FAMILLE DES MUSCIDES
Les Muscides ont l’arista plumeux sur toute sa longueur, l’abdomen court et non velu. Dans le genre Musca, l’épistome est peu saillant, la trompe est molle et disposée pour sucer, le dernier article des antennes est trois fois plus grand que le second.
Musca domestica Linné, 1758.
Cette Mouche importune est le type d’une série d’espèces généralement confondues, auxquelles on attribue la faculté d’inoculer les maladies virulentes, telles que le charbon ; les expériences de Davaine ont fait justice de cette croyance, démontrant que des Mouches, maintenues pendant plusieurs heures sous une cloche avec du sang charbonneux, étaient incapables de transmettre la maladie, comme c’était d’ailleurs à prévoir, en raison de la faiblesse de leur trompe et de leurs griffes.
Si la Mouche ne transmet point directement les maladies infectieuses, elle peut du moins en propager et en disséminer les germes. Quand elle quitte une substance organique en décomposition, sa trompe et. ses pattes restent barbouillées de Microbes, dont quelques-uns peuvent être pathogènes et dont elle pouria se débarrasser, l’instant d’après, en venant se poser sur nos aliments. Les chances d’infection seront beaucoup plus sérieuses, SI elle dépose ses excréments sur ces derniers : Grassi a reconnu que les œufs de Trichocéphale, de Ténia, d’Oxyure, ainsi que les spores du ^trytis, qui cause la muscardine des Vers à soie, traversaient lilhErrnt^ünarde la" Mouche sans être en rien altérés par les sucs digestifs. On a de même cons-
ORDRE DES DIPTÈRES, talé que les Mouches qui ont sucé les crachats des tuberculeux pxDulsent dans leurs excréments des Bacilles intacts.
Les œufs de la Mouche sont pondus dans les ordures et parfois dans des matières alimentaires avariées; ils peuvent alors être introduits dans l’estomac, d’où les larves sont évacuées, ainsi queHope l’a reconnu dans trois cas. C’est à un cas de ce enre que se rapporteraient, d’après Brera, les pseudo-helminthes décrits par Jôrdens sous le nom d’Ascaris conosoma, évacués par un jeune Homme et reconnus par Rudolphi pour des larves de Mouche.
B. Grassi, Les méfaits des Mouches. Arch. ital. de biologie, IV, p. 205, 1883.
CURTONEVRA (Müsca) stabülans. — Mouche longue de 8 à 9 millimètres, très semblable à la précédente; elle se rencontre fréquemment dans les étables, les pâturages et au voisinage des animaux domestiques. On peut trouver sa larve, sa nymphe ou même le cadavre de l’adulte sur des cadavres humains exposés dans la campagne.
Les Calliphores se distinguent des Musca par leur face bordée de poils, par leur épistome un peu saillant, par leur dernier article des . antennes trois fois plus long que le précédent; l’abdomen est hémisphérique et de teinte bleu métallique sans éclat.
La Mouche bleue de la viande (flg.728) est longue de 7 à 13 millimètres; elle pond sur la viande, sur les cadavres, sur la charogne ; trompée par la finesse de son odorat, elle pond aussi dans des fleurs {Arum, Stapelia) ou sur des Champignons (Phallus impudicus) émettant une odeur cadavéreuse. Elle pond environ 200 œufs, par amas de 20 à fOO ; au bout de vingt-quatre heures, il en sort des larves qui, après 12 à 15 jours, passent déjà à 1 état de nymphe; la nymphe elle-même donne naissance à 1 adulte au bout de 12 à 15 jours.
Galliphora voMiTORiA Rob.-Desv. — Cette Galliphore peut se rencontrer à tous les états sur les cadavres humains. Sa laive.
Fig. 728. — Galliphora vomitoria grossie, sa larve et sa pupe.
introduiLe avec les aliments, pourrait continuer à vivre dans le tube digestif et se retrouverait dans les déjections, comme Hope en cite un cas, d’après Thompson. Elle s’observe aussi parfois dans les fosses nasales, principalement chez des individus atteints d’ozène et de punaisie : Mankiewicz en rapporte un cas chez un garçon de 9 ans ; peut-être alors la Mouche est-elle trompée par l’odeur, comme dans le cas de l’Arum.
Les larves d’une espèce voisine, C. limensis, peuvent aussi se rencontrer dans les fosses nasales, où elles causent de terribles ravages.
Mankiewicz, Veher das Vorkommen oon Fliegenlarven in der Nasenhôkle. Virchow’s Archiv, XLIV, p. 375, 1868.
F. Aguirre, La7'vas de la Calliphora limensis en las fosas nasales. Santiago de Chile, in-8o de 18 p., 1885.
Les Lucilies ont la tête déprimée, l’épistome dépourvu de saillie; le dernier article des antennes est quadruple du précédent et porte un arista très plumeux; l’abdomen, court et arrondi, brille de beaux reflets métalliques. .. -
Lücilia Cæsar Rob.-Desv. — Mouche d’un vert doré, longue de 7 à 9 millimètres; palpes ferrugineux; face et côtés du front hlancs, à reflets noirâtres ; épistome d’un rougeâtre pâle ; bande frontale noirâtre; antennes brunes; pieds noirs.
Lucilia CADAVERiNA Rob.-Desv. — Mouche d’un vert doré, longue de 4 à 5 millimètres ; palpes noirs ; face noire, argentée sur les côtés ; front noir, bordé de blanc ; pieds noirs ; cuillerons noirâtres.
Ces deux espèces viennent pondre sur les cadavres, où on trouvera leurs larves ou leurs pupes; la détermination de celles-ci ne se fera sûrement que si on les élève jusqu’à l’état adulte. Hope rapporte à Z. Cæsar des larves évacuées par un malade vu par Thompson.
Lucilia macellaria Robineau-Desvoidy, 1830.
Synonymie : Musca macellay'ia Fabricius, 1794.
Lucilia hominivorax Coquerel, 1858.
Calliphora infesta Pbilippi, 1861.