‹ Traité de zoologie médicaleChapitre 49 sur 103 · ORDRE DES MA.RSIPOBRANCIÎES · texte numérisé non relu

ORDRE DES MA.RSIPOBRANCIÎES

^rcsbémaux dont la réunion conslitueun canal parcouru par desvais-

^^En^aTanl l’encéphale est protégé par une sorte de capsule metnno-cartilagineuse, qui se continue avec la corde dorsale et repré- ""^nte un crâne rudimentaire. Le squelette viscéral n’est représenté par des rudiments des deux premiers arcs; tous les arcs bran- Sauxfont défaut; il est du moins difficile de leur assimiler une sorte de cage cartilagineuse qui se développe de chaque côté du corps et sert de support à l’appareil respiratoire.

La peau est nue, lisse, sans écailles ; elle comprend deux couches . Yéoideme, simple couche épithéliale ectodermique, et le derme ou ^horion, d’origine mésodermique; ce dernier est formé essentiellement de tissu conjonctif et renferme des vaisseaux et des nerfs.

Les muscles du tronc présentent une remarquable métamérmation : les myomères sont séparés par des cloisons de tissu conjonctif {myocommata), disposées en lignes brisées.

babouche est circulaire, infundibuliforme et agnathe, mais armee de dents cornées en petit nombre [Myxine] ou au contraire irès nom-, breuses {Petromyzon) ; ces dents font défaut chez la larve et n apparaissent qu’après la métamorphose. La langue occupe le fond de la bouche; ses mouvements aident à la succion. L’œsophage communique avec les branchies; l’estomac et l’intestin ne sont pas séparés par Lutte limite que celle qu’indique l’embouchure du canal cholédoque dans le tube digestif. L’anus est médio-ventral et postérieur.

La bouche résulte d’une invagination de l’ectoderme; le reste du tube digestif, ou mésentéron, dérive au contraire de 1 endoderme. La fossette buccale primaire, ou stomodaeum, est adossee au cul-de-sac antérieur du mésentéron ; mais la cloison qui sépare ces deux cavités se perfore de bonne heure et une communication définitive setabl t entre elles. L’extrémité postérieure du mésentéron se termine en culde-sac, puis s’ouvre dans le proctodaeum, fossette cloacale primaire dérivée de l’ectoderme. Secondairement, le mesenteron se divise en

pharynx, œsophage, estomac, intestin grêle et gros iiiteslin. e e a

dehors, ces divers segments sont formés de trois tuniques superposées : une tunique muqueuse endodermique, une tunique mu o

et une tunique séreuse mésodermiques. i ^

La muqueuse comprend une première couche epH^ieliale qui seule dérive de l’endoderme, et un chorion riche en vaisseaux e e Elle est lisse, sans glandes ni villosités, si ce n’est que, dans 1 m estin elle se replie sur elle-même de manière à conslituer une mlmle sp.raU surbaissée, desUnée à augmenter la surrace suite de l'absence de glandes, la fonction sécrelo.re se sur toute la surface de l'estomac et de l'intestm et s’accomplit indifte

CLASSE DES POISSONS

remment par chaque cellule épilhéliale. La couche musculaire est formée de fibres lisses disposées en deux couches, dont l’interne est annulaire et l’externe longitudinale,

La séreuse n’est qu’une tunique accessoire, dépendant i\i péritoine. On donne ce nom à une mince membrane conjonctive, recouverte d’un endothélium ou épithélium pavimenteux simple, qui tapisse la surface entière de la cavité générale ou cœlome, née par un dédoublement du mésoderme. Les viscères, en pénétrant plus ou moins dans cette cavité, refoulent devant eux la séreuse, qui leur constitue dès lors une tunique nouvelle et leur sert en même temps de ligament fixateur ; c’est ainsi que l’intestin se trouve rattaché à la colonne vertébrale par le ère.

Quelques organes dérivent du tube digestif. Chez la larve de Petromyzon, le pharynx émet, entre les troisième et quatrième fentes branchiales, un diverticule impair et inférieur, qui est l’origine delaglande thyroïde; chez l’adulte, la communication avec le pharynx s’oblitère, l’organe se résorbe en partie et se résout en un amas àe follicules clos. . La portion initiale de l’intestin grêle émet un diverticule ventral qui se divise aussitôt en deux lobes. Ainsi prend naissance la glande hépatique ou foie, qui acquiert une structure compliquée et un volume considérable. Elle sécrète la bile ou fiel, que des conduits spéciaux déversent dans l’intestin; ses cellules sont également chargées de glycogène, nmtière amylacée isomère de l’amidon, et colorable en rouge acajou par l’iode.

La paroi dorsale de l'intesliu grêle produit encore, un peu en arrière du diverticule hépatique, une invagination d’où provient le pancréas. Il manque chez Myxine et reste très réduit chez Petromyzon : chez la plupart des Gnalhostomes, c’est au contraire une volumineuse glande en grappe, dont le conduit excréteur ou canal de Wirsung débouche généralement dans le duodénum. Le suc pancréatique est alcalin et joue un rôle digestif important.

Le système lymphatique des Cyclostomes est encore peu connu. On doit lui rattacher la rate, organe de signification problématique, qui se développe aux dépens du mésoderme dans l’épaisseur d’un repli péritonéal voisin de l’estomac, et qui est irrigué par d’importants vaisseaux sanguins.

Les hématies sont discoïdes, biconcaves et munies d’un noyau ; elles ont une grande tendance à se disposer en piles de monnaie.

Le cœur est immédiatement en arrière des branchies, contre la paroi inférieure du corps ; il est renfermé dans le péricarde, cul-de-sac dépendant du péritoine et communiquant encore avec lui. 11 est formé de deux cavités s’ouvrant l’une dans l’autre, mais dans un certain sens que détermine une valvule à deux clapets interposée entre elles;

ORDRE DES MARSIPOBRANCHES.

f s deux sont formées de muscles striés ; la paroi du ventricule est lus épaisse que celle de Voreülette et présente à sa face interne des P qUes des trabécules, des crêtes réticulées. Le cœur est doublé intérieurement par Vendocarde, sorte d’endothélium qui se continue dans tous les vaisseaux.

L’oreillette est la chambre postérieure du cœur. Elle reçoit le sang veineux, qui revient de tout le corps, et se laisse distendre par lui : elle se contracte alors ou entre en systole, et le sang qu’elle contient ouvre la valvule auriculo-veniriculaire et pénètre dans le ventricule. Celui-ci se distend à son tour [diastole], puis se contracte ; la valvule auriculo-ventriculaire se ferme et le sang est chassé dans le tronc artériel ou aorte ventrale, dont la base est dilatée en un bulbe aortique pourvu de valvules destinées à empêcher le reflux du sang vers le cœur. L’aorte ventrale émet latéralement des vaisseaux qui se portent aux branchies, au niveau desquelles se font les échanges gazeux. Des branchies sortent d’autre part les veines branchiales ou artères épibranchiales, qui se réunissent en un tronc unique, Yaorte dorsale ; mais avant, celles de la première paire donnent naissance aux artères carotides, qui portent le sang à la tête. De l’aorte dorsale naissent des vaisseaux qui vont distribuer le sang dans tous les organes. Les veines qui sortent de ceux-ci constituent finalement par leur réunion quatre grandes veines longitudinales, qui ramènent le sang au cœur : en avant, les deux veines jugulaires ; en arrière, les deux veines cardinales. Les deux veines du même côté se fusionnent en un tronc unique ou canal de Cuvier, qui se porte transversalement. Les deux canaux de Cuvier se réunissent également avant d’atteindre 1 oreillette et forment un sinus veineux qui lui sert de vestibule. Le sang veineux de 1 intestin est conduit au foie la veine porte qui, chez Myxine, est pourvue

de cœurs accessoires; le sang se répand dans un réseau capillaire exclusivement veineux ou système porte, puis est repris par des veines qui viennent le déverser dans le sinus, entre les deux canaux de Cuvier.

Chez la larve de Petromyzon, le pharynx communique latéralementavec sept paires de sacs branchiaux, dont chacun renferme une branchie et s’ouvre isolément au dehors par un pore percé sur le côté du cou. La Myxine présente une disposition toute semblable, si ce n’est que les sacs branchiaux d’un même côté, au nombre de six, déversent leur eau dans un canal efférent commun, qui se porm .d’avant en arrière et vient s’ouvrir à la face ventrale. Chez la Lamproie adulte, le pharynx s’est subdivisé par une cloison horizontale, de manière à isoler une poche dans laquelle s’ouvrent les sacs branchiaux et qui communique en avant avec la bouche; les pores latéraux ne sont pas modifiés. ^

Le système nerveux des Cyclostomes est remarquable, en ce qu il

CLASSE DES POISSONS

représente la persistance chez l’adulte d’états qui ne s’observent que ■chez l’embryon des autres Vertébrés.

Dès qu’il s’est constitué au-dessus de la notocorde, par une invagination de l’ectoderme, le tube médullaire se renfle dans sa portion antérieure en trois vésicules cérébrales primitives, que l’on distingue sous les noms d’antérieure, de moyenne et de postérieure. Cet état primordial s’observe chez tous les Vertébrés, mais ne persiste chez aucun. Les vésicules antérieure et postérieure se subdivisent chacune par un étranglement, d’où résulte la formation de cinq vésicules cérébrales secondaires dont la cavité reste en communication avec celle de la moelle. L’antérieure ou proscncéphale se subdivise bientôt en deux lobes qui sont les hémisphères cérébraux : chacun d’eux est creusé d’un large ventricule latéral, puis émet en avant un lobe olfactif yolamineux, dans lequel la cavité se prolonge. Le plancher du prosencéphale s’épaissit en im puissant amas de cellules nerveuses, mais le plafond reste mince. La seconde vésicule, ou vésicule intermédiaire, constitue le thalamencéphale. Sa cavité, ou troisième ventricule, communique par le trou de Monro avec les deux premiers ventricules, renfermés dans les hémisphères cérébraux. Sa paroi latérale s’épaissit pour former les couches optiques ; son plancher donne naissance à deux invaginations latérales qui constituent les deux vésicules oculaires primitives et à une invagination médiane d’où résulte Vhypophyse ou glande pituitaire ; son plafond émet également un diverticule médian, qui constitue l’épzpAyse, glande pinéale on conarium. L’hypophyse est formée de deux portions distinctes : en arrière, une portion nerveuse; en avant, une portion glandulaire, qui résulte d’une invagination buccale; le rôle de cet organe est inconnu. Quant à l’épiphyse, sa signification est des plus curieuses ; elle représente ici le premier état d’un œilpinéal ou pariétal, qui atteignait toute son importance et était à fleur de peau chez les Stégocéphales et qui est encore bien développé chez les Sauriens ; cet œil impair se retrouve plus ou moins modifié chez tous les Crâniotes.

Les parties de l’encéphale étudiées jusqu’à présent sont situées en avant de la corde dorsale ; celle-ci apparaît au-dessous de la vésicule cérébrale moyenne ou mésencéphale. Les parois de cette vésicule se renflent latéralement pour former les lobes optiques, séparés l’un de l’autre par un sillon superficiel ; sa cavité se rétrécit en un simple canal, ou aqueduc de Sylvius, qui mène du troisième au quatrième ventricule. Les deux dernières vésicules cérébrales sont peu distinctes l’une de l’autre et se continuent avec la moelle épinière sans ligne de démarcation. La première, ou vésicule cérébrale postérieure, constitue le métencéphale : son plafond s’épaissit notablement et représente le premier rudiment du cervelet. La seconde est le myélen-

ORDRE DES MARSIPOBRANCHES. 625

le oy^épencéphale : elle corves^oni k ldi moelle allongée, ou. bulbe hidien- son plancher s’épaissit, mais son plafond devient très ’ e se réduit à une seule assise de cellules plates et prend l’aspect TTt’oU triangulaire à sommet postérieur. Cette cinquième vésicule ^'rébrale est creusée du quatrième ventricule, qui se continue directement avec le canal de la moelle.

La moelle épinière s’étend Jusqu’à l’extrémite postérieure du s Quand elle est définitivement constituée, c’est un cordon evlindrique, parcouru à chacune de ses deux faces dorsale et ventrale par un profond sillon médian, en sorte quelle semble formée de deux demi-cylindres réunis par une courte et étroite commissure, dans laquelle passe le'canal de l’épendyme.

Du névraxe naissent des nerfs qui se rendent à tout le corps. L enrénhale émet douze paires de nerfs, nombre qui reste fixe chez tous les Vertébrés. Ce sont ; le nerf olfactif, l’optique entre croise avec son congénère, le moteur oculaire commun, le pathétique {nervus trochlearis), tous nés de l’encéphale. Les autres nerfs proviennent de la moelle allongée; ce sont ; le trijumeau, le moteur oculaire externe (nervus abducens), le facial, l’acoustique, le glosso-pharyngien, le pneumogastnque ou vague, qui naît par quatre racines, en même temps que le spinal ou accessoire (nerf de la onzième paire), et le

^ifiSe* épinière donne aussi naissance, sur toute sa longueur, à des nerfs qui se distribuent principalement aux muscles des parois du corps et aux nageoires. Ces nerfs présentent un certain degre d’asymétrie et sortent du canal rachidien, dans 1 intervalle et a la base des arcs neuraux. De chaque côté, on voit sortir de la moelle deux séries de nerfs ; des racines sensitives renforcées par un ganglion, a la région supérieure, et des racines motrices dépourvues de pnghon, à la région inférieure. Chez Petromyzon, ces racines se autant de nerfs qui restent distincts; chez Myxtne et Bdellostoma, ainsi que chez tous les autres Vertébrés, les racines opposées se réunissent deux à deux, au delà du ganglion sensitif, de maniéré a

constituer un nerf mixte. » • „

Le système nerveux grand sympathique est très rudimentaire . le filets nés de la moelle portent bien des

sont point unis par une commissure longitudinale. Il existe des plexus le long du tube digestif et des vaisseaux sanguins.

Le toucher s’exerce par toute la surface de la peau, dans 1 épaisseur de laquelle se trouvent des corpuscules nerveux encore peu différenciés. La peau est encore creusée de canaux ayant la orme de sacs courts; ces canaux s’ouvrent à sa surface et renferment des terminaisons nerveuses spéciales, en rapport avec un sens^^dont la Blanchard. — Zool. nicd.

• CLASSE DES POISSONS

signification nous échappe; ils constituent la ligne latérale et sou innervés par une branche du pneumogastrique.

Les autres sens sont localisés dans la tête et reçoivent leurs nerfe de l’encéphale. La fossette olfactive impaire devient un long tube qui se termine en cul-de-sac chez Petrormjzon, mais qui traverse le palais chez Myæine et s’ouvre dans la bouche. Peut-être l’état impair de l’organe olfactif est-il le résultat d’une régression, comme permet de le supposer la duplicité des lobes et des nerfs olfactifs.

La vésicule oculaire primitive, née du thalamencéphale auquel elle est reliée parle nerf optique, ne reste pas globuleuse, mais s’invagine en elle-même. Ses deux parois finissent par s’accoler l’une à l’autre et la vésicule primitive s’est ainsi transformée en une vésicule oculaire secondaire, ou cupule oculaire; le feuillet interne s’épaissit et devient la rétine, tandis que le feuillet externe forme simplement la couche pigmentaire de la choroïde. La cupule oculaire reste ouverte en avant : elle est envahie par le mésoderme, qui s’y transforme en un tissu transparent, de consistance gélatineuse, le coi'ps hyaloïde ou corps vitré.

Chez la Myxine, l’œil reste pendant toute la vie à cet état rudimentaire ; il est noyé dans une masse conjonctive que recouvrent la peau ' et une couche musculaire. Chez la larve de Pelromyzon, il se complique notablement par l’adjonction d’un cristallin, qui dérive d’une invagination de l’ectoderme : cette partie invaginée se sépare et se transforme en une vésicule, dont la cavité intérieure va en diminuant et finit par disparaître; le feuillet postérieur, constitué par une seule couche de cellules columnaires, forme le véritable cristallin, qui devient biconvexe; le feuillet antérieur, plus mince, représente une couche épithéliale qui produit par la suite une véritable cuticule, a capsule cnstallinienne.

Une différenciation nouvelle se manifeste chez la Lamproie adulte. Le tissu conjonctif ambiant se condense en effet, autour de la cupule oculaire, en une enveloppe formée d’une seule couche et sur laquelle s’insèrent les muscles de l’œil ; puis la partie de cette enveloppe qui est interposée entre le cristallin et l’épiderme se dédouble en deux feuillets inégaux, séparés par un espace en forme de fente. Cet espace est la chambre antérieure de l’œil, dans laquelle s accumule l’humeur aqueuse : son feuillet interne, plus mince, représente liris, mais un iris qui reste imperforé en son centre; le feuilet externe correspond à la cornée: à sa face postérieure apparaît un épithélium, la membrane de Dsscemet, tandis qu’à sa surface libre 1 épiderme s’est aminci et est devenu transparent.

Au niveau du cerveau postérieur et de chaque côté, il se forme une invagination ectodermique qui s’isole bientôt et donne naissance à la

ORDRE DES MARSIPOBRÂNCHES. 627

• le auditive, à laquelle aboutit le nerf acoustique. Cette vésicule ^'^^^^lilue le labyrinthe membraneux, doni la cavité est remplie par 'T'^Mvmvhe ou liquide de Gotugno; elle est renfermée dans le laby- Zhe cartilagineux, sorte de capsule qui dépend du crâne et dont î> Lee incomplètement rempli par l’organe auditif, contient d’autre ' vnanérilymphe. Le labyrinthe membraneux, dans lequel le nerf d'Uiî vient se diviser, est constitué par un vestibule, qu’un sillon médian divise en deux parties symétriques. De ce vestibule se sépa- Lt un (Myxine) ou deux {Fetromyzon) canaux semi-circulaires, lun sagittal ou antérieur, l’autre frontal ou postérieur: ils débutent chacu^par une ampoule et s’unissent à leur autre extremite en une commissure, qui s’ouvre dans la vésicule.

Les or-anes génito-urinaires dérivent du mésoderme. De chaque côté de la colonne vertébrale, et dans la région antérieure du corps, on voit seformer, chez l’embryon, un cordon cellulaire longitudinal, oui se creuse ensuite d’un canal. Celui-ci prend le nom de canal segmentaire : il s’ouvre dans le cœlôme à son extrémité anterieure, au moyen d’un pavillon vibratile : dans sa portion anterieure, il emet é^^alement un certain nombre de tubes latéraux, disposes chacun dans un mélamère et venant s’ouvrir dans la cavité generale par un pavillon cilié. Chacun de ces tubes segmentâmes reçoit une arteriole qui s’v pelotonne sur elle-même en un glomérule de Malpighi.Ucmal segmentaire s’ouvre en arrière dans la terminaison de 1 intestin e met ainsi le cœlôme en communication avec l’extérieur. L appareil ainsi constitué est le rein précurseur, rein céphalique ou pronêpb os il représente un appareil excréteur fort simple, très des Vers. 11 devait être permanent chez les ancêtres des Ve mais il n’est plus que transitoire chez les Vertébrés actuels Le pronéphros est le seul organe excréteur de la larve ’• vers la fin de la période larvaire, il s’atrophie partiellement, le canal segmentaire persistant seul. A mesure que les tubes latéraux et lei rs dépendances entrent en régression, on voit le rein primitif, ou mds néphros, se développer. Il se forme aux dépens e , •

laires pleins, qui dérivent de l’épithélium du cœlôme ^ dorsale, généralement au nombre d’une paire par metamere. Chaque bourgeon s’unit ensuite au canal segmentaire et se creuse qui s’ouvre encore dans le cœlôme par un paviUon phrostome, persistant toute la vie: le canal du donc le canal du mésonéphros. Chacun des nouveaux segmentaires présente, non loin de l’entonnoir yibraüle, un ®®®"t qui se termine par un glomérule de Malpighi arteriel, au ou duquel il s’infléchit de manière à former une capsule de B®— ; “ ^ du glomérule, le tube se pelotonne sur lui-même, mais redevie

CLASSE DES POISSONS

droit pour s’unir au canal segmentaire. Au moment de la métatnor phose, la portion antérieure du mésonéphros disparaît chez la Lam proie ; la partie postérieure persiste et devient le rein définitif.

Dans la région dorsale de la cavité péritonéale, de chaque côté du mésentère, répithélium acquiert une structure particulière, s’épaissit et prolifère activement. De l’involution de cet épithélium germinatif résultent les glandes génitales, dont la différenciation sexuelle ne s’établit que secondairement. Par une exception unique parmi les Vertébrés, les organes génitaux ne se développent que d’un seul côté chez les Cyclostomes. Le testicule est un organe glandulaire suspendu par un mesorchium, ou repli du péritoine, à la face dorsale de l’intestin. L’ovaire occupe une situation analogue et est encore maintenu en place par un repli séreux ou mesoarium. Les produits sexuels spermatozoïdes et ovules, tombent dans la cavité générale, par suite de la déhiscence des glandes génitales, qui sont dépourvues de canaux excréteurs; ils sont expulsés au dehors par le canal péritonéal ou pore abdominal, orifice impair et médian par lequel la cavité générale s’ouvre dans le cloaque, immédiatement derrière l’anus. L’œuf est fécondé après la ponte. Il subit une segmentation totale et inégale, qui a de grandes analogies avec celle de l’œuf des Batraciens.

Les Cyclostomes sont peu nombreux dans la nature actuelle; on en distingue deux types principaux.

Les Lamproies, ou Eijpcroartia, sont représentées en Europe par le genre Petromyzon, animaux à métamorphoses. P. mariniis vit dans la mer, mais remonte dans les fleuves au moment du frai ; P. fluviatilis et P. Planeri sont d’eau douce et appartiennent peut-être à une seule et même espèce. La larve de P. Planeri a longtemps été décrite comme une espèce distincte, sous le nom à’Ammocœtes branchialis : toutefois sa métamorphose, que Aug. Müller fit connaître eu 1836, avait été observée dès 1666 par L. Baldner, de Strasbourg.

Les Myxines, ou Hyperotreta, sont marines. Myxine glutinosaYÏl en parasite sur ou dans le corps des Poissons : elle ronge peu à peu les organes de sa victime et finit par la tuer. Le genre Bdellostoma se •trouve dans les mers du sud.

Les Cyclostomes sont considérés par Dohrn comme des Vertébrés dégénérés. Le caractère embryonnaire que conservent la plupart de leurs organes pendant la vie entière nous engage au contraire à les envisager comme des Vertébrés peu différenciés et demeurés, pour •ainsi dire, aux première stades de l’évolution. A ce titre, leur étude mentait d être faite avec quelques détails, puisqu’elle nous fait assister a la formation des organes et nous explique la nature et l’origine de ceux-ci.

ORDRE DES PLÀGIOSTOMES.

Sous-classe des Sélaciens.

ORDRE DES HOLOCÉPHALES

Les Sélaciens, Chondroptérygiens ou Elasmohranches, forment deux

' ^^es ntbcéphales ne comprennent que les genres CMmæra et Callorhvnchus, derniers survivants d’un groupe bien représente aux epoaues secondaire et tertiaire. La corde dorsale est persistante et non Lamentée; sa gaine s’incruste de sels calcaires et forme ainsi une série d’anneaux correspondant aux corps vertébraux. La peau est nue - l'organe latéral est formé de gros canaux qui, de chaque cote aboutissent à une ligne latérale. En outre des nageoires impaires il existe deux paires de nageoires pectorales et abdominales, qui sont de

"’cefanimau. sont marins. Leur dtair est peu appréeiée ; tonletms on mange l’œuf des Chimères et, en Norvège, le foie des Callorhxnques. « Quand on place cet organe dans un vase tenu ^ '

droit chaud, dit Pontoppidan, il se fond peu a peu en huile , cette sorte d’onguent produit de merveilleux résultats pour la guérison des blessures et des plaies de toutes sortes. »

ORDRE DES PLAGIOSTOMES

La corde dorsale persiste, mais présente nn aspect monilirorme, déterminé par la forme des vertèbres. Le corps ae pect d'un sablier et est amphicœle ou biconcave i .1 1*' »

du cartilage bjalin, sauf dans s. partie movenne, lagineuse et peut même se calcifier. Le nom re «...Èce Les

très variable -. il n-est même pas flse dans une ■» ™ arcs neuraux sont développés ; ils se fusionnent en Ir des pièces intercalaires parfois très compliquées, de une masse continue ; les arcs inférieurs existen ega (iQ-gaie extrémité postérieure, la notocorde se rapproc e e a '

en sorte que la nageoire caudale est hétérocerque ; elle présenté une échancrure sur son bord ventral. ^

Lé crâne est d'abord membraneux; puis il se tonne a la fw'-te' rieore de l'encéphale un plan horizontal cartilagineux, les deux pbques parackordales en arrière et par les deux ^

avant. Ces deux sortes d'éléments s'unissent bientôt en Me I» imilttin, dont l'axe est occupé par la notocorde « 1“ l'encéphale un solide support. Les Irabécules '«"sf "

espace qui est la fossette pituitaire primitive ; an-dela de celle-ci, us

CLASSE DES POISSONS

peuvent se réunir sur la ligne médiane et émettre des expansions • entrent en connexion avec les organes de l’ouïe, de la vue et*^d^ l’olfaction et leur fournissent un support, sinon une enveloppe pro^ tectrice. Les bords de la lame basilaire se relèvent ensuite, remontent de plus en plus le long de l’encéphale et finissent par se réunir sur la ligne médio-dorsale : ainsi se forme une capsule cartilagineuse continue, qui devient permanente.

Au crâne est annexé le squelette viscéral, qui consiste en sept à neuf arcs. Ceux-ci sont développés dans l’épaisseur môme de la paroi pharyngienne : ils diminuent progressivement de longueur d’avant en arrière. Autrefois tous les arcs viscéraux devaient porter des branchies, mais actuellement les deux premiers en sont toujours dépourvus. Le premier, ou arc matidibulaire, est dans la zone du nerf trijumeau et soutient le bord de la bouche; le second, ou arc hyoïdien, est dans la zone du nerf facial. Les cinq autres arcs sont non modifiés et portent les branchies. Entre deux arcs consécutifs est percée une fente branchiale, qui fait communiquer la cavité pharyngienne avec l’extérieur ; la première ou fente hyo-mandihulaire, devient Vévent chez l’adulte.

Lare mandibulaire se divise en une pièce supérieure, le carré, et une pièce inférieure plus longue, la mandibule ou cartilage de MecM. Le carré émet en avant un large prolongement, le cartilage palatocarré ou ptéry go-palatin, qui forme la mâchoire supérieure et est rattaché à la base du crâne par deux ligaments. La mandibule constitue la mâchoire inférieure; par exception, elle s’unit à sa congénère sans interposition d’une copula. A ces pièces s’ajoutent encore par la suite quelques cartilages labiaux ; d’autres cartilages de môme nature dépendent du crâne.

Lare hyoïdien se divise également en un hyo-mandibulaire et un cérato-hyal, articulés entre eux ; entre le premier et le carré se voit 1 évent ou spiraculum; entre le second et la mandibule se voit un ligament. Le basihyal sert de copula entre les deux cératohyals.

Les côtes manquent chez beaucoup de Rajides ; chez les autres Sélaciens, on les voit s’articuler par paires avec chaque vertèbre, mais elles ne se réunissent point à leur extrémité inférieure et le sternum fait toujours défaut.

Les membres ne proviennent point de la transformation des deux derniers arcs branchiaux, comme l’admettait la théorie de Varchipterygiurn, defendue par Gegenbaur et Huxley. L’embryologie montre qu a 1 origine ils sont tout à fait indépendants du squelette.

Il se forme chez l’embryon un repli cutané, qui court tout le long de la ligne médio-dorsale. En arrière delà dernière fente branchiale, on voit d’autre part se former de chaque côté un nouveau repli cutané.

ORDRE DES PUGIOSTOMES.

. «rrlie obliquement vers l’anus, au voisinage duquel il se renavec son congénère : il en résulte un repli impair et médian, jusqu’à l’extrémité postérieure, où il se continue avec le qui se püi‘-'= a

‘^pXmédian impair se résorbe ensuite sur la plus grande partie Wue et se réduit au moins à trois tronçons, qui constipe son elend caudale. Chacune d’elles s elend

tuent les nageoM es , ohacun de ceux-ci envoie à la nageoire

5„plasieurs me iim" ^ musculaire. Il se terme éylement^en ““Lê rhaauë" erlèbre. une lige carlilagineuse qui indique encore ;rne,teme„ila —

se subdivise seco ‘ épineuse correspondante on voit meme,

“’nïïeoirfcaudalë^ se' développer des osselets qui 1. mettent eu

connexion avec la colonne vertto^ également chacun un

Les deux ® mélamère correspondant; mais

bourgeon musculaire et .éoression sauf en deux points,

ces replis - tkor^ci^ues et aMorrnnau..

droit, par son bord extern , continuent pat un pinceau

rayons supportent les parties mol j nombre de

de'libres cornées; ils simplement

rangées d-osselels cartilagineux ,,é,c,„ppen,ent, le basipte-

par du tissu coiqonclil. Par 1 „mtinaium, le mesoiiterygmm

rjgium a'est divisé en trois places. Pfof f ” ’e à son exliémité

distale en deux pièces plus petites.

Lesqueletle du membre thoracique est i„e„x

loppé quand apparaît la ceinlure ““P”'"' j^membre, et s'unit qtë entenre le tronc de chaque - », - avant d^ “Trousseau conà son congénère, sur la ligne med ^^uscles du dos

jonctif; en haut, il se perd dans p majeù. Cet are

[Reptanchus) ou s’articule avec la CO . ,g ^ cet effet une

àuÆpar s'unir an membre Ihoraeiqne et P „,nis

:fptëT:„Tor„strnnïtr:d^ë^n“ëëu^^^^^^^

iTéreërTfrèeTrëctlëêëëTéTio^^^

‘"T'irTëbdirnToëTëpirëédo—

même façon qne le précédent, mais reste toujours

<532 CLASSE DES POISSONS

rudimentaire. Le basipterygium persiste souvent seul- ] rygium ne se montre jamais ; le propterygium fait dé’tauiT®'"' rudimentaire. La mniure pekienne, dans laquelle on ue,,tâ connaître un m<u,ne et un puKs, ne se forme pas isolém résulle, suivant Dohrn, d'une fusion de la portion blsiw' a ” “

its:;.: — iïs

La peau est encore parcourue par des canaux muqueux surto.u dans a région antéro-latérale. Elle est couverte sur toute sa’ su Lf d écailles placoides, disposées régulièrement : elles proviennent d’une mvagmation du derme dans l’épiderme et ne sont recouverîes ni celui-ci que pendant la vie embryonnaire. Ces écailles sont de taülo variable . chacune d elles consiste en une plaque basilaire, surmontée d un piquant infléchi en arrière et est creusée d’une cavité que remplit une pulpe vasculo-nerveuse. "

La bouche a la forme d’une fente transversale, d’où le nom de P ; elle est située à la face ventrale, à quelque distante ée

1 X remue du museau. Elle est limitée par deu.x llvrel dont chacune Cmél P'*'®*""'’® "^"gées de dents: celles-ci se sont

des nanmrsTl' ' ossification

des papilles de la muqueuse ; elles sont planes et juxtaposées comme

atir;::ro- ‘Sr’

aueux^aul^Iel!! un simple épaississement mu¬

queux qui recouvre les copulas des arcs viscéraux et fonctionne

IlmmlnS^ sensoriel ; elle est encore immobile. L’arrière-bouche

avecrlxtSenr branchiaux ; elle communique en outre

avec 1 extérieur par 1 évent ou spiraculum.

striériuI^SInf épaisse tunique de muscles

dire aHoLt m ««rdia, c’est-à-

l’une avec l’aufrp tube digestif communiquent

i une avec l autre: un autre Qn}>in/»fn« ^

orifice par lequel l'estomac s'ouvre dans iTnTe? T'”, ‘ ’

fermp Hpo cianriac .ava . U dans 1 intestin. L’estomac rende la muaueuse l’infp r ^ reste identique à celui

le parcourt est un simple pas de glandes, mais présente qui augmentent sa surface I p IT

une valvule muqueuse • avant dP a l’intestin par

du cloacrue il norfp nnne> déboucher dans la paroi inférieure

tiforme ou ’ swpemnufef dalis^'laldirn'® supérieure, la glande digiaquelle nous avons reconnu un type

ORDRE DES PLAGIOSTOMES. 632

veau de glande en tube composée (1). Le cloaque s’est développé au-dessus du rectum en une expansion sacciforme, le sinus uro-

^Tlus'ieurs organes prennent naissance aux dépens du pharynx. Un bourgeon épithélial plein se forme sur la ligne médio-ventrale, au niveSi du deuxième arc viscéral, puis s’isole et devient le corps thyroïde La commissure supérieure de l’évent et des quatre premières fentes branchiales émet également un bourgeon épithélial qui s’enfonce dans les tissus voisins; ces divers bourgeons s’isolent, prolifèrent puis finissent par se réunir en une masse commune, formée de follicules clos, qui est le thymus. Le corps thyroïde et le thymus existent chez tous les Vertébrés ; on ignore leurs fonctions, mais leur arande richesse vasculaire tend à faire admettre que leur rôle n’est pas sans importance; toutefois, le thymus est un organe essentiellement embryonnaire et va en s’atrophiant graduellement chez 1 animal adulte.

Le foie et le pancréas sont très développés.

L’appareil circulatoire ne diffère pas essentiellement de celui des Cyclostomes, de même que chez les autres Poissons. Le cône artérie est pourvu intérieurement de trois ou quatre rangées de valvules.

L’appareil respiratoire est divisé en cinq paires de sacs branchiaux, s’ouvrant d’une part dans le pharynx, d’autre part à la surface du cou; les Notidanides ou Grisets en ont même jusqu’à six [Hexanchus) ou sept paires (Heptanchus). Les arcs branchiaux sont compris dans l’épaisseur des cloisons qui séparent les différents sacs : chaque cloison porte une rangée de lames branchiales à sa face anterieure et une autre rangée à sa face postérieure. L’arc hyoïdien porte souvent lui-même une branchie.

Le système nerveux central est plus perfectionné que chez les Cyclostomes. Il est protégé par deux membranes; l’externe, ou dure raêre, est solide etsert depérichondre au crâne ; l’interne, onpie-mere, est sillonnée de nombreux vaisseaux, qu’elle transmet au nevraxe.

L’œil est entouré d’une coque conjonctive, ou sclérotique, dans laquelle la cornée est enchâssée à la façon d un verre de montre. L’iris renferme dos fibres musculaires radiaires et des fibres annulaires, qui ont pour but d’élargir ou de rétrécir au contraire 1 on ce, onpupille, dont ilest percé en son centre. Le globe oculaire est protégé en avant par deux replis cutanés transversaux, l’un supérieur, l’autre inférieur ; mais ces deux paupières sont encore rudimentaires et immobiles. On voit chez quelques espèces {Galeus, Qaleocerdo,

(1) Parla suite, Mac Leod a décrit la glande de Harder des Oiseaux comme appartenant à ce même type.

CLASSE DES POISSONS

Mustelus, Triaemdon, Garchavias, Zygæna), se développer dans l'angle interne de l'œil et en arrière des paupières, une membrane nictitante q\ii reste ordinairement rétractée, mais est capable de s’étaler au-devant du globe oculaire à la façon d’un rideau.

Le pronéphros est transitoire, mais son canal persiste et devient le canal excréteur du mésonéphros. Ce canal se dédouble bientôt, sauf •dans sa région antérieure, par suite de la formation d’une cloison longitudinale; il donne ainsi naissance à deux canaux distincts. Le supérieur est le canal secondaire du mésonéphros ou canal de Wolff, le mésonéphros portant plus habituellement le nom de corps de Wolff. L’inférieur est le canal de Mülkr : il se continue avec la portion du ■canal segmentaire restée intacte et s’ouvre en avant dans le cœlôme.

Le mésonéphros devient le rein permanent : les tubes segmentaires se développent par paires dont le nombre correspond d’abord à celui des vertèbres, mais quelques-uns d’entre eux s’atrophient par la suite. Ceux qui persistent se pelotonnent sur eux-mêmes et s’entremêlent avec les tubes voisins: ainsi se forme, de chaque côté de la ■colonne vertébrale, un organe plat et allongé, qui est le rein et qui est chargé de séparer du sang, pour les expulser hors del’organisme, les substances excrémentitielles résultant de l’activité vitale. Chez le Plagiostome adulte, la segmentation primitive du rein a plus ou moins disparu, mais les néphrostomes s’observent encore à tous les ■âges, du moins chez un grand nombre de genres {Squatina, Spinax, Acanthias, Ilexanchus, Pristiurus, Scyllium, etc.)

Les glandes génitales se forment dans la paroi dorsale du cœlôme, de chaque côté du mésentère, par une série de modifications successives de Yépitliéliim germinatif. Le testicule occupe la région antérieure de la cavité péritonéale. Les trois ou quatre premiers tubes ■segmentaires émettent des branches latérales qui se portent vers le 'testicule et se réunissent à sa surface en un canal longitudinal, auquel aboutissent les canaux spermatiques. Le sperme doit donc traverser le corps de Wolff, dont le canal, chargé de l’amener dans le ■cloaque, d’ou il est expulsé au dehors, fonctionne tout à la fois comme uretère et comme canal déférent. Le canal de Müller reste sans •emploi et se réduit à un simple vestige attaché au foie.

L’ovaire est encore impair et médian chez quelques espèces, mais est pair chez toutes les autres ; il n’a aucun rapport avec le canal -segmentaire ni avec ses dérivés. Le canal de Müller est toujours ■double: il s’ouvre en avant dans le péritoine, recueille les œufs au moment où ils se séparent de l’ovaire et les conduit jusque dans le •cloaque, d où ils sont expulsés. Sa portion antérieure est étroite, ■ciliée et constitue Voviducte ; sa paroi renferme des glandes nidamen- ■taires, qui déposent autour du vitellus une épaisse couche d’albumine,

ORDRE DES PLAGIOSTOMES. 635

• une coque cornée, très solide chez les espèces ovipares, très cliez les ovovipares. La portion postérieure est plus large, n ciliée, séparée de la précédente par une sorte de sphincter ;

Tgt p„iér«s, dans lequel se développe l’œuf des espèces vivipares - "(Mustelus, Carcharias). Les deux utérus s’unissent en arrière, au iveau même de leur terminaison dans le cloaque. L’œuf est télolé- Hlhe et ressemble beaucoup à celui des Oiseaux (tome I, page 134).

Les pores abdominaux sont au nombre de deux et s’ouvrent en arrière des poches anales ; ils manquent chez les Notidanides, les Testracionides et quelques Scyllides.

Les Sqoalides ont le corps allongé, fusiforme; ils sont armes de dents pointues et sont très voraces. Quelques espèces atteignent une grande taille et sont très redoutées. Tous ces animaux sont marins.

Les Disspondyks ont des vertèbres encore peu développées, dont chacune porte deux paires d’arcs, au moins dans la région caudale.

Ils ont une seule nageoire dorsale et une nageoire anale et comprennent les Notidanides ou Grisels. Ces Squales possèdent 6 ou 7 paires de sacs branchiaux. Hexanchus griseus et Heptanchus cinereus vivent dans la Méditerranée; ils peuvent atteindre jusqu’à 4 métrés de longueur. Leur chair n’est pas consommée, à cause de ses propriétés purgatives. .

Les Cydospondyles n’ont pas de nageoire anale, mais ont deux nageoires dorsales. Laemargus borealis vit dans l’Océan glacial du Nord; il est long de 4 à 6 mètres. Au Grœnland et en Islande, on se nourrit de sa chair, qu’on laisse d’abord se putréfier a demi, pour Ta rendre moins coriace. Son foie, qui peut peser jusqu à 1 ® ^ |

logrammes, fournit une huile excellente pour l’éclairage, si on le soumet à une douce chaleur; par la cuisson, on en retire encore une huile brune, utilisée en corroierie pour le chamoisage des peaux, a pêche de ce Poisson sur les côtes de Norvège fournit environ 3000 barils d’huile par an. j

Les Aiguillais présentent un fort piquant en avant de^ ^^a^ue nageoire dorsale. Centrophofus granulosus est long de i ..e

trouve dans la Méditerranée et sur les côtes du Portugal. Les pêcheurs de Setubal et des environs s’en vont le pêcher au large, par des fonds de 1300 à 1900 mètres; sa chair est salée et consommée dans le pays ; son foie donne de l’huile qui sert pour 1 éclairage ou le graissage des pièces de bois.

L’Aiguillât commun {Acanthias vulgaris), le Sagre {Spinax mger) et l’Humantin ICentrina Salvianï) sont de ce même groupe; on les trouve sur nos côtes. L’huile de leur foie a les mêmes usages que la précédente; on mange parfois leurs œufs. Rondelet pensait que leur « foie avec du miel est bon pour les cataractes ».

CLASSE DES POISSONS

Les Astérospondyles ont une nageoire anale et deux nao-e ' dorsales. La Touille (Lamna cornubica) atteint et dépasse O mètres de longueur; c’est un animal des plus voraces, arméT dents redoutables; en Vendée, on mange sa chair à l’état frais*^ dans la mer du Nord, on la sale et on la fume. La Lamie {Oxyrhha Spaüanzanii] a jusqu’à 4 mètres de longueur et peut peser plus de 300 kilogrammes ; on la mange sur les côtes du Languedoc et de la Provence. Carcharodon Rondeleii, de la Méditerranée, a parfois plus de 10 mètres de longueur; d’après Rondelet, il est capable d’avaler un Homme tout entier.

Le Pèlerin {Selache maximus) atteint jusqu’à 14 mètres et pèse plus de 8000 kilogrammes ; il habite les profondeurs de la mer glaciale du Nord, mais descend parfois jusque sur nos côtes; on l’a même vu sur celles du Portugal. En Islande, on extrait de l’huile de son foie par l’éhullilion et on mange en guise de lard sa graisse, qui est capable de se conserver longtemps.

Le Renard de mer ou Faux [Alopias rulpes) peut dépasser 3 mètres; sa nageoire caudale est de dimensions extraordinaires. On le trouve sur toutes nos côtes; à Cette, on le sert sur les tables sous le nom de Thon blanc.

Les Scjdlides ou Chiens de mer habitent surtoutles mers chaudes; la grande Roussette (Scyllium canicula), la petite Roussette (Sc. catulus) et Pristiurus melanostoma vivent dans les mers d'Europe. On les mange, bien que leur chair soit dure, indigeste et d’un goût musqué.

Le foie delà Roussette est ordinairement rejeté; avec raison, si 1 on en croit l’observation suivante, que Lacépède rapporte d’après Sauvage (de Montpellier).. « Un savetier de Bias, auprès d’Agde, nommé Gervais, mangea d’un foie de ce Squale, avec sa femme et ses deux enfants, dont l’un était âgé de quinze ans, et 1 autre de dix. En moins d’une demi-heure^ ils tombèrent tous les quatre dans un grand assoupissement, se jetèrent sur la paille, et ce ne fut que le troisième jour qu’ils revinrent à eux assez parfaitement pour connaître leur état. Ils furent alors plus ou moins réveillés suivant qu’ils avaient plis une quantité moins grande ou plus considérable de foie. La femme, qui en avait mangé le plus, fut cependant la première rétablie. Elle eut, en sortant de son sommeil, le visage très rouge, et elle ressentit le lendemain une démangeaison universelle, qui ne passa que lorsque tout son épiderme fut séparé du corps en lames plus ou moins grandes, excepté sur

ORDRE DES PLAGIOSTOMES.

la tête où cette exfoliaüon eut lieu par petites parties, et n’eniralna* pas • la chute des cheveux. Son mari et ses enfants éprouvèrent les mêmes effets. »

^11 s’agit sans doute ici d’un cas d’intoxication par une ptomaïne développée dans le foie, celui-ci ayant déjà commencé à se corrompre; peut-être aussi, bien que cela nous semble moins probable, s’agissait-il d’une leucomaïne analogue à celle que nous trouverons bientôt dans les glandes génitales des Plectognathes.

Chevallier et Duchesne parlent aussi d’accidents causés parle Milandre [Galeus canis). « Sa chair est dure, coriace et huileuse ; on dit que le foie de ce Poisson produit en certain temps des coliques dangereuses et une desquamation de l’épiderme. »

Le Milandre et les Emissoles {Mustelus) habitent les mers d’Europe.

M. vulgaris est ovipare, tandis que M. laevis est vivipare : les petits, au nombre d’une douzaine environ, se développent dans l’utérus et se nourrissent aux dépens de l’organisme maternel, grâce à une sorte de placenta développé sur la vésicule ombilicale. Ce fait, signalé déjà par Aristote, a été confirmé par Rondelet, en loo8. Certains amas cellulaires, groupés le long des vaisseaux et faisant partie de l’épithélium interne de la vésicule ombilicale, sont riches en matière glycogène.

Les Requins {Carcharias) ont une membrane niclitante bien développée, mais sont dépourvus d’évents. On connaît leur extrême voracité et les dangers qu’ils font courir aux navigateurs; quelquesuns d’entre eux atteignent de très grandes dimensions ; leurs dents sont triangulaires, fort nombreuses et acérées. Le Bleu (C. glaucus) et la Lamie (C. lamia) se rencontrent dans la Méditerranée et dans l’Océan; la plupart des espèces vivent dans les mers chaudes. A ce groupe appartiennent encore les Marteaux, dont la tête présente deux larges expansions latérales portant les yeux.

On donne le nom de Requins à bon nombre de Sélaciens qui ne sont point de vrais Carcharias. Dans tout l’océan Indien, un grand nombre de bateaux font la pêche des Squales : la chair est découpée en lanières, puis salée; les nageoires ou ailerons sont coupées, séchées au soleil et découpées en filaments, à l’aide desquels on prépare un potage très apprécié des gourmets chinois. A Canton seulement, on importe par an environ 700,000 kilogrammes de cette marchandise, dont le prix varie de 125 à 150 francs les 100 kilogrammes.

CLASSE DES POISSONS

L'huile de foie de Squale est parfois employée Jn méde cine ; on prescrit de préférence celle qui provient- des Bous' settes, de l’Aiguillat, del’Humantin, deTEmissole et du Renard Ses indications sont les mêmes que celles de l’huile de foie dé Morue et on en obtient des résultats assez satisfaisants ; elle ne diffère d’ailleurs que fort peu de celle-ci quant à sa composition chimique et il n’est pas facile de l’en distinguer.

En général, cette huile est limpide, d’une belle couleur ambrée, d’une odeur et d’une saveur rappelant celles de l’huile de foie de Morue. A la longue, il s’en sépare une grande quantité d’un corps gras, qui est probablement de la stéarine. On a voulu encore caractériser l’huile de foie de Squale par certaines réactions, mais celles-ci sont trop variables pour constituer un signe certain de reconnaissance : H. Gazin indique, par exemple, que l’huile prend une teinte d’un brun violetfoncé, qui passe au grenat, puis au brun, si on y verse lentement et goutte à goutte de l'acide sulfurique.

Les Rajides ou Hypotrèmes ont le corps aplati, discoïde ourhomboïdal, par suite de l’énorme développement des nageoires pectorales, qui se réunissent aux nageoires ventrales et en dedans desquelles l’évent et les cinq fentes branchiales s’ouvrent à la face ventrale. Les nageoires impaires sont rudimentaires; l’anale fait défaut. La queue est grêle et longue, armée d’épines, ou de quelques piquants dentelés, qui produisent des blessures fréquemment envenimées. Ces animaux, dont on connaît environ 30 genres et 180 espèces, vivent dans les profondeurs de la mer.

Les Squatinorajides, dont le corps conserve plus ou moins sa forme en fuseau, comprennent les Scies (Pristis) et les Rhinobates {Rhinohatus).

Chez les Trygonides, les nageoires pectorales se réunissent en pointe en avant de la tête ; 'la queue est pointue, en forme de fouet, souvent sans nageoires et présente de chaque côté, à quelque distance de sa base, un ou plusieurs aiguillons barbelés, dont la piqûré est redoutable.

Les Pastenagues {Trygon pastinaca, Tr. violacea) se rencontrent sur nos côtes. Les accidents qui suivent la pénétration de leur dard dans les tissus sont souvent graves et seraient même parfois mortels : on éprouve de vives douleurs, qui s’irradient loin du point piqué, et on est pris de convulsions plus

ORDRE DES PLAGIOSTOMES. CSD'

moins Yiolentes. En raison de ces faits, les anciens attribuaient à ces Poissons un venin des plus subtils; cette croyance se retrouve chez les premiers naturalistes des temps modernes et s’est perpétuée chez les pêcheurs. C’est, dit Gesner, « l’animal le plus venimeux de tous les Poissons de mer... Le dard ou flèche possède sur sa longueur des barbes qui font qu’elles ne peuvent jamais être retirées sans peine lorsqu’elles ont été enfoncées... La piqûre de ce dard est si nuisible et si venimeux qu’un Homme blessé succombe à l’empoisonnement et aux douleurs, si on ne lui donne pas immédiatement des remèdes. De même un arbre vert et frais, blessé au tronc par ce dard, périrait aussitôt. »

Les Myliobatides ont l’extrémité du museau dégagée du disque formé par les nageoires pectorales. La peau est lisse et nue; la queue, longue et flexible, porte une nageoire dorsale et, derrière celle-ci, un dard triangulaire et barbelé, dont la piqûre est comparable à celle du dard des Pastenagues. La Mourine ou Aigle de mer {Myliobates aquila) atteint près de 2 mètres de longueur: elle se pêche sur les côtes de France ; pourtant, on ne consomme point sa chair, peut-être à cause du danger que présente sa capture. Le Diable de mer {Gephaloptera giorna) vit dans la Méditerranée et est de même taille que la Mourine. Aux environs de Nexv-York, bn a capturé un animal de ce même groupe, qui mesurait 6 mètres de long, 6 mètres de large e pesait à peu près 5,000 kilogrammes. Tous ces animaux sont vivipares.

Les Raies ont le corps rbomboïdal ou discoïde; les deux nageoires dorsales sont portées par l’extrémité de la queue ; les pectorales sont armées de piquants chez le mâle, les ventrales sont divisées en deux lobes et très développées ; la peau est couverte d’épines dont la forme varie suivant le sexe. Toutes les Raies sont ovipares ; leur chair est estimée. Le genre Raja comprend environ 40 espèces, dont 17 vivent sur nos côtes : les plus communes sont R. bâtis, R. alba, R. clavata.

~ En 1846, Gh. Robin a découvert dans la queue des Raies un appareil électrique situé au-dessous de la peau, de chaque cote de la colonne vertébrale. Cet appareil consiste en plusieurs colonnettes juxtaposées, formées chacune d’une série de disques empilés et séparés par des cloisons conjonctives : il rap pelle ainsi la disposition de la pile deYolta; il reçoit ses ner s de la moelle épinière. ,

Un appareil analogue, mais bien plus développé, s observe

CLASSE DES POISSONS

chez les Torpilles, qui vivent surtout dans les mers tropicales et subtropicales et comprennent les genres Torpédo, Narrinl Hypnos, Discopyge, Astrape et Temera. Ces curieux Poissons sont représentés sur nos côtes par Torpédo oculata (flg.

T. marmorala et T. nobiliana, cette dernière espèce étant la plus rare. Le corps est nu et arrondi en avant; la queue est courte charnue et porte deux nageoires dorsales ; les nageoires abdominales sont bien distinctes.

Quand on touche une Torpille vivante, on reçoit une décharge électrique assez violente pour engourdir la main ou même le bras tout entier. Cette propriété était déjà connue d’Aristote; elle excita vivement la curiosité de tous les naturalistes, mais ne put recevoir une explication satisfaisante qu’à la fin du siècle dernier, par suite de la découverte de l’électricité. La nature électrique des décharges fournies par la Torpille fut reconnue par John Walsh, en 1773, au moyen d’expériences faites dans Tîle de Ré, puis répétées devant l’Académie de la Rochelle. Jusqu’alors, on avait attribué ces phénomènes à un froid subit et intense, comme le montre, par exemple, ce passage de Pierre Belon : « La Tremble, que les Grecs ont nommée -.6. uu... — uvuLui-u, vue Naree, et les Latins Torpédo, pour

par la face ventrale. ce que le seul maniement d’icelle

fait trembler la main de celuy qui la touche, la rendant si froide et endormie, qu’il ne s’en peult dé long temps après bien aider... on tient que s’il est appliqué à la plante des pieds, ainsi que la tenche, il este la fiebure : et en appaise la chaleur. «

fe L’appareil électrique acquiert, chez la Torpille, des dimensions considérables. Il occupe toute l’épaisseur du corps et est représenté] par une masse réniforme, disposée de part et d autre de la^^ligne médiane, dans les deux tiers antérieurs et dans presque Toute la largeur du disque. Ces masses latérales

ORDRE DES PLAGIOSTOMES. D41

t formées d’un grand nombre de colonnettes polygonales, boitement juxtaposées, bien que séparées les unes des autres ®ar des cloisons de tissu conjonctif. Chaque colonnette verti- Lle est elle-même constituée par la superposition d’un nombre considérable de lames polygonales de deux sortes et régulièrement alternes, les unes de tissu conjonctif, les autres de tissu électrogène (Ch. Robin).

La lame conjonctive est décoraposable en plusieurs lamelles superposées, dont les médianes sont les plus épaisses; elle renferme une couche de vaisseaux sanguins, interposée à deux couches de fibres nerveuses à myéline. La lame électrique se réfléchit inférieurement sur 'out son pourtour, de façon à présenter l’aspect d’une cuvette renversée; elle repose sur la lame sous-jacente et l’espace interpose entre ces deux lames est comblé par la lame conjonctive dont il vient

d’être question.

La lame électrique al.’aspeci delà gélatine, mais est plus résistante, elle se laisse décomposer en plusieurs couches, qui sont, de bas en haut (d’arrière en avant, chez la Raie) ; 1° une lamelle nerveuse ou ventrale, sur laquelle les nerfs se terminent par des arborisations; de celles-ci partent des bâtonnets nerveux ou cils électriques, qui traversent obliquement la lamelle et se terminent à sa face supérieure, en plongeant librement dans des espaces remplis de liquide; a» une couche intermédiaire Yenïevma.nl des noyaux; 3° une couche anhiste très mince ou lamelle dorsale ; 4° enfin une mince couche conjonctive. La lamelle dorsale se réfléchit inférieurement, en même temps que les bords de la lame électrique: il en résulte que toutes les lames d’une même colonnette sont réunies les unes aux autres par leurs

lamelles dorsales. .

Telle est, suivant Ranvier, la structure de l’appareil électrique de la Torpille. Les nerfs qu’il reçoit sont au nombre de cinq et proviennent des lobes électriques. Ceux-ci sont particuliers à la Torpille : ils se développent sur le plancher du quatrième ventricule et forment, chez l’adulte, deux grosses masses confondues en arrière, mais separees en avantpar un sillon. Us renferment un nombre considérable de cellules nerveuses gigantesques, origines des filets que nous avons vus se terminer par les cils électriques.

Supposons que, sous l’influence d’un processus chimique vital, il se fasse dans ces cellules une décomposition du fluide électrique et que le fluide positif se dégage par leurs nombreux prolongements ramifiés, tandis que le négatif chemine dans le cylindre-axe jusqu’aux cils électriques. Le fluide négatif se trouvera donc accumulé dans Blanchard. — Zool. méd.

6i2 CLASSE DES POISSONS.

ceux-ci et dans toute la lamelle ventrale; par contre, la lamell sale se chargera d’électricité positive. On se rappelle que toute 7' lames électriques sont en contact par leurs lamelles dorsales* ï même, on peut dire que toutes lamelles ventrales sont réunies 1 unes aux autres, quoiqu’indirectement, par;t’intermédiaire des ner^ L’appareil a donc une frappante analogie avec une batterie chargé*? en surface : l’ensemble des lamelles dorsales correspond à l’arma ture positive ; l’ensemble des lamelles ventrales et des nerfs corret pond à l’armature négative.

La sensation qu’on éprouve au contact d’une Torpille est assez semblable à celle que donnerait une bouteille de Leyde, mais elle est moins soudaine. La décharge paraît unique, mais Marey a montré qu’elle résultait en réalité de la somme d’une série de décharges successives. Les conditions de sa production ressemblent beaucoup à celles de la contraction musculaire, ce qui ne saurait surprendre, puisque le tissu électrogène n’est qu’une modiflcation du tissu musculaire strié. La décharge peut se produire à lalvolonté de l’animal, par voie réflexe ou à la suite d’une excitation directe du lobe électrique; dans ce dernier cas, on constate qu’il n’y a pas entre-croisement fonctionnel. Si on sectionne tous les nerfs électriques d’un côté, la fonction est abolie de ce côté, mais persiste"du côté sain ; l’excitation du bout périphérique des nerfs sectionnés'donne une décharge. Contrairement à ce qui a lieu avec les muscles striés, le curare n’agit point sur les terminaisons des nerfs dans la lame et laisse intacte la fonction électrique.

L’huile de foie de Raie s’emploie comme succédané de l’huile de foie de Morue; sa valeur commerciale est beaucoup moindre et ses propriétés thérapeutiques semblent être moins actives. Elle provient surtout de Raja davata, de R. bâtis, de Trygon pastmaca et de Myliohatis aquila. On l’obtient en faisant bouillir les foies dans l’eau et en recueillant le corps gras qui surnage ; ou bien on coupe les foies en pe 1 s morceaux, puis on chauffe au bain-marie dans une bassine sans eau : 1 huile se séparé et on l’isole en jetant le tout sur un filtre

Cette huile, dont la composition est à peine connue, est difficile à distinguer des autres huiles de Poisson. Suivant H. Cazin, l’acide itlZr une tacie violet

^ P"® dépôt d’huile; le centre de la

auréole d’un bir^^ l^runes; il se forme une

Girardin et PrunTer^on'u'e^^^^^^^

ne VU6 cons6rv6r sa tôintô iaiinp normale dans un courant de chlore - l’acide i • V ,

) 1 aciae sulturique lui donne une colora-

ORDRE DES CHONDROSTÉIDES.

lion rouge clair qui, au bout d’un quart d’heure d’agitation, passe au violet foncé. Traitée par la potasse en solution au dixième et à chaud, elle dégage une odeur de Valériane.

Sous-classe des Ganoïdes.

ORDRE DES CHONDROSTÉIDES

. Ces Poissons de grande taille ont une notocorde persistante-, les corps vertébraux ne sont pas développés, mais les arcs inférieurs et supérieurs existent et des pièces intercalaires sont même interposées à ces derniers. La gaine de la notocorde est devenue épaisse et résistante. Au voisinage de la tête, les arcs se fusionnent en un canal cartilagineux continu, qui est confondu avec le cartilage crânien. Les arcs inférieurs restent courts (Polyodon Lacépède) ou s’allongent et produisent chacun une côte articulée à sa base {Acipenser). Le crâne primordial persiste en entier et présente de grandes ressemblances avec celui des Squales. En dehors de lui, il se développe un crâne osseux; de plus, le suspenseur de la mâchoire, la mâchoire ellemême et l’opercule s’ossifient. La tête se prolonge en un museau effilé, pourvu de barbillons. La nageoire médiane est d’abord continue; elle entre ensuite en régression, mais persiste en certains points et forme les nageoires dorsale, anale et caudale; cette dernière est hétérocerque. Les nageoires ventrales et dorsale sont reportées très loin en arrière. Le bord supérieur et le rayon antérieur des nageoires est orné d’épines osseuses ou fulcres, qui sont caractéristiques des Ganoïdes.

La peau est nue chez Polyodon; elle est rugueuse et ornée, chez Acipenser, de cinq rangées longitudinales de larges plaques osseuses carénées.

La bouche s’ouvre à la face ventrale, très loin de l’extrémité du museau; elle est protractile et dépourvue de dents ou n’a de dents que pendant le jeune âge {Polyodon) ; la lèvre postérieure se développe plus ou moins. Au niveau du pylore, le tube digestif présente un appendice pylorique, poche impaire, à forte musculature, résultant d’une invagination de la portion initiale de l’intestin grêle. Ce dernier est encore parcouru par une valvule spirale. Le pancréas existe chez Acipenser, mais manque chez tous les autres Ganoïdes.

Les cloisons qui, chez les Cyclostomes et les Sélaciens, s’étaient développées sur les arcs branchiaux et divisaient l’appareil respiratoire en une série de poches, n’existent plus ici. Les branchies, au nombre de quatre pqires, sont libres sur toute leur étendue et sont renfermées dans une cavité commune, située en arrière et sur les côtés de

CLASSE DES POISSONS

la bouche. Elles sont recouvertes extérieurement par Vopercule de volet cartilagineux annexé à l’arc hyoïdien. Le cinquième arc braV chiai n’a pas disparu, mais il ne porte plus de branchies. L’existence d’un évent, sauf chez Scaphirhynchiis, prouve d’autre part que les Ganoïdes possédaient autrefois un plus grand nombre de bran chies ; le bord antérieur de l’évent porte d’ailleurs encore 10 à 15 la melles branchiales, constituant une pseudo-branchie dépourvue de toute fonction respiratoire. Une vraie branchie, correspondant à celle qui, chez les Sélaciens, est attachée à l’arc hyoïdien, se voit encore à la face interne de l’opercule.

Pour respirer, le Poisson ouvre et ferme alternativement la bouche: pendant le premier temps, les arcs branchiaux se soulèvent, s’écartent, puis sont baignés par l’eau qui a envahi la bouche; pendant le second temps, les arcs branchiaux s’abaissent et se rapprochent, l’eau soulève l’opercule et s’échappe au dehors.

Chez tous les Ganoïdes, la portion antérieure du tube digestif donne naissance à un diverticule ou vessie natatoire qui atteint de grandes dimensions, se loge entre le rachis et l’intestin et reste en communication avec le tube digestif par un canal. Cet organe présente d’ailleurs de grandes variations de forme et de structure : chez Acipenser, il est ovale, légèrement effilé en arrière, revêtu intérieurement d’épithélium vibralile et rempli de gaz; le ductus pneumaticus s’ouvre par une fente dans la paroi dorsale de l’estomac.

L’encéphale ressemble à celui des Sélaciens, en raison du grand développement des régions antérieures; il rappelle d’autre part celui des Dipneustes et des Batraciens, par suite de la réduction du cervelet et de l’absence pi-esque complète des lobes inférieurs. Les narines s’ouvrent à la face supérieure du museau et plus ou moins sur le côté, entre l’œil et la pointe du museau, caractère qui s’observe désormais chez tous les Vertébrés.

Les deux pores abdominaux sont très larges : ils s’ouvrent entre 1 orifice uro-génital et l’anus, sur les lèvres qui entourent ce dernier.

L’appareil urinaire rappelle celui des Sélaciens. Les deux reins (mésonéphros) sont très développés et se fusionnent dans leur moitié postérieure; on ne retrouve chez l’adulte aucun néphrostome. Le canal de Wûlff court le long de leur face externe et reçoit l’urine par un grand nombre de canalicules ; un peu en arrière du point où les deux reins se fusionnent, il reçoit le canal de Müller, du moins chez la femelle, puis continue son trajet en arrière; il se réunit ensuite à son congénère et débouche dans le cloaque, un peu en arrière de l’anus.

Les testicules sont silués à la face ventrale [des reins. Le Lord de chacun d’eux est occupé par un canal collecteur du sperme, clos à ses

Page 1