‹ Traité de zoologie médicaleChapitre 50 sur 103 · ORDRE DES CH0NDR06TÉ1DES. 64S · texte numérisé non relu

ORDRE DES CH0NDR06TÉ1DES. 64S

leux exlrémilés et émettant un grand nombre de petits tubes qui, passant dans le mésorchium, vont se jeter dans le rein. Celui-ci reçoit donc tout le sperme et son canal excréteur, chargé d’évacuer tout à la fois l’urine et le sperme, est un véritable canal de Leydig,

Les ovaires n’ont aucune connexion avec les oviductes. Ceux-ci ’nnvrent librement dans le cœlôme, par leur extrémité antérieure, mais seiettent en arrière dans le canal de Wolff. Celte disposition lipnt àce que le canal segmentaire, devenu le canal excréteur du mésonéuhros, ne s’est dédoublé en canal de Wolff et en canal de Müller nnp dans sa partie antérieure, mais a gardé son caractère primitif Ls toute sa moitié postérieure. Le canal de Wolff n’est en connexion qu’avec le mésonéphros et, par conséquent, fonctionne simplement comme uretère.

L’œuf est large de 2 millimètres et entouré d’une double coque, recouverte d’une couche de cellules dérivées du follicule; la coque interne est percée à l’un de ses pôles de S à 13 micropyles. La segmentation est totale, mais très inégale et a de grandes analogies avec celle de la Grenouille (tome I, page 161), si ce n’est que le vilellus nutritif se fragmente moins activement et ne donne qu un petit nombre de gros blastomères.

La larve après l’éclosion mesure de 7 à 12 millimétrés ; elle porte en avant de la bouche deux paires d’appendices, qui correspondent peut-être aux barbillons, à moins qu’ils ne soient 1 analogue d un curieux organe d’adhérence que présente la larve de Lepidosteus. Contrairement à ce qui s’observe chez les autres Vertebres, la 'na^e vitelline est contenue dansle tube digestif, non pas en arriéré du oie c’est-à-dire dans l’intestin, mais en avant du foie, c est-a-dire dans

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Polyodon {Spatidaria) folium vit dans le Mississipi et P. glüdvas vit dans le Yang-tse-Kiang ou fleuve Bleu et atteint une longueur de 6 à 7 mètres. ScapMrhynchus cataphractus se rencon re dans le Mississipi et ses affluents; trois autres especes habitent les eaux douces de l’Asie centrale.

Les Esturgeons [Acipenser L.) sont, pour la plupart, de grande la lie et nomades, vivent dans la mer, mais remontent fort loin dans les fleuves, à l’époque du frai, pour y accomplir leur ponte. Quelques espèces sont cantonnées dans les grands lacs des régions temperees de l’hémisphère boréal : elles remontent également dans les fleuves au moment de la ponte. Les jeunes ne tardent pas à descendre a la rner ils ne remontent dans les fleuves que lorsqu’ils sont aptes a la repro-

^'"Sus'ceux chez lesquels les plaques dorsales sont armées dbme épine centrale vivent dans lés eaux douces de 1 Amérique du No ,

CLASSE DES POISSONS, ceux, au contraire, chez lesquels l’épine est reportée au bord rieur de la plaque dorsale appartiennent à l’ancien continent P Asie, on les trouve surtout dans le nord de l’Océan Pacifique dan 1 grands lacs de l’Asie centrale et dans les fleuves qui en sonltnhu taires. En Europe, ils habitent surtout la mer Noire, la mer d’Azov e'i la mer Caspienne; quelques espèces vivent dans la Méditerranée et l’Adriatique; uns espèce au moins {A. sturio) se rencontre encore dans rOcean Atlantique, la mer du Nord, la mer Baltique et iusnue sur les côtes de Norvège et d’Islande.

Acipexser sturio Linné. - Cette espèce a la lèvre postérieure épaisse et fendue par le milieu; les écailles du dos sont imbriquées- la peau est rendue grenue comme le chagrin par de petites écailles obtuses Ordinairement longue de 2 mètres, elle peut atteindre jusqu’à 6 mètres' Elle vit dans la Méditerranée, la mer Adriatique, l’Océan Atlantique la mer du Nord et la mer Baltique. Elle remonte dans tous les fleuves de France; on l’a pêchée à Paris et jusque dansTYonne.

A. Huso L. — Le grand Esturgeon ou Bélouga ressemble beaucoup au précédent, mais ses petites écailles sont pointues. Sa longueur peut atteindre près de 8 mètres et son poids jusqu’à 1,000 kilogrammes. Suivant Pallas, on aurait capturé dans la mer Caspienne, en 1767, une femelle pesant 1,400 kilogrammes et lïenfermant 400 kilogrammes d œufs. On trouve surtout cette espèce dans la mer Noire, la mer d Azov, la mer Caspienne, les grands lacs de Tartarie et les fleuves qui s’y jettent; elle est très rare dans la Méditerranée et dans l’Adriatique. Elle fraye dès le premier printemps et se trouve déjà dans les fleuves avant la fonte des glaces : elle remonte le Volga jusqu’à Checkma et le Danube jusqu’à Budapest. D’après Pallas, on capturait annuellement en Russie, à la fin du siècle dernier, plus de 100,000 individus de cette espèce.

En Amérique ou dans la mer Adriatique, la pêche des Estuigeons ne donne lieu qu’à un mouvement commercial très restreint; en Sibérie, en Russie et sur le bas Danube, elle est au contraire l’objet d’un commerce considérable et elle est réglementée par de curieuses prescriptions.

La chair de l’Esturgeon est délicate et très recherchée. Une petite portion est consommée sur place ou à l’état frais; la plus grande partie est préparée en conserves. Dans ce but, on congèle a viande ou on la dessèche; souvent encore on la sale, puis on la desseche a l’air, ce qui constitue le balyk. Le Poisfrfiis^*^*^^^ ^ ^ conservé presque toutes les qualités du Poisson

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salaisons ou les conserves fumées sont souvent le siège d’une urtfacUon lente ou de phénomènes chimiques qui font que leur • tinn est suivie d’intoxications violentes, causant parfois la mort, a observé à Charkov plusieurs cas de ce genre, dont cinq mortels, après la consommation d’Esturgeon salé. Le principe 1 « ù„e p.omarne amorphe, très ae.ive, peu soluble dans em. destruclible par rébullilion, par les alcalis causüqucs et les acides ; ses composés salins étaient très solubles.

«ous le nom de vésiga ou viaziga, les Russes utilisent .encore en^cuisine la notocorde de l’Esturgeon préalablement sechee à l’air • elle se gonfle beaucoup en cuisant dans l’eau. En Vénétie, on consomme aussi, sous le nom de chinalia ou spina-

oAifl, la corde dorsale salée et fumée.

Les œufs de l’Esturgeon [sont également très recherches et con4ituent le caviar, mets très apprécié en Russie, en Turouie sur le bas Danube, en Grèce et en Arménie ; on n enconsomme qu’une faible quantité dans le reste de Çn

arrache l'ovaire, puis on le malaxe sur un tamis, a travers les mailles duquel les œufs tombent ; on les sale et on les con Te™ dans des tonnelets de Tilleul, ce bois ne leur commun,-

quant aucun goût étranger. • ût,

^ Le caviar le plus estimé est fourni par A. hum ; les grains en sont gros et de belle apparence. Celui du Sterlet (A. ’•”*«) est p!u apprécié, 4 cause de la petitesse de que son goût ne soit pas moins délicat que celui du Le commerce du caviar est très important : ™

«,000 kilogrammes la quantité qui s'éxpedie annuellement des

pê^beries L Bojik-Tromisel et 4 2,860.000 Mogramme^^^ la quantité fournie parles pêcheries delà mer Caspienne e mei leur caviar vient d’ Astrakan. Ce mets passe P»” excitant. Aldrovande rapporte que le pape Jules H “ mait avec un tel excès que sa mort doit être attribuée 4 cet

usage immodéré. n- trî.

La vessie natatoire des Esturgeons sert 4 fabriquer 1 M,jucolle on colle de Ponson. Bès que le Poisson vessie natatoire est enlevée avec précaution, 'avec 4 giaude eau iusqu’4 ce que toute trace de sang ait disparu, puis pendue et n ongée vingt-quatre heures dans l'eau glacée. On la fend eLmœTuivan? sa longueur et ou la fait sécher au soleil, la

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face interne étant retournée en dessus. On enlève alors la membrane externe, qui est salée et vendue pour l’alimentation; la membrane interne est séchée, soumise à la presse et constitue Tichthyocolle.

On connaît plusieurs sortes d’ichthyocolle, différentes par leur provenance et par leur aspect. La sorte en feuilles provient du Bélouga. Celle du Sterlet, qui est la plus estimée, est au contraire roulée en petit cordon, puis contournée en hjre; celle qui vient de l’Oural est en cœur ou gros cordon. On distingue encore le collier de Cheval ou grande lyre, et la livre. Cette dernière est la moins appréciée : elle se prépare sur les bords de la Baltique en faisant macérer dans l’eau bouillante la peau, l’estomac, l’intestin, les nageoires et la vessie natatoire d’i. stu7'io coupés en morceaux.

L’ichthyocolle est très utilisée dans les arts et dans l’industrie. De bonne qualité, elle doit être translucide, lisse, inodore, à peu près insipide et se dissoudre presque sans résidu dans l’eau bouillante; par le refroidissement elle se prend en gelée, même si on l’a dissoute dans trente fois son poids d’eau. En confiserie, elle sert pour la fabrication des bonbons ; en pharmacie, pour la préparation des gelées et des capsules; c’est elle encore qui, étendue en couche mince à la surface du taffetas, donne le sparadrap connu sous le nom de taffetas d’Angleterre.

La sous-classe des Ganoïdes comprend encore trois ordres. Les Crossoptérygiexs sont réduits à deux genres et à quatre espèces, de l’Afrique tropicale : le genre Polypterus habite le haut Nil et le Sénégal, le genre Calamoichthys est du Vieux-Calabar; le corps est entièrement recouvert d’écailles ganoïdes ou rhomboïdales. Les Euganoï- 'omoxi Rhombifères ont des écailles rhomboïdales, osseuses, encroûtées d émail. Le genre Lepidosteus est représenté par plusieurs espèces dans les grands fleuves de l’Amérique du Nord et à Cuba. Les Amiades ou Cyclifères ont de grandes écailles émaillées- et arrondies. Le genre Amig, dernier représentant de cet ordre, comprend une dizaine d’espèces, qui paraissent être limitées'au bassin du Mississipi ; ses affinités avec les Poissons osseux sont très étroites.

Les Ganoïdes ne sont plus représentés, dans la nature actuelle, que par un très petit nombre de formes, dont nous avons donné l’énumération.

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