‹ Traité de zoologie médicaleChapitre 75 sur 103 · SOUS-CLASSE DES EUORNITHES · texte numérisé non relu

SOUS-CLASSE DES EUORNITHES

à 40“G ; elle monte jusqu’à 44® chez diverses petites espèces.

On peut diviser les Oiseaux en trois sous-classes, dont deux sont éteintes.

La sous-classe des Saururornithes établit nettement la transition entre les Reptiles et les Oiseaux ; Archæopteryx lithographica, des schistes lithographiques de Solenhofen, en est le seul représentant connu. Les membres sont comme chez les Oiseaux actuels, le corps est couvert de plumes, mais le bec est armé de dents pointues et la queue est longue et grêle.

La sous-classe des Odontornithes est représentée dans le crétacé de l’Amérique du nord par les genres Hesperornis et Ichthyornis. L’aspect est celui des Oiseaux actuels, mais les deux mâchoires portent encore des dents coniques, se remplaçant comme chez les Crocodiles.

Sous-classe des Euornithes.

La colonne vertébrale a subi d’importantes modifications. Les vertèbres cervicales, en nombre variable (12 chez Ficus, 13 chez Ciconia, 17 chez Ardea), sont distinctes les unes des autres et de forme allongée. A partir de la troisième, elles portent de courtes côtes, bifurquées à leur base et fusionnées avec les apophyses transverses : il en résulte que celles-ci semblent être percées d’un trou qui, en se superposant à ses congénères, forme le canal vertébral, dans lequel passent l’artère et la veine vertébrales, ainsi que le cordon du grand sympathique ; une disposition toute semblable s’observe chez les Mammifères, si ce n’est que le grand sympathique est en dehors du canal vertébral. Les vertèbres dorsales (3 chez Ciconia, 6 chez Ficus) portent les côtes ; elles sont ordinairement soudées les unes aux autres, au moins par leurs apophyses épineuses. Les vertèbres lombaires, qui viennent ensuite, sont absorbées par le sacrum. Celui-ci ne comprend d’abord que deux vertèbres chez l’embryon d Oiseau, comme chez la plupart des Reptiles actuels; mais, par la suite du développement, un grand nombre de vertèbres se fusionnent avec celles-ci ; le nombre total des vertèbres lombo-sacrées est de 10 chez le Pic, de 12 à 13 chez le Héron, de 13 à 17 chez la Cigogne ; il peut s’élever à 23. La queue est réduite à quelques vertèbres ; toutes sont distinctes les unes des autres chez les Ratites ; les six dernières au moins sont fusionnées chez les Carinates en un pygostyle ou croupion.

La tête s’articule avec la colonne vertébrale par un seul condyle, situé au bord antéro-inférieur du trou occipital : il en résulte que la

tête n’est plus dans la continuation de la colonne vertébrale, mais-

fait angle avec elle. Le crâne est plus spacieux et plus bombé que

CLASSE DES OISEAUX

chez les Reptiles ; tous ses os sont délicats, et spongieux : l’air y pénètre, ainsi que nous l’expliquerons plus loin. Comme chez les Reptiles, l’os carré est très mobile. Les nasaux et les prémaxillaires se soudent et s’effilent en un prolongement conique ou de forme va^ riable, que recouvre une gaine cornée; la mâchoire inférieure se comporte de même et constitue la seconde mandibule du 6ec.

Les côtes sont formées de deux parties, l’une vertébrale, l’autre sternale, disposées à angle obtus; la partie vertébrale porte une apophyse uncinée. Le nombre des côtes vraies ou s’attachant au sternum varie de 5 (Golumba, Ciconia) à 10 {Gygnus).

Le sternum est une lame osseuse bombée. Chez les Ratites, qui ne volent pas, sa face ventrale est lisse ; chez les Carinates, qui tous volent plus ou moins, sauf quelques exceptions, cette même face présente une haute crête ou bréchet, sur laquelle s’attachent les puissants muscles moteurs des ailes. Le bréchet, dont la forme est analogue à celle de la carène d’un navire, est encore destiné à fendre l’air et rend ainsi le vol plus facile.

Les os des membres présentent un haut degré de pneimaticité : sans rien perdre de leur solidité, ils sont creusés suivant leur axe de grandes cavités, dans lesquelles l'air circule normalement et remplace la moelle. Cette particularité ne s’observe que chez les Carinates; elle est en rapport avec le vol et permet à l’Oiseau de se maintenir en l’air sans dépenser trop d’efforts. La pneumaticité ne s établit point dès la naissance, mais se développe progressivement, à mesure que le jeune Oiseau s’exerce à voler.

La ceinture scapulaire comprend trois paires d’os : l’omoplate, le coracoïde et la clavicule; la cavité glénoïde est creusée à l’union des deux premiers. La clavicule est rudimentaire chez les Ratites, mais est bien développée chez les Carinates : elle se forme par ossification directe, sans être précédée de cartilage, et se fusionne à sa congénère pour former la fourchette ou furcule.

Le bassin a la plus grande ressemblance avec celui des Dinosauriens. Le pubis est long et grêle. L’ilion acquiert, au contraire, une grande taille et se prolonge en deux larges apophyses disposées parallèlement au rachis. Chez l’adulte, toutes les sutures sont effacées; la cavité cotyloïde ou acetabulum est toujours percée en son fond.

Par suite de son adaptation au vol, le membre antérieur a subi de profondes modifications; l’humérus, le cubitus et le radius sont très longs, au moins chez les Carinates. Chez l’embryon, le carpe comprend cinq os : les deux os du premier rang sont le radial et le cubital : ils persistent pendant toute la vie; les trois os du second rang s unissent bientôt aux métacarpiens correspondants. Le carpe des

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