CL.\SSE DES CRUSTACÉS
Ces animaux vivent presque tous dans l’eau ; ils respirent par des branchies. Leur tête porte deux paires d’antennes; le thorax, formé d’anneaux en nombre variable, vient ensuite et porte une paire de pattes par somite ; l’abdomen est lui-même segmenté et présente souvent une paire de pattes par segpaent. Les sexes sont ordinairement séparés ; le développement est rarement direct, mais se fait par une métamorphose compliquée. Quand il existe des stades larvaires libres, la première larve est toujours un Nauplius pourvu de trois paires d’appendices : une première paire d’antennes uniramées, une seconde paire d’antennes et une paire de mandibules biramées (fig. 511).
Sous-classe des Entomostracés.
A l’exemple de O.-F. Millier, on réunit sous cette dénomination des Crustacés de petite taille, dont l’organisation est simple et dont les membres sont variables par le nombre et par la conformation.
ORDRE DES BRANCIllOPODES
Le corps est diversement conformé, mais porte toujours un nombre variable de paires de pattes bifurquées et servant tout à la fois à la
511 ^\luplius de Limnetis brachyurus avec ses deux prolongements cépbar.ques en forme de cornes. - A', appendices antérieurs à la base desquels sont articulés deux autres appendices, a ; D, test; M, appendice postérieurs; a, anus; c, tête; c', portion du corps non encore pourvue ae membres articulés ; o, œil .
locomotion, à la préhension des aliments et à la respiration; cette
Fig. 512. — Branchipus spino.ms.
dernière fonction s’exerce par la branche externe de bifurcation et par un sac branchial situé près de la base du pied.
le corps est enveloppé en entier dans une sorte de carapace bivalve, analogue à celle des Lamellibranches.
Ces animaux habitent de préférence les mares peu profondes et les flaques d’eau douce; ils se montrent surtout à la suite d une pluie violente ou d’une inondation, dans les endroits où, plusieurs années auparavant, une génération d’Apus ou 'de Branchipes avait existé déjà ; leurs œufs, conservés dans la terre et soumis à une dessiccation prolongée, sont restés en vie latente et ne se sont développés que lorsqu’ils ont trouvé des conditions favorables à leur éclosion, c està-dire après avoir baigné dans l’eau pendant assez longtemps. Par exception, Artemia salina vit dans les eaux saumâtres ou dans es eaux dont la salure équivaut à celle de la mer, ou la dépasse môme
de beaucoup.
Blanchaud. — Zoûl. inéd.
Fig.
ORDRE DES RRÂNCllIOPODES. 209
Phyllopodes sont de grande taille et mesurent jusqu’à 7 à .n^ntimètres de longueur. Le corps est nettement segmenté et porte r 10 à 40 paires de pattes. Il est allongé, presque cylindrique et nu Urtemia Branelüpus, fig. 512) ou protégé par une large carapace clypéi- Lme que déborde l’extrémité postérieure de l’abdomen {Apiis,
fig. 513) ; chez d’autres
Eütheria, Limnetis, fig. 514 et 515),
Les Cladocèhes sont plus petits que les Phyllopodes. Le corps, non segmenté, est protégé par une carapace bivalve et porte de 4 à 6 paires
Fig. 514. - Liinnetis hrachyurus, d’après Grube. — A', antenne de la première paire; A'^, antenne de la deuxième paire; c, voûte céphalique; X, appendice laraelleux impair porté par le dernier anneau ; repli ligamenteux.
de pattes. Les antennes antérieures restent courtes et non segmentées; les postérieures se développent en une paire de rames bifurquées et ornées de longues soies. Ces animaux sont représentés dans les eaux stagnantes par les genres Latona, Sida, Daphnia (fig. 516), Moim, Lynceus, Polyphemus, Leptodora, etc., et dans la mer du Nord par les genres Fodon et Evadne.
Au printemps et en été, se succèdent plusieurs générations de fe- Fig. 515. - Coupe transversale reproduisent par par-
da . Limné lis, passant par le ^“^nogenèse, au moyen d’œufs à visegment.qui porte la première tellus nutritif abondant et à mince ' -T ïaUe^nlaS"^^^™^^ membrane vitelline; ces œufs se dépendice branchial; c, cœur* une chambre incuba-
ûl, repli du tépment. formant située entre la carapace et la
la carapace; tube digestif; face dorsale du corps. En automne ou n, Clame ganglionnaire. quand les Conditions de la vie devien-
I ^^favorables, les mâles apparais-
d’œufs d’hiver ^ ‘"lÉeuet les femelles pondent un petit nombre d œufs d h, ver, pl„s gros, plus riches en vilellus nutritif et enlourés
ORDRE DES CENTROGONIDES.
d’une épaisse enveloppe. La plupart des Cladocères sont déjà semblables aux parents au moment de l’éclosion, mais ils passent dans l’œuf par un stade Nauplius. Le développement de l’œuf d’été se fait sans méta-
Fig,. 51G. — Daphnia imlex, mâle et femelle.
morpboses chez Leptodora, mais l’œuf d'hiver donne naissance à un Nauplius qui, comme chez les Phyllopodes, atteint l’état adulte après sa troisième mue.
Ces petits Crustacés ontle corps entièrement protégé par une coquille bivalve, chitineuse ou même encroûtée de sels calcaires et dont les valves, réunies l’une à l’autre par un ligament élastique qui en assure l’écartement, s’articulent le long de la ligne dorsale; deux muscles adducteurs, partis du milieu du corps, vont s’insérer d’autre part à la face interne des valves, qu’ils ont mission de rapprocher. Le corps n’est pas segmenté, Les appendices sont au nombre de 7 paires seulement ; 2 paires de longues antennes pluriarticulées, servant à la locomotion; 1 paire de mandibules ornées d’un palpe; 2 paires de mâchoires, dont la première est ornée d’un grand appendice foliacé, qui sert peut-être à la respiration; enfin, 2 paires de pieds thoraciques raccourcis, terminés chacun par une petite griffe. Le corps se termine en arrière par un appendice bifurqué, qui est homologue à la queue fourchue des Copépodes. Les branchies font défaut. Les sexes sont séparés. Le développement est presque direct chez les . formes marine [Cythere), mais se complique chez les espèces d eau douce et n’exige pas moins de neuf métamorphoses successives {Ctjpris) ; la larve qui sort de l’œuf est un Nauplius.
ORDRE DES CENTROGONIDES
Cet ordre a été établi par Y. Delage pour des animaux parasites des Crabes {SaceuUna) et des Pagures [Peltogaster, Apeltes), que l’on rangeait naguère parmi les Cirripèdes, sous le nom impropre de Mizocéphales. Nous ne saurions entrer ici dans le détail des curieuses métamorphoses subies par ces animaux.
Y. Delage-, Évolution de la Sacculine {Sacculina carcini Thomps.), Crustacé endoparasite de l'ordre nouveau des Kentrogonides. Arcb. de zool. expériin., (2), II, 1885.
A. Giard, La castration parasitaire et son influence sur les caractères extérieurs du sexe mâle chez les Crustacés décapodes. Bu!l. scientif. du département du Nord, (2), X, 1887.
Cet ordre comprend un nombre considérable de petits Crustacés dont le corps est allongé, nettement segmenté, mais dépourvu de carapace. Les six anneaux céphaliques se fusionnent d’ordinaire, au
Fig. 517. — Gyclops quadricornis et ses formes
moins chez les formes communes telles que le Gyclope (flg. avec le premier segment de l’abdomen, de manière à constituer ui céphalothorax portant divers appendices : deux paires d’antennes dont la première est la plus grande et constitue l’organe principa de la locomotion ; une paire de mandibules, une paire de mâchoires deux paires de pattes-mâchoires et la première paire de pattes véri
tables Les quatre derniers anneaux du thorax portent encore 3 à impaires de pattes; puis vient un abdomen formé de cinq anneaux, dépourvu d’appendices et terminé par une queue fourchue. La tête résente à sa face supérieure et en avant une tache oculaire médiane, résultant de la fusion des deux taches latérales.
Les sexes sont séparés. Le mâle est de petite taille ; ses antennes
sont souvent terminées par un fort crochet qui lui sert à se fixer à la femelle ; sa dernière paire de pattes peut aussi se transformer en un organe d’accouplement. Sauf chez les Notodelphyides {Notodelphys, Doropygus, Ascidicola), qui vivent en commensaux dans la cavité branchiale des Ascidies, la femelle est reconnaissable à ce que, lors de la reproduction, les œufs s’accumulent, de chaque côté du premier anneau de l’abdomen, dans un sac ovigère produit par le durcisse-
ment d’une sécrétion glaireuse élaborée par certaines glandes de l’extrémité des oviductes. L’embryon se développe dans ces sacs ovigères; il éclot à l’état de Nauplius.
Le sous-ordre des Eucopépodes comprend des formes libres et des formes parasites. Les premières ou Gnathostomes ont la bouche disposée pour mâcher. Elles habitent les eaux douces {CyrAops, Liaptomus), mais surtout la mer [Longipedia, Harpactinis, Zaus, Cetochilus, Irenæus, Pontella, Notodeiphys) ; certains genres renfer.ment tout à la fois des formes marines et d’eau douce [Canthocamptm). On a vu plus haut que la Pilaire de Médine passait son état larvaire dans la cavité générale d’un Cyclope.
Les Copépodes parasites ou Siphonostomes ont la bouche disposée pour piquer et sucer. Le corps et ses appendices subissent les modifications et les régressions les plus variées, en sorte que, sans le
Fig. 520. — Argulus foliaceus vu en dessous.
secours de l’embryogénie, il serait difficile de reconnaître les affinités de ces animaux avec les Copépodes. Ils vivent sur la peau, sur les branchies ou dans le pharynx des Poissons. Les Caligides ï)inematura,Pandaruü, Cecrops, Caligus, fig. ol8) et les Lernéides {Lernæa, Lernæcera) sont les deux principaux groupes ; quelques-uns de ces derniers sont parasites dans la peau de Cétacés (fig. 519).
Les Br.4x-chiüees diffèrent notablement des Eucopépodes. Argulus foliaceus (fig. 520) vit sur les Carpes ; sa forme
est discoïde, ses pattes-mâchoires sont transformées en deux puissantes ventouses; l’abdomen estbilobé. La femelle ne porte pas de sacs ovigères, mais pond ses œufs au fond de l’eau.
Ces animaux, en général sessiles, étaient rangés par Cuvier parmi les Mollusques ; l’étude de leur développement a permis à Thompson et à Burmeister de reconnaître en eux des Crustacés. Ils vivent dans la mer; quelques-uns seulement habitent les eaux saumâtres.
De l’œuf sort un Nauplius (fig. 521), qui, après plusieurs mues, prend l’aspect d’une Cypris (fig. 522). Après avoir nnené pendant quelque temps une vie errante, cette nymphe se fixe par l’extrémité céphalique à un corps étranger (rocher, bois flottant, coquille de Mollusque, etc.) ; des glandes particulières, qui viennent s’ouvrir sur
^RDRË DES CIRRIPÈDES. 21o
rpmière paire de membres, sécrètent alors une sorte de ciment ^moven duquel se fait l’adhérence de l’animal. Une nouvelle mue produit puis un capüulum se forme, c’est-à-dire que le tégument pLLliauè émet deux grands replis latéraux, qui se rencontrent sur la face ventrale et enveloppent le corps entier, à la façon du manteau Rps LameUibranches; l’analogie est encore complétée par la forrnation, aux dépens de ces replis, de plaques calcaires en nombre
'^^Chez^certaines formes, qui constituent le groupe de Pédoscülés,
Fig. 521. — Nauplius de Lepas.
céphalique s’étire pour constituer finalement un pédoncule contractile et creux, dans lequel s’engagent quelques organes, tels que l’ovaire ; c’est par ce pédoncule que se fixe 1 animal (fig. ; a^ sa base on retrouve le rudiment des antennes; il est très distinct {Alepas, Anelasma), parfois même très allongé {Lepas, Pmilasnia), on au contraire très raccourci (Pollidpes, Scalpellum, Ibla). Le capitulum présente, chez l’Â-natife, cinq plaques calcaires : une impaire ou can nffl, étendue sur le dos de l’animal, et quatre paires ; les unes, situées au voisinage du pédoncule, sont les scuta; les autres, lapproc ees e
l’exlrémilé libre, sont les lerga. A ces plaques s’en surajoutent, suivant les espèces, un certain nombre d’autres, d’où de bons caractères pour la classification.
Le corps n’est pas articulé; il porte six paires de pieds en forme de cirre(fig. 524, ci), qui font saillie
Fig. 522. — Larve cyprinoïde de Balane. Fig. 523. — hepas anatifera. — 00, œil ; os, bouche.
en dehors du lest, quand celui-ci s’entr’ouvre, et qui déterminent dans l’eau des tourbillons amenant les matières nutritives jusqu’à la
de Lepas anatAfera, Fig. 525. — Balarms d apres Martin Saint-Ange. — ap, appen- halanoides.
dice caudiforme ou pénis ; ci, pieds- i intestin ; 0, bouche ; œ, œsophage ; t, testicule; vc, canal déférent.
bouche, 0, Ces animaux sont généralement hermaphrodites ; dans quelques genres {Ibla, Smlpellum), des mâles complémentaires, de
GROUPE DES LEPTOSTRÂCÉS.
petite taille et à organisation très simple, sont fixés en véritables parasites sur le corps des individus androgynes ; le dimorphisme sexuel peut alors être très accentué.
Alepas squalicola est enfoui dans la peau de certains Squales. Les Pouce-pieds {Pollicipes cornucopia) sont mangés en maintes localités, notamment aux Glénans, d’après J. de Guerne.
Les Opercülks ont pour type les Balanes ou Glands de mer (fig. b2o). Le pédoncule fait défaut, le corps est entouré d’un plus grand nombre de pièces calcaires et protégé par un opercule formé par les scuta elles terga et mû par des muscles spéciaux; deux replis du tégument jouent le rôle de branchies. Quelques espèces sont parasites : Chelonobia et Plalylepas vivent sur les Tortues de mer ; Coronula, Xenobalanus et Tubicinella dans des alvéoles creusés par eux dans le tégument des Cétacés. Quelques espèces sont comestibles, comme Balanus tintinnabulum, qu’on mange aux Açores sous le nom de Cracca, d’après ’J. de Guerne.
A ces deux groupes principaux se rattachent encore les Abdominaux {Alcippe, Cryptophialus) et les Apodes {Proteolepas). Les premiers sont unisexués et vivent en parasites dans le test des Mollusques ou d’autres Cirripèdes; les seconds, dont le corps est segmenté, sont hermaphrodites et se logent également dans la carapace d’autres Cirripèdes.
Sous-classe des Malacostracés.
Cette division, établie déjà par Aristote, renferme les Crustacés les plus élevés en organisation ; le nombre des anneaux et de leurs appendices est à peu près défini. Il est souvent assez difficile de distinguer nettement la tête et le thorax, à cause des modifications subies par un nombre variable de paires de pattes pour se transformer en appendices buccaux; mais ces deux régions comprennent au total treize somites et treize paires d’appendices. L’abdomen est formé de six anneaux, portant six paires de pattes ; il se termine par une plaque anale ou telson, qui n’a point la signification d’un anneau. Suivant la constitution du thorax, les Malacostracés se laissent diviser en trois groupes, dont le premier seul est représenté par un nombre restreint d’espèces, encore que son importance morphologique soit considérable.
GROUPE DES LEPTOSTRÂCÉS.
Ces animaux, représentés par le seul genre Nebalia qui, à lui seul, constitue tout un ordre, ressemblent beaucoup aux Phyllopodes, parmi lesquels H. Milne-Edwards les rangeait; ils sont marins et se rencontrent jusque dans les grandes profondeurs. Ce sont de petits
Crustacés (flg. 526), pourvus d’un test bivalve, sous lequel s’abritent huit anneaux thoraciques bien distincts et portant huit paires de pattes. Les huit anneaux de l'abdomen débordent cette carapace :
Fig. .526. — Neba/in Gmffroyi.
les quatre premiers portent des pieds natatoires ; le cinquième et le sixième portent des pieds rudimentaires; les deux derniers en sont dépourvus et le huitième se termine par deux appendices. La tête est ornée de deux gros yeux composés etpédonculés. Le développement est direct.
GROUPE DES ARTHROSTIiACÉS.
Les Arthrostracés ou Edriophthnlmes ont le corps formé de vingt anneaux au maximum, six ou sept anneaux céphaliques fusionnés, huit ou sept anneaux thoraciques distincts et six anneaux abdominaux, suivant qu’on rattache ou non au thorax l’anneau, fusionné avec la tête, qui porte une paire de pattes-machoires. Dans quelques cas, le nombre des segments du thorax tombe à six {Tanaü)ùl même à cinq (Anceus), par suite de la fusion du premier ou des deux premiers anneaux avec la tête ; il tend ainsi à se constituer un bouclier céphalothoracique, mais celui-ci n’atteint jamais le développement que nous lui trouverons chez les Thoracostracés.
La tête est ornée latéralement de deux yeux composés, sessiles, rarement pédoncules {Tanais). Elle porte en outre deux paires d’antennes, une paire de mandibules, deux paires de mâchoires, et une paire de pattes-mâchoires. Chaque anneau thoracique et abdominal
porte une paire de pattes. Les sexes sont ordinairement séparés; les métamorphoses sont nulles ou peu compliquées.
Ces petits Malacostracés, dont le corps est comprimé latéralement, -portent des branchies sur les pattes thoraciques; les trois premiers anneaux de l’abdomen sont pourvus de pattes natatoires, les trois derniers de pattes plus petites dirigées en arrière. Les mâles sont re¬
connaissables au grand développemeilt des griffes des premières pattes thoraciques et à leurs antennes antérieures beaucoup plus longues; chacun des canaux déférents vient s’ouvrir sur un mamelon situé à la face ventrale du dernier segment du thorax. Chez la fe¬
melle, les oviductes débouchent à la face interne de la lame épimérienne de la cinquième paire de pattes thoraciques. -Au moment de la ponte, les œufs sont reçus dans des cavités incubatrices développées aux dépens des lamelles des pattes thoraciques, cavités dans lesquelles ils poursuivent leur évolution.
Les Amphipodes vivent dans la mer et dans les eaux douces. Us deviennent rares au-delà de quelques centaines de mètres de profondeur; par des fonds de 2,500 à 2,700 mètres, on trouve pourtant quelques rares espèces, comme Eusinis cuspidn tus, remarquables par leur grande taille.
Chez les Lémodipodes, le premier anneau du thorax est fusionné avec la tête; l’abdomen se réduit à un mamelon dépourvu d’appendices; les pattes se terminent par des griffes. Les Chevrolles (fig. 527) au corps grêle et linéaire, sont communes sur nos côtes telles vivent sur les colonies d’Hydraires ou de Bryozoaires. Les Gyames (fig. 528), dont le corps est, par exception, large et court, vivent en parasites sur la peau des Cétacés.
Les Crevettlnes ont la tête et les yeux petits ; les pattes-mâchoires
Fig. .730. - Gammarus pulex.
sont multiarticulées et ont la forme de pattes locomotrices; les trois dernières paires de pattes abdominales ou uropodes sont bien développées et sont parfois très longues. Ces animaux, représentés par de nombreuses espèces, sont parfois capables de sauter comme des Puces; tel est le cas des Talitres (fig. 529), qui vivent dans le sable, sur le bord de la mer. Les Orchesties, normalement marines, s’acclimatent aisément dans les eaux douces et même vivent à terre. Les Gammarides (fig. 530) sont communs dans les ruisseaux.
Les Hypérixes sont plutôt nageuses ; la tête est grande, renflée, et porte deux paires de gros yeux composés ; le développement s’accompagne de -métamorphoses. Les Vibilies {Yihilia) sont parasites des Salpes, les Hypéries {Hyperia) vivent dans la cavité gastrique des Méduses, la femelle des Phronimes {Phronîma) se loge à l’intérieur des Pyrosomès. A côté de ces formes commensales plutôt que para-
ORDRE DES ISOPOÜES. ‘ 221
sites, il en existe un grand nombre d'autres qui sont toujours libres.
Les Isopodes ont le corps large, plus ou moins aplati. Les sept anneaux du thorax sont libres et portent des pattes dépourvues d,e branchies, mais disposées pour la marche ou permettant à l’animal d’adhérer aux corps étrangers. L’abdomen se réduit souvent; ses anneaux sont distincts et portent des pattes transformées en lamelles branchiales.
Les sexes sont séparés, à de rares exceptions près {Cymothoa) ; il est
fréquent de voir le mâle et la femelle différer considérablement l’un de l’autre (fig. b31 et 532) et présenter un dimorphisme aussi accentué que chez les Lernéens {Entoniscus, Cryptoniscus). Les canaux déférents du mâle débouchent à la base de l’abdomen, soit isolément, soit dans un tube pénial commun. Les oviductes débouchent à la face interne de la cinquième paire de pattes thoraciques. Le développement semble être assez variable, suivant les types.
Les Isopodes vivent principalement dans la mer, un moins grand nombre dans les eaux douces ; le groupe des Oniscides s’est adapté à la vie terrestre. Les récentes explorations sous-marines ont fait connaître certaines formes qui habitent les grands fonds.
Les Anisopodes ont une certaine ressemblance extérieure avec les Amphipodes ; les pattes biramées de l’abdomen ne servent pas à la
Fig. 531. — Ancetis mâle.