VJ» X
Cette Lucilie est extrêmement redoutable : elle pohà'^^^^ surface des plaies, dans les oreilles ou dans les fosses nasales d’individus endormis en plein air. La larve (fig. 730) est blanche et formée de 12 segments dontlehord supérieur porte des cercles de très petites spinules : ‘ces cercles sont au nombre de 2 ou 3 pour le premier segment, de 3 pour les deux:ième et troi- sième anneaux, de 4 pour les autres anneaux. Les 4 cercles de spinules occupent exactement le bord antérieur de 1 anneau, sur la face dorsale, mais on voit les deux cercles antérieurs de chaque anneau se séparer des deux autres, sur les côtés, et empiéter sur le bord postérieur de 1 anneau précédent, pour s’y maintenir sur toute la largeur de la face ventrale : de là le nom de screw worm donné à la larve par les
Anglo-Américains. La bouche, protégée par une sorte de rebord denté, est reportée à la face ventrale; elle livre passage à deux forts crochets maxillaires. La pupe en barillet a acquis une
CLÀSSE DES INSECTES.
teinte brun foncé dès le second jour de k nymphose ; elle porte encore les rudiments des spinules.
Les larves, dès qu’elles sont écloses, se mettent à ronger les tissus et causent ainsi d’horribles désordres : elles dévorent les muqueuses, les cartilages, les muscles, les os eux-mêmes et amènent fréquemment la mort. Sur 15 observations réunies par Laboulbène, il y eut 9 cas mortels; les malades avaient expulsé de 80 à 300 larves et davantage encore. Depuis que Goquerel a signalé les ravages exercés à la Guyane par la Lucilie, l’attention des médecins est vivement attirée par ce terrible Diptère, redoutable à l’égal de la fièvre jaune. On trouvera dans les traités de pathologie exotique et dans divers ouvrages spéciauxun grand nombre d’observations montrant de quelles déprédations sa larve est capable.
Prise à temps, la maladie est ordinairement guérissable : des injections de chloroforme, de benzine, de solution phéniquée détachent les' larves fixées dans les fosses nasales ou le pharynx et aident à leur expulsion ; la trépanation sera souvent utile pour débarrasser les sinus frontaux ou maxillaires de celles qui s’y étaient logées. Dans la République Argentine et au Vénézuela, on obtient aussi de bons résultats en injectant dans les cavités envahies une forte décoetion de Basilic [OcymuTh basilicuni)^
Cette* Lucilie se rencontre depuis la République Argentine jusqu’aux États-Unis. La myase qui lui est due s’observe fréquemment dans l’Amérique centrale, ainsi qu’au sud et à l’ouest des États-Unis; Humbert en cite quatre cas, dont deux mortels : trois cas avaient été observés au Texas, le quatrième en Géorgie. C’est encore à cet Insecte, plutôt qu’à Calliphora mmitoria, que se rapportent les larves que, suivant A. von Prantzius, il est fréquent de trouver dans les fosses nasales, dans les cas de coryza et d’ozène, à Costa-Rica et au Nicaragua.
Ch. Goquerel, Des larves de Diptères développées dans les sinus frontaux et les fosses nasales de L'Homme à Cayenne. Arch. gén. dé méd., (6), XI, p. 513, — Id., Note sur des larves appartenant à une espèce nouvellede
Diptère [Lucilia hominivorax) développées dans les sinus frontaux de l’Homme à Cayenne. Ann. de la Soc. entoniol. de France, (3), VI, p. 111, 1868. — W*. Nouveau cas de mort produite par la larve de la Lucilia hommivorax et description de la larve de ce Diptère. Ibidem, (3), VU, p. 234, 1859. — H., Sur
nuveaucas de mort produite par le développement de larves de la Lucilia flZnivorax dans le pharynx; description de ta larve de ce Diptère. Arch. de méd., (5), XIII, p. 685, 1859.
^ PhiliDoi Beschreibung einer Ftiege, deren Larven in der Nase und den Stimhôhlen einer Frau gelebt haben. Zeitschrift f. d. ges Naturwissenschaftpn XVII, p. 513, 1861.
V Audouit, Des désordres prodxdts chez l’Homme par les larves ae la Lucilia hominivorax. Thèse de Paris, 1864.
J El. Gonzalez, La Mosca hominivora. Thèse de Mouterey, 1865.
Jacob Affection parasitaire des fosses nasales, observée au Mexique; traitement’ par les injections chloroformées. Recueil de mém. de naed. militaire, (31, XVII, p. 58, 1866. , . ,r
Weber, Recherches sur la Mouche anthropophage du Mexique {Lucilia hominivorax). Ibidem, XVIII, p. 158, 1867. . j
A. von Frantzius, Veber das Vorkommen von Fliegenlarven in der l\a<e von Tropenbewohnern, die an Ozæna leiden. Virchow’s Archiv, XLIII, p. 98,
E. " Lucas, Relation d’un cas de parasitisme observé à Acapulco. Thèse de
F. Smith, Observations on the economy of brasilian Insects. Trans. o£ the
entomol. Soc. of London, p. 135, 1868.
J. Ollet, Des accidents produits par les larves de Lucilia hominivorax a la Gwi/awe/ranf aise. Thèse de Montpellier, 1869.
A. E. Layet, Sur un point de zoologie médicale. Arch. de méd. navale, XI, p. 137, 1869.
O. Maillard, De la Lucilia hominivorax. Thèse de Montpellier, 1870.
L. deMello de Souza Brandâo e Menezes, Contribuiçôes para a historia do myasis ou bicheiro das fossas nazaes. Thèse de Rio, 1875. — Id., O myasis ou bicheiro das fossas nasaes. Gaz. med. da Bahia, (2), I, p. 552, 1876.
G. Lesbini, H. Weyenberg et P. A. Conil, Études sur la myiasis. Actas de la Acad, nacional de ciencias exactas, III, n» 2, p. 39, 1878.
Jorge, Sobre myiasis {Calliphorg macellaria). An. cire. méd. argentine. Buenos Aires; 1878.
H. Lynch Arribalzaga, Callipxhora anthropophaga Conil. Nota cnticci. Anales de la Soc. cientif. •argentina, VII, p. 253, 1879. — Id., Compsomyia /naceZiai’ia Faè?’. Ibidem, X, p. 248, 1880.
A. R. Kilpatrik, The screiv-worm. The amer, entomologist, (2), I, p. 275,
P. A. Conil, Nouveaux cas de myiasis observés dans la province de Côrdoba {République argentine) et dans la République de Venezuela. Boletin de la Acad, nacional de ciencias en Côrdoba. III, no 4, p. 296, 1881.
Fr. Prima, Considérations sur la Lucilia hominivorax. Thèse de Pains, 1881. C. V. Riley, Prevalence of the screw-vorm in Central America. Amer. Naturalist, XVII, p. 423, 1883.
P. H. Snow, Hominivorous habits of Lucilia macellaria, the screw-worm. Psyché, IV, p. 27, 1883.
S. W. Willibton, The screw-worm fly, Compsomxjia macellaria. Ibidem, IV, p. 112, 1883.
Fr. Humbert, Lucilia macellaria infesting man. Proceed. ofthe U. S. nat. Muséum, VI, p. 103, 1883. Annals and mag. of nat. history, (5), XII, p. 353, 1883. Amer, naturalist, XVIII, p. 540, 1884.
J. Roura, La Lucilia hôminivora y la afeccion nasal que produce. Gacela de sanidad milit. Madrid, IX, p. 550, 1883.
A. Posada-Arango, Un cas de myiase. Journal de méd. de l’Ouest, XVII, p. 272j 1883. Journal de méd. de Paris, VII, p. 260, 1884.
Stomoxys calcitrans Geoffroy, 1764. — Get Insecte (flg. 731) ressemble à la Mouche domestique, mais se repose en ayant la tête en haut, tandis que celle-ci prend la position inverse; il est de couleur grise. Sa trompe est solide, allongée, piquante et dirigée horizontalement en avant de la tête; Tarista n’est empenné qu’à sa face supérieure. Sa larve vit dans le crottin frais de Cheval.
Le Stomoxe mutin abonde dans nos régions vers la fin de l’été ; il harcèle les Chevaux et le bétail, dont il suce le sang ; il pénètre aussi dans les maisons au voisinage desquelles se trouvent des écuries ou des étables; il peut donc aussi piquer l’Homme. Sa piqûre est redoutable, car on doit le considérer comme l’un des agents propagateurs de la Bactérie charbonneuse et d’autres Microbes. En se posant sur des cadavres ou en aspirant le sang d’animaux malades, il souille sa trompe de Bactéries qu’il inocule ensuite à un animal sain; il sert simplement de véhicule aux virus et n’est point virulent par luimême.
p. Mégnin, La (/uestion du transport et de l’inoculation du virus par les MowcAes. Journal de l’anatomie, 1815.
Glossiaa morsitans Westwood.
Cette Mouche (üg. 732) est la terrible ïsétsé, célèbre depuis les voyages de Livingstone dans la zone torride de l’Afrique australe; elle est un peu plus grande que la Mouche ordinaire. La trompe, conformée comme celle du Stomoxe, est à peu près deux fois plus longue que la tête (flg, 733) ; la lèvre inférieure forme une gouttière, li, dans laquelle glissent l’épipharynx, ep, et l’hypopharynx, hy, transformés en stylets acérés. L’antenne est aplatie; le dernier article est très allongé et porte une soie très velue (flg. 726, C). Le prothorax et le mésothorax, d’un brun marron saupoudré de gris, sont marqués en
ig. 731. — Stomoxys calcitrans.
long de quatre bandes noires; le métathorax est d’un jaune sale très velu et marqué de deux taches sombres. L’abdomen est d’un blanc jaunâtre et porte sur les quatre derniers anneaux des bandes d’un brun fonce, interrompues au milieu par l’interposition d’une taché triangulaire blanc jaunâtre.
Les pattes ont cette même teinte, les ailes" sont enfumées.
La ïsétsé est répandue dans presque toute l’Afrique centrale; Capello et Ivens ' l’ont trouvée en abondance au nord du Transvaal, dans le bassin et sur la rive droite du^Zambèze; elle est com- Fig. 732. — Glossma morsümis grossie rhune aussi dans les terres
basses situées entre l’Ougogo et la côte orientale, ainsi que dans les plaines duMgounda Mkali. Elle s’éloigne des villages et des endroits cultivés, mais se tient de préférence au bord des marais et dans les bois. Livingstone dit que sa piqûre ne fait aucun mal à l’Homme, mais d’autres voyageurs assurent au contraire qu’elle fait cruellement souffrir ; son dard pénètre même à travers les vêtements et produit une vive douleur, suivie d’atroces déman¬
geaisons et d’un gonflement immédiat de la peau ; la lièvre ne tarde pas à se déclarer ; toutefois, les accidents se bornent à cela et ne sont jamais mortels.
La Chèvre, l’Antilope, le Buffle
Fig. 733. — Tête et pièces buccales de Glossina morsilans, vues de profil et très grossies. — ep, épipharynx ; hy, hypopharynx ; U, lèvre inférieure ou gaine cachant ordinairement les stylets ep et hy.
et le Zèbre résistent également à la piqûre de la Tsétsé, mais.
le Chien, le Bœuf, le Mouton, le Chameau, l’Ane et le Cheval
seraient voués à une mort certaine : dans la région située au
nord du lac Nyanza, Green perdit en peu de temps toutes ses bêtes de somme et de trait; Livingstone vit 43 Bœufs périr en
quelques jours. La Tsétsé est donc ajuste titre un fléau redouté: elle est le plus sérieux obstacle à la colonisation dans l’Afrique tropicale .
Les animaux qu’eîle atteint meurent parfois très promptement ; le plus souvent, ils vont en dépérissant et ne succombent qu’au bout de quelques semaines. Livingstone attribuait les graves accidents dont elle est cause à l’inoculation d’un venin produit par une glande annexée à la trompe, mais cette opinion est évidemment inexacte; il nous semble certain que la Tsétsé est inoffensive par elle-même et que, à l’exemple du Stomoxe, elle n’est à craindre que parce qu’elle propage et inocule le germe d’une maladie virulente. La nature de cette dernière est encore inconnue ; elle est analogue mais non identique au charbon, comme le prouvent sa longue incubation et le fait que l’Homme y est réfractaire.
O. Taschenberg, Bibliotheca zoologica, If, p. ITIO, 1888.
H. M. Stanley, Comment fai retrouvé Livingstone. Paris, in-12, 1876. Voir p. 72 et 80.
Marshall, Ueber die Tsetse-Fliege. Biolog. Centralblatt, V, p. 183, 1886.
F. M. van der Wulp, lets over de Tsetse-vlieg [Glossina). Tijdschrift v. entomol. iiederl. Vereeniging, XXVII, p. 143, 1887.
Les Sarcophagines ont le style des antennes velu à la base, mais nu à l’extrémité ; l’abdomen est allongé, orné de soies au bord des anneaux. Dans le genre Sarcophaga Meigen, 1826, le dernier article de l’antenne est trois fois plus long que le précédent, l’arista est hérissé de poils également longs en dessus et en dessous ; le thorax est allongé et parcouru par trois bandes noires longitudinales; l’abdomen est tacheté. La femelle est toujours vivipare (Réaumur).
Sarcophaga carnaria Meigen.
Mouche de teinte gris noir, à tête jaunâtre, à thorax rayé de noir; l’abdomen est brun et présente des reflets noirs et jaunes disposés en carreaux ; les antennes sont épaisses et empennées. Le mâle est plus petit que la femelle. Celle-ci mesure au moins . 15 millimètres de longueur; sa fécondité est remarquable, son oviducte renfermant 20,000 larves, qu’elle pond dans les matières animales et végétales en décomposition. La larve, d’un blanc sale, est armée de deux crochets à son extrémité antérieure ; l’autre extrémité est obtuse, évidée et verruqueuse.
Elle s’enfonce à peu de profondeur sous terre, pour se changer en une pupe brun noirâtre qui éclôt en quinze jours environ. La Mouche qui en sort se reproduit au bout de peu de temps. Trois ou quatre générations^successives peuvent prendre naissance dans une même saison. *
Cette Mouche vit à l’air libre; aussi, malgré son nom, n’at-elle guère l’occasion de déposer ses larves sur la viande; l’odeur de celle-ci l’attire, ainsrque l’odeur des cadavres, dans la bouche ou les narines' desquèls, elle vient pondre; 'ses larves sont donc au nombre des hôtes les plus constants des tombeaux et parmi les travailleurs dé la première heure. Elle peut même pondre dans les cavités, naturelles ou à la surface des plaies et, à ce titre, elle est pour l'Homme un ennemi redoutable.
J. Cloquet a laissé l’observation d’un ivrogne qui, endormi dans un fossé, avait été assailli par la Sarcophage. Il rendit bientôt des larves par dizaines du nez, des oreilles, des yeux.
« 11 avait le cuir chevelu soulevé par des tumeurs arrondies avec des perforations irrégulières à travers lesquelles envoyait la chair devenue purulente et fétide. Une énorme quantité de larves remuaient, grouillaient dans ces tumeurs; elles s’échappaient des paupières gonflées; la cornée et la sclérotique étaient perforées. D’autres larves sortaient par le nez et les oreilles ; il y en avait autour du prépuce et de l’anus. Le malheureux était dévoré tout vivant par les larves de Mouches des cadavres qu’avaient attirées sur sa personne le fumet de sa malpropreté et l’odeur de son vin. »
Roulin rapporte une observation analogue, dont l’issue fut également fatale.
Hope a recueilli six cas de larves expulsées du tube digestif. Dans un cas, Jôrdens les décrivit sous le nom à’ Ascaris stephanostomq.
Lallemand a extrait une vingtaine de larves du vagin d’une iemme atteinte d’un ulcère du col de l’utérus.
S,altzmann vit â Strasbourg un jeune Homme dont la peau était labourée sur toute sa surface par des milliers de larves : des plaques entières de chair étaient détruites à l’aine et aux jambes; le malade mourut.
Legrand du Saulle vit une fillette de 9 ans dont les sinus fron-
taux renfermaient des larves ayant déterminé une violente cénhalalsie frontale, accompagnée de convulsions.
Chevreul et Daniel ont trouvé ces mômes larves, au nombre ée 10 et de 34, dans le conduit ^itif externe.
Misnard les a vues, cb’ez un individu âgé de 62 ans, convalescent d’une variole grave, se- dév-^pper parmi les croûtes qui recouvraient la face.
Is Geoto, -Saint-Hilaire, BappoH *
rOEsIre de (Homme yoœj’e ixr'nmeire dam te
pamta. Hoi-æ Soc. entomol. rossicæ, XTX, p. 210, 188o (en )
SARCors-aGA arvea'sis. -Mouche longue de 8 à 10 “'““«y®’
à face d’un blanc sale, à arista “’f^ft.n-
carmria ses larves se trouvent sur les cadavres. Il en est en rerm^nte pour celles de S. et de S. «cl—.
Saecoihaga (SARCOPBitA) tATiEROHS FallÉn, 18-0. ‘ J
Taschenberg ont vu plusieurs fois sa larve causer des abcès l’oreille.
Sarcophaga magnifica Schiner, 1862.
Synonymie ; Sarcophaga Wohlfahrti Portscliinsky, 1875.
Mouche longue de 10 à 13 millimètres, d’un cendré Tête un peu plus large que le thorax; ? u^anc
proéminents; vertex et front noirâtres, face et cotes d d’argent satiné, antennes et palpes noirs. Thorax gris avec trois lignes longitudinales noires; ailes, hyalines, jaunâtre; pattes noires. Abdomen gris blanchâtre, ave taches noires sur chaque segment. ^
Cette Sarcophage vit en plein air; elle est répan toute l’Europe, mais surtout en Russie. Elle dépose ses. sur les plaies ou dans les cavités naturelles de l’Homme ou
animaux. Ces larves produisent des désordres considérables, dont la gravité rappelle lés accidents terribles causés par Lucilia macellaria. On les reëueille, àTexclusion de toute autre, sur les plaies des animaux domestiques (BœufV Mouton, Cheval, Porc, Chien, Oie) ; il est fort difficile 'de les distinguer de celles de 5. carnaria, à moins d’en faire L’éducation; aussi est-il vraisemblable que plus d’un cas de myase rapporté à cette dernière espèce appartient réellement à S. magnifica, qui est la Mouche des plaies par excellence. Gela esUd’autant plus certain qu’elle passait pour absente en France et dans FEurope occidentale, avant que Mégnin n’eût démontré qu’elle n’y était point rare, en se basant sur l’éducation de larves recueillies dans des plaies de Chevaux ou de Bœufs. Néanmoins, elle est plus commune encore dans l’Europe orientale, notamment en Russie, dans le gouvernement de Mohilew, où Portchinsky a observé un nombre considérable de cas (fe myase.
La première* observation chez l’Homme est due à Wohlfahrt qui, en 1J68, vit un individu âgé de 67 ans rendre une larve par la narine gauche et. 18 larves par la narine droite. L’éclosion de l’Insecte parfait se fit vingt-six à trente jours après l’expulsion des larves.
En 1868, W. Thomas vit aux environs de Gotha une femme de 71 ans rendre parles narines lo larves que Brauer reconnut pour être celles de S. magnifica. Gerstack^r, en 1875, rapporte un cas identique chez un Homme.
Dans le gouvernement de Mohilew, la myase s’observe souvent chez de jeunes enfants; de fortes hémorrhagies par le nez ouïes oreilles les affaiblissent et les laissent dans un état de pâleur et d’hébétude qui persiste longtemps après l’expulsion des larves et la guérison des accidents locaux. Portchinsky a vu des familles entières dont la plupart des membres avaient été atteints. Les femmes sont plus fréquemment atteintes que les hommes : l’immunité relative dont jouissent ces derniers tiendrait à l’usage du tabac à fumer ou à priser.
Dans l’Hérault, Prunac vit sortir une quarantaine de larves des narines d’un cultivateur de 55 ans, depuis longtemps atteint d’un ozène. L’éducation de. ces larves fut faite par Laboulbène et donna, au bout de deux à trois semaines, la Sarcophage, magnifique.
‘"classe des insectes.
J A Wolilfahrt, Obsei'vatio de vevmibus per nares excretis. Halæ Magdeb., in 4“ de 24 P n68. Nova Acta Acad, naturæ curiosorum, IV, p. 277, 1770.
A Gerstâcker. Sitzungaber. dei- Gesellschaft naturf. Freunde iu Berlin, l’i)8 1875. — Id. Deutsche med.'^leitung, p. 99, 1885.
Portchinsk'y KrWakheiten vjelche im Mohilewschen Gouvernement von rien T arven der ’S'ircophila Wohlfahrti P. enlstehen und deren Biologie. Horæ Societatis entomol. rossicæ, p. 128, 1875. - H., Sarcophilæ Wohlfahrti monoçrapAm. Ibidem, XVm, 1884 ^en russe).
AF Laboulbène, Observations de iifgiasis dues a la Sarcophaga magmfica ■ Schùier, avec réflexions. Annales Soc. entomol. de France, (6), III, 1883.
Bull. p. xcii.
FAMILLE Iks ŒSTRIDES
Les OEstrides ont une trompe.,rudimentaire, incapable de pomper des aliments liquides; les antennes sont cylindriques, enfoncées dans une fossette et terminées par une soie. L’abdomen, formé de six anneaux, est arrondi chez le mâle, mais se termine souvent chez la femelle par un oviscapte résultant d’une transformation del’oviducte. Certaine^ espèces sont vivipares ; Igfi œufs ou les larves sont pondus soit sur la peau, soit dans la peau, soit encore dans^les cavités naturelles des Mammifères et de l’Homme, .
Gastrophilus equi Leach, 1817 [Gashms equi Meigen, 1824). — Ce Diptère (lig. 734) voltige autour des Chevaux pendant l’été. La femelle fixe aux pdils du poitrail et des pattes antérieures des œufs qui, au bout de quelques jours, donnent naissance à une petite larve. Celleci rampe sur la peau et cause un léger prurit qui engage le Cheval à se léchei . elle passe ainsi sur la langue, puis est déglutie avec' la salive. Arrivée dans l’estomac, la larve se fixe sur la muqueuse du sac gauche (ftg. 733), à 1 aide de ses deux puissants crochets mandibulaires (fig. 736) ; ses anneaux sont au nombre de 11 ; du second au huitième, ils portent à leur bor antérieur une “double rangée d’épines à pointe dirigée en arrière ; les stigmates du dernier anneau sont constitués par deux plaques réniformes, formées chacune de trois arcs concentriques, percés de petits orifices (fig. 737). La larve su i deux mues, avant d’atteindre tout son développement ; elle es alors longue de 18 à 20 millimètres, large de 8 millimètres.
Fig. 734. — Gastrophilus equi, grossi.
OKDRE DES DIPTÈRES.
^près un séjour d’une dizaine de mois dans l’estomac, elle se
Fig. 7S6. — Tête et pièces buccales d’une larve venant d’éclore, très grossie.
Fig. 737. — Stigmates postérieurs de la larve, très grossis.
là, elle se transforme en une pupe qui, au bout de trente à quarante jours, livre passage à l’adulte.
OEstrüs ovis Linné [Cephalomyia ovis Macquart). — Cet OEstre (fig. ^38) va pondre ses œufs à l’entrée des narines du Mouton ; les larves remontent dans^les fosses nasales et vont se fixer dans les sinus frontaux. Au bout de neuf à dix mois, elles se détachent et tombent sur le sol, pour y accomplir la nymphose. Fig. 738. - (Estrus ovis. Ces larves ont été vues aussi chez la
Chèvre par Railliet ; Kirschmaun croit même les avmir^rencon- Blanchaud. — Zool. cncd.
trées chez l’Homme, mais son observation se rapporte san aucun doute à des larves de Muscides. ®
F. Kirsehmann, Wiener moa
XXXI, p. 1370, 1881. Wochenschrift,
F. Lôw, Bemerkungen zu Df Kirschmann’s Aufsatzp ■ ,
beim Menschen, Ibidera, XXXII, p. 248, 1882; ' '
Kypoderma bovis Latreille.
Insecte noir, long de 14 millimètres (flg. 739); jambes et tarses d’un jaune rougeâtre; corps couvert de poils serrés noirs sur le second et le troisième anneaux de l’abdomen' jaunes vers l’extrémité de l’abdomen, blancs ou blanc grisâtre partout ailleurs ; la face supérieure du thorax est parcourue par des crêtes mousses.
La femelle est armée d’un long oviscapte, formé de quatre articles rentrant les uns dans les autres à la façon d’une lunette d’approche. Elle pond ses œufs dans le pelage du Bœuf : la larve qui en sort perce la peau et s’enfonce Fig. 739. — Hypodei'ma bovis. jnsque dans le tissu conjonctif ®o^S'Cntané. Sa présence détermme bientôt la production d’une petite tumeur qui croit peu à peu en même temps qu'elle, et Unit par acquérir la taille d’un œuf de Pigeon. Le parasite se nourrit des matières purulentes qui s amassent autfflir de lui : il a la tête enfoncée dans la profondeur et les plaques stigmatiques circumanales en rapport avec 1 extérieur, grâce à l’orillce dont la tumeur est percée à son sommet. La larve est d’abord blanchâtre et armée de crochets buccaux ; lors de la seconde mue, ceux-ci disparaissent; elle devient alors épaisse, pyriforme et prend InseLiblement
traite, tombe à terre et se transforme en une pupe qui, au bout d un mois environ, livre passage à l’Insecte parfait.
Dans bon nombre de cas, on a observé dans la peau de Homme, en Europe, des larves d'CBstride ; on les attribue
lement à l’espèce hypothétique OEslrus hominis Graelin, ?Srmais elles se rapportent en réalité soit à l’Hypoderme du 1 f soit à quelque autre Hypoderme répandu dans nos re- ’ De ce nombre sont H. lineatum Villers, qui s’attaque '"liment au Bœuf; H. Diana Brauer et H. Ac^eon Brauer, qui Tnuent le Cerf, le Daim, le Chevreuil; H. silenus Brauer, de S. A cette catégorie appartient encove (Edemagenatarandi,
'^la plupart des auteurs considèrent les cas de ce genre romme une grande rareté; Joseph n’en admet que cinq, dont Apux lui appartiennent, mais ce chiffre est beaucoup trop faible comme le prouve la liste suivante, dans laquelle nous
ne citons que quelques-unes des observations récentes, laissant
de côté un nombre important d’observations anciennes ou insuffisantes.
10 Cas d’Eschncht. - Eschricht a observé trois fois des larves d’H. bovis dans la peau du front, chez la femme. . , ,
2“ Cas de Walker, 1839. - Une larve d’fl. bovis est extirpee d une tumeur très douloureuse qu’une femme de 22 ans portait derrière l’épaule droite; la larve semblait être remontée de la gauche des lombes vers le milieu de l’omoplate! Cette affection serait fréquente aux Shetland, où l’observation a été faite.
RO Cas de Spring, 1861. - Une fillette de 3 ans, observée en Belgique, porte une tumeur furonculeuse au côté gauche de la tête, deux autres vers le sommet et une quatrième à la région temporale droite. On en extrait des larves que Lacordaire a reconnues appar¬
tenir à H. bovis. , , . «
4» Cas de Hoegh, 1869. - En 16 ans, Hoegh a observe 1/ cas a Sondmore et Nordfjord, sur la côte occidentale de Norvège, ou 1 atfection n’est pas rare; 5 autres cas sont parvenus à sa connaissance. Parmi les 22 patients, on comptait 7 hommes et 13 femmes; saut une exception, tous étaient des paysans ; leur âge variait de 3 à 34 ans, mais la plupart avaient de 6 à 12 ans.
3» Cas de Bœck, 1872. — Un enfant présente à la surface du corps un cordon en zig-zag, allant de l’épaule gauche à la région ombilicale, puis remontant au sein gauche et indiquant le trajet qu’aurait suivi la larve dans l’espace de quatre semaines : en s’arrêtant au niveau du sein, elle produisit une tumeur d’où elle fut extraite
vivante. .
Bœck, qui admet avec Walkér que la larve peut cheminer sous la peau, cite encore l’observation d’un autre enfant, chez lequel la larve
se serait déplacée sous le cuir chevelu pendant deux semaines environ avant de sortir spontanément derrière l’oreille gauche. '
6“ Cas de Joseph, 1875. — Un berger de Cariiiole s’endort un jour d’été sur une colline boisée. C’est seulement vers la fin de décembre qu’il éprouve, sur la partie gauche de la nuque, les premiers sio-nes de 4 tumeurs qui grossissent constamment, laissent couler un liquide visqueux et sont, le soir, le siège de démangeaisons. Joseph voit le patient au mois d’avril suivant et extirpe de chacune des tumeurs une larve d’H. bovis non encore parvenue au moment de sa nymphose.
7“ Cas de Mae Caïman, 1879. — Une fillette de neuf ans souffre de l’avant-bras droit, qui se tuméfie; une fièvre légère se déclare. Au bout de 23 jours, il se forme une petite vésicule, vers le tiers inférieur de l’humérus; l’enfant l’écorche et il en sort une larve de Diptère.
8® Cas de Beretta, 1879. — En Sicile, Beretta enlève une larve du cou d’un petit garçon. Calandruccio décrit le cas avec détail et rapporte la larve à H. bovis.
Carus et Engelmann, Bibliotheca zoologica, I, p. 563.
O. Taschenberg, Bibliotheca zoologica, II, p. ITlî et 1717.
A. Spring, Sur des larves d’CEstre développées dans la peau d’un enfant. Bull, de J’Acad. de Belgique, (2), IV, p. 172, 1861.
R. Walker, On a case ofparasitie disease produced bg ihe larva of Œstrus bovis. British med. journal, 1, p. 151, 1870. Annales de dermatol., lU, p. 143,
E. Winge, Œsb'uslarver udtagne fra Mennesker. Norsk mag. r. lâgevidenk. Selskabsfôrhandlingar, (3), II, p. 89, 1872.
W. Bœck, GEstruslarver tinder Huden. Ibidem, (3), II, p. 227, 1872.
Mac Caïman, Dipterous larvæ, from the arm of a girl aged nine years. British med. journal, II, p. 92, 1879. Glasgow med. journal, XII, p. 222, 1879.
S. Calandruccio, Inselti parassiti dell’ uomo. Gazzetta degli ospitali, p. 667 et 674, 1884-5.
J. G. Swayne, Gad flies attacking man. British med. journal, II, p. 1408,
Hypoderma Diana Brauer.
Trois cas peuvent être rapportés sûrement à cette espèce.
1° Cas de Joseph, 1864. — Une fille de 20 ans, des environs de Freyburg en Silésie, s’endort sur la lisière d’une forêt, par une chaude après-midi d’août. Quelques semaines plus tard, elle éprouve des démangeaisons du côté de la vulve ; vers la fin de décembre, le prurit augmente et un gonflement commence à se manifester. Celui-ci devient tellement douloureux, que la malade entre à la clinique de Breslau, en mars. Joseph constate l’existence de 9 tumeurs
ip mont de Vénus et sur les grandes lèvres : il extirpe de l’une une larve parvenue au moment de la nymphose. Cinq jours tard les 8 autres larves sortent spontanément ; on les met dans t vase ieXmant une couche de terre, où elles se transforment en pupes; 6 de celles-ci meurent, les 2 autres donnent en mai des
“^ÿcasie ^sZlen, 1878. - Chez un garçon de ’d ans, une larve sort Je du pus d’une tumeur située derrière l’oreille droite; une autre îJrve était déjà sortie seule de la tumeur. Celle qu a vue Borthen était blanche vitreuse, longue de 12 millimètres, large de 2 millimétrés pn son milieu et effilée aux deux bouts; cette description, pensonsnous eïïbien celle de la larve d’H. Biana. Borthen assure encore une la maladie n’est point rare dans le nord de la Norvège.
3» Cas de Vôlkel, 1882. - Chez un garçon de Perleberg, en We t nhalie âgé de 13 ans, on voit, après quelques jours de souffrance fe raideur du cou, trois larves d’un blanc sale, lanceolees longues de 15 millimètres environ et larges de 2 millimétrés, sor ir reaù a" dessous de l’oeil droit, au côté droit du cou et du verlex. Brauer reconnut des larves d’if. Biana.
Borthen, (EstrmLarm, Norsk magazin for lâgevideiisk. Selskabsfôrhand
horrünis. Berliaer klin. Woch ,XX,p. 209 1883. G. Joseph, Veber myiasis externa rfeWosa. Monatshefte^. pra
Beobachtungen parasitisch lebender Hypodermen-Larven am Menschen.
Ibidem, P . 1053, 1887. Twaram n 785 1887
J. Mik, Uebei' Hei-rn Joseph' s Beobachtungen . Ibidem, p. ,
Les Dermatobies sont des (Estrides américains ; le troisième article des antennes est très long, les tarses sont minces 1 abdomen aplati; les larves, pyriformes et pourvues seulement de quelques rangées transversales d’épines, sont cuticoles et se trouvent c ez e Bœuf, le Chien, la Chèvre et l’Homme.
Dermatobia noxialis Brauer, 1860.
Synonymie : Œstrus Guildingi Hope, 1840.
Cuterebra noxialis J . Goudot, 1845.
Ce Diptère (iig. 740) est long de 14 à 16 millimètres ; de teinte cendrée, il a la face jaune, les poils des joues brillants et jaunâtres, la face supérieure du thorax cendré obscur, 1 abdo-
bl8
men bleu brillant à base blanc sale. La femelle enfonce son oviscapte à travers la peau et dépose dans la blessure une larve qui grossit sur place, en produisant une tumeur cutanée analogue à celle que déterminent les larves d’Hypoderme. Cette larve pyriforme (flg. 741), connue sous le nom de Ver macaque à Cayenne et de Ver mayacuil ou moyoquil au Mexique (1), a la tête enfoncée dans les tissus et l’anus tourné vers l’extérieur
Fig. 740. — Dermatobia noxialis, Fig. 741. — Larve de Dermatobie, d’après J. Goudot. d’après Goudot.
appliqué contre l’oriflce de la tumeur. Elle sort spontanément au bout de quelques mois, quand le moment de la nymphose est arrivé.
La myase causée par la présence des larves de Dermatobie sous la peau de l’Homme s’observe assez fréquemment dans l’Amérique tropicale. A part Goudot, aucun observateur n’a fait l’éducation de ces larves, en sorte qu’on ne saurait affirmer que tous les cas attribués ici à Dermatobia noxialis appartiennent réellement à cette espèce : il est vraisemblable, au contraire, que plusieurs espèces encore méconnues sont capables de s’attaquer à l’Homme.
1° Cas d’Arture, 1733. — A la Guyane, des personnes malpropres ou peu vêtues sont souvent affectées de tumeurs considérables, causées par des Vers semblables à ceux qui vivent sous la peau des animaux avant de se transformer en Mouches. On les nomme Macaques ; on s en guérit en les tuant par l’application de feuilles de tabac.
2® Cas de Say, 1822. — Le D' Brick retire d’une tumeur qu’il portait à la jambe une larve que Say décrit et figure soigneusement.
3® Cas de Guyon, 1823. — A la Guyane,- un matelot porte au-dessus de 1 os iliaque une tumeur d’où l’on retire une larve. A la Trinité, deux Européens présentent sur la jambe une tumeur qui donne issue à une larve semblable à la première.
(1) On l’appelle encore ura et berne au Brésil, et mglacuru à Costa Rica, gusana-peludo et nuche en Colombie.
^ J rtmilin 1827. — A Mariquita (Colombie), un Homme porte '"“il wmeur dont le sommet est percé d'on petit oriUce; au scrotum U lancette, on fait sortir une
Ce en abondance dan, la pean du bétail. Ronlm parle encore ï n^ividu Chez lequel une larve se montrait sous le cuir chevelu.
Cas de Guyon, 1832. — Plusieurs larves sont extraites de la peau d’un nègre, à la Martinique; Guérin-Méneville en a donne la des-
'to^Cas' de Howshw, 1834. - Deux observations recueillies dans l’A- Jrique duSud :Lzun malade, le parasite siégeait au scrotum;
Goudot a eu plusieurs Vers macaques sur différentes parties du corps; matin et soir, s produisent une succion qui détermine une douleur comparadde a ceUe que produirait une aiguille en s’enfonçant vivement dans la peau \n ^élevant des larves recueillies sur des bestiaux, mais d ail- Lursidentiques à celles de l’Homme, il a pu obtenir 1 animal adulte, au’il a décrit sous le nom de Cuterehra noxiahs.
^ 80 Cas d’Abreu 18o4. - Au Brésil, dans la province de Minas Geraetle ôerne ou bicho berne est fréquent chez l’Homme; on cmt qu’il est la larve d’OEstrus Guildingi Hope, ® .
pour un Ver macaque extrait du cuir chevelu d un Hom^me, a la Tri- Sé, «déposé dans les coUecHons du CoUége "
Londres. Les parties le plus souvent atteintes sont la face, la regio lombaire, le scrotum, les membres.
A ces observations, nous pourrions ajouter encore celles de Goquerel à la Guyane, au Mexique et à la Nouvelle-Orl ans, celles de Leidy aux États-Unis, de Grube a Costa-Rica, de Po sada-Arango en Colombie.
P. S. de Magalbaes (i) nous communique quelques observations intéressantes ; chez un malade, vu à la clinique de Moura Brazil, la larve était logée dans l’un des sacs lacrymaux et avait déterminé un abcès et une fistule ; quelques mois auparavan , Hilario de Gouvice présentait à la Société de médecine de Rio de Janeiro un malade chez lequel le parasite siégeait sous la conjonctive palpébrale. Un autre patient portait quatre larves . deux à la face externe de la cuisse droite et deux autres, réunies dans un même foyer, au creux poplité du coté gauche.
(1) In litteris, 21 juillet 1888.
L’examen d’une de ces larves, comparée aux descriptions et aux dessins de Goudot, ainsi qu’à quatre Vers macaques reçus de Posada-Arango, nous permet de conclure à l’identité spécifique de toutes ces larves de provenance diverse et de les rapporter à D. noxialis.
Le Ver macaque se voit donc depuis le Brésil jusqu’au sud des États-Unis. Humboldt etBonpland dans l’Amérique du Sud Le Conte au Honduras, Percheron au Pérou ont observé chez l’Homme des larves d’OEstrides cuticoles, qui semblent toutes se rattacher au genre Dermatobia, sinon à l’espèce i). noxialis. Ajoutons que ce parasite a été vu deux fois en France, parLaboulbène, puis par Mégnin et Jousseaume, chez des individus revenant du Brésil et de Panama.
Arture, Observations sur l'espèce de Ver nommée Macaque. Histoire de TAcad. des sciences, p. 72, 1753.
T . Say, On a south-american species of Œstrus which infests the human body. Journal of the Acad, of nat. sc. of Philadelphia, II, part 2, p. 353, 1822
Is. Geoffroy-Saint-Hilaire, Rapport sur trois notices relatives à l'existence de l’Œsh'e de l’Homme. Annales de la Soc. entomol. de France II p 5I8
1832. L’Institut, I, p. 25, 1833. Isis, IV, p. 309, 1837. > ’ • >
J . Howship, Some account of two cases of inflammatory tumour produced by the deposit of the larva of a large fly beneat h the cutis in human subject, accompanied with drawings of the larva. Med. quarterly review, p. 174, 1834.
Guyon, Du Ver macaque des Antilles. Bull, de la Soc. des sc. du département du Var, 1835. Toulon, in-S» de 15 p., 1835.
k. Vevzhevon, Bibliographie entomologique. Paris, 1837. Voir I, p.' 12 et 326 ; II, p. 376. ^ *
J. Goudot, Observations sur un Diptère exotique. Annales des sc. nat., Zool., (3), III, p. 221, 1845.
G. Coquerel, Noie sur une larve d’Œstride extraite du bras d’un Homme a Cayenne. Revue et magasin de zoologie, (2), XI, p. 356, 1859. — Id., Note sur les larves d’Œstrides développées chez l'Homme au Mexique et à la NoupeWe-OrZeans. Ibidem, p. 361.
J Leidy, Observations on three kinds of dipterous larvæ from man. Probiological department of the Acad, of nat. sc. of Philadelphia
A. E Gmhe, Besehreibung einer Œstridenlarve aus der Haut des Menschen. Arbeiten der schles. Gesellsch. f. vaterl. Kultur, p. 25, 1859. Archiv f. Naturgeschichte, 26. Jahrgang, I, p. 9, I86O
7oîi^'hnr'rI’ Cuterebra. Verhandl. der k. k.
zool.-bot. Gesellschaft 111 Wien, X, p. 777, I86I
sMr u?ie larve ’d OEstride extraite de la peau d’un biologie, (3), II, p. 16L 1860. - Id., diptère du Brésil {Dermatobia r T29 88? ^ temaine. Bull, de l’Acad, de méd., (2), XII,
Posada-Arango, La Cuterebra noxialis. Abeille méd., XXVIll, p. Î09, r, p. U3, 1884. Mégnin, Note SW ta pe^once d’une larve d’fMstrvie
Loi. de France, IX, p. 114, 1884.
Des OEstridès cuticoles ont encore été signalés en Afrique.
Au £nTgal.Mondière a fait connaître les prenri^-es observations • il les attribue à Idia Bigoti, du groupe des Muscides.
Un peu plus tard, Bérenger-Féraud attire l’attention sur le Ver du Cagor, larve de Diptère qui se rencontre sous la peau de l’Homme, mais seulement au sud de Samt-Louis, pnncipalement dans le Gayor : la larve, pondue sur le sable, pénétrerait dans la peau de l’Homme ou des animaux coucher sur ce sable. Mais il est plus vraisemblable q^^^a femelle vient piquer les individus endormis en plein air et dépo e en même temps un œuf ou une larve; cela nous semble d autant plus certain que l’un des malades vus par Mondieie se plaignait d’avoir été piqué au coude, où il présentait précisément une tumeur renfermant une larve.
Le Ver du Gayor a été considéré par Em. Blanchard comrne la larve d’un Muscide du genre Ochromyia, qu’il proposait de dénommer O. anlkropophaga; Lenoir et Raüliet ont meme décrit ce Diptère comme une Mouche d un gris jaun je, ongue de 8 à 10 millimètres. Pour nous, les Insectes d ou deriventles larves cuticoles observées au Sénégal par Mondiere, par Bérenger-Féraud , par Garpot, etc., ne peuvent appartenir qu a Ja famille des OEstridès et être voisins des Hypodermes et des
Dermatobies. , ,
Nous en dirons autant de la larve que Livingstone s est extraite de la jambe et que Gobbold a placée dans la Hunterian Gollection sous le nom à’ŒJstrus Livingstonei, ainsi que du founza ia ngômbé ou Ver du Bœuf. Dutrieux désigne ainsi une larve d’insecte qui produit une éruption f^ronculeuse chez le Bœuf et chez l’Homme, dans l’Ounyamouési ; elle semble être inconnue entre le plateau central ou 1 Ougogo e a co taie. Sa véritable nature est encore indéterminée.
Coquerel et Mondière, Larves d'CEstrides développées dans # d'apparence furonculeuse au Sénégal, sur l’Homme et sur le ChiL liebdoni. de méd. et de chir., IX, p. 100, 1862. ‘
Bérenger-Féraud, Larves de Mouches dans' la peau de l’Hom^ne fnmnt. rendus de 1 Acad, des sc., LXXV, p. 1133, 1872. — Id., Etude sur' les de Mouches qui se développent dans la peau de l’Homme, au Sénégcâ R^vue des soc. savantes, (2 , VI, 1872. - Id., Traité clinique des rÂladlTZ Européens au Sénégal. Paris, .4875. Voir I, p. 225. “‘«««es des
V. Lenoir et A. Railliet, Mouche et Ver du Cayor. Archives vétér n 007 1884. Bull, de la Soc. centrale de méd. vétér., p. 77, 1884. ’ ^
P. Dutrieux, Aperçu de la pathologie des Européens dans l’Afrique intertropicale. Thèse de Paris, 1885. Voir p. 60. • ^
Sur la myase en général, on consultera les ouvrages suivants :
F. W. Hope, Ow insects and theîr larvæ occasionally found in the human body. Trans. of the entomol. Soc. of London, II, p. 256, 1840. Revue et mag de zoologie, IV, p. 85, 1841.
F. Tiedemann, Von lebenden WUrmeim und Insecten in den Gemichsorganen des Menschen. Mannheim, 1844.
S. H. Scheiber, Vergleichende Anatomie und Physiologie der Œstriden- Larven. Sitzungsber. der Wiener Akad. der Wiss., XLI, p. 409, 1860.
Fr. Brauer, Monographie der Œstriden. Wien, 1863. — Id., Nachtrdqe zur Monographie der Œstriden. Wiener entomol. Zeitung, VI, p. 4 et 7i, 1887.
G. Pruvot, Contribution à l'étude des larves de Diptà'es trouvées dans le corps humain. Thèse de Paris, 18S2.
Ch. J. Jacobs, De la présence des larves d’Œstrides et de Muscides dans corps de l Homme. Bull, de la Soc. entomol. de Belgique, XXVI, p. cl, ^ présence of œstridean and muscidean lanæ in the hu-
mon body. The Veterinarian, LVT, p. 10, 81, 156, 234 et307, 1883.
E^'^«uger. Wiener med. Woch., XXXII,
p. 247, 1882 ; XXXIII, p. 972, 1883.
C. G. A Brischke, Meine erzogenen parasitisch lebenden Fliegen. Schriften der naturf. Ges. in Danzig, (2), VI, p. 15, 1885.
. Joseph, Deèei' Dipteren als Schüdlinge und Parasiten des Menschen.
P- lï. 1885. - Id., Ueber Fliegen als Schüdlinge Deutsche med. Zeitung, I, p. 37, 1885; III, vil J T mÿmsis eæterna et interna. Tageblatt der 59.
Versammlung deutscher Naturforscher und Ærzte, p. 306, 1886. Deutsche med.
wfcr%^75f'^18S^^’ P- 762, 1886. Münchner med.
16r’l88^eT2ll^i?86°^ circular, (2), XLII, p. 142,
« YVt- Referate über Dr G. Joseph’s Artikel :
mol. Zeiturfîlft des Menschen. » Wiener ento-
famillé des syrphides
Les Syrphides (fig. 712 et 743) sont des Diptères de grande taille, qui visitent assidûment les fleurs. La tête présente trois ocelles, une
•ilip antérieure en forme de nez et une petite dépression auf te a“ ennes triarliculées (Bg. 726, A et B). La trompe peut Hpasous des anieu ^pousAp. à la face infe-
-\ier dans une cavité creusée é la face infé-
rig. i. - Syrpkuspyraslri. Fig. 713. - Larve de Syrphide.
• P rlP la tête • elle se termine par de larges paraglosses canali- X la,;: mâchoire possède un palpe uniarticute les mand.bules ont disparu. L’abdomen à cinq articles est marqué de bandes ou taches jaunes ou blanches. Les larves (flg. 743) vivent sur les feuilles, où elles mangent les Pucerons {Syrphùs), dans les bois pourris (Cena) ou dans le nid des Guêpes et des Bourdons {Volmella). ^
Par exception, les larves d’Emtoh’s (flg. 74^) et à’Helophilus vivent dans la vase, dans les latrines malpropres, dans les eaux croupies ; on les connaît sous le nom de « Vers a queue de Rat; » Ta face ventrale porte deux ranges de piquants qui servent à la locomotion ; 1 abdomen porte une longue queue extensible et ^
rétractile, terminée par un orifice stigmatitere que 1 animal po à la surface pour respirer,
Fig. 744- — Larve d’Eristalis tenax sortant de la fange pour se métamorphoser.
Hope a rassemblé cinq observations de myase due à la larve rndophUm reniulus ; deuv seulement, net et Kirby, nous semblent acceptables , i s g ayant évacué des larves par le vomissement.
Quant au cas de Canali, de Pérouse, cas 'î»”; JF' larve serait sortie de la vessie d’une F)® « TarTe,
l’existence préalable de la larve dans le vase f ‘“Xi communiquée à Brera, tut considérée par lui « J» mipthe, type du genre nouveau Cmomrm, Ziegler etBrem reconnurent sa véritable nature.
Nous pouvons ajouter trois observations nouvelles à celles de Bonnet et de Kirby. Leidy parle d’une malade qui aurait évacué une larve d’Eristale parle nez. Cobbold mentionne un cas communiqué par Noot, où des larves auraient été expulsées de l’estomac. Lortet cite enfin le cas d’un garçon de 13 ans qui, souffrant depuis quelques semaines de troubles gastriques, rendit par l’anus une trentaine de larves vivantes, longues de 5 à 6 centimètres ; Lortet les rapporte à l’espèce nominale Helophilus horndus; elles avaient été sans doute avalées avec des aliments corrompus.
Ch. Bonnet, Œuvres complètes. Berne, 8 tonies en 10 vol. in-4o, 1779-83. Voir X, p. 144.
Brera, Memorie fisico-mediche sopra i principali vermi del corpo umano vivente. Crenia, in-A», 1808-1812. Voir p. 106.
Lortet, Nouveau parasite de l’Homme {Helophilus horridus). Gazette hebdom. deméd. et de chir., (2), III, p. 76, 1866. Journal de méd. de Lyon, V, p. 23, 1866.
J. Leidy, On Distoma hepaticum. Proceed. of the Aead. of nat. sc. of Philadelphia, p. 364, 1873.
Les Tanystomes constituent le second groupe des Brachycères. La trompe est longue et généralement munie de mâchoires styliformes. La larve possède une gaine maxillaire et des crochets buccaux.
Ce groupe comprend un grand nombre de formes ; à part les Asiles, dont une espèce (fig. 743) a la réputation peut-être imméritée de s’attaquer à l’Homme et aux animaux, pour en sucer le sang, la famille des Tabanides mérite seule de nous arrêter.
Les Tabanides sont de gros Diptères à corps un peu déprimé. La tête, grande et large, porte Une trompe courte et horizontale, engainée par la lèvre inférieure et constituée par quatre pièces perforantes (mâchoires, épipharynx et hypopharynx) chez le mâle et par six pièces chez la femelle, par suite de la persistance des mandibules. Les antennes ont trois articles, dont le dernier est souvent annelé, mais toujours dépourvu d’arista. Les yeux sont contigus chez le mâle. Les ailes sont munies de cuillerons, mais les balanciers restent à découvert. Les pattes sont faibles et terminées par trois pelotes d’adhérence. L’abdomen est plat et comprend huit anneaux. Les larves sont cylindriques et terricoles.
ORDRE DES DIPTÈRES. o23
mâles se nourrissent du nectar des fleurs, tandis que les f melles mieux armées, sont très avides du sang des animaux t mèmê de l’Homme : leurs puissants stylets buccaux sont Lnables de percer la peau la plus épaisse; leur piqûre est Ziloureuse et inoculerait parfois des maladies infectieuses.
Le« Pangonies ont la trompe longue et grêle ; le dernier artirle^de« antennes semble être formé de huit segments. Ace .enre appartient, suivant L. Baker, le seroot ou zM que Bruce a signalé comme très pénible pour les voyageurs qui parcourent l’Abvssinie Mégnin donne le nom de Pangomaneo-caledomca a une espèce qui aurait été la cause d’une épidémie de charbon narmi les Bœufs et même parmi les déportés de l’ile des Pins.
Les Taons ont la trompe courte et épaisse, verticale chez la femelle, inclinée chez le mâle ; le \ /
dernier article des antennes est \A,/
écbancré en croissant et par ait formé
de fl segments. Us attaquent les Bœufs, les Chevaux et d’autres animaux de grande taille. Tabanus bovims (flg. 746), T. morio, T. autumna- , lis, T. bromius et T. rusticus sont les i ‘
espèces les plus communes. Fig. 746. — Tabanus bovinus,
Les Hé,„atopotes ont la trompe disposée à peu près comme chez les quarts.
Taons; le -dernier article des antennes n’est pas échancré et se subdivise en 4 segments; les ailes sont tectiformes. Hæmatopota pluvialis Meigen, dont les yeux sont verdâtres et les ailes gris brunâtre tachetées de blanc, harcèle pendant les journées chaudes et orageuses les animaux
et l’Homme. ,, « j ^
Les Ghrysops, dont l’œil d’un vert doré est marqué détachés et de lignes pourpres, possèdent trois ocelles , les antennes sont longues, le dernier article a 3 segments , les ailes son écartées. Chrysops cæcutiens est encore particulièrement actit par les temps d’orage et pique l’Homme aussi bien que les animaux. y'
Sous-odre des Nématocères.
Les Nématocères ou Macrocères ont la tête petite, le corps frêle, les pattes grêles et filiformes. Les antennes s’insèrent sur la limite e
l’épistome et du front : elles sont filiformes, hérissées ou moniliformes ou même pectinées chez le mâle; elles comprennent de 6 à 66 articles ; les deux premiers sont plus épais et de forme un peu spéciale, mais tous les autres sont semblables et constituent le fouet, La trompe est courte, charnue, souvent armée de stylets sétiformes; les palpes sont très longs et comprennent 4 ou 5 articles. Les ailes
Fig, 747. Nervures de l’aile d’une Tipulide. — a, première nervure longitudinale; è, 2e; c, 3e; d, 4®; e, 5®; f, 6e; g, 7e; x, petite nervure transversale; y, grande nervure transversale ;1, cellule ou aréole basilaire antérieure ; 2, première cellule marginale postérieure, suivie de plusieurs autres ; 3, cellule’ anale; 4, cellule basilaire postérieure; 5, cellule médiane ou discoïdale; 6, cellule axillaire; 7, cellule postérieure ou lobée; 8, cellule sousmarginale ou cubitale; 9, 10, cellules marginales ou radiales; 11, cellule marginale antérieure.
sont grandes, à nervures compliquées (flg. 747) ; les balanciers sont libres, par suite de l’absence de cuilleron. L’abdomen est formé de 7 à 9 articles.
La larve a généralement une tête, rarement une gaine maxillaire rétractile (Tipula, Cecidomyia) : elle a un tube respiratoire et vit dans la terre {Bibio, Tipula), dans les tissus végétaux [Cecidomyia], dans les Champignons [Sciara, Mycetophila, Macrocera) où dans l’eau [CMvonomus, Gulex, Anopheles). Au moment de la mue, la peau se déchire suivant une ligne droite, caractère que les Nématocères partagent avec les Tanystomes : aussi Brauer les réunit-il à ces derniers en un groupe des Orthorliapha. La larve céphalée a des pièces buccales, ainsi que des yeux déjà bien reconnaissables; les pattes manquent encore, mais on trouve à leur place des épines ou des mamelons qui aident à la progression.
La nymphe est immobile, sauf celle des Culicides qui vit dans 1 eau et s’y meut aussi activement que la larve.
, Les Bibionides ont l’aspect des Mouches ; les antennes ont de 6 à 11 articles, l’abdomen a 7 anneaux. Les plus ^téres^nts de ces Insectes sont les Simulies, Moucherons dp fort p^He taille dont la femelle se jette parfois sur l’Homme! et\les ani^
aux pour sucer avidement leur sang : c’est au genre Simufium qu’appartiennent la plupart des Diptères connus sous les noms de Mosquitos, Moustiques, Maringouins, etc. ; ils harcèlent parfois en nombre immense Hommes et bêtes. Leur piqûre est très douloureuse et produit une inflammation locale plus ou moins vive; on pense qu’elle peut inoculer, dans certains cas, des maladies virulentes. La larve et la nymphe sont aquatiques.
SiMüLiUM COLUMBATSCHENSE Fabricius. — Ce Moucheron (fig. 748) s’observe en extrême abondance, au point de former de véritables nuages obscurcissant le soleil, dans la basse Hongrie et dans le nord-est de la Serbie, où l’on croit qu’il prend naissance dans le vieux château de Golubatz, sur les bords du Danube. Il est long de 3““,5 à 4 millimètres; il pique le bétail aux yeux, aux naseaux, à la bou- simu-
cbe, à l’anus, partout où la peau est fine; en- culumbaU
traîné par l’air inspiré, il pénètre dans les fosses schense. nasales, dans la bouche, dans la trachéeet, d’après Scbônbauer, causerait trop fréquemment la mort des animaux, par suite de l’inflammation ou de l’oblitération des voies aériennes. Toutefois, Tômosvâry repousse cette cause de mort et attribue cette dernière au nombre immense des piqûres dont chacune est atrocement douloureuse et produit une petite hémorrhagie ou un empoisonnement du sang. La femelle seule est capable de piquer : elle le fait avec tant d’ardeur, qu’elle enfonce dans la peau sa tête presque entière et que, après s’être gorgée, elle tombe à terre sans forces.
«S. cinereum, S. maculatum et S. reptans sont communs en France ; cette dernière espèce abonde en Suède, où elle est très redoutée. En Assam, S. indicum ou Peepsa est également redouté.
A. Scbônbauer, Geschiclite der schadlichen Columbaczer Mücke. Wien, 1795. Fr. Brauer, On the Peepsa, a small dipterous Insect, injurions to man in Assam, Proceed. of the asiatic Soc. of Bengal, p. 161, 1884.
Edw. Becker, Description of a new species of the dipterous genus Simulium from Assam. Ibidem, p. 162.
Edm. Tômôsvâry, Die Columbaczer Mücke. Üng. Weisskirchen, 1885.
Lés Gulicides ont des antennes à 14 articles, ornées chezjp mâle de poils en panache. La trompe renferme fl^tylets bar-
belés à leur exlrémilé ou conformés en lancette : elle est longue ^^grêle chez la femelle et capable de percer la peau de l’Homme; les palpes maxillaires à S articles sont'tres”côürts (flg. 749). Chez le mâle, la trompe est au contraire très raccourcie et les palpes velus et très allongés (fig. 75,0).
La larve (flg. 751) vii'dâns 1 domen allongé et terminé par" un tube respiratpire.
Après avoir subi quatre mues, elle se transforme en une nymphe également aquatique, mobile et munie de deux tubes trachéens qui font saillie derrière la
Fig. 149. — Culex arinulatus, femelle grossie.
eaux stagnantes : elle a l’ab-
grossi.
tète (flg. 752). Quand arrive le moment du passage à l’étal adulte, la nymphe vient flotter à la surface de l’eau : la peau du dos, exposée à l’air, se dessèche et se fend. L’Insecte parfait sort par la déchirure et, en attendant que ses ailes s’étendent et se déploient, reste perché sur sa coque de nymphe, frêle esquif que le moindre vent submerge.
On connaît les Gou^ns ei,J.e^jiaulement aigu qui, le soir, annonce leur arrivémiLeur piqûre est douloureuse^t détermine une inflammation locale qui s’accompagne d’assez vives démangeaisons. Les espèces les plus répandues en Europe sont
uentàWomme, maisnon aux animaux. La larve de C. pi- Sens se rencontre parfois dans ^
l’intestin, où elle a été amen^T^rdéTêaux de mauvaise
qualité. Wh
Les Moustiques ou Manngouins, qui abondent aussi
bien dans les régions froides ÿ Q
que dans les pays tropicaux ^
ei qui rendent fort pénible le ^
séjour en plus d’une contrée, ,52 Ny^.
appartiennent également à ce Cousin. phe de Cousin,
groupe : leur histoire naturelle est encore très imparfaite ; on se rappelle que certaines espèces servent d’hôte intermédiaire à FÜa7ia sanguinis hommis.
G Thin, Mosquito bites. The Lancet, II, p. 398, 1881.
E Tosatto, Larve di zanzara, Cidex pipiens, nell intestino umano. med. ital., prov. venete. Padova, XXVI, p. 273, 1883. - Id., ünnuovo entozoo. Rivista clinica di Bologna, p. 114, 1883.
Les larves dCEphydra califoi^nica Packard vivent en extrême abondance dans les lacs salés de l’État de Nevada : la surface de l’eau en est littéralement couverte et les ondes les rejettent sur les rives, où elles s’accumulent en véritables monceaux. En juillet, époque où ces larves se développent, les Indiens Pab-Ute viennent de fort loin pour les récolter : ils les font sécher au soleil, les frottent entre les mains pour les débarrasser des grains de sable et de leur cuticule de chitine, puis les pulvérisent en une sorte de farine qu’ils incorporent à différents mets.
Livingstone a vu également, dans le sud de l’Afrique, les indigènes se nourrir d’une sorte de Moucheron.
W. Wollaston. Transactions of tlie Connecticut Academy, 1883.
aosactions of tlie Connecticut Academy, 1883.
Les Lépidoptères ou Papillons ont un faciès qui ne permet de les confondre avec aucun autre Insecte. La tête, mobile et velue, est relativement petite (fig. 753); elle porte deux gros stemmates velus et Blanchard. — Zool. méd. 3*
ordinairement deux ocelles cachés parmi les poils du front. Les antennes sont droites, longues et multiarliculées : renflées en massue chez les Papillons diurnes ou Rhopalocères, elles sont filiformes, dentées ou pectinées dans les autres groupes.
Les pièces buccales sont disposées pour sucer. Le labre et les mandibules sont rudimentaires. Les mâchoires, au contraire, s’allongent démesurément et se rapprochent l’une de l’autre, mais sans se souder, de façon à constituer un canal qui est
Fig. 753. — Tête d’un Papillon diurne. — c, palpes labiaux; e, trompe.
la trompe (fig. 753, e; fig. 754); les palpes maxillaires restent rudimentaires, sauf chez les Teignes. La lèvre inférieure se réduit à une petite pièce triangulaire (fig. 755), située au-dessous de la trompe et portant deux palpes velus
Fig. 754. — Coupe de la Fig. 755. — Lèvre infétrompe de Deilephila ce- rieure, très grossie, let-io, vue en dessus, chez le même In-
montrant Faccolement secte ; l’un des palpes
des deux. mâchoires, m, est dénudé.
et triarticulés. La trompe sert à l’Insecte à puiser dans les fleurs les sucs dont il se nourrit : elle est souvent aussi longue, parfois même beaucoup plus longue que le corps lui-même : tant que le Papillon ne prend aucune nourriture, elle reste roulée en spirale. Sa longueur est en rapport avec celle des fleurs que l’Insecte butine de préférence. Elle est courte et rudimentaire chez les espèces qui, à l’état adulte, n’ont qu’une existence éphémère et meurent sans avoir mangé, comme Bombyx mori.
Les anneaux du thorax sont indistincts. Les ailes, au nombre de deux paires, sont grandes, plus ou moins semblables, souvent déchiquetées et découpées; elles sont rarement rudimentaires, comme chez la femelle des Géométrides ; leurs nervures varient suivant les espèces (fig. 756). L’aile antérieure est la plus grande : chez les Papillons nocturnes, que pour cette raison Em. Blanchard appelle Ghalinoptères, elle présente à sa partie postérieure et à sa face inférieure un petit anneau qui dépend de la nervure costale et dans
uel s’engage un crin, rétinacle ou frein, ou même une touffe de ^oüs qui dépend du bord antérieur de l’aile postérieure. Cette disposition a pour but de relier solidement les deux ailes l’une à l’autre pendant le vol : elle fait défaut chez les Papillons diurnes ou Acha-
liMoptères. . .
Les ailes sont recouvertes d écaillés microscopiques, diversement conformées, s’implantant par un petit pédicule dans une logette
Fig. 756. — Nervulation des ailes d’un Lépidoptère.
creusée à la surface de la membrane alaire; ces écailles, à peine fixées, se détachent au moindre contact ; chez Sesia, elles tombent dès le premier vol. Les écailles sont le siège de la coloration des ailes : celle-ci est due très fréquemment à des phénomènes d’interférence, toute matière pigmentaire faisant défaut. En général, les Papillons ornés de riches nuances sont diurnes, ceux de couleur terne sont nocturnes. Bon nombre d’espèces tropicales présentent de curieux exemples de mimétisme.
Les pattes sont grêles et d’égale longueur; chez Bannis, les antérieures, dites pattes palatines, sont atrophiées et sans utilité. Les tarses ont 5 articles et sont armés d’éperons.
L’abdomen est velu et comprend de 7 à 9 anneaux. 11 est de forme élégante et élancée chez les Diurnes, massive et lourde chez les Nocturnes.
L’appareil digestif (fig. 757) présente une grande complication.
Les deux sexes diffèrent fréquemment par la taille, la couleur ou la forme des ailes ; le mâle peut être orné de couleurs plus vives. On peut même constater un dimorphisme ou un polymorphisme véritable : Papilio Memnon a deux sortes de femelles, P. Pamnon en a trois sortes. La parthénogenèse s’observe parfois chez Bombyx mori; elle est la règle chez Solenobia et Psyché.
Les métamorphoses sont complètes. La larve ou Chenille est ver-
sier; gs, glandes salivaires tm, tubes de Malpighi.
miforme et composée de 12 anneaux non compris la tête. Elle vit sur les plantes dont elle mange les feuilles, causant parfois des dégâts considérables : sa bouche est disposée pour broyer. La tête présente en avant deux groupes de 5 à 6 ocelles et deux antennes à articles coniques et peu nombreux. Les trois premiers anneaux portent chacun une paire de petites pattes, les 'crcdes pattes, qui persisteront chez l’Insecte parfait ; on les appelle encore pattes thoraciques ou pattes écailleuses. Les deux anneaux suivants sont toujours apodes ; le dernier porte généralement deux pattes anales et est toujours précédé de deux anneaux apodes. Quant aux anneaux 6 à 9, ils peuvent porter d’une (flg. 763) à quatre paires de pattes membrâneuses ou fausses pattes (fig. 758), appendices transitoires constitués par de simples prolongements de la peau et garnis de crochets à leur extrémité. Une Chenille a donc ordinairement 5 ou 8 paires de pattes ; elle n’en a parfois que 7 ou 6, plus rarement 4. Elle présente toujours 9 paires de stigmates, les deux derniers segments du thorax et le dernier segment de l’abdomen en étant dépourvus.
La Chenille subit plusieurs mues. Arrivée au terme de sa croissance, elle cesse de prendre de la nourriture et passe à l’état de nymphe ou Chrysalide. Elle se comporte alors de différentes manières : elle se suspend simplement par la queue (fig. 759) ou bien, après s’être fixée par l’extrémité caudale, elle ceint son corps d’un fil enroulé qui lui permet de se disposer horizontalement (fig. 760); d’au-
Fig. 757. — Appareil digestif de Sphinx ligustri, d’après Newport. — e, estomac; g, ge- ; L intestin ; j, jabot ; œ, œsopliage ; rectum ,
fois elle s’enveloppe dans des feuilles maintenues enroulées par mielaues fils soyeux (fig. 765). Ces flls sont produits par deux glandes ^honfissant à un ün orifice qui se voit au sommet d un mamelon médian porté par la lèvre inférieure. Chez les Bombycines, ces
Chenille de Smerinthus ocellatus
glandes sécrètent activement : aussi la larve se renferme-t-elle, pour y accomplir sa nymphose, dans un cocon qu’elle-même a lissé, (fig. 769, 3).
L’Insecte parfait éclôt au bout d’un laps de temps variable : son
existence est de courte durée ; il meurt après avoir assuré la reproduction de l’espèce.
Hope appelle scoleciasis les accidents produits chez l’Homme par les larves ou les nymphes de Lépidoptères ou, plus simplement, le fait de la présence de ces larves dans le tube digestif. On en connaît un petit nombre de cas; le plus souvent, la na-
ture exacte des Chenilles ou des Chrysalides n’a pas été déterminée.
Pulvius Angelinus a vu à Ravenne un jeune garçon rejeter des Chenilles parles narines; Church parle d’un individu qui en aurait vomi; Rohineau-Desvoidy cite un cas analogue. Pool, de South Mills, Gamden Go., N. G., présenta à l’Académie de médecine de Richmond une Ghrysalide qu’un jeune Homme de 23 ans avait rendue vivante par l’anus.
A. J. B. Robiaeau-Desvoidy, Sur des Chenilles qui ont vécu dans les intestins de l’Homme, qui y ont subi leur mue et qui en ont été expulsées vivantes par l’estomac. Comptes rendus de TAcad. des sciences, III, p. 753, 1836. Arch. gén. de méd., (2), XII, p. 501, 1836.
B. Lunel, Des accidents toxiques dûs à la Chenille de l’Aglosse de la graisse. Abeille médicale, XVIII, p. 250, 1861. Gazette hebdom. de méd. et de chir., VIII, p. 554, 1861.
P. H. Pool, A peculiar intestinal entozoa. Virginia med. monthly, VI, p. 985, 1879-1880.
Les Hétérocères forment un premier sous-ordre comprenant toutes les espèces dont les antennes ne sont pas claviformes et correspondant assez exactement aux Crépusculaires et aux Nocturnes
Fig. 761. — Alucita polydactyla.
de Linné, ainsi qu’aux Chalinoptères d’Em. Blanchard. On en distingue plusieurs groupes.
Les Microlépidoptères sont de petits Papillons à longues antennes sétiformes ; les ailes sont réunies par un frein. Les Chenilles ont 16 pattes et sont nocturnes; elles rongent le parenchyme des feuilles, des tiges.
des fruits et causent de grands dégâts.
Les Alucites (fig. 761) ont les ailes très profondément découpées. Les Teignes sont très répandues : les Chenilles ont 14 ou 16 pattes et vivent dans l’intérieur des tissus végétaux ou dans des tubes qu’elles ont fabriqué avec diverses substances ; la nymphose s’accomplit dans un cocon. La Chenille de Tinea tapezella ronge les Fig. 762 — Tinea fourrures, celle de T. pellionella détruit les étoffes granelta. <le laine, celle de T. granella (fig. 762) ronge la surface des grains de Blé et de Seigle; celle de Sitotroga cerealella s’attaque encore au grain de Blé, mais s’enfonce à l’intérieur et commence par détruire l’embryon.
rinea cadaverina a été trouvé par Mégnin à la surface des .adavres humains. C’est un Papillon long de 6 millimètres, d’une teinte argentée avec les poils de la tête roux. La Chenille, longue de 4 à 5 millimètres, est d’un blanc crème avec la tête rousse; elle ronge les tissus des cadavres. La nymphe est nue et se rencontre à la surface du cadavre, dans la poussière dont elle rassemble parfois les grains autour d’elle, à l’aide de rares fils soyeux.
Parmi les Tortricides, citons la Tordeuse de la Vigne (fig. 763), dont la larve éclôt en août, passe l’hiver dans une fissure du cep ou de féchalas et sort au printemps pour dévorer les jeunes pousses. La Chenille de Grapholita dorsana vit dans les pois, celle de Gr. funebrana et de Gr. pruniana dans les prunes, celle de Conchylis roserana dans les raisins, celle de Gr. (Carpoeapsa) pomonella dans les pommes.
Fig 763. — Tortrix vitana à ses différents états.
Dounon a vu un malade qui avait avalé gloutonnement un grand nombre de pommes vaariées et chez lequel un certain nombre de larves de Gr. {€.) pomonella avaient échappé à l’action du suc gastrique : parvenues dans l’intestin grêle, elles s’étaient fixées à la muqueuse et avaient provoqué une diarrhée rebelle, dont l’examen des selles fit reconnaître la cause.
Aux Pyralides appartiennent Galleria miellonella, dont la larve vit dans les ruches et se nourrit de naiis.
miel, et Aglossa pinguinalis (fig.764).
La larve de l’Aglosse vit de graisse, de beurre ou de lard ; avec ces substances alimentaires, elle s’introduit parfois dans 1 estomac, comme Linné l’a signalé le premier.
Les Géométrides sont des Chalinoptères à ailes tectiformes, c est-àdire recouvrant le dos pendant le repos ; les antennes sont sétiformes. Les Chenilles, pourvues de 5 à 6 paires de pattes, sont dites arpenteuses, en raison de leur mode spécial de progression ; un
grand nombre dévastent les arbres fruitiers. Telle est la Phalène des Groseilliers (fig. 765).
Les Noctüines sont des Chalinoptères nocturnes à ailes tectiformes
Fig. 765. — Abraxas grossulariata.
àlongues antennes sétiformes, parfois pectinées chezlemâle. L’aile antérieure est souvent ornée, le long de son bord postérieur, d’une ligne ondulée interrompue en son milieu par une marque en W. La Chenille a 1 6 pattes, rarement 14 ou 12; elle subit ordinairement sa nymphose dans la terre. La larve de la Noctuelle des moissons (fig. 766) dévore les Choux, les Betteraves, les Pommes de terre, etc.
Fig. 766. — Agrotis segetum. Fig. 767. — Mamestra hraasicæ.
Celle de la Noctuelle du Chou (fig. 767) s’attaque aux plantations de Choux et de Choux-fleurs : elle peut s’introduire dans 1 estomac avec ces végétaux, comme Calderwood en a observé un cas en Écosse. Martin Lister et Duméril ont également constaté l’existence de larves de Noctuelles dans l’estomac.
Dans certaines régions d’Australie, Agrotis infusa se ren-
tre en telle abondance que les indigènes, qui l’appellent \uqong, viennent le recueillir. Ils arrachent les ailes, puis éuluchent et mangent le corps de cet Insecte, ou bien le pilent et le fument pour en faire des conserves. Les organes de ces Papillons renferment une huile irritante, qui a le goût de noix et produit d’abord des vomissements; mais, au bout de quelques jours, on n’est plus sensible à son action, et cette nourritere ne tarde pas à engraisser ceux qui en font usage.
Les Bombycides sont des Achalinoptères nocturnes, à corps lourd et velu, à antennes sétiformes, pectinées chez le mâle ; la trompe est très réduite, les ocelles manquent presque toujours. Les ailes sont tectiformes : elles s’atrophient chez la femelle d'Orgyia et font complètement défaut chez celle de Psyché. La Chenille a 16 pattes; elle s’enferme dans un réseau ou un cocon pour accomplir sa nymphose.
La Chenille d’un certain nombre de Bombycides est velue et urticante : si on vient à la saisir, on sent une démangeaison des plus vives, en même temps qu’il se produit une éruption vésiculeuse, non seulement sur le point touché, mais aussi parfois en d’autres régions du corps. Les auteurs latins signalent déjà ce phénomène et désignent les Chenilles urticantes sous le nom A'erucæ; Dioscoride les appelle sÜTw.aa et raconte qu’en Espagne on les employait comme révulsif, à l’instar des sinapismes. L’hypoderme de ces Chenilles renferme, en certaines régions, des glandes unicellulaires qui débouchent à la surface de la cuticule chilineuse et dont l’orifice est surmonté d’un poil creux et rigide; ces glandes sécréteraient de 1 acide formique, que les poils seraient chargés d’instiller dans la peau.
Les observations de Goossens ont rectifié cette croyance. La Chenille du Cul-hrun {Liparis chrysorrhœa) qui dévaste les vergers et les forêts, présente à la face dorsale des neuvième et dixième anneaux deux taches rondes d’un rouge cinabre, dont le centre est occupé par un grand nombre de glandules s ouvrant chacune au sommet d’un fin tubercule. L animal est-il inquiété, les tubercules s’érigent et chacun d’eux laisse perler une gouttelette de liquide. Ce liquide s’attache aux poils qui entourent chaque glande, puis se dessèche à 1 air et devient pulvérulent : si on touche alors la Chenille ou si le venttrans-
porte cette poussière sur la peau, Turtication peut se produire. Des faits analogues s’observent encore chez le Cul-doré {L. auriflua), chez le Zigzag {L. dùpar), chez d’autres Liparis encore, chez Lithosia caniola et chez les Processionnaires [Cnethocampa).
La Processionnaire du Chêne (flg. 768) flle sur le tronc du Chêne une toile aux mailles lâches et irrégulières, dans laquelle plusieurs centaines d’individus vivent en commun. Le soir venu, une Chenille sort du nid par un petit orifice percé au sommet et commence à grimper sur le tronc : elle est suivie par un certain nombre d’individus qui" la suivent en file indienne, en restant tous en contact les uns avec les autres ; puis viennent plusieurs rangs de deux individus, puis des rangs de 3, de 4, de 5, etc. Quand elle s’est repue, la colonne regagne le nid dans le même ordre. La Processionnaire du Pin [Cn. pityocampa) a des moeurs analogues.
, Chez ces Chenilles, les glandes sont moins apparentes et n’ont plus la même forme que chez les Liparis ; leur sécrétion se convertit en une matière brune pulvérulente, impalpable, qui adhère aux poils en quantité appréciable. Si on prend une parcelle de cette poussière au moyen d’une aiguille et qu’on l’applique sur la main préalablement mouillée, on ressent aussitôt une vive démangeaison. En opérant ainsi avec la Chenille de Cn. pilyocampa, non seulement la main, mais encore les bras, les jambes et tout le reste du corps deviennent le siège d’urtications intolérables; bientôt la figure se boursoufle et les yeux se gonflent. Chez Cn. processionea, le nid est encore plus urticant que les Chenilles elles-mêmes, en raison du grand nombre de peaux provenant des mues, qu’il retient dans ses mailles et auxquelles adhèrent encore les poils chargés de poussière irritante.
Certains Gastropacha sont encore urticants, entre autres ce-
lui de la Ronce {G. rubi) ; les Chenilles des Arctia et des Bomhyx ne le sont pas.
Pourquier, Urticaire du Cheval produite par les poils du Bombyx proces-
®*^GooÎenr'iSrSeni;Zes 'Zticantes. Annales de la Soc. entomol. de F (6) I P t881. W-' Chenilles vésicantes. Ibidem, (6), VI,
^Semensiewicz, Zur naheren Kenntniss der Hautdrüsen beiden RmTen und bel Malachius. Verhandl. der k. k. zool.-bot. Ges. in Wien,
^f^^tmog^OnTheurticating properties of the hairs of Liparis chrysort’hrpn The Entomologist, XVIh P- 25b, 1884. . » t t
J Anderson, TAe urticating properties of the hairs of some Lepidoptera.
^^''p'^elkiiC'urticating by Liparis chrysom-hœa. Ibidem,
G Dimmock, Closed poison-glands of caterpillars. Amer. Xaturali.t, XVIII, P 535, 1884. — Id., Poison-glands in the skin of the Cecropia caterpillai.
^'^temol'Erythème spécial déterminé par des Chenilles. Lyon medical, XLV,
^■R.^SoSîon the urticating hah^sof some Lepidoptera. The Entomologist,
^jI^R.^S. ^Clifford, The urticating properties of the hairs of Porthesia chryson’Aœa. Ibidem, p. 22. i
H. Sharp, Urtication by larvæ ofBombyx rubu Voi&em g.JA.
M. S. Jenkins, Urtication by Bombyx rubi. Ibidem, XIX, p. 42, 1886.
Frk. R. Jex Long, Urtication by larvæ of Bombyx raôz. Ibidem p. 45.
E B. Poulton, The fluid ejected by Notodontian caterpillars. Amer. Naturalist, XX, p. 811, 1886. - Id., The sécrétion of aqueomformic acid by Lepidopterous larvæ for the purposes of defense. Xature, XXXVI, p. 593,
^^N^Manders, The urticating properties of certain larvæ. Entomol. monthly magasine, XXIV, p. 118, 1887,
Bombyx {Sencaria) mon (fig. 769) est le plus important des Lépidoptères. Sa Chenille ou Ver à soie vit en Chine sur les feuilles de Morusalba; elle y a été domestiquée environ 2700 ans avant notre ere par Louï-See, femme de l’empereur Hoang-Ti. Au sixième siècle, sous le règne de Justinien, des voyageurs grecs rapportèrent de l’Inde à Constantinople les œufs des premiers Vers à soie cultivés en Europe, la graine en fut ensuite portée en Italie vers l’époque des croisades. On ne commença guère, en France, à cultiver cette précieuse Chenille que vers le seizième siècle ; Sully encouragea vivement 1 industrie naissante. Aujourd’hui, de nombreuses magnaneries existent dans la région méditerranéenne, où la sériciculture est florissante . elle l’était encore plus naguère, avant que les Vers ne fussent frappés de diverses maladies, dont les belles recherches de Pasteur ont heureusement permis d’arrêter l’extension.
Ces maladies sont au nombre de trois principales. La muscardine est due à l’invasion des organes par une Mucédinée découverte par Bassi en 1835 et appelée Botrytis Bassiana par Balsamo Crivelli. La flacherie tient à ce qu’un Microbe particulier, Micrococcus bombycis Cohn, produit une fermentation de la feuille de Mûrier et cause ainsi des troubles digestifs. La gattine ou pébrine a pour origine la pénétration et la pullulation dans tous les organes d’organismes
Fig. 769. — Bombyx mori à ses divers états. — I, Chenille ou Ver à soie; 2, 4, Chrysalide ; 3, cocon ; 5, Papillon femelle ; 6, Papillon mâle.
parasitaires ou corpuscules de Cornalia, dont Balbiani a reconnu la véritable nature : ce sont des Sporozoaires de l’ordre des Microsporidies. De l’ovaire, ces orgaaismes passent dans l’œuf et se propagent ainsi à la larve qui va en sortir; aussi n’est-on assuré de la pureté d’une ponte qu’après avoir constaté l’absence des Psorospermies dans les tissus de la femelle qui l’a produite : à cet effet, on broie dans l’eau le corps de celle-ci, puis on l’examine au microscope à un grossissement de 300 diamètres environ.
Le fil de soie que la Chenille file pour tisser le cocon dans lequel elle va accomplir sa nymphose a une longueur d’environ 500 mètres; il se dévide aisément, sauf dans la partie la plus interne, qui est comme parcheminée. La soie ainsi obtenue sert à de nombreux usages, notamment k la fabrication des étoffes. On l’a aussi utilisée en médecine : elle entrait dans la confection d’Hyacinthe, dans l’électuaire Diamoscbus, dans le sirop de pomme, le sirop d’écorce de citron, la confectio alkermes, les espèces cordiales, etc. L’ancienne pharmacopée employait les cocons et la bourre de soie sous les noms de sericum et de folliculi bombycis pour la préparation des gouttes anglaises céphaliques, dont Tournefort a fait connaître en France la formule en 1700, et que l’on jugeait souveraines dans l’hystérie, l’hypocondrie, la migraine, etc.
Bombyx mori n’est point le seul Lépidoptère dont la soie puisse être utilisée pour la confection des étoffes ; il est vrai que c’est lui qui
Fig. 770. — Saturnia carpini femelle.
donne la matière première de meilleure qualité. On a tenté avec succès d’acclimater en France certains autres Bombyciens séricigènes, appartenant au genre Saturnm Schrank {Attacus Hübner). Tels sont S. cynthia, qui vit en Chine sur l’Ailante ; S. yama-maï, du Japon, S. Perny et S. Roylei, de Chine, S. mylilta, du Bengale, S. polyphemus, de l’Amérique du Nord, qui tous se nourrissent des feuilles du Chêne ; S. arrindia, qui vit en Chine sur le Ricin ; S. cecropia, qui est originaire des États-Unis et mange la feuille du Prunier. En France vivent deux belles Saturnies dont la soie n’est pas utilisée, le Grand Paon de nuit (S. pamnia major ou S. pyri) et le Petit Paon {S. pavonia mînor ou S. carpini, flg. 770).
En Chine, on mange la Chrysalide du Ver à soie et aussi,
paraît-il, la Chenille d’une espèce de Sphinx; du temps d’Aldrovande, les soldats allemands mangeaient en friture le Ver à soie. A Madagascar, on mange également, frite ou bouillie, la Chrysalide d’un Bombyx séricigène qui vit sur un Cytise. Sparrmann a vu les Boschimans se nourrir de Chenilles et les estimer comme une gourmandise. Dans le Haut-Ogooué, Cuirai a vu les Batékés recueillir des larves de Saturnie. Sigaud indique sous le nom de bicho da Taquarâ une Chenille dont se régalent les Indiens du Brésil. Enfin, les indigènes de certaines contrées d’Australie recherchent les Chenilles d’i?epialus grandis et de quelques autres espèces.
Les Sphingides ou Crépusculaires sont des Chalinoptères dont la trompe atteint une très grande longueur ; ils l’introduisent en volant dans la corolle des fleurs. Acherontiaatropos, dont la grosse Chenille verte vit sur les feuilles de Pomme de terre, est le plus gros Papillon de nos pays ; la face supérieure de son thorax est marquée d’une tache jaune d’ocre qui ressemble à une tête de mort. Sesia apiformis (fig. 771) et d’autres espèces voisines sont remarquables en ce qu’elles ont acquis l’aspect extérieur de certains Hyménoptères.
Fig. 771. — Sesia apiformis. Les Rhopalocères forment un
second sous-ordre qui comprend tous les Lépidoptères diurnes. Ce sont des Achalinoptères dépourvus d’ocelles et de palpes maxillaires, à antennes claviformes ou capitées ; au repos, les ailes sont verticales. La Chenille a 16 pattes et ne se renferme pas dans un cocon ; la Chrysalide se suspend simplement par quelques fils (flg. 739 et 760).
Ce groupe renferme un grand nombre de formes, sans intérêt pour nous. Les Hespérides {Hesperia), les Lycénides {Polyommatus, Thecla), les Satyrides {Satyrus, Erebia), les Nymphalides {Vanessa, Melitaea),' les Piérides (Pieris,^ Colias), les- Danaïdes {Danaîs), les Héliconides {Heliconius) et les Équitides {Papilio, Doritis) sont les principales familles. Les Piérides sont des Papillons blancs ou jaunes très communs dans les jardins : leurs Chenilles ravagent le Chou (fig. 772), le Navet, l’Aubépine, etc. Les Héliconides abondent au Brésil et dans d autres régions de l’Amérique du sud : leurs vives couleurs les désignent aux Oiseaux comme une proie facile, mais ils émettent une
odeur âcre et pénétrante qui fait que ceux-ci ne les pourchassent jamais. Par voie de sélection naturelle, les Leptalis, certains Erycinides
Fig. 772. — Pieris brassicæ femelle.
et quelques Papillons nocturnes ont acquis la plus grande ressemblance avec les Héliconides et, bien que n’émettant aucun liquide irritant, jouissent de la même immunité.
Les Coléoptères (Bg. 773) ont les ailes antérieures transformées en élytres, organes rigides et chitineux qui, à l’état de repos, s’étalent horizontalement sur le thorax et l’abdomen et recouvrent entièrement les ailes postérieures, membraneuses et repliées en travers. Au moment du vol, les élytres se soulèvent pour permettre de se mouvoir aux ailes de la seconde paire, mais ils ne prennent eux-mêmes aucune part au vol.
Les antennes ont en général 11 articles; de forme très variable, elles sont plus grandes chez le mâle. Les ocelles manquent le plus souvent; les stemmates ne disparaissent que chez quelques formes vivant dans les cavernes {Aphaenops , Claviger, Adelops , etc.). Les pièces de la bouche (fig. 774 et 773) sont disposées pour mâcher et pour broyer : les palpes labiaux, c, ont 3 articles, les palpes maxillaires, i, en ont 4; chez les espèces carnassières, le lobe externe des maxilles, h', se segmente et a l’aspect d’un palpe.
Le prothorax est libre et de grandes dimensions ; il constitue un corselet qui s’articule avec la tête et avec le mésothorax ; celui-ci est
très réduit. Le métathorax s’unit à l’abdomen par une large base. Les pattes sont diversement conformées ; le nombre des articles du tarse est variable et a été pris comme base de la classification de ces Insectes.
L’appareil digestif (fig. 776) est long et sinueux, chez les Coléoptères carnassiers, il présente un gésier, g, en avant de l’estomac, e; les tubes de Malpighi, tm, sont au nombre de 4 ou 6.
Les métamorphoses sont complètes. Les larves sont le plus souvent lucifuges et demeurent cachées soit dans la terre, soit dans des troncs d’arbre, etc. Leur bouche est disposée pour mordre, leur nour-
Fig. 774. — Bouche de Proerustes co- Fig. 775. — Maxille droite de Cieinriaceus, — a, menton; c, palpe la- delà campestHs. — g, tige; A, lobe
bial; d, mandibule; e, maxille; h', interne; h', lobe externe ou galea;
galea; i, palpe maxillaire. i, palpe maxillaire; n, dent mobile
interne ou onglet.
riture ne diffère pas de celle des adultes. Les stemmates font défaut, mais elles possèdent des ocelles. Elles sont vermiformes, apodes et céphalées (Curculionides) ou portent au contraire trois paires de pattes thoraciques et même des rudiments de pattes sur les derniers anneaux de l’abdomen. Chez la nymphe, les membres font librement saillie.
Les Trimères ou Cryptotétr amères ont les tarses formés de 4 articles, dont un reste rudimentaire. A ce groupe appartiennent les Coccinetlides {CoGcinella, Chilocorus, Scymnus) et les Endomychides [Endomychus, Lycoperdina).
Les Tétramères ou Cryptopentamères ont les tarses formés de 5 articles, dont un reste rudimentaire. La plupart sont de petite taille, mais n’en causent pas moins de grands ravages dans les plantations de toute sorte.
Les Chrysomélides sont ordinairement ornés de couleurs brillantes ; la larve et l’animal parfait vivent ensemble sur les feuilles; au moment de la nymphose, la larve se suspend par son extrémité postérieure. La Chrysomèle de la Pomme de terre {Leptinotarsa decemlineata) est tristement célèbre aux États-Unis sous le nom de Colorado
Reeiteetmême en France sous le nom impropre de Doryphore du Colorado , èue s’attaque à la Pomme de terre, ainsi qu’à tous les autres Solanum et ou’à bon nombre d’autres Solanées.
Haltica oleracea ronge les feuilles du Chou Crioceris merdigera vit sur le Lis ;