‹ Traité de zoologie médicaleChapitre 7 sur 103 · SO ORDRE DES NÉMATODES · texte numérisé non relu

SO ORDRE DES NÉMATODES

Sonsino s’est demandé si certains autres Insectes parasites de l’Homme ne pouvaient pas contribuer également à la propagation de la Pilaire. Il a examiné dans ce but le tube digestif de Puces et de Punaises capturées dans le lit d’un hémato-chylurique;*cbez la Puce, l’embryon meurt de bonne heure; il vit un peu plus longtemps dans l’estomac de la Punaise, mais ne résiste guère au delà de vingtquatre heures. Aucun de ces animaux ne présente donc au parasite les conditions favorables à son développement.

G est donc chez la femelle des Culex qu’émigre l'embryon. Plusieurs espèces sont capables de Pextraire des vaisseaux, mais le nombre est restreint de celles qui peuvent lui servir véritablement d’hôte intermédiaire. En ce qui concerne Amoy, Manson attribue ce rôle à une seule espèce, bien que deux ou trois autres puissent momentanément héberger le vermisseau. De môme, Myers explique 1 absence de la filariose dans le . sud de Formose par l’absence de Moustiques capables d’assurer l’évolution larvaire du parasite. 11 sera donc désormais nécessaire, dans les pays où la maladie est endémique, de déterminer par l’expérience et d’apprendre à reconnaître les especes qui servent à sa propagation.

KHomme acquiert le parasite lorsqu’il boit, sans la filtrer ou la faire cuire, l’eau dans laquelle nagent les larves. On ignore encore ce que deviennent celles-ci après leur arrivée dans l’intestin : y séjournent-elles quelque temps, jusqu’à ce que leur passage à 1 état adulte et leur accouplement soient accomplis? ou bien traversent-elles la paroi intestinale, tout en subissant leur derniere métamorphosé, cheminent-elles à travers les issus et les organes, à la recherche d’un vaisseau lymphatique dans lequel elles puissent se fixer définitivement, puis s’accL- P er pondre? Ce sont là des questions que, dans Pélat actuel de la science, il est impossible de résoudre.

On sait du moins que les adultes, mâles et femelles, habitent les vaisseaux sanguins et lymphatiques; c’est dans ces derniers qu on les a tout d’abord observés et nendanf lo f connu que la femelle ; la diruvertl mà e J veZ^ f " “ tuer la diltérenee de Filaria sanguini, hcninü ..eJZcUnZl ^t^rendre au contratre plus étroites ses analogies ivee “

phïiqitTrï :rvreri‘dr™ r;' oo..o.d. qui en donna

FILARIA SANGUINIS HOMINIS. 51

croft trouve encore 4 femelles dans un hydrocèle du cordon spermatique.

Le 7 août 1877, Lewis trouve un fragment de femelle dans un caillot de sang, à la surface d’une tumeur éléphantiasique.

Le 12 novembre 1877, J. de Moura et F, dos Santos trouvent à Rio 5 Pilaires dans un abcès lymphatique du bras : l’une était entière, les 4 autres étaient àl’état de fragments. La description qu'en donnent ces observateurs est quelque peu fantaisiste.

Le 15 octobre 1880, Manson voit une femelle engagée dans un vaisseau lymphatique, à la surface sanglante d’un lympho-scrotum.

En janvier 1884, J. de Moura trouve encore 2 femelles dans un abcès lymphatique du bras ; cette observation est rapportée dans la thèse de Cl. da Silva.

Eiifln, P. S. deMagalhâes a publié en 1886 une bonne description des deux Vers, mâle et femelle, trouvés dans le ventricule gauche du cœur par J. P. Figueira de Saboia.

Le mâle est d’aspect capillaire, blanc opalin et long de 83 millimètres; il semble être exactement cylindrique, mais son diamètre transversal s’atténue progressivement de la tête à la queue; la largeur est de 0”“,40 dans le tiers antérieur, de 0““,30dans le tiers moyen, de0™“,28 dans le tiers postérieur ; elle est de 0““,2o en avant du dernier tour de spire delà queue, de 0““,lo au niveau de la première papille préanale, de 0““,12 au niveau de l’orifice cloacal, enfin de 04 à l’extrémité postérieure.

La cuticule est marquée de stries transversales très délicates. Son épaisseur, également variable, est de 2i à 22 a sur toute la longueur du corps proprement dit; elle n’est plus que de 13p. en avant du dernier tour de spire, de U p. au niveau du cloaque et à l’extrémité de la queue.

L’extrémité antérieure est arrondie et se continue sans ligne de démarcation avec le reste du corps; la bouche est terminale, circulaire etinerme. La queue va en s’effilant; elle est obtuse et décrit un à deux tours de spire. Le cloaque s’ouvre à sa face ventrale, à 11 de l’extrémité; un peu en avant de celui-ci, se voit une petite s.aillie*en forme de papille, à la face profonde de laquelle viennent s’insérer des fibres disposées en éventail.

L’extrémité caudale présente encore 4 paires de papilles préanales et 4 paires de papilles postanales ; ces papilles ne sont pas pédonculées, leur basé présentant la plus grande largeur; leur surface est villeuse. Elles soulèvent la cuticule, mais celle-ci ne forme pas un

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repli continu s’étendant des unes aux autres. Chacune des papilles préanales est haute de 31 p.,8 ; celles de la première paire sont larges de 15{/,,9 ; celles des trois autres paires sont larges de 12(a,3. Quant aux papilles postanales, celles de la première paire sont hautes de 11 p.et larges de 9 g., 2; celles de la deuxième paire sont hautes de 19 p,, 2 et larges de 11 p-; celles des troisième et quatrième paires sont hautes de 9 [A, 2 et larges de S [4, 5.

La couche musculaire est formée de cellules allongées ou de fibres disposées en faisceaux, suivant la longueur du corps. De chaque côté, elle s’interrompt pour faire place à la ligne latérale, large de 7 à 8 |x, s’étendant de la tête à la queue et parcourue suivant son axe par un trait qui correspond sans doute à un canal aquifère. La ligne latérale est constituée par une substance granuleuse, renfermant des noyaux réfringents, disposés en deux ou trois files alternantes et symétriques de chaque côté, de ce canal. Les lignes ventrale et dorsale ne se voient pas extérieurement. On voit encore, à l’extrémité antérieure, un système de fibres obliques qui convergent de la paroi du corps versl’orifice buccal.

La bouche, dont l’orifice est large de o (i, s’ouvre immédiatement dans l’œsophage, dont la partie initiale est entourée d’une puissante couche musculaire qui lui donne l’aspect d’un bulbe pharyngien et une largeur de 38 (i. L’œsophage, rectiligne et long de 0““,99, est large de 31 à 44 (a dans sa partie moyenne et se renfle en arrière jusqu’à mesurer 84 [a; il est séparé de l’intestin par un étranglement large de 53 a. L’intestin est également rectiligne et débute par une dilatation large de 106 |j.; sa couche externe est munie de fibrilles longitudinales. Le rectum, étroit et court, s’ouvre dans le cloaque, qui lui-même débouche au dehors par un orifice percé à la face ventrale et situé à 0““,11 de l’extrémité de la queue.

Le, tube génital mâle est sinueux et paraît être unique. A son extrémité est annexé un spiculé long de 0”“,17 et représentant un arc d un cercle dont le rayon serait de 0““,12. Ce spiculé est entouré d une game et fait hors du cloaque une saillie de 22 a Sa racine donne insertion à deux petits faisceaux musculaires qui se dirigent un en avant, 1 autre en arrière et vont s’attacher d’autre part sur èurZspW “ Prolracteur et rétrac-

La te,Belle (ng 401, «) estlongue de 88 à 485 millimètres Chez en mdmdu de cette dernière dimension, décrit narP S de

O ,28 è 0 ,61 de 1 extrémité buccale ; de 0™,83 à O— 86 de cette même extrémité; de 0..,88 au niveau de la vulvfde

FILARIA SANGUINIS HOMINIS. S3

0““,70 au tiers antérieur du corps ; de 0““,66 au tiers moyen et de 0““,60 au tiers postérieur.

La cuticule est épaisse de 33 (j-à 20““ de la bouche ; de 37 u. au tiers moyen du corps; de 33 ix au tiers postérieur; de 15 ix au point où s’arrêtent les anses ovariennes; de 23 v- au niveau de 1 anus et de 13 [X à l’extrémité de la queue.

L’extrémité antérieure, b, est claviforme et se rattache au reste du

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corps par un col effilé. La bouche est terminale, inerme et large de 4!x. La queue, c, est effilée, mais se termine en pointe mousse ; l’anus s’ouvre à la face ventrale, à 0““,1.3 de son extrémité, au sommet d’une saillie qui ressemble à une papille bilobée ; par sa face profonde, cette même saillie donne insertion à un bouquet de fibres qui vont s’attacher d’autre part à la face dorsale. A l’extrémité de la queue, la cuticule présente une légère dépression entourée de deux petites lèvres et représentant soit un organe d’excrétion, soit un organe sensoriel.

La ligne latérale est large de i27(ji.; son canal médian mesure 5 [A, au niveau du tiers moyen du corps. Le pore excréteur semble s’ouvrir à 1™“,3 en arrière de la bouche.

L’intestin est à peu près quaire fois plus étroit que l’ovaire : vers le milieu du corps, il mesure 97 [x, alors que ce dernier est large de 344!.. Le rectum est long de 430 a et large de 37 u. L’anus s’ouvre sur la face ventrale, à une courte distance de l’extrémité de la queue; sur l’exemplaire long de 8 à 10 centimètres que Cobbold a décrit’ cette distance était de 0““,28.

L’appareil reproducteur est constitué par deux ovaires longs, flexueux et dont la cavité est distendue par un grand nombre d’œufs et d embryons ; ils occupent presque toute l’étendue du corps et forment, au voisinage de la queue, une anse qu’un ligament particulier rattache à la face dorsale. La vulve se voit dans la région antérieure: elleetaita 2“”,36 de la bouche dans l’exemplaire de P. deMagalhâes, a 1““,26 dans celui de Cobbold.

La femelle est vivipare ; parfois cependant elle pond des œufs encore imparfaitement développés. Les embryons circulent dans la

Sr ■ M P“toneé; ils peavenl

ensuite, si un Moustique ne vient pas les saisir, tomber dans l’nrine, ou ils se meuvent et progressent rapidement, par d’énergiques contractions. Ce liquide reste rarement normal, mais préser!?e un aspect l^ux ou chyleux caractéristique, qui a valu à la maladie les noms de chylune d’hémato-chylune endémique des pays chauds d’hémadune ^ntertrop^ca e, etc., suivant que l’urine est sLp emTt ’ ra . seuse ou sanguinolente, ou bien qu’il v a ré.minn a. i a ® tères. Maintenant que la cause comminiP m ^ carac-

bidesest reconnue! il est îationneTsin n tTT

s’appliquant à une forme particulière T"

l’urine renferme, en outre de seT nrin ^

une émulsion graisseuse que l’éther permrd’rm'''^'^''^'^® habituels,

mato-chylurie, une quanfité variable de s n.

àl’émulsionde matières grasses. Une semblL^rHrer

FILARIA SANGUINIS IIOMINIS.

etnbrvons; elle contient en outre assez de fibrine pour se prendre en gelée après son exposition à l’air, ou du moins pour déposer au fond du vase des caillots dans lesquels on aura chance de trouver le parasite.

Celui-ci peut se rencontrer encore dans d’autres humeurs del organisme. On se rappelle que Demarquay l’a découvert dans une hydrocèle chyleuse ; de même, Winckel l’a vu dans une ascite chyleuse, chez une femme ayant longtemps habité Surinam ; au Japon, Beukema l’a observé dans des hémoptysies.

A la côte d’Or, O’ Neill le vit (1) dans la sérosité de papules développées en différents points du corps des nègres indigènes, mais surtout entre les doigts, sur le devant du poignet et sur les coudes; celte papulose, depuis longtemps connue chez les nègres de la côte occidentale d’Afrique et désignée par eux sous le nom de craw-craw, peut être confondue à première vue avec une gale invétérée, à tous les degrés de développement, d’autant plus qu’elle s’accompagne toujours de démangeaisons intenses. Une dermatose toute semblable a été observée au Brésil par da Silva Araujo et par P. de Magalhâes, qui ont également constaté la présence de l’embryon dans le liquide des papules. Rappelons enfin que Lewis a trouvé ce même animalcule dans les larmes, dans la sécrétion des glandes de Meibom et dans la lymphe exsudant des tumeurs éléphantiasiques.

On a proposé un grand nombre de théories pour expliquer le passage du chyle, de la lymphe ou du sang dans l’urine ou dans les séreuses péritonéale et vaginale. Les uns refusent toute action aux parasites; les autres, et nous croyons qu’ils ont raison, considèrent ceux-ci comme la cause essentielle de ces extravasations. Nous ne ferons pas la critique de ces opinions diverses ; Monvenoux, Papin, Gœlze et d’autres se sont chargés de ce soin. Sans songer à édifier à notre tour une théorie nouvelle, faisons pourtant remarquer que l’anatomie explique la production de ces phénomènes morbides.

Les embryons qui circulent dans les vaisseaux lymphatiques peuvent s’accumuler à eux-mêmes et s’agglutiner avec les leucocytes, de manière à former une masse qui obstrue le vaisseau en un certain point de son parcours, par exemple au niveau d un ganglion. Le cours de la lymphe se trouve ainsi suspendu dans tous les vaisseaux afférents ; ceux-ci se distendent, puis finissent par se rompre. Si le fait se produit pour les chylifères ou lymphatiques du mésentère, l’ascite chyleuse en est la conséquence.

(1) L’identité du parasite du craw-craw avec l’embryon de la Pilaire du sang est encore problématique ; si ces vermisseaux ne sont pas identiques, on conviendra du moins qu’ils sont fort semblables : ceux du craw-craw e aien longs de 250 p., larges de 12 p et pourvus d’une queue effilée.

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L’obstruction du canal thoracique ou de quelqu’un de ses gros troncs d’origine est tout aussi possible, non peut-être par l’accumulation des embryons, trop grêles pour en remplir le calibre, mais par une ou plusieurs Filaires adultes en voie de migration vers les vaissanguins. 11 en résulte une stase lymphatique dans tout le territoire situé en amont, d’où reflux du chyle vers divers oi-ganes, autant que le permettent les valvules, et ruptures vasculaires dans le rein, dans la vessie, dans le péritoine ou dans les tuniques du testicule, suivant le point qui présente la moindre résistance. Les parasites venant à poursuivre leur migration, la lymphe reprend son cours et tout rentre dans l’ordre, jusqu’à ce que la même cause amène les mêmes accidents. On peut donc comprendre de la sorte l’intermittence de la chylurie.

Cette manière de voir explique également les cas d’ascite chyleuse ou de chylurie non parasitaires, par un simple obstacle mécanique au cours de la lymphe. Quant à l’hématurie, elle peut tenir à l’arrêt des embryons dans les capillaires du rein ou de la vessie.

On sait que V éléphantiasis des Arabes (t) et ses diverses variétés (lymphorrhagies cutanées, abcès lymphatiques, éléphantiasis du scrotum, lympho-scrotum, etc.) doivent être considérés comme causés par le parasite. Cette opinion, fortement combattue par d’aucuns, a été exposée et habilement défendue par Manson. D’après lui, la forme de la maladie lymphatique dépend de la situation occupée par la Filaire dans les vaisseaux lymphatiques ; elle est encore en relation avec l’oblitération d’un vaisseau ou d’un département lymphatique.

« Si 1 obstruction est partielle, dit Manson, il n’en résulte que des varices lymphatiques; mais, grâce aux anastomoses, la circulation de la lymphe reste ininterrompue et charrie jusqu’au sang les embryons de Filaire. Les conséquences de l’obstruction partielle seront le lympho-scrotum, la chylurie ou les engorgements ganglionnaires.

« Si 1 obstruction est complète, deux cas se présentent : la Ivmphe accumulée dilate tellement les vaisseaux, qu’ils arrivent à se rompre, et 11 en resuite une lymphorrhagie plus ou moins permanente. Alors dalnf ne stagne pas complètement, mais elle circule en rétrogradant et reste fluide. Les symptômes qui se produiront en pareille V constance seront la lymphorrhagie du scrotum ou de la jambe et 1 engorgement variqueux des ganglions : on rencontrera des eXvons dans ces derniers; on en trouvera peut-être dans l’écoul Lut de lymphe, mais jamais dans le sang. écoulement de

le distinguer de l’éléphanHash à'ôléphmicie, pour

FILÂRIA SÂNGUmiB HOMINIS.

« S’il ne se produit pas de rupture des lymphatiques, la lymphe stagne complètement et s’accumule dans les tissus voisins des ganglions. Ceux-ci s’indurent; les tissus aussi, et l’éléphantiasis apparaît.

On ne trouve pas d’embryons dans le sang, parce que pas un d’entre eux ne peut traverser les ganglions, et la Pilaire mère périt étouffée, pour ainsi dire, par ses jeunes et par la lymphe qui s’organise. Conséquemment, il sera impossible de découvrir les embryons dans le sang ou dans la lymphe, lorsqu’on se trouvera en présence d’un cas d’éléphantiasis vrai, sans complication. »

Manson étaye cette théorie sur un assez grand nombre d observations. Toutefois, certains auteurs, parmi lesquels il convient de citer Sonsino, admettent l’existence de cas d’éléphanüasis qui ne dépendent aucunement de la présence de la Pilaire. Walter Innés serait même disposé à considérer l’éléphantiasis comme une maladie iniectieuse (1) : il a trouvé dans le tissu conjonctif qui formait la presque totalité d’une tumeur du' scrotum, une grande quantité de Bacilles longs de 2 a et très distincts de ceux de la lèpre.

Gués révoque en doute l’action pathogénique de la Pilaire, au moins dans les cas d’éléphantiasis, et Yieira de Mello partage cette opinion. Bancroft croit au contraire à un rapport étiologique possible entre la sclérodermie et la Pilaire, confirmant ainsi les vues de Rasmussen, qui regardait la sclérodermie comme une affection élephantiasique.

La filariose s’observe à tout âge, dans toutes les races et dans les deux sexes. Toutefois, l’hématurie serait plus fréquente dansl enfance et l’hémato-chylurie dans l’âge adulte; d’après Wucherer et da Si va Lima, la maladie semblerait être plus commune chez les fermes elle s’observe enfin surtout chez les créoles ou chez les Européens ayant fait un long séjour dans les régions où elle est endemique.

La Filaire du sang ne s’observe en Europe que chez des individus chyluriques ou élépliantiasiques, revenant des pays ou elle est endémique; toutefois, on doit redouter son importation définitive : son introduction aux Barbades, ou elle était in connue au siècle dernier, est de date relativement recente.

Depuis 1874, Sonsino l’a observée un bon nombre de iom dans la basse Égypte (2), aussi bien dans des cas de cbylurie

(1) Semblable opinion avait été émise par Wilson (i • sed by Bacilli with cuUivation-experimenU . The Lancet, ‘ ’ J .

l’éprd de la cbylurie, maisà la suite d’experiences peu convaincantes, des microbes avaient été trouvés dans l’urine. i.ninnpmpnt les

(•2) Dans ce rapide exposé géographique, nous signalons “ contrées où le parasite lui-méme a été directement observe, et non celles sévissent les maladies qu’on attribue à son action.

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que d’éléphantiasis, associée ou non à la Bilharzie; il a démontré ainsi que la filariose n’était pas rare dans ce pays. En Algérie, Cauveta vu l’embryon dans l’urine d’un Arabe hématurique. Ch. Robin l’a reconnu aussi dans un dépôt d’urines chyleuses provenant de la Réunion et qui lui avait été adressé par Foncervines, médecin de la marine. Nativel et Giraud l’ont vu à Maurice et à la Réunion ; on l’a encore observé à Madagascar.

En Asie, le parasite est extrêmement commun aux Indes (Bengale), où Lewis l’a étudié ; en Chine (Amoy, détroit de Fo- Kien) et dans le nord de Formose, où Manson a fait sur ses migrations et sa périodicité les belles observations que l’on sait. 11 n’existe pas dans le sud de Formose, et Myers pense que son absence est subordonnée à celle des Moustiques capables de lui servir d’hôtes intermédiaires.

Au Japon, la Filaire a été vue par divers observateurs : d’après Sclieube, elb est presque exclusivement limitée à Kiouchiou, la plus méridionale des quatre grandes îles, et aux petites fies voisines (Goto, Hirado-Cbima, Amakousa, etc.); Torikala, d Oita 1 a observée, et on se rappelle que Beukema vue aussi a Aagasaki. Elle est très rare dans Hondo, la plus grande Re : Baelz l’a rencontrée à Tokio, mais sans doute chez des mdividus venus du sud; elle n’a pas encore été signalée à

Queensland) et à Taïti, en 1878, par Chassaniol et Guvot nouvelles recherches la feront sans doute connaître dans toutes ^ a„.

^ n,e sain.-

aussi à Cuba, comme le nronvp Guadeloupe; il existe

Winckel l’a signalé à la Guyane et Deraarquay.

A parties Indes et la côte chinois ir™air ’”f'’^‘™®' nulle part plus fréquente qu'au Brésil Pm “ “ trouvé l’hématozoaire chez S 66 n ™ à On devra le trouver bt a,! La ! t

oeia de la zone tropicale, du

FILA.RIÂ SANGUINIS IlOMINIS. 59

30° degré de latitude nord au 33® de latitu(fe sud, aussi bien dans le versant du Pacifique que dans celui de l’Atlantique.

Bien que découverte récemment, la Pilaire du sang a déjà été l’objet d’un nombre considérable de travaux. Nous ne citons ici que ceux qui ne se trouvent mentionnés ni par d’Arcy W. Thompson (A hibliography of Protozoa, Sponges,Cœlenterataand Worms. Cambridge, 188b), ni par 0. Taschenberg {Bibliotheca zoologica. Leipzig, 1887), ni dans la thèse de Monvenoux, ni dans le mémoire de H. von Hebra.

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60 ORDRE DES NÉMATODES.

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FAMILLE DES ANGUILLULtDES

Les ADgallluMes sont des Vers de petite taiUe, ordinairement libres dans la terre on dans l'ean doaoe; quelques-uns ™ent dans des matières en patrétaction ou en

petit nombre, sont parasites, soit des animaux, soit *

corps est toujours filiforme, aminci de part e au re, .

antérieure est percée d'une bouche

des lèvres; l'extrémité postérieure est ordinairement ™

alêne, mais peut présenter, chez le mile de certaines espece . des appendices de forme variée. Le tégument est or inairenien •

A la suite de la bouche, dont la constitution variable riser les genres, vient un pharynx cylindrique, souveii ® deux ou trois baguettes chitineuses longitudinales ; il *

un œsophage musculaire, reiitté en un bulbe cv 'udrique ou taforme, auquel fait suite fréquemment un ® ir

large, globuleux et dont la cavité étroite et ® ,

d’une sorte d’armature dentaire. L’intestin reste simple et débouché au dehors au voisinage de l’extrémité caudale. Le m e a eu -p

ORDRE DES NÉMATODES.

égaux, avec ou sans pièces accessoires ; il est toujours plus petit que la femelle. Celle-ci est reconnaissable à sa queue plus ou moins effilée, souvent prolongée en une pointe fine, et à sa vulve située dans la moitié postérieure du corps ; l’ovaire est formé de deux tubes droits, non sinueux, dont la réunion constitue un vagin très court. La femelle est fréquemment ovovivipare; elle ne produit qu’un nombre restreint de petits, mais la multiplication de l’espèce est assurée par le rapide développement de ceux-ci.

La famille des Anguillulides renferme un très grand nombre d’espèces, dont la classification a été tentée par divers auteurs, notamment par Bastian et Œcley. Ce dernier les répartit actuellement en huit genres (Rhabditis, Cephalohus, Anguillula, Bipiogaster, Plectiis, Teratocephalus, Tylenchus et Aphelenchus), dont les trois premiers méritent une mention spéciale.

Le genre Rhabditis Dujardin, 184o, comprend des Nématodes que Schneider répartissait entre ses genres Pelodera, Leptodera, Alloionema et Pelodytes. Ce sont des animaux filiformes, dont le corps se rétrécit progressivement en avant et se termine en arrière par une queue pointue, plus ou moins allongée. La cuticule est délicatement striée en travers et marquée de stries longitudinales très faibles. L extrémité antérieure est arrondie ou tronquée, formée le plus souvent de trois à SIX lèvres qui portent ordinairement des papilles arrondies ou pointaes. La cavité buccale est allongée, Irigone, conservant la inême largeur dans toute son étendue. L’œsophage musculeux présente un ou deux reunements, dont le postérieur renferme un Warei dentaire. L’intestin rectiligne est formé de deux rangées latérf ««loppécs; les vaisseaux

IhaTe 1 du rennemem postérieur de l’œso-

Sn exirémTfé ® accessoire;

son extrémité caudale porte ordinairement une bourse et est ornée

vLe est saZ ï; "S"» "aédiane. La

mern d no if es a ’ “"l aymélrique-

ment aisposes. Les animaux sont nom' Di rvii.rMv . ■ ^ r

quelques espèces seulement sont hermaphrodites. ^ ^

Rhabditis terricola Dujardin, 1843.

Smomum : Pelodera îeres Schueider, 18G6.

Rhabditis teres Pérez, 1866 Pe/odem setigera Bastian, isTQ Rhabditis Cornwalli Cobbold, 1879.

Cette espèce est très répandue en Ptivra. toujours dans les matières organiques

s ques qui se putréfient sur la terre.

RHABDITIS TERRICOLÂ.

Le mâle est long de la femelle est longue de 1“'“,40 à

Ce Nématode, dont Pérez a publié une étude détaillée, n’est jamais

parasite.

A la fin de l’année 1879, éclata à bord du vaisseau-école Cornwall une maladie épidémique dont furent atteints quarante-trois cadets; l’un d’eux mourut. Les symptômes ne différaient pas notablement de ceux de la trichinose. Au bout de deux mois, on fit l’exhumation du cadavre ; Power et Corry furent chargés d’en faire l’autopsie. L’examen macroscopique n’ayant fourni aucun résultat, ces observateurs procédèrent à l’examen microscopique des muscles. La première préparation, prélevée dans les muscles de l’abdomen, leur montra un Nématode vivant et agile ; d’autres Vers semblables furent rencontrés encore dans la plupart des muscles examinés, mais surtout dans le diaphragme. Us étaient très nombreux, sans pourtant que les muscles en fussent littéralement farcis; aucun d’eux n’était enkysté, tous étaient morts, sauf celui de la première préparation.

On en conclut que l’épidémie du Cornwall était la trichinose. L’opinion publique s’en émut vivement et la question fut portée devant les deux Chambres du Parlement anglais. Cependant, Bastian et Cobbold ne tardèrent pas à démontrer qu’il s’agissait là, non de Trichines, mais àeRhabditis auxquels Bastian donna le nom de Pelodera setigera et Cobbold celui de Rh. Cornwalli. Par la suite, QErley prouva que le ’Ver en question n’était autre que Rh. terricola. Ce Nématode n’étant jamais parasite, n’avait donc pu passer dans le corps du cadet de marine qu’après l’inhumation.

Pérez, Recherches anatomiques et physiologiques sur V Anguillule terrestre [Rhahditis temcola Dujardin). Annales des sc. nat., Zoologie, (5), VI, p. 152,

H. Ch. Bastian, On some Nematoids, found in the body of a boy who died f'rom an épidémie disease on board the reformatory school ship « Cornwall ». Ninth annual report of the local government board, 1879-1880. Supplément report of medical officers, p. 68, 1879.

Vl^. H. Powell, Report to the local goveimment board on an outbreak of fever lhat proved to be trichinosis on board the reformatory school ship « Cornwall ». Ibidem, 15 mardi 1880.

Cobbold. Sanitary record, p. 407 and 449, 1880. Journal of the Quekett microscopical club,p. 148, 1880. The Times, 3may 18 8 0.

Trichinosis on board the « Cornwall » Iraining-ship. British med. Journal, h p. 497, 1880.

The trichinosis scare. Med. press and circulai’, p. 289, 1880.

Trichinosis and trichinosis, The Lancet, I, p. 733, 1880.

ORDRE DES NÉMATODES.

Rhabditis pellio Bütschli, 1873.

Synonymie : Pelodera pellio Sclineider, 1866.

Rhabditis genitalis Scheiber, 1880.

Ce Ver est très commun dans la terre humide et dans les substances organiques en putréfaction; on le trouve fréquemment dans des Vers de terre putréfiés. C’est à lui qu’il faut rapporter, comme l’a démontré (Erley, une intéressante observation publiée par le D'’ Scheiber, de Stuhlweissenburg (Hongrie).

Ce praticien fut appelé auprès d’une femme atteinte d’une pleuropneumonie droite, compliquée de catarrhe gastro-intestinal aigu et de pyélo-néphrite interstitielle. La malade rendait par vingt-quatre heures de 300 à 600 grammes d’une urine acide, d’une densité de 1014, très trouble et d’un jaune brunâtre foncé. Ce liquide devenait alcalin peu de temps après son émission ; il renfermait de l’albumine, un peu de sang, beaucoup de pus et un nombre considérable de Vers, les uns morts, les autres encore vivants ; ces derniers pouvaient survivre jusqu’à trois jours après l’émission de l’urine (1).

On a pu retrouver le parasite pendant toute la durée de la maladie ; il était en telle abondance, que, en pratiquant l’examen microscopique du dépôt laissé par l’urine, on en voyait toujours de trois à cinq dans le champ du microscope. La femme en expulsait donc chaque jour des milliers d’individus. Ceux-ci se présentaient du reste à tous les états de développement.

Tous ont le tube digestif construit sur le môme plan. La bouche est située à l’extrémité obtuse du corps : elle est entourée de trois lèvres en forme de papilles. A sa suite vient un canal rectiligne, dans lequel on distingue aisément trois parties : un œsophage, un intestin et un rectum. Comme chez toiis les Rhabditis, l’œsophage est lui-môme constitué par trois portions, dont les deux extrêmes sont renflées et réunies l’une à l’autre par une partie rétrécie; le dernier renflement ou bulbe pharyngien renferme Trois dents chitineuses. Le rapport de longueur de l’œsophage au corps entier est 1 : 4 chez les larves et chez les femelles adultes ; il est 1 : 5 chez les mâles.

Le mâle (flg. 402) est lourd et trapu. Son extrémité antérieure présente les mêmes caractères que chez la femelle, mais la postérieure s’épaissit notablement et s’incurve vers la face ventrale. Il a une longueur de 0™,85 à l..,05. La largeur varie suivant le point ou'on

r,?"™ V ‘ 30 au ulveau du bulbe pharyngien,

de 36 a 39 p. a 1 extrémité postérieure.

RtiABDlTlS PÊLLIÔ.

Chez beaucoup de mâles, A, cette extrémité s’effile brusquement en une pointe courte, et porte une lamelle chitineuse cordiforme^ et avant l’aspect d’une nageoire, soutenue de chaque côté par 7 à 10 côtes ravonnantes. Chez d’autres. B, cette lamelle fait défaut, et l’extrémité postérieure présente une concavité qui s’étend de la face dorsale à la face ventrale, et sur les bords de laquelle s’implantent une série depoils fins et raides. Chez d’autres encore, C, l’aspect est le même que chez ces derniers, si ce n’est que les poils n’existent pas. Scheiber consi-

Fig. 40-2, - Extrémité postérieure de Rhabditis pellio mâle, d’après Scheiber.

dère les mâles de la première forme comme les plus jeunes et les derniers comme les plus âgés.

Le testicule est un tube très contourné qui s enroule autour de k partie postérieure de l’intestin, et qui s’unit au rectum avant de de- , boucher au dehors. Les deux spiculés sont marques suivan leur longueur de facettes et de crêtes; ils sont longs de 27 a 33 p. et large de 3 a. L’un d’eux semble toujours être plus long que 1 autre, mais la différence ne dépasse pas 3 ji.. Par leur extrémité interne, epaissie en bouton, ils divergent fortement l’un de l’autre, mais i s se rapprochent et se touchent par leur extrémité libre, qui est effilee.

La femelle (fig. 403) est reconnaissable à son aspect fusiforme. Lite présente son maximum de largeur vers le milieu du corps ; extrémité antérieure est étirée en cône, la postérieure en ^ne^ longue Bt.ANCH-iRD. — Zool. méd.

ORDRE DES NÉMATODES.

pointg incurvée eu alêne. Ses dimensions oscillent entre 9 et sans qu’il y ait le moindre rapport entre la taille et l’état de développement; la plus grande largeur est de 0®“,0o à G““,06.

La vulve, c, est située un peu en arrière de la moité de la longueur du corps : par exemple, sur une femelle longue de elle était placée à

0““,37 de l’extrémité antérieure, soit à 0““,04o en arrière de la moitié de la longueur totale. L’ovaire occupe la plus grande partie du corps et renferme une chaîne d’œufs ovalaires, b, mesurant 60 à 66 p. de long sur 33 à 40 p. de large, et parvenus déjà pour la plupart aux premiers stades de la segmentation.

Les plus petites larves sont longues de 0'““,“21 et larges de 12 p ; les plus grandes sont longues de 0““,54. Elles sont très délicates et meurent de bonne heure après l’émission de l’urine.

Une série d observations a permis à Scheiber de reconnaître qu Une s’agissait point là d’un parasite intestinal ou vésical. Le Ver avait été amené fortuitement au niveau de la vulve, probablement par delà terre appliquée sur la cuisse (1) : il s’y était reproduit, avait pullulé à l’entrée du vagin et, à chaque miction, un grand nombre d’individus se trouvaient entraînés par l’urine. On ne doit donc pas considérer Rhahditis pellio comme un vrai parasite, mais simplement comme un parasite accidentel. -

Ces conclusions sont confirmées par les expériences de QErley. Cet observateur introduit un

Fi. 40. ; T des Sou-

t fois. Bien que

‘ molle , d’après fréquemment la vulve, les Vers

Scheiber. - ® meurent au contrairedansl’u-

pliarynx;ô,œ-af; 1 oreille et dans les fosses nasales ils né-

.vulve;., anus, --t^également, si la muqueuse eTnon^L; peuvent vivre à sa surface toute^foi?"^ enflammee et catarrhale, ils

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