P. AVIUM
P. SERRATICEPS.
P. ERINACEI.
'. OONIOCEPHAtUS.
Les Sargopsyllides sont plus petits que les Pulicides; la tête est relativement grosse ; les anneaux thoraciques sont très étroits. Le mâle est toujours libre. La femelle fécondée se creuse un abri dans la peau d’un Vertébré à sang chaud et y acquiert des dimensions considérables, par suite de l’augmentation de volume de son abdomen {Sarcopsylla); ou bien elle se fixe simplement à la peau, à la façon des Ixodes, et son abdo* men reste vermiforme et distinctement articulé {Rkynchopsylla, Helminlhopsylla). Toutes les espèces sont extra-européennes.
Rhynchopsylla pulex Haller a été trouvé sur la paupière et la membrane clignotante d’un Perroquet, ainsi qu’à la région auriculaire d’un Chéiroptère du Brésil.
Hétminthopsylla (Vermipsylla) Alakurt Schimk. se trouve dans le Turkestan sur le Cheval, le Bœuf, le Mouton et le Chameau.
Wl. Schimkiewitsch, Ueber eine neue Gattung der Sarcopsyllidæ Familie- Zoolog. Anzeiger, VIII, p. 76, 1885.
Sarcopsylla pénétrons Westwood, 1840.
StNONYMiE : Pulex minimus cutem penetrans Catesbay, 1743.
P. minutissimus nigricans Barrcre, 1743.
Acarus fuscus sub cutem nidulans P. Brown, 1756. Pulex penetrans Linné, 1758.
Rhynchoprion penetrans Oken, 1815.
Sarcopsylla canis Westwood, 1840.
Üérmatophilus penetrans Guérin-Mé evillî , 1843.
La Chique (1) diffère de la Puce par sa taille plus petite, par sa tête rp.lativement plus grosse, par ses pattes'pôsténeures moins allongées ; sa couleur’ 3st roussâtre ou d’un brun rou-
^^Le ^mâle mesure à peine 1 millimètre de longueur. La fe-
Fig. 720. — Sarcopsyllapenetrans, femelle libre, très grossie, d’après Karsten,
melle à jeun et non fécondée (ftg. 720) est à peu près de même taille, bien qu’un peu plus grande. La tête présente une face supérieure oblique en avant, couverte de poils courts, et une face inférieure oblique de haut en bas et d’avant en arrière et réunie à la précédente presque à angle aigu. L’œil est situé à la partie antérieure de la tête, au bord de la fossette renfermant l’antenne; le dernier article de celle-ci est oviforme et effilé en pédicule à sa base.
Les mâchoires (fig. 721) sont larges, quadrilatères et si petites qu’elles dépassent à peine la surface de la tête et peuvent passer aisément inaperçues. Leurs palpes, me, sont longs, velus et quadriarticulés. Les mandibules, mn, sont plus longues que les palpes maxil-
(l) Les autres noms vulgaires de la Chique sont utiles à connaître. On l’appelle Puce pénétrante aux Antilles et à la Guyane; nigua au Mexique ; pigue, pique, pico au Pérou; biclio, bicho dos pés, bicho de cachorro, tunga, jatecuba, migor au Brésil ; sand-flea, chego, chegoe, chigger aux Etats-Unis. Les Indiens du Brésil l’appellent tunga, tora, ton, sico; les Abipons, aagrani. C est le Sjmdfloh des Allemands,
laires, mais à peine plus longues que la tête ; elles n’ont donc point la longueur de l’animal lui-même, contrairement aux assertions de Linné et de Westwood. Elles sont d’ailleurs conformées comme chez la Puce, ainsi que l’épi-
^ pharjnx, Im, et la lèvre in-
i férieure ; toutefois, les pal-
P®® labiaux, li, ne sont pas
Les trois anneaux du thorax sont très réduits. Le métathorax porte deux ^11'*" grandes écailles alaires,
^ ornées chacune de deux
soies. Les cinq articles du Fig. 721. - Pièces buccales de Sarcojtsylla rangent dans l’nr
penetrans. — li, lèvre inférieure et ses . ^
palpes ; Z»2, épipharynx; wic, palpes maxil- nr® suivant, en commenlaires; mn, mandibules. çant par le plus court :
çant par le plus court :
2, 3, 4, 1 et 0, pour la pre¬
mière paire de pattes, les articles 2, .3 et 4 étant d’égale taille; 4, 3, 1, 2 et 5 pour la seconde paire et4, 3, 2, 1 et 3 pour la troisième paire; ces articles portent tous de longues soies claires à leur extrémité distale; le tarse se termine par deux griffes minces et effilées.
L’abdomen est ovale et représente les deux tiers de la longueur totale. Chez le mâle, chacun des sept premiers anneaux présente, dans sa partie supérieure, un stigmate surmonté d’une courte soie; chez la femelle, ces orifices manquent sur le second et le troisième anneaux : ils sont très larges sur les quatre anneaux suivants. Les derniers anneaux n’offrent rien de particulier chez la femelle, mais sont modifiés chez le mâle, par suite de la présence de deux pinces, configurées comme celles du Crabe et destinées à favoriser la copu¬
lation et à saisir la femelle.
Bonnet a observé l’accouplement; il le décrit en ces termes ; « Le mâle étant le plus fort a l’initiative ; il se place d’abord sur le dos de la femelle (son rostre étant tourné vers l’anus de celle-ci) et se laisse glisser ensuite jusqu’à ce qu’il puisse saisir par ses pinces anales les deux valves qui, chez la femelle, débordent de chaque côté du cloaque. Une fois la pénétration du pénis Opérée, on voit les ailerons péniens au dehors, les valves inférieures appliquées contre l’abdonrien de la femelle et les supérieures coudées à angle droit. Les Chiques restent ainsi accolées anus contre anus pendant huit à dix minutes. Elles se maintiennent dans cette position en se cramponnant avec leurs pattes. On voit souvent le mâle, qui retient toujours la femelle au moyen de ses pinces, l’entraîner à sa suite. »
T P mâle et la femelle non fécondée sont des parasites libres ;
•k ne na-sent sur l’Homme que pour se gorger de sang, comme f t i/puce. La femelle fécondée se comporte tout autrement.
ta cnit sur l’Homme soit sur un animal (Chien, Porc,
Sge! £au) et s’y fiae dérmiliven.enl. Elle choisit en endroit OÙ l’épiderme est tout à la
fois épais, lâche etmou,par
exemple comme dans la région qui circonscrit les ongles, les griffes ou les sabots. Comme elle vit à terre, elle se trouve tout naturellement à portée de cesrégions de prédilection,
et l’on conçoit ainsi qu’elle s’y fixe de préférence ; tou- gg^^copsyllapenetrans, femelle
tefois, elle ne dédaigne Axée, très grossie, d’après Karsten.
point les autres parties du
corps et peut s’observer partout ailleurs qu’aux orteils ou qu’aux pieds.
Grâce h son armature buccale, la femelle s’enfonce obliquement dans l’épiderme, puis dans le derme, où sa pénétration s’accompagne d’une démangeaison légère et intermittente et où elle se fixe désormais. Elle exerce une succion sur les capillaires des papilles dermiques et détourne à son profit une partie des sucs que ceux-ci apportaient aux tissus voisins ; il s’organiserait même tout autour du parasite, si l’on en croit Guyon, une membrane richement vascularisée, qui reste au fond de la plaie quand on vient à extirper l’Insecte.
Nourri abondamment, celui-ci ne tarde pas à grossir : la tête et le thorax ne subissent aucune modification, mais l’abdomen, par suite du développement progressif des œufs, se comporte comme chez Pediculoîdes ventricosus : il distend de pins en plus et décolle insensiblement l’épiderme, creusant ainsi entre ce dernier et le derme une logette qui puisse le contenir. La dilatation se fait uniquement aux dépens du second et du troisième anneaux de l’abdomen ; l’anneau qui précède et ceux qui suivent gardent leur taille primitive. Karsten assure que le tube digestif et les trachées subissent alors une régression; ces
dernières perdent leur structure spiralée et épaississent leurs parois ; ces modifications débutent par les plus fines branches puis gagnent progressivement les plus gros troncs, qui prem nent parfois un aspect poreux.
Les derniers anneaux s’enfoncent à la façon d’un coin dans l’orifice par lequel l’animal s’était introduit dans la peau, en sorte que l’anus et au moins la dernière paire de stigmates sont en contact avec l’air. La présence du parasite est alors indiquée par une tumeur arrondie, circonscrite par l’épiderme et percée d’un trou à son sommet; la portion d’abdomen qui s’y montre passe insensiblement du blanc de lait au gris perle.
Par suite de sa distension, la peau devient douloureuse et s’enflamme; les tissus qui entourent le parasite s’enflamment à leur -tour, s’infiltrent et laissent suinter un liquide.
Parvenu au terme de sa gestation, l’Insecte a la taille et la couleur du fruit du Gui (fig. 722). Il est entouré d’une zone purulente, et le travail inflammatoire dont celle-ci résulte finit par détruire et par ulcérer la peau et tend à expulser le corps étranger. L’abdomen de la Chique se rompt alors et les œufs sont rejetés au dehors, tandis, que le corps même de l’animal demeure dans la plaie. Cette dernière peut alors se convertir en ulcère ; plus souvent, la portion d’épiderme qui l’entoure se modifie et l’entraîne dans sa chute.
Rodschied a prétendu quë la Chique était vivipare, mais les observations de Bonnet ne permettent pas de douter qu’elle ne soit ovipare. L’œuf est ellipsoïde, à surface finement granuleuse et de couleur. blanche ; il est long de 1 millimètre et plus et est projetg parfois jusqu’à 2 centimètres de distance.
Cet œuf se développe à terre : il en sort une larve blanche et transparente, longue de 1“®,78, large de 0““,17; au bout de 8 à 10 jours, elle a atteint toute sa croissance, est longue de 2““,26 et de couleur grise. La larve est, comme celle de la Puce, formée de 13 anneaux velus, qui tous portent une paire de stigmates, à l’exception du premier et du dernier; elle se nourrit de divers détritus, notamment des débris du cadavre maternel, mais refuse le sang et la viande. Le dernier anneau porte trois appendices, un médîâïrérsupérieur, et deux latéraux et inférieurs, plus longs et aidant à la marche.
Contrairement à ce que pensait Oken, la larve passe à fétat de nymphe : dans ce but, elle se tisse un cocon ovoïde, long de 1““,30,*
large de 0“«,86, d’une belle teinte jaune d’or; des grains de sable M de poussière adhèrent à sa surface. La nymphe est semblable a ceutde la Puce; au bout de 8 à 10 jours, l’animal parfait sort du cocon.
La Chique est originaire de l’Amérique tropicale et des Antilles où G F. de Oviedo fut le premier à l’observer, en 1526. Elle abonde au Brésil, où Pison l’a observée en 1648; dans le nord du Chili et notamment dans la province de Coquimbo fMolina, 1782); à la République Argentine, elle est fréquente dans la province de Tucuman. De là, elle remonte jusque dans l’Amérique centrale et dans toutle Mexique,
l’Amerique cenuciic ot uaaxo
les États-Unis. Elle s’étend donc approximativementJuJ)J[d* gré de latitude sud au 30‘’ degré de latitude nord; on la trouve dans l’intérieur du pays* aussi bien que sur la côte occidentale ou sur la côte orientale. Quant à l’altitude, de Humboldt la rencontrée en abondance par 1,000 à 2,000 mètres au-dessus du niveau de la mer : elle y serait même plus abondante que dans les plaines. Nous l’avons reçue nous-môme de Chuquisaca, sur les hauts plateaux des Andes de Bolivie, où elle est très répandue.
Dans ces dernières années, la Chique a été transportée en Afrique, où elle s’est propagée avec une incroyable rapidité (1). Soyaux dit qu’elle a été introduite au Gabon, en 18^2, par l’équipage du navire revenait du
Brésil. D’après Lux, elle aurait été introduite à SainL^auLM»... Loanda, en 1873, par un navire à voiles venant de Babia ; en moinTcle' trois ans, elle se répandit jusqu’à Saint-Philippe de Benguela'au sud, jusqu’au Congo au nord et jusqu’à 70 lieues dans l’intérieur des terres. . , .
Actuellement, elle est très commune à Monrovia, d ou nous l’avons reçue, et jusqu’au Sénégal; il est à craindre qu’elle ne s’acclimate aussi dans le sud de nos possessions algériennes, ou elle ne manquera pas d’être prochainement transportée par les caravanes. Le parasite est également répandu sur la côte orientale, où il a été apporté par les caravanes venant de la côte op-
(1) Skripitzin (Zeitschr. f. d. ges. Med., XIII, p. 76, 9^’®^
existait déjà en Afrique, à Mozambique et au Congo, avant 1840, mais ce fa t n’est confirmé par aucun auteur et tous s’accordent au contraire à fixer son introduction en Afrique aux années 1872 ou 1873.
posée ; en 1875, Pechuel-Losche le trouvait à Borna sur le Congo, à 60 lieues de la mer; un peu plus tard, Stanley le rencontrait aux cataractes du Congo, par 200 lieues marines de la côte; en 1880, Dutrieux l’observait depuis Zanzibar jusque dans l’Ounyaraouési. On peut se demander enfin si ce n’est pas encore la Chique qui est connue au Soudan sous le nom de moukardam.
La Chique est donc un animal de la zone tropicale. Elle vit dans les champs, dans les bois, dans les plantations; elle est particulièrement abondante dans~Iês' téiTàins sablonneux et dans le sable de la mer. On la rencontre aussi dans les maisons mal tenues, où elle se cache au milieu de la poussière et de la cendre du foyer; bien que ses bonds aient autant d’amplitude que ceux de la Puce, elle ne s’élève pas d’elle-mème aux étages supérieurs , à moins d’y être transportée par l’Homme ou par quelque animal. Aux Antilles, elle fourmille dans les cases des nègres, et il en était déjà de même dans celles des Caraïbes, dont la principale occupation, d’après le P. Dupuis, consistait à s’échiquer. Le parasite abonde également dans les écuries, les basses-cours, les bergeries, les étables, les porcheries, surtout dans celles où il y a agglomération d’animaux. Pendant l’expédition du Mexique, Yizy n’en a pas observé un seul cas chez les troupes logées dans les maisons d’Orizaba ou dans les cloîtres transformés en casernes, tandis que la maladie fut presque générale dans une division de zouaves cantonnée dans des hangars ayant autrefois servi d’étable à Porcs, ainsi que parmi les troupes logées dans les faubourgs ou dans les huttes des Indiens.
Le parasite s’attaque au Chien, au Chat, à la Chèvre, au Mouton, au Bœuf, au Cheval, au Mulet, à l’Ane et surtout au Porc tout aussi bien qu’à l’Homme; on l’a vu encore chez les Chéiroptères, les Singes et les Oiseaux; comme la Tique, il est donc peu difficile sur le choix de son hôte et se tixeindilléremment au premier animal à sang chaud qui passe à sa portée.
Le nombre des Chiques logées sur un même Homme ou sur un même animal est parfois très élevé :.d’Azara vit « retirer plus de soixante de ces Insectes des fesses d’une femme »• Bonnet a observé un individu qui en portait plus de trois cents disséminés sur tout le corps. Elles peuvent être si serrées les
ORDRE DES DIPTÈRES, unes contre les autres que la peau présente, après leur extirpation l’aspect alvéolaire d’un p;âteau de miel ; tel était le cas pour un pied de Porc que J. Jullien nous a rapporté de Monrovia. Elles siègent principalement sur les membres inférieurs, le plus souvent aux pieds et de préférence à la face plantaire, autour des ongles et au talon; elles sont assez communes aux doigts, autour de l’anus, sur la verge et au scrotum; on les voit rarement au-dessus du nombril, au visage, sur les bras ou les avant-bras.
La chaleur et la sécheresse favorisent la propagation du parasite ; rhumidité lui est au contraire funeste : le P. Bouton avait remarqué que les CaraîbesquraTrosaient souvent leurs cases étaient épargnes. Toutefois, la Chique est relativement rare et semble estiver pendant les fortes chaleurs de l’été.
On se tiendra suffisamment à l’abri de la Chique, si on prend l’habitude de se laver les pieds ou mieux de prendre un bain chaque iour, de ne jamais marcher nu-pieds, même dans les appartements proprement tenus, de laver fréquemment ceux-ci à grande eau. Quand on a reconnu la présence du parasite, on pourra le tuer sur place, soit en le piquant avec une aiguille, soit en se badigeonnant avec de la teinture d’opium, de ressence de térébenthine, du chloroforme, de l’onguent mercuriel, du biiodure de mercure ou de l’acide phénique; au temps du P. Raymond, les Caraïbes de nique se frottaient de roucou délayé dans l’huile de Carapa. L Insecte finit alors par être expulsé, comme il a déjà été dit plus haut.
Un individu est-il porteur d’un grand nombre de Chiques, accumulées en un petit espace, on peut avoir recours à des procédés qui, tout en les tuant sur place, ont pour conséquence une mortification de l’épiderme qui les recouvre; toutefois, ces procédés, fort en honneur parmi les indigènes ou les noirs, ne sauraient être conseillés a des Européens. Aux Antilles, on emploie sous forme de cataplasme la pulpe de racine de Manioc ou bien on plonge la partie malade dans une décoction de Tournefortia Ursutissima ou herhe à Chiques, puis on la recouvre de cataplasmes de la même plante. A la Martinique, on met le membre, voire même le malade tout entier dans un bain de Tabac; s’agit-il de jeunes enfants, on introduit et on laisse à demeure le pied tout entier dans un fruit de Corossolier {Anona muricatu), dont la pulpe, douce et mucilagineuse, agit à la façon d’un cataplasme émollient. Au Mexique, on applique sur la partie malade un morceau de cassave ou galette de Manioc ramollie à l’eau. En Colombie, on asphyxie les Insectes au moyen d’applications de beurre salé.
Le meilleur traitement consiste à extirper le parasite, dès qu’on reconnu sa présence et à quelque période que ce soit dé sa fixation^ Les femmes indiennes et les négresses sont fort habiles h praiiqueé Véchiquage : ces curanderas introduisent une simple épingle par l’orifice de pénétration, puis énucléent le parasite; elles pansent ensuite la plaie avec du cérumen, du tabac mâché ou de la cendre de cigare. Le médecin peut aussi avoir recours au procédé de l’épingle, qui ne demande que de la patience^et de la dextérité, mais il va sans dire que le pansement consécutif doit être moins barbare, d’autant plus que trop souvent le parasite ou le fait de son extirpation déterminent de graves accidents, que Pugliesi a bien étudiés : ce sont le tétanos, l’onyxis ulcéreux, l’ulcère, la lymphangite, l’érysipèle, le phlegmon. -
F. d’Azara, Voyages dans l’Amérique méridionale, depuis 1781 jusqu’en 1801, publiés par G. A. Walkenær, I, p. 217, 1809.
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Guyon, Note wampagnant la présentation d’un ouvrage intitulé : Histoire naturelle et médicale de la Chique, Rhynchopion yenetrans (Oken). Comptes rendus de l’Acad. des sc., LXX, p. 785, 1870.
Roulin, Note à l’occasion d'un des faits mentionnés dans la communication précédente. Ibidem, p. 792.
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Brassac, De la Chique [Pulex yenetrans); accidents produits chez l'Homme par ce parasite. Arch. de méd. nav., IV, p. 5l2, 1865.
Guyon, Histoire naturelle et médicale de la Chique. Revue et magasin de zoologie, (2),XViï, p. 295, 1865; XVIIl, p. 64, 111, 326, 359 et 445, 1866 ; XIX, p. 7, 208, 276 et 324, 1867; XX, p. 25, 70, 101, 171, 245, 301 et 433, 1868; XXI, p. 70, 212, 284, 325, 384, 413 et 425, 1869.
Moulin, Pathologie de la race nègre. Paris, 1866. Voir p. 26.
Al . Laboulbène, Pulex yenetrans observé à Paris. Annales de la Soc. entomol. de France, (4), VII, 1867. Bulletin, p. vi.
L. Gage-Lebas, Des animaux nuisibles à l'Homme et en particulier du Pulex yenetrans {Chique ou Nigua). Thèse de Paris, 1867. — Bon résumé des travaux des auteurs anciens.
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E. Canoville, Des lésions produites par la Chique ou Puce pénétrante. These d0 Paris? 1880»
H. M. Bachelor, Filaria loa ai^d Pulex peneB'ans. N. Y. med. Record, XIX, p. 470, 1881. Bull- of tlie N. Y. pathol. Soc., (2), I, p. 108, 1881.
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J. B. Pugliesi, Des accidents causés par la Puce chique observes a la Guyane française. Thèse de Paris, 1886.
Sous-ordre des Pupipares.
Les Pupipares forment un groupe de Diptères parasites qui présentent de remarquables particularités d’organisation. Les antennes
Fig. 723. — Patte de Lipoptena Fig- 724. — Melophagus ovinus, de grandeur naturèlle et très grossi.
sont courtes et à 2 ou 3 articles. La trompé ëst formée par la lèvre supérieure; l’inférieure n’est pas articulée et ne porte pas de palpes.
Les pattes sont très écartées; le tarse est terminé par des griffes pectinées (fig. 723). La femelle est vivipare et ne donne naissance qu’à un petit à la .fois ; celui-ci s’est développé dans une dilatation du vagin et sort à l’état de larve dépourvue d’armature pharyngienne et de crochets buccaux. Aussitôt après sa naissance, la larve se transforme en pupe, comme l’a démontré Leuckart : la dénomination de pupipare, consacrée par l’usage, n’est donc pas exacte,
Braula cæca, aveugle et aptère, vit sur les Abeilles. Nycteribia Latreillei, aveugle et aptère, mais pourvu de balanciers, vit dans le
pelage des Chauves-souris.
Le Mélopbage (fig. 724) vit sur la peau du Mouton, dont il suce le sang; il est aptère et sans ocelles, mais possède deux petits stemmates. Ornithomyia avicularia se trouve sur des Oiseaux tels que le Busard ; il a trois ocelles et deux longues ailes à six nervures.
Une espèce remarquable par son dimorphisme est tout d’abord ailée et vit sur les Oiseaux ; on la connaissait sous le nom d Omithdhia pallida Meigen ; en au¬
tomne, elle passe sur le Cerf, le Daim, le Chevreuil et le Sanglier, perd ses ailes et revêt ainsi la forme appelée Lipoptena cervi.
Sous son premier état, on l’a rencontrée en grand nombre, d’après P. J. van Beneden, sur la peau d’un malade de l’hopi-
Fig. 725. — Hippobosca equina. tal de Louvain.
L’Hippobosque ou Mouchearaignée (fig. 723) vit sur le Cheval et l’Ane, parfois sur le Bœuf, le Chien et le Porc; l’Homme lui-même n’est point à l’abri de ses atta¬
ques. Il est d’un jaune rouille luisant, possède deux ailes à cinq nervures, des griffes bidentées, mais est dépourvu d’ocelles.
Sous-ordre des Bi^achycères.
Les Brachycères ont des antennes triarticulées ; l’article terminal est le plus grand et porte fréquemment sur sa face dorsale une soie antennaire ou arista (fig. 726), qui, suivant les cas, est simple ou articulée, nue ou velue. Cette soie correspond toujours à l’extrémi e de l’antenne et n’occupe sa position latérale que par suite du développement excessif du troisième article. Dans certaines formes, ce dernier se développe plus régulièrement et paraît annelé ou se prolonge en un style qui peut être annelé lui-même; en tout cas, e nombre total des articles de l’antenne n’est jamais supérieur à
Les ailes existent toujours et présentent des nervures réticulées /fio' 727); leur angle postéro-interne présente parfois une petite écaille, «, sous laquelle se cache le balancier.
Fig. "26. — Auteiines des Braciiycèi'es. — A, chez Eristalis tencix; B, chez Volucella plumata; C, chez Glossina morsitans.
La larve n’a généralement pas de tête distincte, l’une des extrémités est mousse et semble tronquée, l’autre se termine en pointe. Cette dernière correspond à la bouche; elle est rétractile et présente parfois deux ou quatre crochets unguiformes, de nature cornée, qui
Fig. 127. — Aile de Muscide.— a, lobule alaire; a, 1'*® nervure longitudinale ; à, 2® ; c, 3® ; d, 4® ou nervure transversale apicale ou nervule externo-médiane ; d', nervure transversale postérieure ou grande nervule ; e, 5® nervure longitudinale; /, 6®; g, 7®; x, petite nervure transversale; y, grande nervure transversale; 1, cellule ou aréole basilaire antérieure: 2, première . cellule marginale postérieure: 3, cellule anale; 4, cellule basilaire postérieure; 5, cellule médiane ou discoïdale; 6, cellule axillaire; 7, cellule postérieure ou lobée ; 8, cellule sous-marginale ou cubitale ; 9, 10, cellules marginales ou radiales; 11, cellule marginale antérieure.
servent soit à dilacérer les aliments, soit à fournir un point d’appui pendant la reptation (fig. 736). L’extrémité obtuse porte des mamelons au sommet desquels s’ouvrent les stigmates, Lalarve vit dans les matières organiques en décomposition ; elle est parfois aquatique ou parasite. Elle subit plusieurs mues, au cours desquelles la peau se
rompt d’ordinaire suivant une ligne courbe, comme chez les Pupipares : aussi Brauer a-t-il proposé de réunir en un groupe des Cydorhapha tous les Diptères qui présentent ce caractère (Pupipares et Muscarides). Au moment de la nymphose, la larve ne se débarrasse pas de sa dernière peau, mais celle-ci se durcit et constitue une pupe en barillet ou en tonneZet, à l’intérieur de laquelle se trouve la nymphe.
Les Moscarides constituent un premier groupe de Brachycères. La trompe se termine en général par des paraglosses, les mâchoires sont atrophiées. La larve respire par la grosse extrémité et possède des crochets buccaux ; la nymphe a la forme d’un tonnelet. A ce groupe appartiennent un nombre considérable d espèces qui intéressent la médecine à des titres divers.
Les Phorides ont le thorax fortement bombé, l’abdomen formé de 6 anneaux. Les larves vivent dans les matières organiques en décomposition, notamment dans les Champignons; ceUes de Phorainerassata sont parasites des larves d’ Abeille.
Ph. aterrima est d’un noir velouté et long de 2 miUiraètres. Ses larves et ses nymphes se trouvent en très grand nombre sur les cadavres d’enfants à demi desséchés.
"Kahl a observé à Varsovie un Homme de 24 ans, entré à l’hôpital pour des douleurs à l’épigastre et au rectum, des vertiges et de la diarrhée. Au bout de vingt-quatre heures, le malade vomit à deux reprises; le lendemain, il était guéri. Les matières vomies renfermaient « plusieurs milliers » de larves vivantes, que Kahl rapporte à Ph. mfipes et qui provenaient sans doute d’œufs ingérés avec des aliments avariés.
j. Kahl, Czerwie muôhy v) zoladku czlowieka. Medycyna. WarsZawaj IX,
Tyreophora anthropophaga Rob.-Desv. — Diptère linéaire» rougeâtre mêlé de hrun, long de 2 millimètres; les deux. premiers articles des antennes sont courts et peu distincts, le troisième est lenticulaire. La larve vit sur les cadavres et réduit es tissus en poudre impalpable.
Lonchæa NiGRiMANA Meigen. — Insecte noir verdâtre brillan , long de 4 millimètres,, à corps assez large; antennes courtes, a dernier article allongé; trompe non saillante. La larve et a nymphe se trouvent sur les cadavres desséchés.
FAMILLE DES ACALYPTÉRÉES
Les Acalyptérées ont les balanciers libres, par suite de l’absence de lobule alaire. Certains de ces Insectes {Trypeta, Chlorops, Platyparea, Spilographa) pondent leurs œufs dans différentes parties des végétaux; d’autres sur le fumier {Scatophaga) ou sur le fromage {Piophüa casei).
Les larves de celte dernière espèce continuent de vivre dans l’estomac pendant plus de vingt-quatre heures et peuvent causer des accidents assez graves.
Linné et Rolander considéraient la piqûre de Chlorops [Musca) lepræ comme capable de causer la lèpre.
Fr. Meschede, Ein Fall von Erkrankung horvorgerufen durchverschluckte und lebend im Magen verweilende Maden. Virchow’s Archiv, XXXVI, p. 300,
Teichomyz.4 puscà Macq, [Scatella urinaria Rob.-Desv.). — C’est une Mouche noire, très commune dans les urinoirs des villes et dans les cabinets d’aisance des maisons mal tenues. Sa larve, dont Pruvot a donné une bonne description, vit dans l’urine, en laissant AU moins ses deux derniers stigmates en contact avec l’air. Les médecins des’’^îeTsoS**a^sM souvent consultés par de;s personnes ayaiit trouvé dans leurs déjections une ou plusieu/s larves vivantes, qu’elles assurent avoir évacuées î> vomissemenL soit plus souvent par l’anus; dans ces I, Robineau-Desvoidy les a considérées comme apparune espèce supposée nouvelle, Mydæa vomitura-
s'oir admis que ces larves sont capables de vivre dans jestif de l’Homme, Davaine a fini par se ranger à l’opinion contraire. « Les larves de T. fusca, dit-il, sont agiles, et s’il leur arrive, dans leurs pérégrinations, de tomber dans un vase émaillé ou poli, elles n’en sortent pas facilement. Les individus pressés par la dysurie, des coliques, de la diarrhée, se servent précipitamment de ces vases sans y prendre garde; lorsqu’ensuite ils examinent leurs déjections, ils aperçoivent les larves qui s’agitent et croient les avoir rendues. » L’avis de Davaine a été généralement admis; toutefois, Laboulbène continue à défendre la possibilité du pseudo-parasitisme; cette
Blanchard. — ZooL méd. R- 32
soit par le conditioiAs tenant à'
possibilité ne nous semble plus contestable à l’heure actuelle. Pruvot a prouvé que, sur 30 larves environ, introduites expérimentalement dans l’estomac, 6 sont encore vivantes chez le Cobaye au bout de vingt-huit heures et 2 chez le Rat au bout de trois jours; plongées dans un milieu irrespirable, elles résistent très longtemps à l’asphyxie. Il semble donc que la larve puisse vivre et se développer dans notre tube digestif, et il faut convenir que plusieurs observations publiées par les auteurs, ainsi que plusieurs inédites qui nous sont particulières, sont d’accord sur ce point.
Michel. Bull, de l’Acad. de médecine, XII, p. 214, 1846-47.
H. Roger, Obsei-vution d'accidents divers paraissant produits par des Vers. Comptes rendus de la Soc. de biologie, (1), III, p. 88, 1851.
C. Davaine, Sur des larves rendues par les selles. Ibidem, (1),III, p. 112, 1^51. id., Larves rendues avec les selles par un Homme de 39 ans. Ibidem,
(1), IV, p. 96, 1852. , , .T - X.
Al. Laboulbène, Histoire des métamorphoses de la Teichomyza fusca. Annales de la Soc. entomol. de France, (4), VII, p. 33, 1867. —Id., Bull, de la Soc. entomol., (4), IX, p. xsxviii, 1869.
G. Pruvot, Contribution à l’étude des larves de Diptères trouvées dans le corps humain. Thèse de Paris, 1882. ,
E. Bouchut, D’un nouveau parasite de l’intestin chez l'Homme. Pans medical, IX, p. 159, 1884. - „ J , c
J. Chatin, Observations sur la myasis intestinale. Comptes rendus de la boc. de biologie, (8), V, p. 396, 1888.
Les Calyptérées ont le balancier recouvert par un lobule alaire ou cuilleron (fig. 727, a); elles comprennent les différente? sortes de Mouches. Beaucoup sont créophiles et vivent des humées ou des
tissus des animaux; elles pondent leurs œufs sur la viandè, sur des
cadavres ou des matières organiques en décomposition. larve ou asticot est aveugle, mais est pourtant sensible à la lamièvé (G. Bouchet); elle s’enfouit souvent en terre pour se transformer en une
pupe en barillet. , . ' "
Les Anthomyines ressemblent beaucoup aux Mouches, mais ont de très petits cuilleroiis. Les larves vivent dans les matières végétales en décomposition ou ravagent les plantes cultivées ; elles sont couvertes d’épines, parfois longues et barbelées. Les femelles à’Arida Macquart, t83o (hë^Rob.-Desv., 1830), à’Hydrophoria et à'B]jdrotæa importunent souvent le bétail, dont elles cherchent à sucer les humeurs.
Anthomyîa caniculams Meigen. — A la suite de divers accidents gastriques, un vieillard de 70 ans, vu par le Rev. Jenyns, expulsa pendant plusieurs mois une grande quantité de larves
• antes La durée exceptionnelle des accidents permet de penler que les œufs ont éclos dans l’estomac, puis que les larves ont passé dans l’intestin.
4. cette espèce se rapportent encore des larves qu une malade de J Dubois évacua au nombre d’une cinquantaine par le vomissement et d’une vingtaine par les selles; Laboulbène a pu
les élever jusqu’à l’état parfait.
Un paysan de 21 ans, vu par Wacker, avait l’abdomen distendu et souffrait de coliques; des purgatifs lui firent évacuer « deux litres » de larves d’A. canicularis, après quoi .il fut
^Tans l’espace de deux mois, un instituteur expulsa environ 200 larves de cette même espèce et de Sarcophaga carnaria. Lockwood, auquel est due cette observation, mentionne encore un cas de larves d’A. scalaris cMz un garçon de 14 ans. Cobbold dit aussi avoir reconnu la larve d’A. canicularis dans six cas de ce genre.
Judd rapporte également à A. scalaris Meigen une cinquantaine de larves qu’il put élever et qui avaient été évacuées par un enfant, dans le Kentucky.
Biaudet, de Gex, vit encore une femme de 24 ans, qui souffrait depuis longtemps de pincements et de tiraillements àl estomac, rendre par l’anus une masse grouillante de larves d’An-
tbomye. - -
Les larves et les pupes d’une espèce voisine d’A. pluviatilis furent trouvées par Danthon, de Moulins, dans le conduit auditif externe d’un malade; elles en avaient entamé le fond et causaient d’atroces douleurs.
Quelques Anthomyes enfin figurent parmi les hôtes des tombeaux : Mégnin a trouvé les nymphes de deux espèces ; les unes avaient de longs poils rameux et étaient même accompagnées de cadavres d’adultes se rapprochant d’A. vicina Macquart; les autres, à gros poils simples, n’ont pu être déterminées.
L. Jenyns, Notice of a case in which the larvæ of a dipterous Insect supposed to be the Anthomyia canicularis Jl/., were expelled tn large quantiUes from the human intestine, accompanied by a description of the same. Irans. entomol. Soc. of London, H, p. 152, 1839. ... j
J. Dubois, Sur des larves de Muscides rendues dans les matières des vomis- ^ sements et dans les selles par une femme. Examen de cés la'ives pai
Laboulbène et Ch. Robin. Comptes rendus de la Soc. de biologie, (2), III p g
Laboulbène. Annales Soc. entomol. de France, (5), VI, 1876. Bull., p. xxii G. S. Judd, Occurence ofmaggots in a boy. American naturalist ’x n 1876. ’
Biaudet, Note sur un cas de parasitisrræ dû à la présence de larves de Diptères dans le tube digestif. Bull, de la Soc. méd. de la Suisse romande XTv p. 130, 1880. ’ ’
S. Lockwood, Abnormal entozoa in man. Virginia med. Monthlv VIT
Wacker, Ueber dos Vorkommen der Larve von Anthomyia cuniculina im menschlichen Darmcanale. Ærztliclies Intelligenz-Blatt, XXX, p. 109, 1883.