CLASSE DES GKUSTACÉS
respiralioii. Le genre Tanais se rencontre jusqu’à près de 3,000 brasses de profondeur; les espèces abyssales sont presque toutes aveugles.
Les Ancées (fig. 531 et 532) ont de curieuses métamorphoses ; en sortant de l’œuf, ils sont parasites des Poissons et se fixent sur le dos, les flancs, les branchies ou dans la bouche; ce sont d’ailleurs des parasites libres, capables de courir et de nager. Après la métamorphose, ils perdent leur agilité; la femelle continue sa vie parasitaire, mais le mâle se retire dans un trou de rocher.
Chez les Euisopodes, l’abdomen est relativement court et large et ses pattes portent des lamelles branchiales. Les Cymothoés {Cymo-
Fig. 53 i. — Asellus aqiialièm
tlioa) se logent dans la cavité buccale des Poissons de mer et même de certains Poissons d’eau douce ; les Anilocres (Anîlocra) se collent aux flancs de Poissons bons nageurs, tels que les Labres, mais reprennent facilement leur liberté. Les genres Serolis et Munnoqjsis se trouvent dans les zones abyssales; c’est là encore qu’on rencontre Bathynomus giganteus, le géant des Isopodes, Crustacé long de 0"*,23, large de 0“,10, pêché par 953 brasses, au large du Yucalan.
Certains Sphæroma (fig. 533) sont marins, d’autres vivent dans les eaux douces ou saumâtres. Les Aselles {Asellus, flg. 534) sont communs dans les ruisseaux; des formes aveugles se trouvent dans les puits et dans. les lacs souterrains.
Ici se placent les Bopyrieiis et les lîntonisciens. Ces Isopodes, dont GiardetJ. Bonnier ont pnldié récemment une belle monographie,
GUOUPK ÜES TliORÂCOSTRACÉS.
sont parasites dans la cavité branchiale des Podophthalmes décapodes : Bopyrus squillarum vit chez Falæmon squilla, lone thoracka chez Caïlianassa subterranea, Cancricepon elegam cliez Füumnus hir- Ullus, Grapsicepon messoris chez Metopograpsns messor, Entoniscus Mülleri chez Porcellam longicornis, Grapsim Cavolinii chez Pachygrapsus marmoratiis, Portunion Moniezi chez Portunus puber, etc. Ces animaux sont très dégradés par le parasitisme; ils présentent de remarquables métamorphoses.
La famille des Oniscides comprend des formes terrestres, vivant dans des endroits humides : en raison de cet habitat spécial, les lamelles externes des pattes respiratoires, au lieu de jouer simplement le rôle d’écailles protectrices, sont creusées de cavités remplies Fig. 535. — PorcelUo. d’air et tenant lieu, dans une certaine mesure, de l’appareil trachéen des Insectes. Les Ligies [Ligia) se tiennent au bord de la mer, sur les rochers et dans les herbes ; les Cloportes (Oniscus), les Porcellions {PorcelUo, flg. d3o) et les Armadilles ( Arma dülo] sont exclusivement terrestres ; ces derniers sont capables de s’enrouler en boule.
La médecine a longtemps fait usage à'Oniscus asellus etd’Armadillo officinaruyn, qu’on croyait lithontriptiques, antiscrofuleux et antirhumatismaux; on les faisait entrer dans une foule de préparations, notamment dans les pilules de Morton, et on les mangeait même crus. Méhu a recherché si les propriétés diurétiques qu’on attribuait à ces Crustacés s’expliquaient par la présence de nitrates dans leur composition ; ses expériences ont donné un résultat négatif. L’emploi des Cloportes n’était donc pas justifié; aussi la dernière édition du Codex les a-t-elle définitivement rayés de la liste des substances naturelles de la pharmacopée française.
G. Méhu, Sur la composilion des Cloportes. Bufi. gcn. de thérapeutique, p. 504, 1877.
A. Giard et J. Bonnier, Contribution à l’étude des Bopijriens. Lille, in-4'> de 3î2p. et 10 pl., 1887.
ÜROUi'E UES ïlIOR-tCOSTRACÉS’
Ce groupe renferme des Malacostracés dont les yeux sont composés et dont les six anneaux céphaliques, fusionnés en une seule pièce,
se fusionnent eux-mêmes avec les huit anneaux thoraciques, tout au moins avec les premiers : il se forme ainsi à la région dorsale un bouclier céphalothoracique de forme variable. Chaque anneau primitif du céphalothorax porte une paire de membres; chacun des six anneaux de l’abdomen est lui-même pourvu d’une paire de membres. La forme et les fonctions des membres varient notablement d’un ordre à l’autre; l’appareil masticateur et les branchies en dépendent toujours.
Ces animaux sont abondants dans les mers actuelles ; les quatre [Bodotria) ou cinq {Biastylis) derniers anneaux thoraciques sont libres et non fusionnés avec la tête. Il y a deux paires de pattes-mâchoires et six paires de pattes ambulatoires. L’appareil respiratoire consiste en une paire de branchies multifides, portées par la deuxième paire de pattes-mâchoires. L’abdomen est dépourvu de pattes natatoires chez la femelle, mais en porte de deux à cinq paires chez le mâle. Les œufs se développent dans une cavité incubatrice, comme chez les Arthrostracés; l’évolution de l'embryon rappelle encore ces derniers.
Les Cumacés ont des yeux sessiles ou môme sont dépourvus d’yeux. Tous les autres Thoracostracés ont les yeux portés à l’extrémité d’un pédoncule mobile, d’où le nom de Poduphlhahms que leur a donné H. Milne-Edwards.
ORDRE DES STOMATOPODES
Ces Crustacés, peu nombreux, sont de forme allongée ; le bouclier céphalothoracique laisse libres au moins les trois derniers anneaux du thorax; l’abdomen est large, plus développé que le reste du corps et terminé par une grande nageoire caudale. La bouche est entourée de cinq paires de pattes-mâchoires ; celles de la première paire sont grêles et en forme de palpes: celles de la seconde paire sont de beaucoup les plus grandes, ce sont de fortes pattes ravisseuses, terminées par une main préhensile. Les trois paires suivantes sont semblables à la précédente, mais beaucoup plus petites. La locomotion ne se fait donc que par les trois dernières paires de pattes thoraciques, qui sont grêles et biramées(fig. 336). Lespattes natatoires de l’abdomen sont très développées : leur lamelle externe (fig. 336, p; flg. 337, d) porte les branchies à sa face interne (fig. 336, hr, flg. 337, b.) Les yeux sont pédiculés et mobiles.
La femelle pond ses œufs dans le trou qui lui sert de repaire. Le
ORDRE DES STOMÀTOPODES.
Fig. 538. — Squilla mantis.
riPveloppement s’accompagne de métamorphoses compliquées : les larves ont été décrites jadis comme des animaux particuliers, sous les noms d’Erichthuf^, Sqiiillerichthiis et Alima.
Fig. 536. — Coupe transversale de la Squillé. — br, branchie ; br', pièce portant les feuillets branchiaux:
c, cœur; d, repli du tégument dor-, sal ; i, intestin; m,- muscles; chaîne ganglionnaire; p, branche externe du pied; p', branche interne .
Fig. 537. — Branchies de Squille, d’après Milne-Ed wards. ^ A , branchie entière ; a, base de la fausse patte; b, branchie ; c, d, les deux branches terminales de la fausse patte. — B, l’une des branches de la branchie rameuse ; «, section transversale de la tige principale de la branchie ; 6, appendices lamelleux.
Les Slomatopodes vivent dans les mers chaudes ; ils sont bons nageurs, Squilla mantis (fig. 538) et Sq. Besmaresti se rencontrent dans la Méditerranée : toutes deux sont comestibles.
BLaNCHAUD. — Zool. méd.
L. Moleyro, Insectes et Crustacés comestibles. Bull, mensuel de la Soc nationale d’acclimatation do France, (4), II, p. 500, 5G2 et 668, 1885.
ORDRE DES SCHIZOPODES
Les Schizopodes ressemblent beaucoup aux Décapodes macroures, dont il sera question tout aTheure, mais ils s’en distinguent notamment par la présence de huit paires de pattes divisées en deux branches et toutes semblables entre elles. Les pattes abdominales, très réduites chez la femelle, sont au contraire bien développées chez le mâle et peuvent même jouer le rôle d’organes copulateurs : les deux sexes diffèrent d’ailleurs à tel point que jadis on les rangeait dans des genres distincts.
Les branchies font défaut {Mnsk) ; chez d’autres formes, ce sont des
tubes contournés, appendus aux pattes caudales du mâle (Siriellci, Çynthia); ou bien ce sont des appendices ramifiés, attachés aux pattes thoraciques, comme chez les Décapodes; elles plongent alors librement dans le milieu ambiant {Thysanopoda, Euphausia) ou sont abritées dans une cavité spéciale, produite par l’élargissement du bouclier dorsal (Lophog aster).
Les Mysis (fig. 339), dont quelques espèces sont lacustres, représentent le type principal. Les explorations du Challenger et du Talisman ont fait connaître quelques formes remarquables par leur taille gigantesque et par leur habitat : Gnalhophaiisia Goliath, l’espèce la plus grande, vit dans des fonds de 2,795 mètres; ce Crustacé d’un rouge écarlate est plus grand que les plus belles Écrevisses et porte
un organe phosphorescent à l’extrémité de chacune des mâchoires de la seconde paire.
Cet ordre important renferme les plus parfaits des Crustacés, ceux dont la tête et le thorax sont intimement unis en une carapace et dont l’épiderme est développé en une cuticule chitineuse crustacée, c’est-à-dire encroûtée de sels calcaires; toutefois, cette calcification n’a lieu que chez les grandes espèces. L’abdomen présente des différences de forme assez notables, suivant qu’on l’examine chez des
Fig. 540. — Larve Nauplius de Penæus, d’après Fritz Müller. ^
animaux nageurs ou marcheurs ; chez les premiers ou Macroures, il est très développé et se termine par un organe en éventail, qui a pour rôle d’aider à la locomotion en frappant l’eau à la façon d’une nageoire ; chez les seconds ou Brachyures, il est considérablement réduit et se replie sous le céphalothorax.
Les Macroukes sont tous aquatiques : les uns vivent dans les eaux douces, les autres, plus nombreux, dans la mer. On en trouve de nombreuses formes dans les grandes profondeurs.
La famille des Caridides (1) comprend des espèces à corps comprimé, à carapace non calcifiée, à branchies lamelleuses.
(1} Du grec xapiç, nom sous lequel on désignait les Crevettes et les Squilles.
'228 CIASS'E DES CBÜSTÂCÉS.
I.es Pénées ont les pattes-mâchoires de la troisième paire longues et semblables à de véritables pattes ; les pattes thoraciques sont munies d’un appendice flabelliforme rudimentaire, celles des trois premières paires se terminent par une pince. Suivant tr. Müller, la larve qui sort de l’œuf serait un Nauplius (fig. 540), ce qui ne laisse pas d’être exceptionnel pour l’ordre des Décapodes. Penæus caramote (fig. 541)' est comestible : on le trouve parfois sur les côtes d’Angleterre; il est plus fréquent dans la Méditerranée, surtout à Bône et à
Tunis. , ■ • J .
Les Palénions sont reconnaissables au long rostre pointu et denté en scie dont ils sont armés (fig. 542, A); les pattes sont grêles, celles des deux premières paires sont en forme de pinces, la deuxième étant
la plus forte. La Crevette rose {Palæmon serratus) et la Salicoque (P. squilla) sont abondantes sur nos côtes; la dernière est plus petite, et diffère de la précédente par son rostre plus droit, plus court et moins épineux en dessous. Quelques espèces habitent les eaux douces.
Les Grangons ont le rostre très court .(fig. 542, B) ; les deux premières paires de pattes sont didactyles ou en forme de pince, mais la première paire est la plus forte. La Crevette grise (Crangon vulgaris) abonde dans nos mers : vivante, elle est transparente ; la cuisson lui donne une teinte grise. Le genre Nika est très voisin du précédent : le rostre est un peu plus long, mais est encore dépourvu de dentelures (fig. 542, C); la paire antérieure de pattes est seule didactyle. N. edulis Ri&so, d’un rose vif et orné de points jaunâtres, se pêche abondamment dans la Méditerranée.
A l’exception des Pénées, les Garidides sortent de l’œuf à l’état de
d’après CuVier.
OHUKE DES DÉCAPODES.
loea (fig- 3^3) ; cette larve possède déjà deux paires d’antennes,
Fi". 542. — Caractères distinctifs des Crevettes comestibles. — A, Palémoii ; • B, Crangon; C, Nika.
deux paires de mâchoires, wîæ', choires, mf, mf, mf". Le thorax, à peine accusé, n’est ni segmenté ni pourvu d’appendices. L’abdomen est long et segmenté, mais encore sans appendices. Le telson est repré- ■ senté par une plaque ornée de soies. Une première métamorphose conduit au stade Mysis (fig. 344) : les membres thoraciques biramés se montrent successivement-; quant aux membres abdominaux, la dernière paire apparaît à cette même période.
Dans certains cas, le développement est plus abrégé : les larves de Crangon et de Palæmonetes ont déjà, en naissant, les rudiments des deux premières paires de pattes thoraciques et le Palémon de trois paires.
La famille des Astacides comprend des Macroures de grande taille, à carapace dure et solide.
La première paire de pattes est
æ", et trois paires de pattes-mâ-
’ig. 543. — Larve ù’Hippolyte au stade Zoea, d’après Claus. — mx', mx", première et deuxième paires de mâchoires ; mf, mf , mf", pattes-mâchoires.
forte et armée de pinces très puissantes ; les deux paires suivantes
sont terminées par une petite pince. A ce groupe appartiennent les genres Nephrops, Homarus et Astacus. Le développement est très raccourci.
Fig. 544. — Larve à'HippobjLe plus avancée, au stade Mysis, d'après Claus.
Le Homard, dont on connaît les qualités alimentaires, n’est pas rare sur nos côtes : il se tient de préférence dans certaines localités,
æ récemment éclose dé Homar
Smiili.
en dehors desquelles on le trouve difficilement; il vit à une profondeur mediocre, se nourrit surtout d’Astéries et se réfugie dans les rochers creux. Les pincesMe la première paire de pattes sont excessi-
OKDRE DES DÉCAPODES.
veraent développées ; les branchies sont au nombre de dix-neuf paires.
I.a larve se trouve à un stade Mtjsis avancé, au moment de sa naissance (fig. Homarus vidgarü vit en Europe; H. americanus habite les côtes du Labrador, l’embouchure du Saint-Laurent et d’autres localités de l’Amérique du Nord ; il est plus grand que l’espèce européenne, dont il se distingue en ce que son rostre est orné d’épines à sa face inférieure.
Astacus fluviatilis Rondelet, 1535.
Le corps de l’Écrevisse (fig. 346) est divisé en deux régions distinctes ; le céphalothorax et l’abdomen. La première est solide et recouverte de la carapace. Celle-ci n’est pas articulée, mais est parcourue à peu près en son milieu par le sillon cervical, dirigé en travers et dont les extrémités s’infléchissent sur les côtés et en avant. Deux sillons branchio-cardiaques partent du précédent, à la face dorsale, et se portent en arrière à une faible distance : ils marquent là limite entre les cavités péricardiaque et branchiale; toute la portion de la carapace qui est située en dehors constitue le Iranchiostégite ou volet protégeant les branchies. Le thorax semble être d’une seule pièce; mais on reconnaît à sa face inférieure autant de segments qu’il y a de paires de pattes.
Pour avoir une idée exacte delà constitution du somite, il importe de l’étudier dans la région abdominale, seul point où il n ait subi aucune modification. On peut reconnaître dans chaque somite une portion dorsale arquée ou tergum et une portion ventrale plane ou sternum. Du point où ces deux portions se rencontrent, descend de chaque côté une large plaque ou pleuron, qui recouvre la base des membres. Enfin, on appelle épimére la portion de la face sternale qui est comprise entre le pleuron et l’articulation des membres. Tous les anneaux de l’abdomen sont mobiles : aussi la calcification des téguments n’est-elle point générale; les sternums sont reliés entre eux par de larges membranes qui facilitent les déplacements ; les tergums s’imbriquent au contraire, l’antérieur recouvrant le postérieur, A la tête et au thorax, les anneaux sont fusionnés, intimement. La paroi sternale présente à sa face interne, depuis la portion postorale de la tête jusqu’à l’extrémité postérieure du thorax, des appendices compliqués qui constituent les apodèmes on système endophragmal. Ces parties solides jouent le rôle de squelette interne, donnent insertion aux muscles et protègent d’importants viscères ; de plus, elles relient entre eux les divers anneaux et les unissent en un tout solide. En raison de leur nature cuticulaire, elles sont rejetées à chaque mue.
eup 21
Fig. 546. — Écrevisse mâle, vue par la face ventrale. — 1, pédoncule ocu-, •laire, appendice du 1“^ anneau; 2, antenuules, 2"^ anneau; 3, antennes, 31= anneau; 4, mandibules, 4<= anneau; 8, deuxième patte-mâchoire, 8“= anneau; 9, troisième patte-mâchoire, 9'^ anneau : les appendices 8 et 9 recouvrent les deux paires de mâchoires et la première paire de pattes-mâchoires ; 10, première paire de pattes transformées en pinces, 10® anneau; 11 à 14, pattes, appendices des 11® à 14® anneaux; 15 à 19, fàusses-pattes abdominales ou pattes natatoires, appendices des 15® à 19® anneaux; 20, 20® anneau portant une paire d’appendices lamelliformes qui ne sont autre chose que des pattes transformées et constituées par un exopodite, exp, et un endopodite, enp‘ 21, toison ; fp, fausses-pattes abdominales de la ir® et de la 2® paires, transformées en appendices générateurs.
8 pour le thorax et 6 pour l’abdomen. (Ihaque anneau porte une paire d appendices dont la forme et les dimensions varient beau-
coup, mais qui, morphologiquement, ne sont autre chose que des
^ Les pédoncules oculaires (fig. o46, 1) sont les appendices du premier anneau ; ils comprennent un court article basilaire et un article terminal long et cylindrique.
Lesantennules(H- 436, 2; fig. 347) dépendent du deuxième anneau : leur tige est formée de trois articles, puis se termine par deux filaments annelés, dont l’externe est le plus long et le plus épais. La tige correspond au protopodite des vraies pattes, les filaments sont homologues à l’endopodite et à l’exopodite.
Les antennes (fig. 546, 3), appendices du troisième anneau, ont un propodite formé de deux articles ; à la face ventrale de l’article basilaire se voit une saillie conique, sur laquelle vient s’ouvrir la glande verte. Le segment terminal, plus grand, est subdivisé en deux arti-
Antennule de l’Écrevisse vue par la face interne, d'après Huxley.
exopodite est représenté par une large écaille qui accompagne l’antenne en dehors, l’endopodite par une longue tige annelée.
Les trois dernières paires d’appendices céphaliques, correspondant aux anneaux 4 à .6, font partie de l’appareil buccal. On trouve d’abord une paire de fortes mandibules (fig. 546, 4 ; fig. 548, a), puis deux paires de mâchoms (fig. 548, 6,c). Ces pièces ont subi de profondes modifications.
Les appendices du thorax débu-tent par trois paires de maxillipèdes^ o\x pattes-mâchoires, correspondant aux somites 7 à 9 (fig. 548,. d,e,/); les deux dernières paires (fig. 546, 8 et 9) recouvrent normalement la première, ainsi que les deux paires de mâchoires. Ces organes, surtout les deux derniers, ont une grande ressemblance avec les pattes ambulatoires, situées en arrière : ils sont divisés en un certain nombre d’articles, dont le basilaire est plus long que les autres et fortement denté le long de son bord interne, de manière à déchirer et à broyer tout ce qui arrive entre lui et son congénère. En écartant
ces maxillipèdes, on découvre un large orifice en forme de fente longitudinale, qui n’estaulrechosequerorifice buccal
Les pattes ambulatoires, au nombre de cinq paires, sont portées par les anneaux 10 à 14 (fig. 546, 10 à 14). La première paire est constituée par les pattes ravisseuses ou pinces grands membres préhensiles, armés de pinces très puissantes et servant bien moins à la locomotion qu’à l’attaque ou à la défense. La deuxième et la troisième paires sont les chélates : chaque patte se termine par une petite pince résultant de ce que l’un des angles de l’extrémité du propodite s’est prolongé de manière à former la branche fixe de* la pince. Cette modification n’a pas eu lieu sur les deux dernières paires de membres thoraciques : aussi ces membres se terminent-ils par une simple griffe.
Les pattes ambulatoires atteignent le plus haut degré de perfection ; aussi étudieronsnous l’une d’elles en détail (fig. 549). Le membre s’insère dans une cavité articulaire située entre le sternum et l’épimère. Il débute par un court article basilaire ou coxopodite, xp, . auquel fait suite un hasipodite, bp, plus ou moins long : l’ensemble de ces deux articles constitue le pi'otopodile. A la suite de ce dernier vient Yendopodite, formé de cinq articles placés bout à bout : Yischiopodite, ip; le méropodite;mp; le carpfjpoditc, cp; le propodite, pp; et le dactylopodite, dp.
Fig. 548. — Pièces bue- Telles sont les pièces fondamentales du cales gauches de l’É- membre, celles qui se retrouvent toujours plus crevisse,vuesen des- ou moins modifiées. Si on examine les pattes sus. — a, mandibule; uj • i . , , , -
è, première mâchoire; abdominales-, on reconnaît, maigre leur re- ‘ e, seconde mâchoire ; duction, une tige particulière s’insérant à d, première patte-mâ- l’exlrémité du protopodite, à côté de l’endo-