‹ Traité des affections de la peau, d'après les doctrines de M. BazinChapitre 33 sur 48 · PEMPHIGUS PSEUDO-EXANTHEMATIQUE OU ESSENTIEL · texte numérisé non relu

PEMPHIGUS PSEUDO-EXANTHEMATIQUE OU ESSENTIEL

Le pemphigus pseudo-exanthématique est une maladie aiguë, fébrile, caractérisée par une éruption de bulles plus ou moins volumineuses, se développant simultanément ou successivement

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sur diverses parties de la peau, mais rarement sur tonte sa çurface*

L'éruption est précédée des phénomènes généraux prodromiques des pseudo-exanthèmes idiopathiques , pendant vingt-quatre à quarantç-huit heures ; après ce laps de terni» apparaissent des taches rouges, arrondies ou ovalaires, sépa» rées les unes des autres ou réunies, taches d'une durée éphémère, et au niveau desquelles le derme enflammé exhale un liquide transparent qui soulève répiderme ; alors on observe des bulles arrondies, tantôt d'égal volume sur tous les points du corps, tantôt de volume inégal, au contraire, et à contours irréguliers, remplies d'un liquide transparent, entourées d'une auréole plus au moins vive, isolées les unes des autres ou réunies sur une tache érysipélateuse plus ou moins large.

Cette éruption est accompagnée de tension, de prurit, d'élancements et quelquefois d'une sensation de chaleur brûlante ; tantôt elle est simultanée et se développe sur tous les points du corps à la fois, tantôt elle est successive et se fait par poussées séparées les unes des autres par des intervalles variables.

Au cinquième et sixième jour de l'éruption, les bulles per^ dent leur transparence et se flétrissent ; à leur place, on observe de petites croûtes foliacées et brunâtres qui tombent après un certain temps et laissent seulement des maculatures rougeâtres qui disparaissent lentement.

L'éruption peut être généralisée ou n'occuper que certaines régions, telles que la face, les membres, les épaules, les parties sexuelles ; elle s'étend quelquefois aux membranes muqueuses, et s'observe alors sur la conjonctive, la bouche, le pharynx.

Lorsque toutes les bulles se développent à la fois et en une seule poussée, l'éruption dure sept à dix jours ; au contraire, si elle est successive, elle peut se prolonger pendant un mois ou six semaines.

Etiologie. — Très-rare dans l'enfance, la fièvre pemphigoïde se développe principalement dans l'adolescence et l'âge adulte, et s'observe à peu près également dans les deux sexes. Les Chaleurs de l'été, par l'excitation qu'elles produisent à la peau,

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ont aussi une influence incontestable sur leur développement ; il en est de même des émotions morales, de la suppression de la sueur, etc. Elle a paru quelquefois régner d'une manière épidémique.

Pronostic. — Il ne présente aucune gravité dans les cas ordinaires; quelquefois, la fièvre pemphigoïde se complique à son déclin de la mortification des surfaces dénudées, et alors le pronostic emprunte à cette complication un cachet de gravité plus grand.

Traitement. — On ordonnera un ou plusieurs purgatifs salins s'il existe de l'embarras gastrique ; la diète, des tisanes rafraîchissantes ou diaphoniques, la saignée chez les individus pléthoriques; on piquera les bulles pour donner issue au liquide, et on saupoudrera toutes les surfaces malades avec de la poudre d'amidon ou avec des poudres légèrement astringentes.

• (D) Affection pseudo-exan thématique squameuse.

PITYRIASIS RUBRA AIGU.

Définition. — Le pityriasis rubra aigu pseudo-exan thématique est une maladie aiguë, fébrile, non contagieuse, caractérisée par des taches rouges, disséminées sur toute la surface du corps, séparées les unes des autres par des intervalles de peau, saine , mais se réunissant souvent et formant alors des plaques plus ou moins larges, taches recouvertes de folioles

Symptomatologie* — Le pityriasis rubra aigu est ordinairement précédé de fièvre, de malaise général, de phénomènes d'embarras gastrique, et de démangeaisons assez vives. • D est constitué par des taches congestives, d'un rouge vif, ne faisant aucune saillie au-dessus des parties environnantes, présentant une forme arrondie et des bords sinueux, offrant des dimensions variables de celle d'une pièce de 20 centimes à celle d'une pièce de 2 francs, et accompagnées d'une ex-

foliation épidermique constituée au début par des lamelles assez larges et blanchâtres, plus tard par de petites squames.

La rongeur vive des taches s'éteint peu à peu et le pityriasis rubra passe à l'état de pityriasis simple.

Cette affection disparait quelquefois après une durée de dix à quinze jours, mais persiste dans d'autres cas pendant six semaines ou deux mois. Jamais elle ne passe à l'état chronique.

Etiologie. — Le pityriasis rubra aigu s observe en général dans la première moitié de la vie, à l'époque du printemps et plus spécialement chez les sujets lymphatiques.

Diagnostic. — Le pityriasis rubra aigu se distinguera facilement : de l'urticaire caractérisée par des plaques saillantes, décolorées au centre, ne présentant pas de desquamation à leur surface, apparaissant et disparaissant subitement;

De la roséole, constituée par des taches petites, d'un rouge moins foncé, et ne présentant pas une desquamation aussi abondante ;

De l'herpès circiné parasitaire, constituée par son siège spécial à la face, au, dos des mains, l'existence de larges cercles à extension périphérique et à marche chronique ;

Du pityriasis versicolor, constitué par des taches offrant là couleur du café au lait, recouvertes de squames fines et furfaracées, présentant une marche chronique, etc. Si, d'ailleurs, on conservait quelques doutes, l'examen microscopique démontrerait l'existence du microsporon fur fur dans le pityriasb versicolor, et son absence dans la squame du pityriasis rubra*

Pronostic» — Il n'a aucune gravité puisque l'affection disparaît spontanément dans l'espace de quelques semaines.

Traitement. — On conseillera une diète légère, des tisanes rafraîchissantes, un purgatif salin, s'il existe des symptômes d'embarras gastriques et quelques bains simples et amidonnés.

Éruptions phlegmasiques et hémorrhagiques.

L'érysipèle, maladie phlegmasique, et le purpura, maladie hémorrhagique, étant bien décrits dans les traités de pathologie interne, nous ne leur consacrerons aucun chapitre.

DES ARTHRIDIDES. 257

§ 2. AFFECTIONS STSPTOSATIQUES DES ■ÂLÂDIES CONSTITUTIONNELLES. DES ARTHRITIDES.

Nous avons donné, page 40, la définition de l'arthritis, et nous avons indiqué quels étaient les prodromes et les symptômes des quatre périodes de cette maladie; nous devons maintenant indiquer quels sont les caractères généraux et particuliers des manifestations cutanées de l'arthritis, c'est-àdire des arthritides.

(A) Caractères communs des arthritides.

M. Bazin a assigné aux arthritides les caractères suivants :

Elles ne sont pas contagieuses, et naissent sous l'influence de variations atmosphériques, des refroidissements ; elles présentent une coloration d'un rouge vineux, due à une congestion intense et quelquefois portée si loin, qu'une hémorrhagie se produit, et que l'on trouve de petites ecchymoses au centre des éléments éruptifs.

Le malade ressent au niveau des parties affectées des picotements et des élancements, et rarement un prurit franc.

Les arthritides occupent les parties découvertes, les mains, les pieds, la face, les parties génitales, etc.; sont limitées à quelques-unes de ces régions et n'ont pas de tendance à se généraliser. Lorsque,, par hasard, cette généralisation a lieu, l'éruption est caractérisée par de petits placards, séparés les uns des autre? par des intervalles de peau saine. On constate un défaut de symétrie dans l'éruption qui occupe pendant un certain temps une seule main, un seul côté de la face, et ne s'étend aux autres parties que longtemps après.

Les arthritides sont en général caractérisées par l'existence de plusieurs lésions élémentaires : c'est ainsi qu'on observe des bulles et des vésicules d'eczéma dans le pemphigus, des pustules et de l'érythème dans l'acné roséa, etc.

Dans les arthritides humides, la sécrétion est peu abondante,

quelquefois même presque nulle ; aussi les surfaces sont-elles sèches lorsque le malade ne les irrite pas par un traitement intempestif.

Les arthritides présentent des récidives fréquentes, et l'affection se reproduit sur les points qu'elle occupait primitwement ; mais, à un moment donné, elles disparaissent pour te place à des affections d'une période plus avancée.

Enfin les arthritides ont été précédées ou sont accompagnées d'affections de même nature, et les parents du malade ont présenté, soit des affections cutanées, soit d'autres manifestations de nature arthritique.

M. Bazin divise les arthritides en trois sections :

1° Arthritides pseudo-exanthématiques ou primitives ;

2° Arthritides communes ou secondaires ; ,

3° Arthritides graves ou tardives.

1° ARTHRITIDES PRIMITIVES.

Cette première section comprend :

A . Des affections érythémateuses : érythème noueux; érfthème papulo-tuberculeux avec ses deux variétés ; érythème marginc et érythème circiné ; urticaire hémorrhagique ;

B. Des affections vésiculeuses : herpès circiné arthritique» hydroa vésiculeux ;

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