vacuoles contractiles comme les analogues de l'appareil aquifère qui est très développé et très répandu dans certains groupes d'animaux plus élevés en organisation. Ces appareils mettent en rapport la substance constituante de l'animal avec les liquides dans lesquels il vit. L'eau chargée de l'oxygène nécessaire à la respiration et des matériaux nutritifs solubles pénètre par cet appareil dans l'intérieur du corps; d'autre part, les produits formés par désassimilation dans la substance de l'animal s'accumulent dans l'appareil aquifère et sont rejetés par lui au dehors. Mais jusqu'ici on n'a guère pu constater la communication des vacuoles contractiles des Amœbes avec l'extérieur. Si donc elles ont quelque analogie avec les appareils aquifères des animaux plus
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complexes, elles n'en représentent qu'une forme extrêmement riidimentaire.
L'Amœbe se nourrit et respire exactement comme le Protamœba, A part les contractions de la vacuole, les mouvements sont les mêmes que chez les Monériens : c'est-à-dire, d'une part, possibilité pour l'animal de changer de forme par l'émission et la rétraction ïncessante des pseudopodes, et, d'autre part, déplacement dans l'eau de la totalité du corps de l'animal.
La reproduction de VAmœba princeps peut s'opérer de deux manières, dont Tune, en nous rappelant ce que nous avons observé chez les Monéiiens les plus simples, en diffère cependant beaucoup. Chez les Monériens, que nous avons défmis des cellules sans noyau et sans enveloppe, l'animal, parvenu à l'étatadulte, rentre ses pseudopodes, s'arrondit, se contracte, et produit par division deux nouveaux individus. Mais VAmœba princeiis n'a pas une structure aussi simple ; nous avons vu qu'il est pourvu d'un noyau. On ne sait pas encore si, dans VAmœba aussi bien que dans toute cellule animale ou végétale en voie de division, ce phénomène débute pai' le noyau ou par le protoplasma, et les histologistes les plus habiles sont divisés à ce sujet. La plupart admettent que la division du noyau précède toujours celle du protoplasma, tandis que d'autres pensent que les deux phénomènes sont simultanés. J'ai, pour ma part, observé sur les poils d'une plante Monocotylédone, le Tradescantia virginlca, des cellules dans lesquelles la division du noyau s'effectue sans être suivie de celle du protoplasma. Dans d'autres cas, en revanche, le protoplasma se divise avant le noyau. Enfin nous avons vu le Protamœba et tous les Monériens se diviser, bien qu'ils soient absolument dépourvus de noyau. Quoi qu'il en soit de ces différences, le phénomène de la division n'a pas été suffisamment étudié chez VAmœba princeps, pour que l'on puisse affirmer que la division du noyau y précède celle du protoplasma ou s'effectue simultanément. La seule observation précise que l'on possède relativement à la segmentation des Amœbes est due à F. E. Schulze et a été faite sur VAmœba polypodia dont nous parlerons plus bas. ïl vit la division du noyau et celle du nucléole qui est très volumineux s'effectuer avant que le protoplasma offrît le moindre indice de segmentation. Je ne fais que vous signaler ici cette question, me réservant d'étudier })lus en détail les phénomènes de la segmentation cellulaire, lorsque nous suivrons le développement de l'œuf des animaux Métazoaires dans lesquels la segmentation a été observée avec beaucoup de soin.
Cartel- et Wallich ont signalé dans l'A. princeps l'existence de nombreux petits noyaux qu'ils considèrent comme formés par la segmentation du noyau primitif, et comme destinés à se transformer en autant d'Amœbes après avoir été expulsés du corps de la mère.
Greeff ^ a également observé dans VAmœba terricola que le noyau peut se segmenter en 2, 4-, etc., petits corpuscules qui, une fois formés, cheminent à travers la substance de l'animal, et après en être sortis, émettent des pseudopodes et se comportent absolument comme l'Amœbe de laquelle ils proviennent.
Amœba CoU Lôscii. — Cette espèce, très voisine de la précédente, nous intéresse au point de vue médical.
Elle fut trouvée parLoesch- en quantité prodigieuse, dans les
Fig-. 31.
Amœha Coll (d'après Lôsch).
selles d'un paysan des environs de Saint-Pétersbourg atteint d'une inflammation ulcéreuse du gros intestin.
Les selles de cet homme avaient tous les caractères des selles diarrhéiques, mais elles contenaient, en outre, un nombre extrêmement considérable A' Amœha Coll. La plupart des individus se présentaient avec un corps elliptique, allongé, atteignant de cinq à huit fois le diamètre d'un globule rouge du sang. D'autres étaient plus arrondis ou même presque sphériques ; ils émettaient un ou plusieurs pseu-