‹ Traité de zoologie médicaleChapitre 6 sur 103 · FILA.IIU SANGUINIS HOMINIS · texte numérisé non relu

FILA.IIU SANGUINIS HOMINIS

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Au Brésil, la maniéré de vo

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riques et des de

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dans le sang dune malades, dans le liquide des

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ORDRE DES NÉMATODES

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FILARU SANGUINIS HOMINIS.

au cœur gauche, qui les distribue dans tout l’organisme.

Les embryons, produits en nombre très considérable par la femelle, peuvent donc se trouver partout dans le sang. Ce sont des animalcules longs de 125 à 300 tx, larges de 7 à 11 [jt, encore dépourvus de tube digestif et d’appareil reproducteur. Ils sont fréquemment entourés d’une sorte de gaine (fig. 400), dans laquelle ils se meuvent avec vivacité et qui n’est autre chose que le résultat d’une mue. Chose remarquable ! ils ne se trouvent point dans le sang à toute heure de la journée;

Fig. 400. — Embryons de , Pilaire circulant dans le sang de l’Homme, d’après Lewis. Grossis 400 fois.

comme nous l’avons déjà dit, ils ne l’envahissent, ou du moins n’envahissent la circulation périphérique que pendant le sommeil, c’est-à-dire pendant la nuit : chaque gouttelette de sang extraite d’un point quelconque du corps, doigts, orteil, lobule de l’oreille, etc., en renferme un plus ou moins grand nombre, en sorte que le réseau vasculaire se montre alors envahi tout entier. Pendant le jour, les embryons ne s’observent plus dans le sang ou du moins disparaissent de la circulation périphérique.

Manson a montré que leur apparition et leur disparition

ORDRE DES NÉMÀTODES.

périodiques coïncident uniquement avec les alternatives de sommeil et de. veille; en changeant l’heure des repas et en modifiant les autres conditions de l’existence, on n’amène aucun changement appréciable dans l’apparition des embryons. Mais, en intervertissant les heures de sommeil et de veille, on produit une interversion corrélative des heures de migration des parasites, qui se montrent alors dans le sang pendant le jour et en disparaissent pendant la nuit. En revenant aux états normaux de veille et de sommeil, on amène le retour des migrations normales.

La périodicité des embryons s’observe sous tous les climats Les praticiens anglais ont eu maintes fois l’occasion de la constater à Londres, et Mackenzie a noté qu’elle se présente en Europe exactement dans les conditions que Manson avait reconnues en Chine Que deviennent les embryons pendant le jour ou plutôt pendant l etat d|veille? MeurenLils et s’en forme-t-il chaque jour un nouvel essaim, ou bien se cachent-ils en quelque organe profond? Autant de questions auxquelles il serait malaisé de répondre, si nous n’avions comme terme de comparaison Mlaria immitis Leidv, qui vit dans le s,stème circulatoire du Chien et dont rUstoire présente les plus pandes analogies avec celle de P, sangumis hominis (i> Préoccupé pr ces quesUons, Manson a étudié la Pilaire du Chien qui est tort abondante en Chine. Ses embrjons se montrent aussi périodiquement dans la circulation périphérique, mais la périodicité e t moins marquée que pour la Pilaire de PHomme; ils ne disparaissent jatnais complètement des vaisseaux superUciels, ils y sont seuemenl beaucoup plus nombreux la nuit que le jour. En toisant 1 autopsie de Chiens tues par l'acide prussique ou par la strychnine Manson a enfin reconnu que, pendantle jour, les embryoj s'âccu mu ent dans les gros vajsseaux du thorax éfde l'abdomen. 11 eu en vraisemblablement del^iêETch^Homme.

La femelle adulte est sans doute capable de vivre’lohgtèmns et de produire sans interruption un grand nombre d'œufs.Àinsi s'exphq^e ce fait, quon peut trouver les embrvons dan^M» cm ' ®

longue période, bien que beaucoup dtontrfëL srn? fb"''*"'

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(1) Pour Filaria immitis, voir notre article ua. a encyclop. des sc. méd., (4), XIII, p. C7, 1887 Dictionnaire

FILARIA SÂNGUINIS IIOMINIS. 4T

Les embryons évacués par les différentes voies que nous avons indiquées (urine, larmes, varices lymphatiques) sont condamnés à périr et n’auront aucune occasion d’arriver à l’état larvaireriTânîmal, en effet, ne peut poursuivre son évolution que s’il passe du sang de l’Homme dans l’estomac du Moustique, son hôte intermédiaire, qui vient le puiser directement dans 'les vaisseaux. Or, l’Insecte vient piquer le malade pendant le sommeil, au moment où les hématozoaires ont gagné la circulation périphérique : ceux-ci se sont servilement adaptés aux habitudes nocturnes des Moustiques,

La femelle du Moustique possède seule un appareil buccal assez puissant pour transpercer la peau humaine; le mâle, moins fortement armé, est incapable de se gorger de sang, et c’est là encore une heureuse circonstance, au point de vue de la propagation de la Pilaire, car toutes les larves développées dans l’estomac du mâle seraient vouées à une destruction certaine.

Il semble que le Moustique soit capable de choisir les embryons dans le sang ; la gouttelette que renferme son estomac, au moment où il vient de sucer un malade atteint de filariose, contient proportionnellement plus d’embryons qu’une égale quantité de sang prise sur le même malade. Une gouttelette de sang extraite directement par piqûre du doigt présente d ordinaire trois ou quatre fois moins d’hématozoaires que 1 estomac , celui-ci en renferme communément 30 et 40 et parfois beaucoup plus; Manson en a vu plus de dans l’estomac d un seul Insecte. Cette sélection évidente produite par le Moustique tient à ce que la trompe de ce dernier, en pénétrant à 1 inté- , rieur d’un vaisseau sanguin, arrête les parasites, comme un obstacle dans une eau courante arrête les fétus et les branchages..

Deux minutes environ suffisent au Moustique pour se gorger de sang. Alourdi par le poids de son abdomen distendu et incapable de soutenir un vol prolongé, il va se fixer près d’une eau dormante et reste comme assoupi : il digère le sang quil a sucé et mûrit ses œufs. Au bout de quatre à cinq jours, ces opérations sont achevées ; il se transporte alors sur l’eau, à la surface de laquelle il pond ses œufs ; la ponte achevée, il y tombe lui-même et y meurt.

Gependa.nt le sang contenu dans l’estomac de l’Insecte se

ORDRE DES NÉMATODES.

digère rapidement ; les globules perdent la netteté de leur contour, l’hématine se dépose sous forme de cristaux; puis globules et cristaux disparaissent et sont remplacés par de gros corpuscules huileux. Le tube digestif évacue peu à peu son contenu et est complètement vide de sang au moment de la ponte, mais il renferme encore des embryons vivants, bien que la plupart soient morts. . ^

Que devienaent les survivants? Mackenzie croit le Moustique ca pable de les inoculer à l’Homme sain et de propager ainsi la mala o^riion.''' de Manson contredifent cette

Au moment où il est ingéré, l’embryon pénètre jusque dans la nor

üoii abdominale du tube digestif du Moustique. Peu de temp ap, ' wTeTord'th^ qui SveTopp;

tHransversar* " apparaît une délicate stria-

1 œsophage en renferme de qn à of ^ heures,

p.issi.,maiss.„ é raccourcit ai s'é-

cation ; elle présente encme nTL n ^ ™°difi.

de flexion eU’extension d énergiques mouvements

mouvements deviennent ilusfdbleTet finissent

ment. L’extrémité antérieure s’effile en Sne

fois plus large qu’au rnornem dl sa^migrltL'lÎhez Fl

corps, qui a pris l’aspect d’un boudin efl? du reste du

cote. L’orifice buccal se distingue assez neii déjetée sur le

une bourse. nettement : il est pincé comme

Vers la fin du troisième iour nn la ^ '

la bouche s’accentue : elle semble s’entr^r^’^*^^”^®”^ quatrième, grosses lèvres. Le tube digestif s’esauisse s’entoure de quatre

étroit canal. L’anus apparaît comme une dépre s's'ion’sT'

uepression sitiiee un peu en

FILÂRIA. SA.NGUINIS HOMINIS.

avant de la queue. Le Ver mesure alors à de longueur ;

il reste immobile.

Celui-ci commence alors à s’allonger, surtout dans la portion antérieure : il atteint rapidement une longueur de 0a>“,36, puis de Omm 50 ; la masse du corps se retire de l’appendice caudal, qui reste vide! L’appareil digestif se perfectionne et un bulbe pharyngien se différencie à l’extrémité de l’œsophage. Puis, trois ou quatre papilles apparaissent à l’extrémité caudale : au bout de quelque temps, elles s’tolent à la façon des pétales d’une fleur.

Pendant que ces modifications s’effectuent, la jeune larve s’allonge

graduellement et passe de 0'^“,63 à l““,o0 de longueur; en môme

temps, sa largeur diminue de moitié. L’extrémité antérieure s’effile et se termine par une surface arrondie; la postérieure s’allonge aussi et porte toujours les papilles.

Ces caractères sont ceux des larves du sixième au septième jour, de 130 à lo6 heures après que le liloustique les a ingérées.

La plupart des femelles pondent et meurent du cinquième au sixième jour après s’être gorgées de sang. Il est rare d’en trouver qui aient survécu assez longtemps pour que l’embryon puisse arriver à maturité : fO à lo p. 100, tout au plus, parviennent à cet âge; aussi voit-on très peu de larves dans la dernière phase de leur évolution.

La larve est alors redevenue très mobile; le contact de l’eau qui, jusque-là, lui était funeste ne l’incommode aucunement et semble même la vivifier : elle s’y agite vivement. Elle est longue de 1““, o8 et large seulement de 0““, 03 ; sa bouche, étirée en cône, est fermée par un certain nombre de petites papilles.

La Pilaire a parcouru ainsi tous les stades de son développement larvaire. Sur ces entrefaites, le Moustique ayant pondu et étant tombé dans l’eau, elle dévore les organes thoraciques du cadavre, puis le quitte et tombe elle-même dans l’eau, où elle continue de vivre, en attendant des conditions favorables à son passage à létat adulte (1). Ces conditions ne s’offrent à elle que lorsqu’elle est ingérée avec l’eau par l’Homme ou par un animal chez lequel elle puisse vivre.

Ces remarquables observations de Manson ont été confirmées et, pour certains détails, complétées par Lewis. Cet auteur a montré à quel point le Moustique estun puissant agent de dissémination, puisque, sur 100 individus capturés au hasard, 14 ont présenté des larves de la Pilaire.

(1) P.-S. de Magalhàos croit devoir rapporter à la larve libre des Vers trouvés dans le résidu de la filtration des eaux de la Carioca, à Rio de Janeiro. Moura Brazil a émis la même opinion à l’égard d’animaux rencontrés dans les eaux du Jardin botanique de Rio. Dans l’un et l’autre cas, la détermination est au moins douteuse.

Blânchauo. — Zool. méd.

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