‹ Traité des affections de la peau, d'après les doctrines de M. BazinChapitre 34 sur 48 · C. Une affection squameuse : pityriasis rubra aigu · texte numérisé non relu

C. Une affection squameuse : pityriasis rubra aigu

. Ces arthritides primitives présentent les caractères suivants:

Elles se montrent dans l'enfance ou la jeunesse ; apparais* sent principalement au printemps, revêtent une marche aigoê ou subaiguë, présentent souvent dans leur durée une légère augmentation de la fibrine du sang ;

Elles occupent de préférence le dos des mains et des poignets, les genoux, le cou, les joues, et même la muqueuse buccale;

Elles sont résolutives et disparaissent spontanément ;

Elles présentent une coloration rouge, vineuse, framboisée, duc à une congestion intense de la peau, avec tendance à l'hémorrhagic.

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2° ARTHRITIDES SECONDAIRES.

Elles apparaissent après les éruptions pseudo-exanthématiques et avant les arthritides tardives, se rapprochant des premières par leur bénignité relative, et des secondes par leur , marche chronique et leurs récidives fréquentes. Cette section comprend :

A. Des affections érythémateuses : couperose, intertrigo;

B. Des affections pustuleuses : acné, sycosis ou mentagre ;

C. Des affections vésiculeuses : eczéma circonscrit , herpès successif et chronique, hydroa vacciniforme ;

I). Des affections squameuses : pityriasis, psoriasis ;

E. Des affections papuleuses : prurigo, lichen.

Ces affections présentent les caractères communs suivants :

Elles apparaissent dans l'âge adulte et à la seconde période de l'arthritis, pendant l'été plutôt qu'au printemps, et sont influencées par l'âge critique, la vie sédentaire.

Elles ont pour siège* spécial : la paume des mains, la plante des pieds, les parties sexuelles, la face, et, en général, les parties couvertes de poils;

Elles ont une marche chronique, récidivent facilement, et quelquefois périodiquement; affectent longtemps dans leurs récidives le même siège, laissent quelquefois des cicatrices (acné, hidrosadénite) ;

Elles sont remarquables par la prédominance de l'élément congestif, l'existence de picotements et de fourmillements, leur l'alternance avec des affections articulaires, enfin elles guérissent sous l'influence des alcalins, aidés de moyens locaux.

3° ARTHRITIDES TARDIVES BT GRAVES.

Elles comprennent :

Une affection érythémateuse : cnidosis ou urticaire chronique ;

Une affection vésiculeuse î eczéma nummulaire ou suintant généralisé ;

Des affections huileuses : kydroa huileux, pemphigus chronique ;

Des affections phlegmoneuses : éruptions ecthymato-furonculaires, hidrosadénite.

Ces éruptions apparaissent le plus souvent dans les deux dernières périodes de l'arthritis, mais peuvent naître dans les autres périodes; de là le nom d'arthritides irrégulières ou tardives qu'on leur a donné; elles sont mobiles, ont de la tendance à se généraliser et à devenir alors permanentes; représentent souvent une forme fixe et grave de l'arthritis (arthritides graves) ; sont chroniques, tenaces, difficiles à guérir.

D'ailleurs, il est difficile d'assigner des caractères communs aux diverses affections de cette troisième section, parce que chacune d'elles a sa physionomie propre.

(B) Caractères propres des arthritides.

1° ARTHRITIDES PSEUDO-EXANTHEMATIQUES.

Nous avons dit que ces arthritides étaient érythématcuscs, vésiculeuses ou squameuses.

(a) Arthritides pseudo-exanthématiques érytkémateuses.

Érythème noueux. — Cette variété d'érythème est précédée ordinairement pendant plusieurs jours par un malaise général, de l'anorexie, de la céphalalgie, un mouvement fébrile plus ou moins intense, des picotements sur les parties qui doivent être le siège de l'affection , et souvent aussi des douleurs dans les articulations et la continuité des membres qui persistent quelquefois après l'apparition de l'éry thème.

Alors se dessinent sur les membres , et particulièrement sur la partie antérieure des jambes et le pourtour des genoux, sièges habituels de cette affection, des taches rouges, douloureuses à la pression, plus ou moins régulièrement ovales, dont le plus grand diamètre, parallèle à l'axe des membres, varie de quelques millimètres à 4 ou 5 centimètres, offrant à leur centre

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une saillie du volume d'un pois, d'une noisette et même d'une petite noix, et qui donne au doigt que l'on promène des parties saines sur les parties malades, la sensation d'une véritable nodosité enchâssée dans le tissu cellulaire sous-cutané. La coloration des surfaces malades passe successivement du rouge au rouge foncé, violacé, et bientôt fait place à une teinte ecchymotique bleuâtre et verdâtre, indice de l'infiltration sanguine qui s'est produite dans le tissu cellulaire sous-cutané. A ce moment, enfin, existe souvent une fluctuation obscure, due au ramollissement de la tumeur érythémateuse, mais jamais on n'observe de suppuration ou d'ulcération.

Plus fréquente chez l'homme que chez la femme , cette affection se développe principalement chez les individus doués d'un tempérament sanguin, et sous l'influencç du froid humide, de fatigues, d'écarts de régime, coexiste souvent avec le rhumatisme, ainsi que le démontrent les observations de MM. Bouillaud, Rayer, Schœnlein et Bazin , et enfin est accompagnée d'une augmentation de la fibrine du sang.

Diagnostic. — Devant indiquer plus loin les caractères différentiels de l'érythème induré , nous ne les énumérerons pas ici. (V. Scrofulides.)

Dans l'urticaire simple, les plaques ortiées, rosées à la périphérie, sont décolorées au centre, n'existent à la surf ace des téguments que pendant un certain temps de la journée, et enfin déterminent un prurit intense , tandis que l'érythème noueux est permanent , présente une coloration foncée, puis bleuâtre et jaunâtre ; une induration centrale, enchâssée dans le tissu cellulaire, est douloureux à la pression et n'occasionne que de faibles démangeaisons. Dans l'urticaire tubéreuse , la saillie est superficielle, intermittente, ne présente pas la teinte ecchymotique de l'érythème noueux, et persiste pendant plusieurs années.

L'érythème produit par les piqûres de punaises est disséminé sur toute la surface du corps , et caractérisée par des saillies oblongues et rosées, superficielles, présentant à leur centre le? stigmates de la piqûre, et ne donnant pas au doigt

la sensation d'une induration s'enfonçant dans le tissu cellulaire.

L'érythème noueux a pour élément primitif une tache, et constitue une espèce du genre éry thème.

Pronostic. — Considéré en lui-même, l'érythème noueux n'est pas grave puisqu'il disparaît spontanément en peu de temps ; mais si l'on envisage que l'existence de cette affection indique que le malade est sous l'influence de l'arthritis, ma* ladie constitutionnelle qui peut donner lieu ultérieurement â d'autres manifestations , alors on devra porter un pronostic plus sérieux, au moins quant à ce qui concerne l'avenir.

Traitement. — Quelques purgatifs, une diète légère, des bains amidonnés suffisent pour amener la guérison ; rarement il est nécessaire de pratiquer une saignée.

Érythème papulo-tuberculeuœ. — Le début est généralement brusque, et les seuls phénomènes que l'on constate avant l'apparition de la rougeur des téguments , consistent dans l'existence de picotements à la surface des parties qui doivent être le siège de l'éruption, dans un peu d'anorexie, un léger malaise, etc.

L'éruption est caractérisée par de petites plaques saillantes, nettement circonscrites , offrant des bords plus ou moins festonnés , et relevés au-dessus des parties environnantes, circulaires ou plus ou moins ovalaires , d'un rouge foncé, vineux et même violacé, sièges quelquefois d'une congestion si intense qu'il se produit des hémorrhagies intra-dermiques.

Dans certaines de ces plaques le centre est sain et légèrement déprimé; dans certaines autres on observe au centre, ou sur les bords, de petites saillies irrégulières , arrondies à leur sommet, et formant de grosses papules , ou même de véritables indurations tuberculeuses. Autour de ces plaques existent souvent des taches dépassant rarement la largeur d'une pièce de 80 centimes, et saillantes en forme de papules.

On voit donc que l'érythème papulo-tuberculeux est caractérisé par la réunion de plusieurs éléments éruptife, et qu'il répond aux érythèmes simple, populeux et tuberculeux; il répond

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aussi aux érythèmes circiné et marginé, caractérisés, le premier, par des cercles rouges plus ou moins étendus, et dont le centre est sain, et le second, par des taches rouges ou violacées, que circonscrivent nettement des bords relevés au-dessus des par* ties environnantes.

L'érythème papulo-tuberculeux est quelquefois accompagné de coryza aigu, de bronchite catarrhale, de conjonctivite, d'ecchymose sous-conjonctivale , d'une éruption sur la muqueuse buccale, de petites vésicules qui se rompent et laissent après leur rupture de petites ulcérations arrondies, superficielles et entourées d'une rougeur érythémateuse.

L'érythème papulo-tuberculeux a pour siège d'élection le dos des mains et des avant-bras, la paitie antérieure des genoux, le nez, les joues, les lèvres et les paupières; il est souvent accompagné de douleurs dans les membres et dans les articulations, et le sang des individus qui en sont affectés présente une augmentation de la fibrine.

La marche de cette affection est aiguë ou subaiguë ; aussi, les phénomènes éruptifs ont-ils généralement disparu au bout de quinze à vingt jours, ou ne reste-t-il alors qu'une teinte ecchymotique, témoignant de la congestion intense et de l'hémorrhagie qui ont eu lieu au niveau des taches.

Étiologie. — L'érythème noueux et l'érythème papulo-tuberculeux naissent sous l'influence du froid , et surtout du froid humide, par suite de fatigues, d'écarts de régime , d'excès alcooliques (É. noueux), d'irrégularités de la menstruation (É. papulo-tuberculeux). L'influence du printemps sur le développement de ces deux arthritides est incontestable.

Pronostic et traitement. — Je n'ai rien à ajouter à ce que j'ai dit relativement au pronostic et au traitement de l'érythème.

Urticaire hémorrhagique. — Le genre urticaire présente deux espèces qui se rattachent à l'arthritis ; ce sont : l'urticaire hémorrhagique, affection pseudo-exanthématique, et le cnidosis, ou urticaire chronique, arthritide irrégulière.

Symptomatologie. — Après un ou deux jours de prodromes, consistant dans de la fièvre, de la lassitude, de la céphalalgie,

des troubles digestifs, du prurit, etc., apparaissent sur les membres, le tronc, la face, des papules ortiées, ordinairement circulaires, de quelques millimètres à 2 centimètres de diamètre, entourées d'une auréole rouge et quelquefois violacée, présentant à leur centre, en général décoloré, une tache noirâtre, constituée par une hémorrhagie capillaire, phénomène qui a fait donner à cette variété d'urticaire le nom d'hémorrhagique, et accompagnées de démangeaisons assez vives.

L'éruption est discrète ou confluente; dans ce dernier cas, les papules se réunissent, et on observe alors de larges plaques nuancées de rouge et de petits points ecchymotiques.

Chaque papule a une durée assez longue, et persiste deux à trois septénaires ; de là le nom de urticarxa perstans donné aussi à cette espèce d'urticaire; la marche intermittente des papules ne s'observe pas dans l'urticaire hémorrhagique : les papules s'effacent peu à peu, laissent à leur place des taches ecchymotiques, lentes à disparaître , et sont remplacées par d'autres papules.

Êtiologie. — L'urticaire hémorrhagique naît surtout dans l'adolescence et dans l'âge adulte, chez les personnes du sexe masculin, et chez celles qui sont douées d'un tempérament sanguin. Le froid a une influence incontestable sur son apparition.

Diagnostic. — Nous avons indiqué les caractères distinctifs du genre urticaire (page 42). Le diagnostic de l'espèce urticaire hémorrhagique est très-facile , si l'on se fonde sur l'injection intense de -la base , le point central ecchymotique et la durée de chaque papule.

La nature arthritique de cette affection est indiquée, selon M. Bazin, par l'influence du froid sur l'apparition des plaques ortiées, par la congestion intense et l'hémorrhagie de la peau qui les accompagnent, par l'augmentation de la fibrine du sang qu'on retrouve ici comme dans les autres arthritides pseudoexanthématiques ; et enfin par les relations que présente cette espèce d'urticaire avec d'autres affections de nature évidem-

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ment arthritique, telles que les érythèmes que nous avons étudiés et le rhumatisme.

Pronostic. — Il n'offre aucune gravité, l'urticaire hémorrhagique guérissant spontanément en deux ou trois septénaires; mais cette affection récidive assez souvent et indique l'existence d'une maladie constitutionnelle : Tarthritis.

Traitement. — On conseillera des lotions émollientesettièdes, avec les décoctions de guimauve, de graine de lin ou de pavot; un régime doux, un purgatif salin, ou une petite saignée si le sujet est sanguin.

(b). Arthritides pseudo-exanthétnatiques vésiculeuses.

Herpès circini* — On désigne ainsi une espèce du genre herpès, caractérisée par une éruption de vésicules disposées en cercles sur une surface enflammée, cercles quelquefois accolés, le plus souvent séparés les uns des autres par des intervalles de peau saine.

Symptomatologie. — Après un ou deux jours de malaise général, de fièvre, d'anorexie, d'une sensation de picotements et d'élancements sur tous les points qui doivent être affectés, apparaissent sur le tronc, et principalement la partie antérieure de la poitrine, sur le cou, des cercles rouges de la largeur d'une pièce de i franc à celle d'une pièce de 5 francs, séparés les uns des autres ou se touchant par leur circonférence , cercles qui présentent bientôt des vésicules de la grosseur d'une tète d'épingle, dont la durée ne dépasse pas vingt-quatre à quarantehuit heures , et laissant à leur place des lamelles fines et d'un gris blanchâtre, stigmates de l'existence antécédente des vésicule» ; pendant que cette desquamation se produit, un autre cercle de vésicules naît à la circonférence, de sorte qu'à la période d'état on constate une première zone rouge surmontée de vésicules, en dedans une seconde zone plus large et siège d'une desquamation constituée par des lamelles fines , enfin une partie centrale saine, si ce n'est lorsque des cercles se coupent mutuellement.

Le malade éprouve des picotements légers, qui augmentent sous l'influence de la chaleur du lit ; enfin, l'affection n'est accompagnée d'aucun suintement, le liquide des vésicules se résorbant en partie et se transformant en squames légères.

Un septénaire après le début de ces phénomènes, on ne constate plus que l'existence de squames légères, grisâtres, reposant sur une surface érythémateuse qui pâlit également de plus en plus.

Plus tard encore les squames tombent, la rougeur s'efface complètement, et la peau reprend peu à peu sa coloration normale.

Etiohgie. — Les causes de l'herpès circiné arthritique sont celles des arthritides aiguës.

Diagnostic, — L'herpès circiné arthritique peut être confondu avec l'herpès circiné parasitaire : mais cette dernière affection siège au niveau des parties velues, à la face en général, au dos des mains où elle est transmise par contagion ; est caractérisée et par des cercles complets et par des arcs de cercle concentriques, revêtus de squames fines, argentées ; a une marche essentiellement chronique; est accompagnée de l'engaînement des poils par la poussière champignonneuse, ou plus tard par des tubercules de sycosis, etc. Enfin, si l'on examine au microscope les squames argentées qui recouvrent les cercles ou les arcs de cercle, on constate l'existence des spores du trichophyton.

Pronostic et traitement. — L'affection cutanée n'est pas sérieuse et guérit spontanément en quelques jours, mais traduit une maladie constitutionnelle : l'arthritis. Il suffit de conseiller de saupoudrer les parties malades de poudre d'amidon, de prendre de légers purgatifs, des boissons acidulées et diurétiques, et au déclin de l'affection quelques bains amidonnés ott légèrement alcalins.

Hydroa vèskuleux. — Nous transcrivons ici le chapitre sur Thydroa que nous avons publié dans le premier vplume des leçons sur les affections génériques de la peau. Sous le nom d'hydroa, on désigne une affection analogue à l'herpès phlycténode de Willan, caractérisée par des vésicules ou de petites

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bulles qui se montrent par groupes placés à des intervalles plus ou moins éloignés. Cette affection se présente exclusivement chez les sujets arthritiques, et constitue une affection propre.

M. Bazin distingue trois variétés d'hydroa : l'hydroa vésiculeux, l'hydroa vacciniforme confondu avec l'aphthe chronique (olophlyctide chronique d'Alibert) ; l'hydroa bulleux (pemphigus à petites bulles).

Première variété. — L'hydroa vésiculeux est une affection qui a été confondue généralement par les auteurs avec l'érythema papulatum.

Siège. — L'hydroa vésiculeux se développe sur les téguments cutanés et muqueux. A la peau, il existe ordinairement sur les parties découvertes; nous l'avons vu à la face dorsale des mains et des poignets, à la partie antérieure des genoux. Dans la plupart des cas, la muqueuse buccale a été affectée; l'éruption occupe de prélérence la lèvre inférieure et la face interne des joues. Cependant, sur un malade, la base de la luette était entourée par un cercle de vésicules. La conjonctive peut être aussi le siège des éruptions que nous étudions.

Symptômes. — L'affection est quelquefois précédée de malaise, d'anorexie et d'un léger mouvement fébrile ; mais ces phénomènes prodromiques peuvent manquer, ou être si peu marqués, que l'attention du malade est d'abord attirée par le développement des vésicules.

L'éruption apparaît en premier lieu sur le dos des mains et sur les genoux ; elle ne se montre habituellement sur la muqueuse buccale que vers le deuxième ou troisième jour. Toutefois, chez un malade, M. Bazin observa, comme signe prodromique, une légère angine produite par une éruption vésiculeuse de l'isthme du gosier.

Quel que soit le siège de l'éruption, elle présente les caractères suivants : on aperçoit d'abord des taches d'im rouge foncé, petites, arrondies, un peu saillantes et à bords nettement limités. Ces' taches ont des dimensions qui varient depuis la largeur d'une lentille jusqu'à celle d'une pièce de

20 centimes; elles sont quelquefois entourées d'une auréole rosée ; elles présentent bientôt à leur centre une petite vésicule remplie d'un liquide jaunâtre et transparent. Cette vésicule nait le jour qui suit l'apparition de la tache rouge ; elle se dessèche rapidement au centre qui est occupé par une petite croûte noirâtre, tandis que le liquide est résorbé à la circonférence. Ces phénomènes s'accomplissent vers le deuxième ouïe troisième jour de l'éruption.

A cette époque, l'affection prend un aspect particulier : on voit de petits disques rouges supportant à leur centre une croûte noirâtre et entourée d'un liséré blanchâtre, légèrement saillant. Ce liséré est formé par l'épiderme macéré qui, après la résorption partielle du liquide contenu dans la vésicule, est appliqué imparfaitement sur le derme. Au bout de quelques jours, la coloration de la petite tache disparait, la croûte centrale tombe en laissant une macule violacée qui s'efface lentement. Assez souvent, un cercle de vésicules, reposant sur une surface rouge, se produit au pourtour de la vésicule centrale, subit la même évolution que cette dernière, et est suivie quelquefois d'une troisième poussée de vésicules; delà résultent des nuances concentriques de coloration qui ont fait donner à cette affection le nom d'herpès iris. Dans d'autres cas, l'affection suit une marche différente : on aperçoit d'abord une petite vésicule arrondie, et bientôt autour d'elle une auréole rouge, au niveau de laquelle l'épiderme est soulevé par un liquide transparent qui se résorbe, tandis que celui qui occupait la partie centrale se concrète en une croûte brunâtre.

Enfin, il peut arriver, surtout dans les temps froids, que le fluide exhalé dans la vésicule se résorbe promptement. Il n'y aura dès lors qu'une petite macule blanchâtre ou jaunâtre, placée au centre d'un disque rouge et formée par de l'épiderme décollé. C'est dans ce cas que l'affection a pu être confondue avec l'érythema papulatum.

Sur les muqueuses, les vésicules sont blanchâtres et entourées d'une auréole violacée; les croûtes se détachent plus promptement.

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Les disques rouges et vésiculeux sont plus ou moins nombreux. Ils sont séparés habituellement par des parties de peau saine ; quelquefois ils sont disposés par groupes de deux ou trois et se touchent par leur circonférence. Ils n'apparaissent pas tous simultanément, mais par poussées successives pendant plusieurs jours. Les parties affectées présentent à peine quelques démangeaisons. Les phénomènes fébriles, qui existent rarement au début, cessent dès que l'éruption se développe.

L'affection se montre successivement sur les genoux et sur le dos des mains, puis sur la muqueuse buccale, et en particulier sur la face interne de la lèvre inférieure. Dans un cas, ainsi que nous l'avons dit, on voyait une couronne de vésicules à la base de la luette.

Durée et terminaison. — La durée de l'bydroa vésiculeux est de deux à quatre septénaires ; chaque élément éruptif pris en particulier parcourt son évolution en quatre ou cinq jours. L'affection ne se prolonge pendant plusieurs semaines que par l'existence des poussées vésiculeuses. La récidive peut avoir lieu ; nous l'avons observée à différentes reprises.

Étiologie. — L'hydroa se montre dans les deux sexes, mais plus souvent dans le sexe masculin ; il se développe chez les adultes vers l'âge de 20 à 30 ans ; est plus fréquent au printemps et à l'automne ; se manifeste chez des sujets qui avaient présenté ou présentent encore des symptômes d'arthritis.

Diagnostic. — Il est facile de reconnaître l'hydroa vésiculeux par les caractères que nous venons de donner. Cependant, cette affection a été confondue et pourrait l'être encore avec l'érythème papuleux et l'herpès.

Dans l'érythème papuleux, on observe parfois une vésicule sur le sommet de quelques-unes des saillies rouges qui constituent l'éruption. Mais dans cette affection, la vésicule n'est qu'un symptôme accessoire ; elle ne présente pas l'évolution de la vésicule de l'hydroa que nous avons décrite avec beaucoup de soin.

L'herpès est caractérisé par des vésicules groupées sur une base enflammée ; il est souvent accompagné de symptômes gé-

270 AFFECTIONS SPÉCULES.

néraux. Dans l'hydroa, chaque vésicule repose sur une petite tache violacée et parfaitement distincte ; les symptômes généraux font défaut le plus ordinairement.

Nature. -~ L'hydroa vésiculeux est une affection essentiellement arthritique ; du moins l'avons-nous toujours rencontré chez les sujets arthritiques ; il a présenté constamment des rapports évidents avec des manifestations de l'arthritis.

Pronostic. — Cette affection n'a aucune gravité ; elle disparait spontanément au bout de quatre ou cinq semaines. On sait qu'elle est sujette à récidiver.

Traitement. — On devra se borner à prescrire des bains alcalins et à employer des moyens hygiéniques : on recommandera aussi le repos, un régime doux et des boissons diurétiques.

(G) Arthritide pseudo-exanthématique squameuse.

Pityriasis rubra aigu. — L'arthritis détermine deux espèces de pityriasis, l'une pseudo-exanthémathiquc, pityriasis mira aigu disséminé, l'autre chronique, pityriasis circonscrit. Nous ne devons étudier en ce moment que le pityriasis rubra aigu, maculé et circiné.

Définition. — Le pityriasis pseudo-exanthématique arthritique est caractérisé par des taches rouges, petites, mais se réunissant quelquefois et formant alors de larges plaques ; taches couvertes de squames furfuracées blanchâtres et disparaissant spontanément dans l'espace de deux à quatre septénaires.

Symptomatologie. — Après quelques jours de prodromes apparaît une éruption qui se présente sous deux aspects : tantôt, en effet, elle est caractérisée par des taches petites, arrondies et à bords sinueux, disséminées sur toute la surface du corps, présentant une teinte rosée, et sièges d'une desquamation plus ou moins abondante : pytyriasis maculata ; tantôt elle est constituée par des taches rouges, se réunissant pour former des cercles plus ou moins complets, ressemblant à ceux de

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l'herpès circiné et au niveau desquels se fait une desquamation furfuracée : pityriasis circinata.

Dans Tune et l'autre de ces variétés existent des démangeaisons, quelquefois assez intenses pour forcer le malade à se gratter; on peut voir alors apparaître des placards eczémateux.

Cette affection siège ordinairement sur la face, le cuir chevelu et le tronc, quelquefois aussi sur les membres/ notamment sur les avant-bras et la partie inférieure des jambes.

Marche, durée et terminaison. — Le pityriasis rubra disparaît quelquefois dans l'espace de dix ou quinze jours, ou se continue pendant quatre et cinq septénaires par des éruptions successives, mais se termine toujours par résolution, et ne passe jamais à l'état chronique.

Ëtiologie. — Il constitue une affection du jeune âge survenant sous l'influence du froid, des écarts de régime et de la suppression de la transpiration. L'influence printanière peut aussi contribuer à la production de l'affection cutanée.

Diagnostic. — Nous avons déjà indiqué les caractères différentiels du genre pityriasis; nous ajouterons seulement que le pityriasis rubra pseudo-exanthématique se distingue du pityriasis rubra arthritique par l'existence de plaques d'un rouge vif, foliacées, lamelleuses, jamais circinées.

Pronostic et traitement. — Le pronostic n'est pas grave, puisque l'affection disparait spontanément. On hâtera la guérison à l'aide de tisanes rafraîchissantes , de bains émollients, de légers purgatifs, etc.

2° ARTHRITIDES VtJLG AIRES.

Cette section comprend cinq groupes renfermant eux-mêmes des genres distincts ; ce sont : les arthritides érythémateuses, Pustuleuses, Vésiculeuses, squameuses et papuleuses*

a* Arthritides érythémateuses ou couperosiquesi

Acné rosée ou couperose arthritique. — On désigne sous ce **om une affection caractérisée par de petites éminences papulo*

pustuleuses, à base rouge et à sommet purulent , et par une rougeur érythémateuse accompagnée de dilatation des capillaires de la peau.

Symptomatologie. — La couperose arthritique occupe principalement le nez, les joues, le menton, quelquefois même la partie antérieure de la poitrine. Elle est caractérisée par des taches rosées ou rouges qui disparaissent sous la pression du doigt, sont d'abord passagères et ne surviennent qu'à certains moments, sous l'influence de véritables poussées congestives d'une partie ou de presque tout le visage, poussées accompagnées de tuméfaction et de sensation de chaleur, de pesanteur, etc.

A un moment donné, la rougeur devient habituelle et permanente en certains points, et surtout au nez. Elle est alors principalement constituée par des vaisseaux capillaires dilatés et flexueux, augmente après les repas et l'exposition à la chaleur. Alors aussi on constate, en général, l'existence de saillies papuleuses ou papulo-tuberculeuses, qui ne tardent pas à se convertir en pustules, et sont dues à l'inflammation des glandes sébacées. La dilatation des capillaires existe non-seulement au niveau des taches de couperose, mais aussi à leur circonférence.

Si l'affection continue , la peau s'épaissit , s'indure et se couvre de tubercules rugueux qui atteignent quelquefois le volume d'une noisette et coexistent avec les papulo-pustules précédemment décrites.

Les régions affectées sont le siège de picotements, d'élancements, ou d'une sensation de cuisson et de chaleur.

Marche , durée. — La couperose a une marche chronique, offre quelquefois des rémissions, mais passagères, et en défini— tive ne guérit que rarement et fait le désespoir du médecin e£* du malade.

Étiologie. — Cette affection apparaît habituellement à l'âge d^ 30 ou 40 ans, vers l'âge critique, et est rare dans l'adolescence

L'exposition de la face à la chaleur, l'usage de lotions irri — tantes sur la figure, les excès de table, etc., jouent seulemenr '

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le rôle de causes occasionnelles., et ne font qu'éveiller l'arthritis.

Diagnostic. — La couperose arthritique doit être différenciée de la couperose scrofuleuse et de la couperose alcoolique. La couperose scrofuleuse est caractérisée par une rougeur érythémateuse moins vive ; ne présente pas, à la circonférence de la plaque, des capillaires dilatés, et les pustules qui naissent sur les taches couperosiques sont plus rares, mais plus volumineuses et plus purulentes; enfin, il n'existe qu'un prurit modéré.

La couperose alcoolique est difficile à différencier de la couperose arthritique, et pour la reconnaître il faut s'informer si le malade a fait ou non abus des alcooliques; s'il existe ou s'il a existé des manifestations arthritiques, telles que de l'eczéma, des douleurs rhumatismales, des angines, des gastralgies, des migraines.

Pronostic. — Il est sérieux, parce que l'affection siège ordinairement au visage et constitue une difformité désagréable et surtout parce que nous n'obtenons que bien rarement une guérison définitive.

Traitement. — Après avoir recommandé au malade d'éloigner les causes qui ont déterminé l'apparition de l'affection, on conseillera un régime doux, des badigeonnages des parties malades avec de l'huile rie cade, avec une solution alcoolique d'acide phénique (acide 1 partie, alcool 9 parties). M. Bazin n'a pas obtenu de succès avec les pommades au biiodure ou à Kodo-chlorure de mercure, et n'emploie qu'exceptionnellement l'huile de noix d'acajou ou la teinture d'iode. Enfin on ^donnera aussi des douches alcalines ou sulfureuses et surtout des douches pulvérisées.

Mais avant tout il faut instituer un traitement interne et Prescrire des tisanes amères, un verre d'eau de Sedlitz, do f*ulna, de Friedrichshall tous les deux ou trois jours ; le sirop ^calin, et les eaux de Vais, de Vichy, d'Ems.

Intertrigo arthritique. — - L'intertrigo arthritique est caractérisé par une rougeur crythémateusc, sur laquelle naissent or-

dinairement des pustules acnéiques ou furoneulaires et qui s'étendent en largeur par un bourrelet analogue à celui de Therpès circiné.

Symptomatologie. — L'intertrigo siège dans toutes les régions où les surfaces cutanées sont adossées et constitue ordinairement une simple affection artificielle, due au contact de la sueur. Mais si le malade est arthritique, l'éruption érythémateuse, d'abord artificielle, devient une manifestation de la maladie constitutionnelle, qui s'en empare et lui imprime des caractères spéciaux : la rougeur est plus intense, s'étend au delà des parties adossées, par un bourrelet légèrement saillant et se couvre de pustules, de furoncles et d'hidrosadénites, résultats de la propagation de l'inflammation aux bulbes pileux et aux glandes sébacées.

Les surfaces malades sont souvent recouvertes d'une sueur abondante et nauséabonde et sont le siège de démangeaisons, de picotements ou d'élancements.

L'intertrigo arthritique persiste ordinairement des mois et des années, et récidive avec une grande facilité.

Etiologie. — La cause occasionnelle est habituellement le contact de la sueur altérée, aussi, observe-t-on cette affection chez les personnes qui transpirent abondamment; mais la sueur ne fait qu'éveiller la maladie constitutionnelle qui entretient et prolonge l'éruption.

Diagnostic. — L'intertrigo arthritique se distingue de l'intertrigo artificiel par l'existence d'une rougeur plus intense, s'étendant au delà des parties adossées, présentant un bourrelet circonférentiel et recouverte de pustules; par la coïncidence ■ d'affections arthritiques, telles que dyspepsie, acné, etc.

Pronostic. — L'intertrigo est sérieux à cause de sa longue durée et de ses récidives ; parce que s'il siège à la partie il* - * terne des cuisses ou aux aisselles, les mouvements sont difft" ciles ; parce que s'il existe à la vulve et au vagin, il est accoïc*-* pagné de démangeaisons pénibles et tenaces qui peuvent altér^^ les fonctions digestives et déterminer des troubles intellectuel^^

Traitement. — En outre du traitement local que nous avon^^

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indiqué à l'article lntertrigo artificiel, page 146, il faut conseiller le sirop alcalin ou les eaux minérales alcalines.

(B) Arthritides pustuleuses.

Ce groupe comprend l'acné et le sycosis.

Acné arthritique. — Trois variétés d'acné se rattachent à l'arthritis, ce sont : TA. miliaire, TA. pilaris et TA. indurata. 1° Acné miliaire. — Elle est caractérisée par des pustules très-petites, acuminées, entourées d'une auréole rouge et rosée, et constituées par un mélange de matière sébacée, de lymphe plastique et de sérosité purulente.

Les pustules d'acné miliaire occupent le front, les tempes, le nez, le menton, souvent aussi la région dorsale; quelquefois enjin elles sont disséminées sur toute la surface du corps. Ces pustules se réunissent et forment des arcs de cercle, des ellipses, etc., reposent sur une surface rouge et sont accompagnées de pustules d'acné indurata.

L'acné miliaire arthritique peut être confondu avec l'acné miliaire syphilitique. Selon M. Bazin, les deux affections sont caractérisées par des pustules traversées par un poil et entourées d'une auréole d'un rouge vif, etc., et souvent la teinte cuivrée n'existe pas dans la syphilide miliaire. Pendant les deux premières périodes, le diagnostic ne peut s'appuyer que sur les antécédents; plus tard, on pourra s'appuyer sur les cicatrices. L'acné syphilitique offre des cicatrices arrondies, déprimées, cuivrées, et qui blanchissent du centre à la circonférence; au contraire l'acné arthritique donne lieu à des cicatrices plissées et non cuivrées.

L'acné miliaire ayant lieu par poussées successives, on pourra souvent tirer parti de l'existence des cicatrices résultant de l'évolution des pustules antécédentes.

2° Acné pilaris. — Elle est caractérisée par des éléments papuleux à la base, pustuleux au sommet, ombiliqués et traversés par un poil ; le liquide de la pustule se dessèche rapidement et se concrète en une croûte jaune reposant alors sur une

saillie arrondie, rouge et indurée. Bientôt les poils tombent et il n'existe plus que des papules recouvertes de croûtes légèrement déprimées qui tombent à leur tour et laissent des cicatrices blanches et indélébiles. Cette affection est accompagnée de picotements ou de légères démangeaisons. Les pustules sont souvent réunies et disposées en demi-ce j cle, partant d'une tempe pour se rendre à l'autre, en suivant la racine des cheveux ; souvent aussi elles occupent simultanément les favoris et la barbe, et encadrent la plus grande partie du visage.

On peut observer aussi des plaques d'acné pilaris à la nuque, dans le cuir chevelu, aux lèvres, etc.

L'acné pilaris consiste dans l'inflammation des glandes sébacées, annexées au follicule pileux.

Diagnostic. — L'acné pilaris peut être confondu avec la sypliilide pustulo-crustacée circonscrite, qui débute par de -petites pustules acnéiques, occupant la face et le cuir chevelu; mais dans la syphilide, les pustules n'ont qu'une durée éphémère; à leur place existent des croûtes noirâtres et plus larges, entourées d'une aréole cuivrée, enfin après la chute des croûtes, on observe des cicatrices offrant une teinte cuivrée et lisse.

3° Acné. indurata. — Ella est caractérisée pas des éléments papuleux, rouges à la base et purulents au sommet, isolées, mais quelquefois confluents, et constituant alors de petits groupes. Le sommet de ces papulo-pustules s'ouvre bientôt, et par la pression on peut faire sortir une matière analogue au bourbillon du furoncle et constituée par la glande sébacée détruite.

L'acné indurata consiste dans l'inflammation des glandes sébacées, inflammation qui se propage au tissu cellulaire ambiant et n'arrive que lentement à la suppuration.

L'acné indurata arthritique occupe le dos, la partie postérieure des épaules, la partie interne des cuisses, et se montre alors sous la forme de plaques.

Diagnostic. — L'acné indurata scrofuleuse se différencie de l'acné arthritique par les caractères suivants : elle occupe la face aussi bien que le dos, s'accompagne des autres variétés

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d'acné : acné punctata, pustuleuse, sébacée, etc. ; et d'affections éminemment scrofuleuses, telles (pie gourmes, ophthalmies.

Etiologie. — L'acné arthritique s'observe dans la jeunesse et l'âge adulte, au moment de la puberté, de l'âge critique, chez les individus doués d'un tempérament sanguin, etc.

Les irritants de toutes espèces, cosmétiques, vinaigres de toilette, etc. ; les excitants, tels que le café, les alcooliques, jouent le rôle de causes provocatrices de l'acné arthritique.

Traitement. — On prescrira les douches de vapeur ou d'eau sulfureuse, les douches d'eau pulvérisée, les applications d'huile de cade, d'une solution de chlorate de potasse, etc., et simultanément on ordonnera les alcalins et les purgatifs légers.

Sycosis ou mentagre arthritique. — Le sycosis est une affection caractérisée par l'inflammation des follicules pileux.

Symptomatologie. — Le sycosis arthritique occupe ordinairement la lèvre supérieure, parce que les arthritiques sont souvent affectés de coryza et que la lèvre supérieure est sans cesse irritée par le fluide nasal, mais on peut l'observer sur la lèvre inférieure, le menton, les joues.

Il est caractérisé par des papulo-pustules jaunâtres et acuminées dont la base est profonde, rouge et .indurée, le sommet . purulent, papulo-pustules dues à une inflammation limitée au follicule pileux, ne s'étendant pas au tissu cellulaire environnant et ne déterminant pas de nodosités enchâssées dans le tissu sous-cutané, telles que cellfes que l'on observe dans le sycosis parasitaire.

Le liquide de ces pustules se concrète en croûtes jaunes ou brunâtres, sèches et fragmentées ; quelquefois on observe une croûte unique et épaisse, reposant sur une plaque circonscrite et indurée; cet état est dû à l'usage de topiques irritants sur ks parties malades.

Si le sycosis persiste un certain temps, les poils s'altèrent, s'atrophient, deviennent jaunâtres et s'arrachent très-facilement parce qu'alors L'inflammation a gagné la papille pilifère.

Au niveau des surfaces affectées, le malade éprouve des picotements et des élancements.

Marche y durée, terminaison. — Le sycosis arthritique offre en général une intermittence remarquable, disparaît l'été pour revenir au commencement de l'automne ou de l'hiver suivant; mais à l'aide d'un traitement approprié, on peut obtenir sa guérison.

Etiologie. — Il s'observe, en général, chez les individus du sexe masculin, dans l'âge adulte et la vieillesse, au commencement de l'automne et de l'hiver.

Les irritants, tels que les pommades, les cosmétiques de mauvaise qualité, le fluide acre du coryza, etc., jouent souvent le rôle de cause provocatrice et éveillent la maladie constitutionnelle, rarthritis.

Diagnostic. — Nous avons établi le diagnostic du genre sycosis, il nous reste à indiquer les caractères différentiels du sycosis parasitaire et du sycosis arthritique.

Le sycosis parasitaire est précédé de cercles d'herpès circiné et de pityriasis alba, affections dont il est encore possible de constater les vestiges lors de l'existence des tubercules du sycosis ; il est caractérisé par des nodosités disséminées dans la région du menton, s'enfonçant dans le tissu cellulaire sous- . eutané, et au niveau desquelles les poils s'arrachent très-facilement, etc.

A.u contraire, le sycosis arthritique est constitué par une plaque circonscrite, saillante, rouge, siégeant dans la gouttière sous-nasale ou au menton, due à une induration du derme, et couverte de croûtes sèches, fragmentées, ou de pustules jaunâtres et à base rouge et papuleuse. Si l'affection est récente, les poils s'arrachent difficilement et sont sains; si, au contraire, elle est ancienne, ils s'arrachent facilement, sont atrophia et jaunâtres ; l'éruption enfin est accompagnée ou a été précédée de coryza, migraines et autres accidents arthritiques.

La syphilide pustuleuse ou tuberculeuse circonscrite diffère du sycosis parce que les éléments primitifs sont groupés é* cercles ou demi-cercles, sont entourés d'une aréole cuivrée ** traversés par des poils sains et persistants. Pronostic. — Le sycosis arthritique est une affection sérient

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non-seulement parce qu'il indique l'existence d'une maladie constitutionnelle, mais aussi parce qu'il est tenace et récidive facilement.

Traitement. — Au début on pourra obtenir la guérison à l'aide seul de pommades au turbith, au précipité rouge, de lotions alcalines; mais à une époque ultérieure et s'il existe une inflammation vive des follicules, on conseillera les cataplasmes de fécule, les lotions émollientes, etc. Lorsque l'inflammation sera apaisée, on prescrira l'épilation, qui a pour but d'enlever une épine, en arrachant le poil, et l'huile de cade, agent substitutif.

On pourra aussi ordonner simultanément les bains et douches de vapeur, les bains alcalins.

Enfin, outre ce traitement local le malade suivra un traitement général consistant dan? les amers, les purgatifs salins, et les alcalins.

(C) Arthritides vésico- squameuses.

Ce groupe comprend deux affections génériques, l'eczéma et l'herpès, et une affection propre, l'hydroa.

Eczéma arthritique circonscrit. — L'arthritis détermine trois formes d'eczéma : l'eczéma circonscrit, l'eczéma nummulaire et l'eczéma gériéralisé ; mais ces deux dernières formes se rattachent au groupe des arthritides irrégulières; seul l'eczéma circonscrit appartient au groupe des arthritides vulgaires.

Symptomatologie. — L'eczéma circonscrit arthritique offre trois variétés : E. circonscrit, E. orbiculaire et E. centrifuge.

fi. circonscrit. — Il occupe les parties génitales, les manuelles, le dos des pieds et des inains, la face dorsale des avantbras et la partie antérieure des jambes, plus rarement le front, la nuque, la partie antérieure de la poitrine; siège seulement tor un des côtés du corps, ou s'il existe sur les parties droites et gauches, a débuté par l'une d'elles et ne s'est développé sur l'autre que longtemps après. Il est caractérisé par des plaques arrondies, rouges, quelquefois même violacées, nettement cir-

consentes, de petites dimensions et dont le diamètre ne dépasse pas ordinairement celui d'une pièce de 5 francs, et est souvent plus petit, mais qui se réunissent quelquefois, et par cette réunion donnent lieu à des plaques plus grandes et couvrant toute l'étendue d'un membre.

A la surface de ces plaques ne se produit qu'un suintement peu abondant de liquide qui se concrète immédiatement en croutelles ou en squames, aussi les surfaces malades offrentelles un aspect de sécheresse des plus remarquables. Quelquefois cependant, par suite de l'application de topiques irritants existent un suintement abondant et consécutivement des croûtes épaisses.

Au début, lorsque l'éruption éphémère des vésicules se produit, le malade éprouve des démangeaisons ; plus tard lorsqu'il n'existe qu'une surface légèrement suintante, il ne ressent que des picotements et des élancements.

Si l'eczéma circonscrit occupe la face dorsale des mains, il est remarquable par sa sécheresse et le fendillement de l'épiderme qu'il détermine; s'il siège à la paume des mains et à la plante des pieds, l'épaisseur de l'épiderme empêche souvent la rupture des vésicules dont le liquide est résorbé, de sorte que l'épiderme se réapplique sur le derme; de là des taches jaunes au niveau desquelles l'épiderme tombe et laisse à nu une membrane de nouvelle formation rouge ou violette. S'il existe sur les faces latérales des doigts, il est caractérisé par l'existence de 10, 15, 20 cercles rouges, recouverts bientôt de petites vésicules qui se rompent en ne donnant lieu à aucun suintement et sont limités par un liséré épidermique blanchâtre qui a fait suite à la rupture des vésicules. S'il siège à la partie sous-unguéale des doigts (E. unguinum), la sécrétion est peu abondante et se concrète en croûtes jaunâtres et ternes, s'accumulant sous la partie antérieure de l'ongle, la soulevant, 1* déviant et finissant par la faire tomber. Il peut exister un pe** de rougeur autour de l'ongle et même de l'eczéma.

h* eczéma orbiculaire siège autour des orifices naturels, tels qtM~ â la bouche, l'ombilic, l'anus, etc., présente les caractères qim-

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nous avons précédemment décrits et détermine des troubles fonctionnels en rapport avec la partie qu'il occupe : gène dans l'ouverture des lèvres à l'orifice buccal par exemple.

h' eczéma centrifuge est ainsi appelé parce qu'il se présente sous la forme de disques circulaires ou demi-circulaires plus ou moins étendus, dont la circonférence externe se continue insensiblement avec la peau normale et la circonférence interne, présente des abords déchiquetés, disques qui circonscrivent une surface saine et sont recouverts de petites croûtes ou de squames jaunâtres.

A côté de l'eczéma arthritique M. Bazin décrit une affection qu'il désigne sous le nom d'hidrosadénite ulcérative, affection occupant la paume des mains, la racine et la face palmaire des doigts, quelquefois les parties correspondantes des pieds, intéressant les glandes sudoripares et caractérisée par des exulcérations superficielles, continues entre elles, disposées circulairement ou en fer à cheval, naissant successivement, etc. Cette affection est tenace, récidive fréquemment et s'accompagne d'autres accidents.

Marche, durée, terminaison. L'eczéma arthritique a une

marche chronique, est sujet aux récidives, mais ne se généralise pas comme l'eczéma dartreux, et peut se transformer en pseudo-pityriasis ou pseudo-lichen. »

En 1868, un malade du service de M. Bazin présentait, à la suite d'un eczéma unguium étendu aux doigts et au dos du pied, des végétations de la grosseur d'une noisette en moyenne, *ougeâtres, peu sensibles au toucher, arrondies, se touchant par leurs côtés, et dont les bases reposaient sur une surface rouge, épaisse et comme lichen oïde. Le moule du pied de ce malade existe au musée de l'hôpital Saint-Louis.

Diagnostic. — L'eczéma circonscrit arthritique se différenciera facilement de l'eczéma scrofuleux, qui a pour siège ordinaire la face, la partie postérieure des oreilles, le cuir chevelu, est accompagné d'un suintement abondant de liquide qui se concrète en croûtes jaunâtres et épaisses, d'engorgements gan- Klionnaires, d'ophthalmies, ne détermine que peu de prurit, etc.

et de l'eczéma herpétique qui débute par le pli du coude et les jarrets, est caractérisé par des plaques larges, sièges d'un suintement abondant, de démangeaisons vives, ayant une grande tendance à s'étendr*, etc.

Ëtiologie. — L'eczéma arthritique s'observe surtout chez l'adulte pléthorique et sanguin, à la suite d'écarts de régime, d'un usage prolongé d'alcooliques ou d'une nourriture excitante.

Pronostic. — Il présente une certaine gravité , parce que cette espèce d'eczéma siège sur les parties découvertes, et récidive facilement; mais cette gravité est tempérée par cette considération que l'eczéma circonscrit ne se généralise pas et disparait même après un temps plus ou moins long.

Traitement . — Le traitement local consiste dans l'usage, an début, de cataplasmes de fécule , de poudre et de bains d'amidon, et plus tard dans l'emploi de pommades au calomel, au sulfate de fer; d'huile de cade mêlée à l'huile d'amandes douces, si les surfaces sont bien sèches et squameuses, et aussi de bains alcalins, de douches sulfureuses, de bains et de douches de vapeur. Le traitement interne consiste dans l'administration du sirop alcalin, d'eaux minérales, telles que celles de Royat, Vichy, Ems.

Herpès successif et chronique. — M. Bazin désigne sous ce nom une affection caractérisée par des vésicules d'herpès phlycté* noïde , siégeant habituellement sur le prépuce et l'orifice vulvaire , plus rarement à l'orifice buccal, affection chronique et se perpétuant par des poussées successives.

Symptomatologie. — L'éruption est caractérisée par des vésicules réunies et formant de petits groupes plus ou moins isolés, occupant tantôt le bord libre muqueux des lèvres, les commissures et souvent la surface cutanée; tantôt la face muqueusedu prépuce, au niveau de la rainure de sa base, quelquefois 1^ gland ou la peau du prépuce; enfin, la face interne ou extern* des grandes lèvres, et même le col de l'utérus.

Les vésicules herpétiques sont remplies d'un liquide d'aborc transparent, mais bientôt blanchâtre, se rompent vers le troisième ou quatrième jour, et donnent issue à un liquide qui m

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concrète en croûtes plus ou moins épaisses , au-dessous desquelles existent des exulcérations qui se cicatrisent bientôt et né laissent aucune trace de leur existence; mais de nouvelles poussées se succèdent les unes aux autres, et prolongent ainsi l'affection des mois et des années. Au prépuce, à la vulve, il est difficile d'observer les vésicules , et le plus ordinairement on ne constate que l'existence de l'exulcération.

Diagnostic. — Nous avons indiqué les caractères distinctifs du genre herpès; le diagnostic de l'espèce d'herpès est facile à établir : les herpès artificiels ou symptomatiques d'une maladie fébrile surviennent, les premiers après l'action de substances irritantes, les seconds au décours de maladies dont ils constituent une crise ; l'herpès idiopathique est caractérisé par l'existence d'un mouvement fébrile, par sa marche aiguë, l'absence de récidive, etc.

Pronostic. — L'herpès successif est tenace , récidive facilement , simule une affection syphilitique lorsqu'il siège aux parties génitales, et, à ces divers points de vue, constitue une affection sérieuse.

Traitement. — Le traitement local consiste dans des applications de charpie imbibée d'une solution légèrement astringente, telle que la solution d'alun, de tannin, d'eau blanche , et si l'affection persiste , dans de légères cautérisations aveo le nitrate d'argent.

Comme traitement général, on prescrira le sirop alcalin, les eaux de Royat, de Vais, de Vichy.

Hydroa vacciniforme. — Symptomatologie. — Cette affection est caractérisée par des taches rouges , sur lesquelles naissent des vésicules transparentes, ombiliquées à dater du second jour de leur existence, et dont le liquide se trouble bientôt et se concrète ensuite en une croûte que l'on observe d'abord au centre et ensuite à la circonférence. Après la chute de cette croûte existe une cicatrice déprimée.

Quelquefois la sécrétion séro-purulente est abondante, et les croûtes sont épaisses, jaunâtres et semblables à celles de l'impétigo.

L'hydroa vacciniforme se prolonge par des poussées successives pendant plusieurs mois, quatre, cinq, six mois.

Les parties découvertes, le nez, les joues, les poignets, les mains, la muqueuse buccale, constituent des sièges d'élection.

Traitement. — M. Bazin recommande d'éviter les promenades au grand air, le séjour aux bords de la mer, et les transitions de température, et ordonne à l'intérieur le sirop alcalin et les eaux minérales alcalines ; à l'extérieur, les douches sulfureuses faibles, les douches alcalines et pulvérisées.

(d). Arthritides vulgaires squameuses.

Elles comprennent deux genres : le pityriasis et le psoriasis.

a. Pityriasis chronique et circonscrit. — Symptomatologiê. — Le pityriasis chronique arthritique est ordinairement circonscrit et s'observe sur les parties découvertes et velues : le cuir chevelu, la nuque, les sourcils, la barbe, la partie antérieure de la poitrine et les aisselles.

Symptomatologiê. — Il est caractérisé par des placards rouges, au niveau desquels la peau a conservé sa coloration normale; lorsque les surfaces malades sont rouges, tantôt la rougeur est générale, tantôt elle se présente sous la forme de petits disques arrondis et entourant la base des poils. Les glandes pilifères forment une saillie plus considérable et sont recouvertes de squames minces formant autour des poils une gaine épidermique, remontant plus ou moins haut sur la tige. Lorsque l'affection est ancienne, les poils sont secs, atrophiés, cassants, et tombent; la calvitie est d'abord temporaire, les cheveux repoussent; mais après un certain temps les altérations de la papille sont si considérables qu'elle devient définitive. Le malade ressent au niveau des surfaces malades des picote* ments et des élancements.

Sous le nom de pityriasis acnéique, M. Bazin décrit une affection caractérisée par des placards irréguliers , le plus souvent arrondis et nettement circonscrits, d'une coloration d'un rouge assez marquée , recouverts de quelques squames blanchâtres,

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et à la circonférenco desquels on observe une série de véritables pustules acnéiques, siégeant à la base des poils, à sommet jaunâtre et acuminé, et qui les séparent nettement des parties saines.

Nous avons plusieurs fois observé cette variété de pityriasis arthritique , dans le service de M. Bazin; elle occupait une grande partie du dos où elle formait un large placard plus ou moins ovalaire et nettement circonscrit.

L'altération des follicules pileux est plus prononcée dans cette variété que dans la variété précédente.

Marche, durée. — Le pityriasis arthritique persiste des mois et même des années, récidive facilement et détermine souvent ime calvitie temporaire et même permanente.

Étiologie. — Le sexe masculin , la jeunesse et l'âge adulte sont surtout sujets à cette affection, qui reconnaît pour causes provoquantes les pommades et les lotions irritantes, le contact de la sueur abondante, en général, chez les arthritiques.

Diagnostic. — Le pityriasis herpétique occupe de grandes surfaces, et les parties non velues aussi bien que les parties Telues, ne détermine qu'exceptionnellement, et après une longue durée, la chute des cheveux.

Le pseudo^pityriasis scrofuleux a été précédé d'un eczéma qui était le siège d'une sécrétion plus ou moins abondante; les squames, d'ailleurs, sont plus épaisses, plus jaunâtres et offrent un certain degré d'humidité; <il occupe non-seulement le cuir chevelu, mais la face postérieure des oreilles, ou le pavillon auriculaire, est accompagné d'autres accidents scrofuleux.

Traitement. — J'ai résumé en ces termes, dans le 1 er volume des affections génériques de la peau, le traitement du pityriasis arthritique :

On ordonnera la tisane ûe saponaire ou de pensée sauvage, ^dulcorée aveu le sirop de fumeterre ou d'orme pyramidal ; x&atin et soir, une cuillerée à soupe de sirop alcalin, et une eau alcaline aux repas ; on fera raser ou couper, à quelques milli- Hiètres de la peau, les cheveux ou les poils qui recouvrent les

parties malades, et tous les trois jours on badigeonnera à l'huile de cade les surfaces affectées; trois ou quatre fois par jour on lotionnera les surfaces malades avec une solution de glycérine ou de saponine , et une faible [dose de carbonate de soude (eau de son, 500 grammes ; glycérine anglaise, 30 gr.; carbonate de soude, 25 centigr. à 1 gramme), et on fera prendre des bains alcalins ou de vapeur.

Psoriasis arthritique. — Le psoriasis arthritique occupe de préférence les régions découvertes, telles que la tète, la paume des mains, la plante des pieds, etc., mais se rencontre rarement au niveau des coudes et des genoux, régions où siège habituellement le psoriasis herpétique. Il se présente sous l'aspect scarlatiniforme et sous la forme nummulaire.

a. Le psoriasis scarlatiniforme se développe, -dans la plupart des cas, simultanément à la plante des pieds, à la paume des mains, à la racine des cheveux et aux organes génitaux ; ce* pendant il peut n'occuper que quelques-unes de ces régions.

Il est caractérisé par un sentiment de tension et de brûlure au niveau des parties malades, par une desquamation cjui a lieu par larges plaques épidermiques analogues à celles de la scarlatine , par un épaississement et une rougeur scarlatiniforme des téguments sous-jacents aux squames, et enfin lorsque l'affection siège à la paume des mains et à la plante des pieds, par des fissures profondes, desquelles s'écoule une sérosité plastique qui se concrète sous forme de croûtes, ainsi que par la demi-flexion des doigts et des orteils* Cette forme de psoriasis est assez rare.

b. Le psoriasis nummulaire occupe à peu près les mêmes régions que le psoriasis scarlatiniforme. Il est caractérisé par des plaques rouges , arrondies et recouvertes de squames qui ne présentent jamais la couleur blanche et argentée, la sèche* resse remarquable des squames du psoriasis herpétique, mais offrent une humidité due à une sécrétion intermittente des surfaces malades ; d'où il résulte qu'il est quelquefois difficile de décider si l'on a sous les yeux un eczéma ou un psoriasis.

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C'est, du reste, un des principaux caractères du psoriasis arthritique que la tendance qu'il possède à se convertir en affection suintante, en eczéma.

Les surfaces affectées de psoriasis sont ordinairement le siège de picotements et d'élancements.

Le psoriasis scarlatiniforme présente quelquefois une durée très-courte et se termine dans l'espace de quelques semaines, mais souvent il passe à l'état chronique et se perpétue pendant un temps indéterminé. Le psoriasis nummulaire, au contraire, suit toujours une marche chronique, est sujet à récidiver et revient à des saisons ou à des époques fixes. Mais à une certaine époque l'affection disparait à jamais , soit parce que la maladie qui lui a donné naissance a cédé à un traitement approprié, soit parce qu'elle a fait place à des manifestations d'une période plus avancée.

M. Bazin décrit, à côté du psoriasis arthritique, le psoriasis buccal, affection qui occupe la face interne des lèvres, des joues et de la langue, est caractérisée par l'existence de petites plaques blanchâtres, arrondies ou irrégulières, paraissant dues à une altération de l'épithélium et des papilles, déterminant une ffêne continuelle.

Le psoriasis buccal a une durée très-longue et persiste pendant des années.

Diagnostic. — Le psoriasis herpétique débute par les coudes *t les genoux, envahit rapidement toutes les parties du corps, &*t caractérisé par des plaques saillantes; rouges, couvertes de Squames sèches et nacrées.

La syphilide tuberculeuse de la paume de la main peut être Confondue avec le psoriasis palmaire ; mais, dans la première ^Section, les squames reposent sur un groupe de tubercules c **ivrés, disposés circulairement, et il n'existe ni cuisson , ni démangeaisons, tandis que dans le psoriasis palmaire on ren» Soufre un mélange de psoriasis, de pityriasis et d'eczéma, de Petites fissures, le malade éprouve dû prurit, etc.

Pronostic. — Il est bénin s'il s'agit du psoriasis scarlatiniforme qui disparait en quelques semaines; plus sérieux s'il

s'agit du psoriasis nummulaire, affection qui persiste longtemps, et récidive après avoir été guéri.

Traitement. — En outre des alcalins, on conseillera l'huile de cade, les douches alcalines et de vapeur, et les bains de même nature. (Voyez Traitement du psoriasis, p. 141.)

(e). Arthritides papuleuses.

Elles renferment deux genres : le prurigo et le lichen.

Prurigo arthritique. — Symptomatologie. — Cette affection occupe surtout la partie antérieure de la poitrine , les parties latérales du cou, le pourtour de l'anus, la face interne des cuisses et les organes génitaux; elle est caractérisée par des papules isolées, peu volumineuses, accompagnées de picotements et d'élancements; persiste longtemps et récidive facile» ment. Le froid parait exercer une incontestable influence sur son apparition ou sa récidive.

Pour établir le diagnostic de cette espèce de prurigo, on se fondera sur le siège limité de l'affection, l'existence de picotements et non de démangeaisons, la coïncidence d'autres affections arthritiques, etc.

Lichen arthritique. — Il comprend trois variétés : le lichen circonscrit, le lichen pilaris et le lichen lividus.

Lichen circonscrit. — Le dos des avant-bras et des mains, le côté externe des membres, le front, les parties génitales sont les sièges de prédilection du lichen circonscrit. Cette variété de lichen est caractérisée par des papules nombreuses groupées les unes à côté des autres, et formant ainsi par leur réunion des plaques arrondies qui présentent un diamètre de 3, -4 et 5 centimètres. Ces plaques sont nettement limitées par des bords saillants et offrent une coloration rouge ou violacée ; leur nombre est variable : tantôt il en existe seulement deux ou trois, tantôt on en observe un nombre assez considérable. Elles port accompagnées de picotements ou d'élancements plutôt que de démangeaisons. Bientôt les papules s'affaissent, se recouvrent à leur sommet de petites squames très-adhérentes^et finissent

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enfin par disparaître complètement, ne laissant à leur place qu'un épaississement notable et une coloration plus foncée des téguments, phénomènes qui finissent eux-mêmes par s'effacer. Le lichen circonscrit est une affection très-tenace et sujette à récidiver; cependant il est destiné à disparaître dans un temps plus ou moins long , tandis que le lichen dartreux se généralise à mesure que l'individu avance en âge.

Lichen pilaris (cutis anserina). — Le lichen pilaris est caractérisé par des papules traversées par un poil et plus volumineuses que celles du lichen simple.

Siège. — Il se montre dans la barbe, sur la partie antérieure de la poitrine et sur la face externe des membres, et principalement des jambes.

D'après les différences qu'on peut trouver dans la lésion élémentaire, M. Bazin établit deux variétés de lichen pilaris : 1° lichen par hypertrophie papillaire, 2° lichen par altération fonctionnelle de la papille.

1° Dans la première variété, on rencontre de grosses papules traversées par un poil , constituées par l'hypertrophie du follicule pileux et de la papille pilifère. La peau présente alors un aspect rugueux qui ressemble à cet état qu'on désigne communément sous le nom de chair de poule; c'est de là que vient aussi la dénomination de cutis anserina.

Les démangeaisons sont peu vives et habituellement remplacées par des picotements; on n'observe la chute des poils qu'après une longue durée de l'affection.

2° Dans la seconde variété du lichen pilaris, la papille pilifère présente une grave altération fonctionnelle. Elle ne donne plus naissance au poil ; elle sécrète une matière glutineuse, qui, examinée au microscope , se montre composée de cellules épidermiques molles, polyédriques et pourvues d'un noyau trèsvisible. Cette variété de lichen pilaris se rapproche un peu du pityriasis capitis caractérisé par une hypersécrétion épider- Hûque qui se fait aux dépens des parois du follicule pileux. Mais, dans la première affection, on trouve une sécrétion d'épidcrmii muqueux qui a lieu clans la papille elle-même ;

dans la seconde, on observe de véritables cellules épidermiques aplaties, déformées et disposées sous la forme de lamelles ou furfurs.

Le lichen pilaris par altération fonctionnelle de la papille offre des symptôriies qui lui sont proprisé. Il est caractérisé par des papules petites, déprimées à leur centre, d'une couleur jaunâtre ou brunâtre, et disposées en plaques ressemblant à une croûte de pain légèrement brûlée et superficiellement râpée.

Les éléments du poil cessent d'être sécrétés dé borine heure; aussi les papules ne sont pas traversées pat 1 un poil comme celles du lichen par hypertrophié p&pillaire.

Lichen à papules déprimées, lichen lividus. — M. Bazin décHt sous ce nom une variété de lichen, caractérisée par des papules plus volumineuses que celles des autres variétés de lichen, aplaties, se réunissant par groupes de deux, trois, quatre ou en plus grand nombre, pour former des plaques et non accompagnées de prurit.

Dans quelques circonstances, l'éruption revêt Une teinte violacée ; les papules sont mélangées de taches hémorrhagiques et entourées d'une coloration livide.

Diagnostic. — Le lichen arthritique peut être confondu avec les lichens herpétique, scrofuleux, syphilitique et parasitaire; mais le lichen herpétique est caractérisé par des groupes de papules peu volumineuses, groupes disséminés sur toutes les parties du corp3 et occupant principalement la partie interne des membres ; est accompagné de vives démangeaisons, etc. Au contraire, le lichen circonscrit occupe la partie externe des membres* n'est pas généralisé et détermine seulement des picotements*

Le lichen scrofuleux est caractérisé par de grosses papules disséminées sur de larges surfaces, ne détermine, pour ainsi dire pas de prurit et s'observe dans la jeunesse i

Le lichen syphilitique est caractérisé par des papules cuivrées, disséminées sur toute la surface du corps et n'est pas accompagné de démangeaisons.

DES ARTHRITIDES. 291

Enfin, le lichen parasitaire des régions velues est caractérisé par des altérations des poils qui occupent là plaqué de lichen ; ces froils sont cassés et engalués par la matière champignonneuse blanche. Enfin, simultanément, existent des arineaux et dés cercles herpétiques.

Prôltostic. — La ténacité, les récidives fréquentes de l'éruption rendent le pronostic assez sérieux.

Traitement. — Oh prescrira, contre les arthritidespaptdeuses t lés bains alcalins ott de vapeur, les douchèà de vapëufr et les douches pulvérisée^.

Pour calmer le prurit qui existe dans le prurigo, oh ordonnera une solution d'acide phénique au millième, les lotions avec l'eau blanche, l'eau aluminée où vinaigrée, les lbtiôns de sublimé : eau, 300 gr., sublimé, 0,10, les pommades opiacées ou à l'oxyde de zinc, l'huide de cadé pure où mitigée.

Enfin, le sirop alcalin, les eaux minérales alcalines, de légers purgatifs tous les deux ou trois jours seront conseillés ôi* tttaltanéinent.

3° ARTHRITIDES IRRÉGULIÈRES.

(A) Arthritide irrégulière érythétnuteuse.

Urticaire chronique ou cnidosis. — Dans la dernière éditibn de ses leçons sur les arthritides, M. Bazin a admis deux variétés de cnidosis arthritique : le cnidosis tuberosa et le cnidosis fcimplex.

Sgmptomatologie. — Le cnidosis arthritique occupe les parties découvertes, la face, les mains, les avant-bras, se développé souvent le jour sous l'influence du froid. Nous avons observé tin malade à l'hôpital Saint-Louis, et une malade de là ville qui ne pouvaient sortir dehors sans présenter l'un dés tubérosités d'urticaire tubéreuse, l'autre des papules d'urticaire sitnple.

Le cnidosis tuberosa est caractérisé par de9 tubérôsités du volume d'un pois, d'un rouge foncé, violacé, présentant quel-

quefois à leur intérieur de petites hémorrhagies, accompagnées de tension et de gonflement des parties voisines et laissant à leur place des dépressions profondes et quelquefois des taches purpuriques.

Le cnidosis simplex est caractérisé par de légères saillies arrondies, décolorées au centre, et sièges de démangeaisons ou de picotements et d'élancements.

Marche, durée, terminaison. — Le cnidosis arthritique se prolonge ordinairement pendant des mois et même des années ; il se manifeste par poussées, apparaissant à intervalles variables, quelquefois, ainsi que je lai dit, dès que le malade s'expose au froid. S'il persiste longtemps, il peut déterminer une cachexie plus ou moins intense.

Étiologie. — L'exposition au froid, les excès de régime sont les causes déterminantes de l'urticaire arthritique.

Diagnostic. — A l'inverse du cnidosis arthritique, le cnidosis herpétique se développe sur toutes les parties du corps, est déterminé par des émotions morales, apparaît la nuit et disparait le jour, se présente sous la forme dite : urticaria evanida (voyez Herpétides) .

Traitement . — Les eaux minérales alcalines, le sirop alcalin, les bains alcalins forment la base du traitement du cnidosis ; malheureusement cette affection résiste souvent des mois et des années.

(B) Arthritide irrégulière vésiculeuse.

Ce groupe comprend un seul genre : l'eczéma, affection qui offre deux variétés, Y eczéma nummutaire etY eczéma suintant généralisé.

Eczéma nummulaire et eczéma suintant généralisé. — Symptomatologie. — L'eczéma nummulaire présente tous les caractères que nous avons assignés à l'eczéma circonscrit (page 279); sous l'influence des applications irritantes, des excès alcooliques, les surfaces affectées s'étendent et deviennent le siège d'un suintement abondant.

L'eczéma suintant généralisé est caractérisé par de larges

DES ARTHR1TIDES. 293

plaques ovalaires, rouges ou violacées, occupant la partie externe des membres et le tronc, entourés de petits placards circonscrits et arrondis, témoignant de la forme primitive de l'affection, plaques qui sont le siège d'un suintement assez abondant ou sont recouvertes de croûtes minces et foliacées.

L'affection est d'abord limitée à un membre, asymétrique, et ne s'étend que consécutivement aux autres parties du corps.

Marche, durée, terminaison. — L'eczéma nummulaire et l'eczéma suintant présentent une marche chronique, sont tenaces et récidivent facilement jusqu'à ce qu'ils fassent place aux affections de la troisième période de l'arthritis. Rarement ils persistent indéfiniment et déterminent un état cachectique.

Diagnostic, pronostic et traitement. — Nous avons établi le diagnostic, et le pronostic de l'eczéma arthritique, page 282. Quant au traitement, il doit consister, pour cette variété, d'après M. Bazin, dans l'administration prolongée du perchlorure de fer à petites doses, soit seul, soit combiné aux alcalins, en ayant soin de donner ce sel séparément et à des intervalles assez éloignés pour éviter sa décomposition ; dans l'usage d'eaux minérales, d'eaux douces chargées de barégine, comme celle de Molitz, de Saint-Gervais, de Schlangenbad, etc., et dans l'emploi des purgatifs salins. L'arsenic ne détermine qu'une aggravation de l'affection.

Le traitement local est le même que celui que nous avons indiqué à propos de l'eczéma circonscrit.

Hydroa bulkux. — L'hydroa bulleux (pemphigus à petites bulles) est une affection arthritique, généralement peu connue. Aussi reproduirons-nous le chapitre que nous lui avons consacré dans le premier volume des affections génériques.

Siège. — L'affection s'est montrée sur les bras, le tronc et la partie interne des cuisses; elle s'est manifestée une fois sur la muqueuse buccale.

Symptômes. — L'éruption est quelquefois précédée par du malaise, la perte d'appétit, un léger mouvement fébrile, de la fièvre et de l'angine, mais le seul phénomène prodromique qui soit constant est un prurit très-intense.

L'éruption se manifeste par des bulles inégales, 4unt lps unes ont la grosseur d'une lentille, et les plus considérables ne dépassent pas le volume d'un pois. Ces bulles sont arrondies, disposées d'une manière irrégulière, par groupes de trois ou quatre ; elles sont remplies d'un liquide transparent qui se tropble rapidement et prend une couleur jaunâtre; enfin, elles reposent sur une surface rouge qui s'étend à leur ba$e sous la forme d'une auréole. Pendant que de nouvelles bulles se développent, les anciennes se dessèchent et sont remplacées par une croûte jaunâtre ; si 1-une d'elles vient à être déchirée par le grattage, on trouve une surface violacée et légèrement excoriée. Dans l'intervalle des poussées, on n'observe aucun phénomène morbide, si ce n'est un prurit ordinairement trèsmarqué.

Le malade conserve l'appétit, et la nutrition n'est point altérée.

Marche, durée et terminaison. — L'hydroa bulleux présente une marche chronique, se manifeste par des poussées successives, et a une durée qui est en général de cinq à six mois.

Étiologie. — Cette affection est plus fréquente chez l'homme que chez la femme.

Elle se manifeste chez les adultes de vingt à quarante ans. Les saisons et les variations de température ont une influence marquée sur le développement de l'hydroa bulleux ; c'est au printemps qu'il a été observé un plus grand nombre de fois.

Enfin, je ne ferai que rappeler les différentes causes occasionnelles, telles que régime, agents irritants, etc., qui agissent en éveillant la diathèse arthritique, sans laquelle elles resteraient impuissantes.

Diagnostic. — L'hydroa bulleux ne saurait être confondu avec le pemphigus.

Dans l'hydroa bulleux, les bulles sont petites, ne dépassent pas le volume d'un pois, sont remarquables par l'inégalité de leur volume, et occupent des régions assez bien circonscrites. Les bulles du pemphigus sont plus considérables, peuvent atteindre le volume d'une noix et même d'un œuf de

DES ARTHRITIDES. 295

pqula, £xi*tent sjir de» régions variées et s'étendent quelquefois sur 1$ plus gcande partie de la peau. Enfin, l'hydroa huileux *e telTOoe par la guérison après une durée de quatre à six mois ; la mort est la terminaison du pempbigus dans la trèa-graade majorité des cas.

Pronostic, — Le pemphigus à petites bulles guérit constamment, tandis que le pemphigus proprement dit est presque toujours mortel.

Traitement. — On administre à l'intérieur les amers et le sirop alcalin, et on saupoudre les surfaces malades avec les poudres d'amidon et de tan. Les bains ne seront prescrits que pour détacher les croûtes. On ordonnera de préférence des bains alcalins, contenant 100 à 120 grammes de carbonate de potasse.

(C) Arthritide irrégulière huileuse.

Bu pemphigus arthritique. — Symptomatologie. — Le pemphigus débute quelquefois par les muqueuses buccale, pharyngée, vagiijale, etc., et il est alors caractérisé par de petites bulles qui se rompent immédiatement, échappent à l'observation et laissent après elles de petits lambeaux d'épithélium très-minces, se déchirant en partie et prenant une coloration blanchâtre.

Si le pemphigus débute par la peau, il est souvent caractérisé par des placards eczémateux, à la surface desquels naissent, après un certain temps, de véritables bulles. Mais l'éruption huileuse peut naître d'emblée; elle est alors précédée d'un érythème érysipélateux à la surface duquel naissent des bulles disposées ordinairement de façon à représenter un cercle ou ou arc de cercle.

Les bulles sont remarquables par l'inégalité de leur volume, ?ui excède rarement celui d'une noisette ou d'une noix ; par l'enveloppe résistante qui les entoure, la rapidité avec laquelle le liquide perd sa transparence, devient opaque et purulent, et se concrète en croûtes jaunes et brpnâtres ; par sa circonscription à certaines parties, telles que les coudes, les avantbras, les cuisses, et sa généralisation tardive ; par la coexis-

tence de plaques eczémateuses, d'éruptions d'hydroa-bulleux, de furoncles, par l'existence d'abcès ou d'angioleucites, etc.

Marche, durée, terminaison. — Les bulles de pemphigus naissent par poussées successives qui d'abord sont séparées les unes des autres par des intervalles de plusieurs jours, qui, ensuite, se produisent chaque vingt-quatre heures, et en général la nuit, de sorte que chaque matin, à sa visite, le médecin constate l'existence de 20, 30, 50 bulles. La durée est tout à fait indéterminée et se prolonge parfois pendant des années, mais guérit souvent à l'inverse du pemphigus cachectique qui se termine par la mort. J'ai observé deux cas de guérison de pemphigus arthritique.

M. Bazin professe que la guérison est ordinairement annoncée par l'apparition de placards eczémateux et de bulles d'hydroa ; quelquefois cependant, le pemphigus arthritique est suivi de cachexie et de mort.

Diagnostic. — On établira la nature arthritique du pemphigus en se fondant sur les caractères précédemment indiqués.

Pronostic. — Le pemphigus arthritique est l'espèce de pemphigus la moins grave, puisqu'il peut guérir, mais constitue cependant une affection sérieuse, puisque, s'il se généralise, la mort peut en être la conséquence.

Étiologie. — On l'observe principalement chez les individus du sexe masculin, au printemps et à l'automne, à la suite d'excès de travail ou d'abus alcooliques.

Traitement. — Les alcalins à petites doses, les eaux de Saint- Christau, la teinture de cantharides à la dose de 1 à 4 gouttes dans une potion ont donné quelques succès. Comme pour toute espèce de pemphigus, on saupoudrera les surfaces malades de poudre absorbante et astringente : amidon, tan, etc.

(D) Arthritides irrégulières phlegmoneuses.

Hidrosadénite arthritique. — Nous avons décrit le genre liidrosadénite, page 104, et nous avons dit que cette affection était caractérisée par de petites tumeurs inflammatoires et

DES ARTHRITIDES. 297

suppuratives qui avaient pour sièges les glandes sudoripares : nous devons indiquer ici les caractères spéciaux de l'hidrosadénite arthritique.

Symptomatologie.— L'hidrosadénite arthritique s'observe aux régions velues, telles que la face, le cuir chevelu, les parties génitales, les aisselles, etc., aux mamelles pendant la lactation, etc.; elle est êaractérisée par des tumeurs isolées, présentant une coloration d'un rouge sombre ou violacé, entourées d'une auréole rouge qui est parcourue par des arborisations vasculaires, visibles à l'œil nu ; indolentes au début, mais devenant bientôt le siège de douleurs pulsatiles ; s'ouvrant à un moment donné et donnant issue à un pus bien lié d'abord, mais bientôt séro-purulent. Tantôt les ouvertures de ces petites tumeurs se cicatrisent rapidement, tantôt ils se convertissent en ulcérations qui se cicatrisent seulement après plusieurs jours d'existence et laissent à leur place une tache blanche et déprimée qui ne disparait jamais complètement.

Le traitement consiste dans l'application de cataplasmes de fécule, l'évacuation artificielle du liquide et ultérieurement des pansements avec un linge enduit de cérat simple ou saturné; simultanément avec ce traitement externe, on conseillera les alcalins, l'abstinence d'alcooliques, d excitants de toute nature, etc.

Ecthyma, furoncles. — Certains arthritiques présentent, à des intervalles variables, des poussées aiguës de furoncles ou des pustules d'ecthyma, alternant avec d'autres affections arthritiques ou leur succédant; mais furoncles et ecthyma ne présentent pas de caractères objectifs qui permettent de reconnaitre leur nature, et on n'arrive à la connaissance de l'espèce que par la considération des éruptions préexistantes ou concomitantes, etc.

DES HERPÉTIDES.

On désigne sous le nom d'herpétides les affections qui sont sous la dépendance de la dartre ou herpétis; elles présentent des caractères communs et des caractères propres.

(a) Caractères communs des herpétides.

Les herpétides ne sont pas contagieuses, naissent souvent après des émotions morales qui jouent vis-à-vis d'elles le rôle de causes occasionnelles; si elles sont humides, elles ont une coloration rosée et non livide et violacée (arthritides) ; si elles sont sèches, les squames sont blanches et quelquefois d'un blanc argenté, tandis que, dans les arthritides, les squames sont d'un blanc mat et grisâtre.

Jamais les herpétides ne sont açcompaguées de la dilatation et de la congestion des capillaires que l'on constate au pourtour des affections arthritiques.

Les herpétides sont précédées ou accompagnées d'un intolérable prurit, moins intense toutefois dans les affections humides que dans les affections sèches.

Chez l'enfant, elles débutent par la tète, siège de toutes les affections cutanées de cet âge, et apparaissent ensuite sur les autres parties du corps ; chez l'adulte, elles occupent d'abord les plis des jarrets et du coude, et se propagent de là aux parties environnantes.

Les herpétides naissent simultanément sur divers points du corps, quelquefois même sont généralisées dès le début de la maladie constitutionnelle ; elles offrent une symétrie remarquable, occupent les faces internes des deux membres inférieurs ou supérieurs, les deux parties latérales du cou, etc. Lorsqu'au début elles sont disséminées, elles ne tardent pas à se réunir, de sorte qu'à un moment donné toute la surface du corps est envahi par l'affection.

Les herpétides sont caractérisées chacune par une seule lésion primitive, tandis qu'il existe souvent plusieurs éléments éruptifs dans une arthritide.

DES HERPÉTIDES. 299

Nous devons «goûter cependant qu'à la quatrième période de la dartre les affections sont variées et confondues, et qu'il est difficile de reconnaître quelle est la lésion primitive.

Les herpétides humides sont le siège d'une sécrétion ahon* dante de liquide, et les affections sèches sont accompagnées d'une production abondante de squames.

Au début, les herpétides sont très-mobiles et se métastasent facilement avec les affections des muqueuses de même naturp : bronchite, entérite, etc.

Nous admettons avec M. Bazin trois sections d'herpétides :

Les herpétides pseudo-exanthématiques ou primitives, vulgaires ou secondaires, irrégulières et malignes ou tardives,

1° HERPÉTIDES PRIMITIVES,

Ce groupe comprend la roséole pseudo-exanthématique et l'eczéma rubrum généralisé.

Ces affections sont généralisées et n'occupent pas des sièges d'élection, tels que la face, les poignets, les genoux, comme les arthritides.

2° HERPÉTIDES VULGAIRES.

Ce groupe comprend : une affection pustuleuse : mélitagre ou impétigo herpétique ;

Une affection vésiculeuse : eczéma symétrique ;

Deux affections squameuses : pityriasis, psoriasis ;

Deux affections populeuses : prurigo, lichen.

Ces affections présentent tous les caractères que nous avons assignés aux herpétides en général, caractères qui les distinguent des arthritides.

3o HERPÉTIDES IRRÉGULIÈRES, MALIGNES.

Ce groupe comprend :

Deux affections érythémateuses : cnidosis et épinyctide ;

Une affection huileuse : pemphigus chron*

Une affection mixte ; herpétide exfoliai

M. Bazin partage ces éruptions en deux ordres : les unes irrégulières et malignes ,- les autres tardives.

Les premières, dit-il, correspondant aux arthritides de même nom, sont, comme ces dernières, variables dans leur apparition et leur marche, graves par leur ténacité et les troubles généraux qu'elles déterminent.

Elles se distinguent des herpétides vulgaires par leur influence beaucoup plus grande sur l'état général des malades, leur résistance beaucoup plus marquée au traitement, leur généralisation plus rapide, une mobilité plus grande et des démangeaisons plus vives.

Les secondes (tardives) affectent une forme particulière, et méritent d'être désignées sous le nom à'herpétide exfoliatrice, en raison de l'abondance extrême des produits épidermiques qu'elle entraîne. C'est là une forme mixte à laquelle viennent souvent aboutir certaines herpétides vulgaires ou malignes, telles que l'eczéma, le psoriasis, affections qui perdent peu à peu leurs caractères propres pour revêtir des caractères incertains qui ne permettent plus de reconnaître l'élément primitif (voyez Herpétide exfoliatrice).

(ft) Caractères propres des herpétides.

1° HERPÉTIDES PSEUDO -EXANTHÉMATIQUES.

Herpétide pseudo-exantkématique érythémateuse.

Roséole miliaire. — La roséole pseudo-exanthématique est caractérisée par de petites taches rosées ou rouges, dont la coloration disparaît sous la pression du doigt, non saillantes, et se terminant par résolution, avec ou sans desquamation épidermique.

Symptomatologie. — Après deux ou trois jours de phénomènes prodromiques apparaît une éruption disséminée sur la face, le tronc, les membres, etc., caractérisée par des taches rosées ou rouges offrant les dimensions d'une lentille, mais se réunissant quelquefois et formant des taches plus grandes,

DES HERPETIDES. 301

taches dont la couleur disparait sous la pression du doigt, et qui se recouvrent de petites saillies vésiculeuses du volume des vésicules de la miliaire sudorale et donnant un aspect granuleux à l'éruption.

Après quatre ou cinq jours de durée, la teinte de l'éruption s'éteint, la sérosité de la vésicule se résorbe, Tépiderme se flétrit et se déchire, et une desquamation légère se produit.

Une démangeaison plus ou moins vive précède et accompagne l'éruption.

Marche, durée, terminaison. — La roséole herpétique dure de huit à dix jours à deux septénaires ; quelquefois il se fait des poussées éruptives qui prolongent l'affection.

Ëtiolêgie. — Cette affection naît principalement dans l'été et l'automne, sous l'influence des émotions morales et des excès alcooliques, chez les individus impressionnables, etc.

Diagnostic. — La roséole idiopathique apparaît dans l'enfance, revêt rarement la forme miliaire de la roséole herpétique, n'est accompagnée que d'un léger prurit et ne dure que quatre ou cinq jours.

La roséole syphilitique s'accompagne de l'engorgement des ganglions et des vaisseaux lymphatiques, procède par poussées, et a une durée de un à plusieurs mois.

La roséole copahiqueest limitée et occupe les coudes, les genoux, etc., ne présente pas de vésicules miliaires à la surface des taches, etc.

Pronostic. — Il n'est grave que parce que la roséole herpétique indique l'existence d'une maladie constitutionnelle : l'herpétis.

Traitement. — Des boissons rafraîchissantes, un léger purgatif, et plus tard des bains d'amidon ou de son, favorisent la guérison de l'affection.

Her fétide pseudo-exanthématique vésiculaire.

Eczéma rubrum généralisé. — Cette affection est caractérisée par une éruption vésiculeuse, reposant sur une surface rouge,

précédée de phénomènes prodromiques et se terminant spontanément après une dtirée de quinze à vingt et un jours.

Symptomatologie. — Comme tous les exanthèmes, l'eczéma rubrum est précédé de phénomènes prodromiques consistant éil un malaise général, de l'anorexie, un mouvement fébrile plus ou moins intense, des démangeaisons sur les surfaces qui doivent être le siège de l'éruption, et même, dans certaine fcâs^ de l'agitation et du délire.

Bientôt apparaissent des plaques arrondies, d'ttn rouge vif, et dont les dimensions lie dépassent pas 2 à 4 centimètres, mais qui peuvent occuper toute une région en se réunissant les unes aux autres. Sur ces surfaces ne tardent pas à ilaitre des vésicules ordinairement isolées et distittetes , quelquefois cependant agglomérées, vésicules plus volumineuses que cellfed de l'eczéma chronique, et visibles pour la plupart. Leâ uiléS s'affaissent après la résorption dû liquide qu'elles contiennent, et sont remplacées par une desquamation fùrfuracée; d'autres se rompent et donnent naissance à des croûtes jaunâtres qui recouvrent des surfaces enflammées et légèrement ulcérée; Ces croûtes se détachent bientôt, et l'on voit à leur place des squames qui durent quelque temps. Rarement cette éruption est limitée, parfois même elle envahit toute la surface du corps.

Cette affection offre une marche essentiellement aiguë, et se termine dans l'espace de deux à trois septénaires.

Pendant la durée de l'éruption, on observe une ou deux poussées vésiculeuses.

L'eczéma rubrum récidive avec une grande facilité ; mais, à uiië certaine époque, une nouvelle éruption survient qui présente une durée plus longue et finit par se fixer d'une manière définitive dans quelques régions.

Traitement. — Si le sujet est vigoureux, on pourra pratiquer une ou deux saignées, sinon on prescrira des boissons acidulés, de légers purgatifs, et on fera saupoudrer les parties inalades de poudre d'amidon. Plus tard on prescrira des bains d'amidon ou très-légèrement alcalins*

DES HERPETIDES. 303

2° DES HERPÉTIDES VULGAIRES.

Herpétide vulgaire pustuleuse.

Mélitagre ou impétigo herpétique. — Le mélitagre est une affection cutanée herpétique caractérisée par des pustules psydraciéès, dont le liquide se concrète rapidement en croûtes épaisses jaunâtres et ressemblant à du miel.

Symptomâtokgie. — Après quelques légers phénomènes généraux telâ que malaise, lassitude, anorexie, etc., naissent symétriquement sur les deux membres supérieurs ou inférieurs, et principalement aux creux poplités, aux plis du coude, aux parties internes des cuisses et des bras, quelquefois au devant de la poitrine, sur les épaules, rarement enfin sur le cuir chevelu, siège habituel de l'impétigo scrofuleux, naissent des taches irrégulières, rouges, isolées les unes des autres ou se réunissant et formant de larges plaques rouges à bords irréguliers, accompagnées quelquefois d'un gonflement de la peau (impétigo erysipelatodes), taches sur lesquelles apparaissent des vésico-pustules qui se convertissent rapidement en pustules, dont le liquide se concrète et forme des croûtes épaisses et jaunâtres ou verdâtres, comparées à de petites masses de miel desséché; au-dessous des croûtes se fait une sécrétion séro-purulente se concrétant aussi et se convertissant en croûtes qui repoussent les premières et augmentent leur épaisseur. On observe souvent au pourtour de l'affection les éléments primitifs de l'affection, c'est-à-dire un plus ou moins grand nombre de pustules isolées.

Lorsque les croûtes se sont détachées par suite d'applications topiques ou spontanément, on observe une masse rouge, exulcérée et sécrétant une quantité considérable de liquide séreux, empesant le linge et se concrétant aussi, formant alors de nouvelles croûtes qui tombent à leur tour, et ainsi de suite; jusqu'à ce que la sécrétion se tarisse et disparaisse.

L'impétigo herpétique est accompagné d'un prurit intense qui ne se rencontre jamais dans l'impétigo scrofuleux.

Lorsque l'impétigo est caractérisé par des groupes de pustules, isolés les uns des autres et disséminés dans diverses régions, il prend le nom à'impetigo sparsa ; s'il est caractérisé par de larges surfaces recouvertes de croûtes jaunâtres ou brunâtres, comparées à l'écorce rugueuse des arbres, il prend le nom d'impétigo scabida.

Marche, durée, terminaison. — Après une durée de quelques septénaires, quelquefois de quelques mois ou de quelques années, l'impétigo guérit sans laisser aucune trace de son existence ; mais trop souvent la guérison n'est que temporaire et l'affection récidive.

La mort pourrait être la conséquence de l'épuisement produit par une sécrétion trop abondante, mais survient plutôt par suite de complications de l'impétigo par d'autres affections herpétiques.

Diagnostic. — L'impétigo herpétique peut être confondu avec l'impétigo scrofuleux ; mais ce dernier est caractérisé par des plaques arrondies ou ovalaires, assez larges, occupant le visage ou le cuir chevelu (impétigo figurata), recouvertes de croûtes foncées, abondantes, parce que le suintement purulent est considérable; accompagnées d'engorgements ganglionnaires et ne déterminant que de faibles démangeaisons. Autres sont les caractères de l'impétigo herpétique.

La syphilide pustuleuse miliaire est généralisée et diffère complètement de l'impétigo herpétique. Quant à la syphilide pustuleuse circonscrite, son siège aux ailes du nez, aux commissures labiales, au cuir chevelu; la disposition des pustules en cercles, ellipses, etc., l'auréole cuivrée qui entoure les croûtes brunâtres et verdâtres ; l'existence de cicatrices blanches au centre, rougeâtres à la circonférence, etc., tous ces caractères permettront facilement de distinguer cet impétigo de l'impétigo herpétique.

Pronostic. *— La durée de cette affection est en général longue, et ses récidives sont assez fréquentes, aussi le pronostil est-il assez sérieux, soit que l'on envisage l'affection, soit que l'on envisage la maladie qui lui a donné naissance.

DES HERTETIDES. dUo

Eliologie. — L'impétigo herpétique nait surtout chez les adultes et les hommes, et reconnaît pour causes provoquantes les excès alcooliques, l'abus des excitants et les émotions morales prolongées.

Traitement. — Au début, on conseillera les cataplasmes de fécule; les lotions émollientes de guimauve, de sureau, les purgatifs et les tisanes rafraîchissantes. Plus tard, on prescrira les pommades astringentes au calomel, au tannin, au goudron, l'huile de cade mélangée à l'huile d'amandes douces, etc., et simultanément, avec ces moyens locaux, on conseillera un traitement général arsenical.

M. Bazin emploie soit la liqueur de Fowler (arsénite de potasse), qu'il donne à la dose de 5 gouttes d'abord, et dont il élève la dose à 20 et A0 gouttes ; soit la liqueur de Pearson (arséniate de soude) qui doit être ordonnée à dose double; soit des pilules d' arséniate de fer aux sujets anémiques, (2 à 25 à 30 pilules de 5 milligr. chacune); soit enfin une cuillerée à bouche, matin et soir, et progressivement, de 3 à 5 cuillerées par jour d'une solution contenant 5 centigr. d'arséniate d'ammoniaque pour 100 gr. d'eau.

Herpétide vulgaire vésiculeuse.

Eczéma symétrique, — Cette variété comprend deux formes : i° une forme inflammatoire subaiguë à laquelle succède souvent l'état chronique, et qui correspond à l'eczéma ;rubrum des auteurs (eczéma aigu rubruin non pseudo-exanthématique); 2° une forme sécrétante tantôt existant d'emblée, tantôt consécutive à la forme inflammatoire (eczéma chronique, simplex des auteurs).

Nous avons décrit en ces termes les formes inflammatoire et sécrétante dans le Traité des affections génériques :

1° Forme inflammatoire. — Quelquefois, mais non constamment, existent des phénomènes prodromiques, consistant en des démangeaisons et un sentiment de chaleur sur les parties qui doivent être le siège de l'éruption. Bientôt apparaît une

rougeur diffuse et plus au moins étendue sur laquelle on nu tarde pas à observer un grand nombre de vésicules si petites qu'elles passent le plus ordinairement inaperçues. Ces vésicules durent vingt-quatre à quarante-huit heures, s'affaissent lorsque le liquide qu'elles contiennent est résorbé, ou se rompent et laissent à leur place de petites ulcérations qui fournissent un liquide abondant, clair et visqueux. Ce liquide tache le linge en gris, l'empèse et renferme une grande quantité de lymphe plastique, de globules pyoïdes et souvent des globule* de pus. Cette sécrétion se perpétue pendant un temps variable de quelques jours à trois ou quatre semaines. Lorsque cette sécrétion vient à diminuer, le liquide se dessèche et se transforme en squames minces, humides et jaunâtres qui se détachent et sont remplacées par une tache rouge des téguments qui persiste pendant un temps plus ou moins long. Les déman" geaisons et le prurit diminuent quand la sécrétion apparaît, et cessent quand commence la période squameuse. Aussi doit-on^ considérer comme d'excellents signes la diminution et la disparition de la chaleur cutanée et des démangeaisons.

Quelquefois l'inflammation du derme offre un degré d'acuité plus intense ; alors le liquide contenu dans les vésicules de- — Vient purulent, et l'on a sous les yeux l'eczéma impétiginod»des auteurs.

Cette forme inflammatoire se termine par résolution au boutade trois ou quatre semaines, ou passe â l'état chronique; ma» lorsque l'eczéma inflammatoire a disparu, le malade n'est pas à l'abri des récidives, et le plus souvent cette affection reparaît à des intervalles plus ou moins éloignés, jusqu'à ce que la forme chronique s'établisse définitivement. On voit quelquefois apparaître comme complication des furoncles ou des pustules d'ecthyma.

2° Forme sécrétante. — Cette forme est tantôt consécutive à la forme inflammatoire, tantôt primitive; dans ce dernier cas, les phénomènes que l'on observe soùt identiques avec ceux de l'eczéma aigu, mais offrent une intensité moindre et présentent une marche moins rapide. La rougeur est en effet moins vive,

DES HERPÉTIDES. 307

les vésicules plus discrètes que dans l'eczéma aigu et les périodes d'exhalation et de desquamation épidermiques se prolongent pendant un temps très-long.

Cet eczéma herpétique est caractérisé par l'abondance de la Sécrétion, par les caractères du liquide exhalé qui est clair et visqueux, par l'intensité du prurit, qui est, en général, plus prononcé quand la sécrétion devient moins intense et pendant la nuit que pendant le jour, par l'étendue des surfaces malades, par la tendance que possède cette affection à envahir la plus grande partie de la membrane té gum en taire, et enfin par la disposition symétrique des plaques eczémateuses. Cesphéno* mènes constituent en effet les signes distinctifs de l'eczéma. C'est principalement aussi dans cette espèce que l'on observe les métastases dont j'ai parlé en faisant l'histoire générale de l'eczéma. L'affection cutanée disparait souvent, et un catarrhe bronchique ou intestinal apparaît, un asthme ou une hydro* pisie se déclare. Pendant longtemps existe une sorte de balan* cernent entre l'affection cutanée et les affections viscérales; mais par les progrès de la maladie constitutionnelle, les affections des muqueuses prennent droit de domicile dans l'économie, coexistent avec l'eczéma. Cette affection finit d'ailleurs par déterminer une cachexie très-prononcée et caractérisée par de la diarrhée, de l'amaigrissement et la fièvre hectique.

L'eczéma herpétique occupe préférablement les parties où la peau présente une grande finesse, et a pour siège de prédilec* tion les plis des jarrets et des coudes, ainsi que les régions qui offrent un développement considérable des follicules sudoripares, les aisselles, le scrotum, l'anus ; de ces divers points, l'eczéma s'étend rapidement aux autres parties du corps* en affectant une symétrie remarquable.

Marche, durée, terminaison. — L'eczéma herpétique offre une marche, tantôt aiguë ou subaiguë, tantôt chronique. Dans ce dernier Cas, il persiste longtemps, offre souvent dans son cours des poussées aiguës qui surviennent so\js l'influence de la plus petite cause occasionnelle et récidivent souvent. A chacune des récidives, l'affection s'étend davantage, et présente une téna-

cité plus grande, de sorte qu'à un moment donné elle ne disparaît plus, couvre presque toute la surface du corps et revêt les caractères de Therpétide exfoliatrice.

Étiologie. — L'eczéma herpétique s'observe dans l'âge adulte et la vieillesse, plus souvent chez la femme que chez l'homme, est héréditaire et trouve dans la puberté, l'âge critique, la grossesse, la lactation, l'existence de parasites, une nourriture trop excitante, des émotions morales, etc., autant de causes occasionnelles ou provocantes.

Diagnostic» — Nous avons indiqué les caractères qui séparent l'eczéma arthritique de l'eczéma herpétique, il est donc inutile de revenir sur ce point.

Pronostic. — L'eczéma dartreux constitue l'espèce la plus grave d'eczéma ; il est, en effet, rebelle au traitement mis en usage, récidive facilement, se métastase avec des affections internes sérieuses et enfin se généralise et occupe toute la surface du corps.

Traitement. — La forme inflammatoire réclame le même traitement que l'eczéma rubrum pseudo - exanthématique c'est-à-dire une ou deux saignées, de légers purgatifs, des tisanes rafraîchissantes, des conspersions de poudre d'amidon, etc.

Dans la forme sécrétante on emploiera, au début, les poudres absorbantes ou astringentes, telles que poudre de fécule, d'amidon, de vieux bois, de tan ; les lotions émollientes de guimauve, de sureau, les cataplasmes de fécule. Lorsque la sécrétion a diminué , on peut conseiller alternativement un bain d'amidon et un bain très-légèrement sulfureux ou alcalin.

A la fin de cette période et pendant la période squameuse de l'eczéma on emploiera les pommades astringentes au calomel, au tannin , etc., et surtout un mélange d'huile de cade et d'huile d'amande douce , à parties égales ou au tiers , mélange dont on n'applique qu'une faible quantité sur la peau, que Ton recouvre ensuite d'une compresse de linge fin. On doit du rpsto employer ce médicament avec beaucoup de précau-

DES HERPÉTIDES. 309

tions, afin de ne pas déterminer de nouvelles poussées aiguës.

Simultanément on conseillera les préparations arsenicales que nous avons indiquées plus haut, et une ou deux saisons aux eaux minérales arsenicales de la Bourboule ou de Plombières, du Mont-Dore, d'Avène, de la source Dominique de Vais, de Bussang, etc.

M. Bazin prescrit les eaux arsenicales et bicarbonatées sodiques (Mont-Dore) aux sujets qui offrent des symptômes arthritiques avec l'eczéma dartreux ; les eaux arsenicales et en même temps sulfureuses et chlorurées (la Bourboule, Vais) aux sujets scrofuleux; enfin les eaux arsenicales et ferrugineuses (Bussang, Plombières) aux sujets anémiques.

Herpétides vulgaires squameuses.

Ce groupe comprend deux genres; le pityriasis et le pso* riasis.

Pityriasis. — Le pityriasis herpétique est une affection cutanée, caractérisée par une légère congestion des couches superficielles du derme, d'où résulte une exfoliation consistant en petites squames furfuracées se reproduisant à mesure qu'elles se détachent.

Le pityriasis herpétique comprend les deux variétés décrites par les auteurs sous les noms de pityriasis alba et de pityriasis inflammatoire. M. Bazin décrivant un pityriasis alba parasitaire, deuxième période de la teigne tonsurante, et un pityriasis rubra pseudo-exanthématique, a dénommé, afin d'éviter toute confusion, le pityriasis alba sous le nom de pityriasis simple et le pityriasis rubra sous celui de pityriasis inflammatoire.

Symptomatologie.— 1° Pityriasis simple. — Le pityriasis simple (alba des auteurs) est caractérisé par des plaques irrégulières, disséminées à la surface de tout le corps, offrant à leur début la largeur d'une pièce de cinquante centimes, ou celle d'une pièce d'un franc, se réunissant quelquefois, après une certaine dur^e, et occupant alors une large surface, ne faisant habituellement aucune saillie au-dessus des téguments voisins, et dé-

terminant des démangeaisons vives, qui augmentent sous Tin* fluence de la chaleur, des excès de table, etc.

Loin d'occuper exclusivement les parties velues, comme le pityriasis arthritique, il se développe sur toutes les régions de l'économie, et s'il apparaît primitivement sur des parties re* couvertes de poils, du moins se propagô-t-il aux surfaces voisines. D'ailleurs, dans ce pityriasis, l'inflammation reste limitée longtemps au réseau papillàire du derme et n'envaliit qu'accidentellement le follicule pileux. Aussi la chute des poil* b'a-t-elle lieu qu'après une longue durée de l'affection.

Comme toutes les affections herpétiques, le pityriasis présente des récidives fréquenies et tend à s'invétérer.

2° Le pityriasis inflammatoire est caractérisé par des surfaces rouges, irrégulières et parfois Un peu saillantes, et par des squames plus larges et plus adhérentes que celles du pityriasis simple. Les parties malades sont le siège de cuissons et de vives démangeaisons.

Le pityriasis inflammatoire occupe des régions étendues; quelquefois il se propage à toute la surface du corps. Il se prolonge ordinairement pendant plusieurs mois et présente de temps en temps des exacerbations,

Marche, durée. — Le pityriasis herpétique revêt une marche chronique, récidive facilement, peut s'invétérer et prendre droit de domicile, aussi constitue-t-il une affection sérieuse et fâcheuse, surtout pour les femmes qu'il peut priver de leur chevelure, s'il dure longtemps.

Diagnostic. — Le pityriasis inflammatoire peut être confondu avec le psoriasis herpétique ; mais ce dernier est caractérisé par des plaques saillantes au-dessus des parties environnantes, re* couvertes de squames épaisses, d'une couleur blanche ou nacrée, et au-dessous desquelles la plaque offre une coloration rouge, débordant en général les squames et leur formant une auréole. Le psoriasis herpétique débute par les coudes et les genoux, et s'étend de là aux autres parties du corps ; le pityriasis inflammatoire,- au contraire, est caractérisé par des surfaces rouges, non saillantes, recouvertes de squames minces,

DES HERPÉTIDES. 311

foliacées et grisâtres, et est accompagné de prurit assez intense.

Le pityriasis rubra aigu pseudo-exanthématique ou arthritique ne saurait être confondu avec le pityriasis inflammatoire par un médecin exercé ; en effet, le premier est généralité, caractérisé par de petites taches séparées les unes des autres par des intervalles de peau saine, et recouvertes de gquames épidermiques plus ou moins larges et foliacées, est précédé de quelques phénomènes généraux et se termine spontanément par résolution en un court espace de temps. Or le pityriasis inflammatoire ne présente pas cette généralisation, ces phénomènes généraux prodromiques, cette marche rapide, cette guérison spontanée.

Le pityriasis arthritique est circonscrit, occupe les régions velues et est caractérisé par de petits placards rouges ou sans changement de coloration de la peau, et au niveau desquels led glandes pilifères font une légère saillie et sont recouvertes de gquames minces, qui entourent les poils et leur forment une gaine, etc. Ses caractères sont donc tout à fait différents de ceux du pityriasis herpétique.

Le pityriasis artificiel, c'est-à-dire dû à des irritants, et le pityriasis versicolor, dû au microsporon furfur, se distingueront également facilement du pityriasis herpétique.

Traitement. — Il consiste dans l'usage interne des arsenicaux, dans l'emploi des moyens externes que nous avons recommandés en faisant l'histoire du pityriasis arthritique , et de bains renfermant de la gélatine et une petite quantité de sulfure de potasse.

Psoriasis. — Symptomatologie. — Le psoriasis herpétique présente tous les caractères que nous avons assignés au genre psoriasis (page 134)- Il débute par les coudes et les genoux et envahit ensuite les autres régions du corps, et principalement les régions où la peau est rude et épaisse. Il est caractérisé par des plaques, plus ou moins larges, saillantes au-dessus des fparties environnantes, recouvertes de squames épaisses,

blanches, argentées ou nacrées, quelquefois ternes et grisâtres, et formées par des lamelles épidermiques adhérentes à la surface de la peau. Si Ton détache ces squames on constate que la surface de la saillie sur laquelle elles reposent est hérissée de petites aspérités , est rouge, violacée ou cuivrée. M. Bazin pense que cette dernière coloration (cuivrée) est due à l'existence du psoriasis chez des sujets bruns ou sanguins et ne se rencontre jamais chez des sujets blonds.

Le psoriasis herpétique est le siège de démangeaisons plus marquées la nuit que le jour et augmentant sous l'influence des causes qui accélèrent la circulation. Le prurit, selon M. Bazin, serait toutefois moins accusé dans le psoriasis dartreux que dans le psoriasis arthritique. Le psoriasis herpétique débute, avons-nous dit, par les coudes et les genoux ; il s'étend de là progressivement et symétriquement aux diverses autres parties du corps, et se généralise de plus en plus à mesure que le malade avance en âge. 11 guérit assez facilement à l'aide des moyens indiqués plus haut (Voyez : Affections génériques, psoriasis) ; mais récidive sous l'influence de la moindre cause occasionnelle et souvent spontanément. La guérison définitive n'a guère lieu que s'il fait place à d'autres manifestations herpétiques.

Au début de cette affection, on constate, en général, l'intégrité parfaite de toutes les fonctions; mais plus tard des migraines, des névralgies ou viscéralgies, des diarrhées rebelles, des affections organiques, etc., peuvent survenir et déterminer des troubles de l'organisme. Quelquefois même le psoriasis se convertit en herpétide exfoliatrice (Voyez plus loin). Toutefois tous les dermatologistes reconnaissent que le psoriasis est l'affection la plus bénigne de la dartre.

Dans la dernière édition de ses leçons sur la dartre, M. Bazin a admis trois variétés importantes de psoriasis herpétique : le psoriasis classique, le psoriasis ichthyosique et le psoriasis pseudo- arthritique. Le psoriasis classique présente tous les caractères que nous venons d'énumérer; le psoriasis ichthyosique se rapproche de l'ichthyose par l'absence de rougeur et de sait

DES HERPÉTIDES. 313

lie sur laquelle reposent les squames blanches ; le psoriasis pseudo-arthritique est un psoriasis développé chez un sujet arthritique et présentant des manifestations arthritiques. Dans ees cas on trouve réunies sur le même individu deux maladies constitutionnelles .

M. Bazin attribue à cette dernière variété de psoriasis herpétique les caractères suivants : elle siège sur la ligne médiane, à la région sternale, autour de l'ombilic, à la région lombaire, et en même temps à la région externe des membres. Dans ces différents points, elle se présente tantôt en larges placards nummulaires, et tantôt, plus souvent même, en petites plaques disposées circulairement, circonscrivant dans leur centre des surfaces cutanées intactes, et qui répondent soit à l'orifice ombilical, soit à la partie saillante des coudes, soit à toute autre région. Ces cercles sporiasiques présentent des dimensions variables ; souvent plusieurs se confondent ensemble par un point et embrassent ainsi de larges surfaces. Chacune des plaques isolées qui les composent présente, du reste, exactement le même aspect que le psoriasis classique; quelquefois, cependant, on observe une coloration rouge plus intense ; la marche est progressivement extensive; les cercles psoriasiques, en effet, s'étendent et se multiplent sans cesse sur les différents points du corps, voisins de ceux que nons avons signalés ; l'affection persiste lorsque des manifestations évidemment de nature arthritique, telles que les arthropathies, viennent à se produire, et les manifestations n'exercent aucune influence sur l'affection, qui poursuit sa marche envahissante ; elle guérit par le traitement arsenical, impuissant contre les manifestations arthritiques.

Étiologie. — Le psoriasis herpétique est héréditaire , s'observe chez les sujets jeunes ou adultes et présentant un tempérament nervososanguin, mais peut apparaître dans l'enfance. Les hommes y sont plus disposés que les femmes. Les émotions morales, les excès de table ou de boissons, l'usage d'aliments épicés, l'action prolongée du calorique, etc., jouent le rôle de causes provocantes.

Diagnostic» -*- Le psoriasis herpétique peut être confondu avec le psoriasis arthritique, mais ce dernier est limité à certaines régions, telles que la paume des mains, la plante des pieds, le cuir chevelu, la partie antérieure de la poitrine. Il est caractérisé par des plaques nummulaires qui revêtent facilement le caractère eczémateux et sont le siège de picotements et d'élancements; il n'a pas de tendance à s'étendre et à envahir la presque totalité de la surface du corps, comme le psoriasis herpétique; il coïncide avec des altérations de même nature, etc.

Pronostic, — Le psoriasis est une des formes les plus bénignes de la dartre et persiste pendant très-longtemps sans être accompagné d'aucun phénomène général et sérieux ; cependant, à un moment donné, il peut se transformer en herpétide exfoliatrice dont l'élément primitif n'est plus reconnaissable, et on voit alors survenir une cachexie prononcée et la mort.

Traitement. — M. Bazin conseille contre le psoriasis herpétique ; deux ou trois verres de tisane de saponaire en vingt -quatre heures; chaque soir, une pilule de 5 milligrammes d'arséniate de fer et ultérieurement 2 et 3 pilules; des frictions avec l'huile de cade jusqu'à production du sycosis cadique ; un bain alcalin ou de vapeur tous les deux jours; enfin, envoie les malades aux eaux arsenicales de la Bourboule, si leur position de fortune le leur permet. Le traitement interne doit être continué pendant deux à trois mois, et repris à la moindre réapparition de l'éruption.

Herpétides papuleuses.

Les herpétides papuleuses comprennent deux genres, le prurigo et le lichen.

Prurigo herpétique. — Symptomatologie. — Le prurigo herpétique est en général précédé de prurit au niveau des parties qui doivent être le siège de l'affection. Après un temps plus ou moins long apparaissent sur les épaules et le cou, sur la face externe des membres, des papules petites, isolées les unes des

DES HERPÉTIDE8. 315

attiras, présentant la couleur normale de la peau, recouvertes & leur sommet d'une croûte noirâtre, formée par une goutte* lotte de sang desséché, et due aux grattages que le prurit a forcé le malade d'exercer. Ce prurit est en effet considérable, et détermine un besoin irrésistible de se gratter; souvent même le grattage avec les ongles est insuffisant, et le malade se sert de corps durs, tels que brosses, étrilles, etc., avec lesquels il se déchire la peau. Le soir, et sous l'influence de la chaleur du lit, ses souffrances augmentent, il est obligé de se lever, de s'exposer à l'air frais, et même de s'étendre sur le sol.

Le prurit ne présente pas le même caractère chez tous les malades ; il est caractérisé chez celui-ci par des sensations de brûlure ou de chaleur cuisante, chez celui-là par des sensations de picotements, etc.

J'ai déjà dit que l'intensité du prurit pouvait déterminer une excitation cérébrale, et partant la folie ou le suicide.

L'éruption papuleuse est quelquefois très-peu accusée, et cependant le malade éprouve un prurit considérable : prurigo latent ou sans papules de Devergie. Pour M. Bazin, le prurit et les papules constituent deux symptômes d'une même maladie constitutionnelle : l'herpétis ; l'un peut prédominer tandis que l'autre fait défaut, mais ils sont toujours une manifestation de l'herpétis.

Lorsque le prurigo occupe les grandes et les petites lèvres, les démangeaisons sont souvent intolérables et ne présentent pas de rapport avec les altérations locales, alors peu accusées, et deviennent une cause de nymphomanie et d'onanisme ; s'il siège au pourtour de l'anus ou au scrotum, il est caractérisé par tin épaississement et une coloration brunâtre de la peau, des stries blanches, parsemées au milieu de la surface brunâtre, et de temps à autre par un suintement séreux qui calme le prurit. Dans ces variétés, les papules sont également peu volumineuses et échappent même à l'examen.

Marche, durée. — Le prurigo herpétique revêt une marche chronique, persiste des mois et des années, récidive après la

316 AFFECTIONS SPECULES.

guérison, et finit par prendre droit de domicile et exister d'une manière permanente ; alors la peau est épaissie, présente des taches brunâtres dues à l'accumulation de la matière pigmentaire, et au milieu de ces taches, de petites cicatrices blanchâtres, consécutives aux ulcérations que le malade' a produites en se grattant immodérément. Souvent elle est recouverte de stries et de croûtes noires formées par du sang desséché.

Lorsque l'affection est arrivée à ce degré, il est difficile de reconnaître si c'est un prurigo ou un lichen que l'on a sous les yeux, puisqu'elle est caractérisée par les deux principaux symptômes du lichen, l'épaississement de la peau et l'existence de papules; du reste, le prurigo se transforme assez souvent en lichen.

Le prurigo herpétique est quelquefois suivi de mort; il la détermine alors, non par lui-même, mais par les troubles fonctionnels qu'il entraine : insomnie, altération des fonctions digestives, etc. Cette terminaison est d'ailleurs heureusement rare.

Étiologie. — Le prurigo herpétique (formicans des auteurs) se développe principalement dans l'âge adulte, mais affecte aussi la vieillesse; il nait principalement chez Les individus à tem-' pérament nerveux, et reconnaît pour causes occasionnelles les émotions morales, l'usage de poissons salés et d'alcooliques, la malpropreté, etc.

Diagnostic. — Le prurigo herpétique peut être confondu avec les espèces parasitaire, arthritique, herpétique et scrofuleux.

Mais le prurigo psorique occupe l'abdomen, les parties génitales, les mamelles et la partie interne des cuisses. La face est toujours indemne de toute éruption ; tandis que le prurigo herpétique existe au cou, aux épaules, à la partie externe des membres et au visage.

Le prurigo de la gale disparaît sous l'influence d'une friction parasiticide, tandis que le prurigo herpétique résiste à tous les traitements mis en usage. Nous devons toutefois ajouter que la gale éveille quelquefois l'herpétis jusqu'alors à l'état latent, et

DES HERPÉTIDES. 317

que celte maladie prolonge alors le prurigo et lui imprime des caractères spéciaux.

Le prurigo pédiculaire existe principalement chez les vieillards de la classe pauvre, est caractérisé par de vives démangeaisons, des papules et papulo- vésicules rares, disséminées çà et là sur toutes les parties du corps, et de préférence à la nuque, sur le dos, la poitrine, les bras, les cuisses et accompagnées de stries noirâtres, indice de grattages; enfin, on peut trouver les pédiculi.

Le prurigo arthritique est circonscrit, ne s'accompagne pas de démangeaisons aussi vives que le prurigo herpétique, et coïncide avec d'autres manifestations arthritiques.

Le prurigo scrofuleux est caractérisé par des papules volumineuses et ne détermine que peu de démangeaisons.

Pronostic. — Le prurigo herpétique constitue une affection sérieuse par sa ténacité, ses récidives fréquentes, le prurit intense qui l'accompagne, etc.

Traitement. — Pour calmer le prurit si intense du prurigo herpétique, on conseillera Tune ou l'autre des diverses lotions ou pommades que nous avons indiquées, page 119.

On prescrira à l'intérieur des pilules de belladone ou d'opium, etc. ; d'autre part, on ordonnera l'usage interne des préparations arsenicales (liqueur de Fowler, de Pearson, etc.), et l'emploi d'eaux minérales arsenicales, telles que celles de la Bourboule, de Plombières, du Mont-Dore, etc.

Les eaux de Louèches, préconisées par M. Hardy, n'exercent qu'une action locale substitutive en déterminant du côté de la peau des éruptions papuleuses ou pustuleuses (Bazin).

Lichen herpétique. — Symptomatologie. — Le lichen herpétique répond aux variétés décrites par les auteurs sous les noms de lichen agrius et de lichen invétéré; il revêt plus souvent la forme chronique que la forme aiguë ; dans ce dernier cas, l'affection est précédée quelquefois par de la fièvre, de l'inappétence et de la céphalalgie, et est caractérisée par de petites papules de la grosseur d'un grain de millet, rosées et reposant sur une surface également rosée. Cette coloration s éteint

rapidement et l'affection se termine par une légère desquamation furfuracée; mais souvent le lichen passe à l'état chronique.

Que l'affection soit primitivement ou secondairement chronique, elle est caractérisée par les symptômes qui appartiennent à tout lichen, c'est-à-dire l'existence de papules, l'épaississèment et l'absence de souplesse de la peau, l'état rugueux et chagriné de cette membrane, l'exagération de ses plis, la présence de crevasses aux parties mobiles, telles que les creux poplités, les coudes et les mains, etc.; mais aussi par des signes spéciaux et à lui appartenant, savoir : la dissémination de l'éruption sur de larges surfaces, sur la figure, le cou, la partie interne des bras et des avant-bras, où elle se présente sous la forme de plaques irrégulières; la petitesse des papules; l'intensité du prurit qui parfois atteint pendant la nuit un tel degré que le malade est obligé de se lever, de se promener, de se coucher sur le sol et d'exercer des grattages continuels qui déterminent l'excoriation des papules et un léger suintement séreux ; par l'existence au sommet des papules de petites squames adhérentes en un point, et libres par le reste de leur étendue, donnant à l'affection l'aspect des lichens qui recouvrent les vieux arbres (lichen agrius des auteurs).

Dans la variété qu'on désigne sous le nom de lichen invétéré, les principaux symptômes sont : le prurit, l'épaississementdela peau, à la surface de laquelle on ne constate que peu de papules, et qui est recouverte d'une quantité plus ou moins grande de squames analogues à celles de l'eczéma*

Le lichen herpétique coïncide en général avec d'autres affections de même nature, telles que : gastralgies, migraines, névralgies intercostales, etc.; a de la tendance à envahir des surfaces de plus en plus étendues à mesure que le malade avance en âge ou à récidiver quand il a disparu.

Etiologie. ^- Le lichen herpétique naît principalement ches les individus d'un tempérament nerveux, dans l'âge adulte ou dans l'âge mûr, au commencement du printemps ou de l'au^

DES HERPÉTIDES. 319

tourne, à la suite d'émotions morales, de veilles, d'excès de table, etc.

Diagnostic. — Le lichen herpétique peut être confondu avec les lichens arthritique , scrofuleux, syphilitique et artificiel. Nous avons déjà établi le diagnostic différentiel du lichen herpétique et du lichen arthritique. Le lichen scrofuleux est caractérisé par des papules plus grosses que celles du lichen herpétique, et accompagnées de vésicules et de pustules; ne détermine que peu de démangeaisons, apparaît chez les enfants et les adolescents doués d'un tempérament lymphatique, etc.

Le lichen syphilitique se distingue du lichen herpétique par la coloration cuivrée de ses papules et l'absence de prurit.

Le lichen artificiel, c'est-à-dire déterminé par des agents irritants, est limité et caractérisé par des papules excoriées, rouges et reposant sur une surface également injectée. Le malade éprouve plutôt une sensation de cuisson qu'une véritable démangeaison.

Pronostic et traitement. — Les considérations que nous avons émises au sujet du prurigo herpétique sont applicables au lichen de même nature.

3° DES HERPÉTIDES MALIGNES.

Herpéllde érythémateuse.

Cnidosis ou urticaire chronique. — • Symptomatologie. — Le enidosis herpétique se développe sur la face, le tronc , les membres et occupe un siège différent à chaque poussée ; il est caractérisé, soit par des papules rosées ou blanchâtres, soit par des plaques arrondies, pâles, ou blanchâtres au centre et entourées d'une auréole rouge; soit enfin par des lignes ou bandes rosées ou rouges, d'une largeur souvent très-grande et qui semblent produites par des coups de lanière*

Lorsque l'éruption est pdpuleuse, les éléments éruptifs sont quelquefois réunis les uns à côté des autres sur des surfaces plus ou moins étendues, se touchent par leurs bords et se confondent, «rticaria conferta ou urticaire confluent*

Uurticaire herpétique est précédée et accompagnée d'un prurit qui persiste ordinairement après la disparition de l'éruption et est souvent si intense qu'il prive le malade de sommeil.

Cette affection apparaît au commencement de la nuit et sous l'influence de la chaleur du lit, disparaît après quelques heures de durée et n'existe que rarement le matin. Lorsqu'elle persiste dans le jour, elle n'est plus caractérisée que par des papules rosées ou des taches érythémateuses. L'éruption se reproduit ordinairement chaque nuit avec une opiniâtreté désespérante pendant des mois et même des années et est sujette à récidiver lorsqu'on a obtenu sa guérison.

Etiologie. — L'urticaire herpétique se développe dans l'âge adulte, plus souvent chez la femme que chez l'homme, et à la suite d'émotions morales, d'abus alcooliques, d'une nourriture excitante, d'excès de table, etc.

Diagnostic. — Il est toujours facile de reconnaître le genre urticaire caractérisé par une éruption de papules rosées apparaissant et disparaissant brusquement, accompagnées d'un prurit intense, etc.

On différenciera le cnidosis herpétique du cnidosis arthritique en se fondant sur le siège de cette dernière affection sur les parties découvertes, son apparition sous l'influence du froid et sa disparition pendant la nuit, l'existence dans certains cas de tubérosités du volume d'un pois et d'un rouge violacé, voyez page 291.

Pronostic. — Par sa ténacité, sa tendance à récidiver, le prurit qui l'accompagne et qui détermine de l'insomnie, et d'autres troubles généraux, l'urticaire herpétique constitue une affection sérieuse.

Traitement. — On prescrira les arsenicaux, une alimentation douce, l'abstinence d'alcooliques, de café, etc., et on combattra le prurit à l'aide de lotions d'eau blanche, de sublimé, etc., de bains de sublimé ou de bains légèrement sulfureux.

Epinyctide. — Définition. — L'épinyctide est une affection rare, caractérisée par des démangeaisons nocturnes et accom-

DES HERPETIDES. 321

pagnées seulement d'une éruption érythémateuse extrêmement fugace.

Symptomatologie. — Les malades accusent des démangeaisons nocturnes qui les privent de sommeil, ou des sensations bizarres qui exaltent leur imagination et troublent leur vie. L'un se croit atteint de la gale, l'autre pense que sa peau est parcourue par une multitude d'insectes, et de ces sensations résultent des grattages et des recherches incessantes pour trouver le parasite imaginaire.

La peau ne présente dans le jour qu'un aspect plus ou moins rugueux, et dans la nuit que des taches érythémateuses disséminées, ou quelques papules rosées.

Le prurit est plus intense la nuit que le jour et quelquefois si intolérable que les malades ne peuvent rester dans leur lit. Alors le malade ne goûte pas un seul moment de sommeil, maigrit, devient triste, quelquefois aliéné ou met, par le suicide, un terme à ses souffrances. Aussi l'épinyctidc est-elle une affection grave.

L'ensemble des phénomènes précédents suffît pour la différencier de l'urticaire.

Traitement. — On aura recours aux arsenicaux et aux moyens employés contre le prurit, mais souvent on n'obtiendra à l'aide de ces moyens aucun succès ou seulement une amélioration légère et momentanée.

Herpétide maligne huileuse.

Pemphigus herpétique. — Symptomatologie. — Le pemphigus herpétique est caractérisé au début par des taches érythémateuses séparées les unes des autres et sur chacune desquelles s'élève une bulle qui la recouvre presque complètement ; cette bulle est entourée d'une légère auréole, est volumineuse et présente une grosseur qui varie de celle d'une noisette ou d'une noix à celle d'un œuf de poule, est remplie par un liquide clair, alcalin, peu plastique et empesant à peine le linge.

Les bulles de pemphigus herpétique naissent quelquefois

sans être précédées d'une rougeur érythéînateuse. Quoi qu'il en soit, elles s'affaissent par suite de leur rupture ou de la résolution du liquide qu'elles contiennent, et se recouvrent alors de croûtes foliacées et brunâtre!^ qui tombent et sont remplacées par d'autres squaiiies foliacées de moins en moins humides. Cette exfoliation se continue longtemps, et souvent persiste en l'absence de toute poussée bullettsë.

Cette affection se perpétue par des poussées successives de bulles qui n'occupent d'abord que quelques parties dti corps, mais ensuite se développent sur toute la surface des muqueuses; toutefois les muqueuses sont plus rarement le siège d'une éruption bulleuse dans le pemphigus herpétique que dans le pèm- 1 phigus arthritique.

A Un moment donné l'éruption est généralisée; le malade est forcé de garder le lit, et ordinairement la mort survient par suite de l'apparition de complications métastatiques ou consécutivement au passage de l'affection à l'état d'herpëtide exfoliatrice. La mort est plus tardive dans ce dernier cas que dans le premier.

Etiolofjie. — Le pemphigus herpétique s'observe ordinairement dans l'âge adulte, chez la femme plus souvent que chez l'homme, à la suite d'excès, de veilles; d'émotions morales, etc.

Diagnostic. — Le pemphigus herpétique peut être con* fondu avec le pemphigus arthritique, mais ce dernier est caractérisé par des bulles plus petites que celles du pemphigus herpétique, de volume inégal, groupées en nombre variable sur une plaque rouge et se toufehant par leur circonférence, remplies par un liquide plastique, séro-purtilent ou purulent.

Traitement. —Les arsenicaux ont souvent échoué dâiïs le traitement du pemphigus herpétique* ou ont déterminé dès phénomènes cutanés qui ont obligé de les suspendre; aussi ne doit-on les employer qu'avec ménagement. M. Bazin A obtenu quelques succès du perchlorure de fer et du quinquina. En outre on saupoudre les surfaces malades de pdtfdfe d'dftidon, de fécule, de tan, de lycopode dû de vieux bois...

DES HERPÉTJDES. 323

Èerpèlide tardive et maligne.

H'erpétide i&foliûirïce. — M: Burin dëslgiie soiis lé nom d'herpétide exfoliatrice une forme d'éruption cutanée de nature Hefpéticjiie; itëiiiâtqttâbiê par sa généralisation et par l'abondaiicé dëà s<Hîaiâe^ sécirétées à la surface de la peau, et dont lés cûtâbtètèS iië permettent pas de reconnaître là lésion priiiiitive db r&tfèctibri.

Uuêiqilëfbiâ l'herpétide exfoliatrice apparaît d'emblée, mais le j>Itis souvent elle succède à des herpétides vulgaires ou graves, à l'ecfeinà, aii pityriasis, au psoriasis ou au pempiiigus, affectlbiis d'abord faciles à distinguer, mais qui envahissent ensuite toute iâ surface cutanée et perdent leurs caractères primitifs.

Sgtopïomâïologié. — M. Bazin a décrit en ces termes lès moiiiiic&tibris que suivissent les affections précédentes pour arri* ver à i'hëïpéiidè exfoliatrice :

La transition dès genres primitifs à l'herpétide exfoliatrice se fait â'iitie èaantferè insensible. Dans le pempiiigus, elle a lieu par suite de la prolongation de la période squameuse; dans l'eczëmà, la sécrétion devient moins abondante, tandis ijue les Squames persistent et se multiplient en prenant quelques-uns des caractères de celles du psoriasis ou du pityriasis. Dans lé psoriasis, là rougeur et le soulèvement de la peau, qu'on observe ordinairement au début de l'affection, s'effacent peu à peu, et ies squames deviennent pliis minces en même temps que plus abondantes. Dans le pityriasis, enfin, les squames, de minces et légères, deviennent plus étendues et plus con* fluentes. bans l'un ou l'autre cas, la desquamation épiderinique est le seul phénomène objectif et organique qui persiste, et c'est elle qui parvient à dominer la scène.

Lorsque i'Hèrpëtidë exfoliatrice est établie, l'éruption côiïVrè presque toute la surface du corps ; à peine la face, la paume des mains, la plante des pieds sont parfois épargnées. Des squames sa produisent et se succèdent incessamment, et sont tellement abondantes qu'elles se détachent sans cesse def

la surface cutanée ; le matin, on les trouve amoncelées pour ainsi dire sous les flancs et sous les membres des malades. Ces squames sont minces et légères, transparentes comme des pelures d'oignon, petites et analogues aux écailles de son, ou plus larges et plus irrégulières.

La peau présente de la sécheresse et est le siège de prurit, lorsque l'herpétide exfoliatrice est primitive ; si elle est secondaire, les démangeaisons sont faibles ou complètement nulles, et cette insensibilité relative contraste avec l'intensité du prurit avant que l'affection générique parvienne à la forme exfoliatrice. Après quelques mois de lutte, les forces s'épuisent et le malade tombe dans un marasme de plus en plus profond ; alors on voit quelquefois la desquamation devenir moins abondante, tandis que de nouvelles affections se déclarent et viennent hâter la terminaison funeste. (Hydropisies permanentes et générales, diarrhée colliquative ou affection viscérale cancéreuse ou autre.)

Diagnostic* — On se fondera, pour établir le diagnostic de l'herpétide exfoliatrice, sur la généralisation extrême de l'éruption, les caractères incertains de la lésion élémentaire, l'amaigrissement et la cachexie du malade.

On peut même, à l'aide des commémoratifs, reconnaitre, lorsqu'elle est secondaire, à quelle affection générique elle a succédé.

Traitement. — Le traitement est le plus ordinairement impuissant; on peut toutefois employer les arsenicaux, lorsque l'herpétide a revêtu d'emblée les caractères de la forme exfoliatrice et que les malades n'ont subi aucun traitement. Si l'herpétide exfoliatrice est secondaire, et si les malades ont élé soumis à une médication arsenicale, on doit se borner à soutenir le3 forces du malade, à combattre les symptômes qui se présentent.

Dos frictions d'huile de cade, des bains simples ou médicamenteux pourront être prescrits si les forces du malade sont conservées.

SCROFULIDES. 325

DES SCROFULIDES.

La scrofule se traduit par des manifestations de la peau, des muqueuses, des os et des viscères. Nous ne nous occuperons que des manifestations cutanées ou scrofulides.

Les scrofulides apparaissent dans la première et dans la deuxième période de la scrofule; les unes sont primitives, superficielles et bénignes ; les autres peuvent apparaitre d'emblée, mais Sont plus souvent secondaires et succèdent en général aux affections primitives ; elles envahissent les couches profondes de la peau , et sont graves : scrofulides profondes^ secondaires et malignes.

(a) Scrofulides cutanées bénignes.

La scrofule détermine des affections cutanées érythémateuses ; des affections accompagnées d'exsudation séro-purulente, épithéliale ou sébacée, scrofulides exsudativesj enfin, des éruptions boutonneuses.

1° SCROFULIDES ÉRYTHÉMATEUSES.

Ce groupe comprend trois formes : l'engelure, l'érythème induré et la couperose scrofuleuse.

Engelure. — Nous avons vu que cette affection pouvait constituer une éruption de cause physique, survenait alors chez les enfants, sous l'influence du froid , et disparaissait pendant l'été; mais elle peut être aussi une manifestation scrofuleuse : dans ce cas elle persiste l'été, en l'absence de sa cause provoquante, et est caractérisée par de la tuméfaction et une coloration bleuâtre des doigts et des mains.

Ërythème induré. — Il est caractérisé par des plaques indurées, rouges ou violacées, dont la coloration plus foncée au centre se fond insensiblement avec la couleur normale de la peau, et disparaît sous la pression du doigt, plaques enchâssées

326 AFFECTIONS SPECULES,

dans le tissu cellulaire sous-cutané, non douloureuses à la pression, et non accompagnées de prurit.

Cette affection s'observe, en général, sur la partie externe et inférieure de la jambe, le long du tendon d'Achille, quelquefois sur la face, et peut-être plus souvent chez les filles que chez les jeunes garçons.

L'érythèmè induré ne saurait être confondu avec l'érythèmè noueux, affection pseudo-exanthématique arthritique, précédée de phénomènes généraux, caractérisée par des saillies ovalaires, douloureuses à la pression, dont la coloration, violacée d'abord, présente ensuite toutes les teintes de l'ecchyipose, saillies qui disparaissent spontanément dans l'espace de trois semaines environ.

Couperose. — Elle est caractérisée, comme la couperose arthritique, par une tache rosée ou violacée, occupant le nez et les joues, tache dont la coloration est produite par la présence de capillaires dilatés, et qui disparaît sqijs la pression du doigt ; sur ces taches apparaissent bientôt des papulq-pustiiles et des pustules à base rouge et à sommet jaunâtre et puçulgnt

Cette couperose scrofuleuse se distingue de la couperose arthritique par la coloration moins vive de la rougeur; par une dilatation variqueuse! nojoiqs £?Q£çnc0ç çl$s vaisseaux capillaires à la circonférence de la plaque ; par la présence de pustules pjus volumineuses , plus purulente^, mais j^us rares ; enfin, par l'existence d'une démangeaison teÇS-tégèrç.

La couperose arthritique est d'ailleurs, accompagnés d'autres manifestations de mêfliç nature, telles* que ; douteux rhumatismales, eczéma, augipes, etc. ; qu CQUtraire, 1$ couperose sqrofuleuse est accompagnée dq gquroies, d'adéuopathie, et ^'observe chez des individus lymphatiques.

L'absence de toute manifestation arthritique ou secofttieusç, l'existence d'abus alcoolique, ferout Phaser à la couperose alcoolique.

SCROFULIPES, 321

2° SCROFULIDES EXSUDATIVES.

Lies sq^fulidps, flites exsudatives par M. Bazin, qnt pouf élément primitif une vésicule, une vésico-pustule, ou une pustule, pt sqnt constituées tantôt par de l'eczéma, ou de l'eczémq impétigineux, tantôt par de l'impétigo. M. Bazin a cru devoir réunir ces affections sous une même dénomination, parce qu'il est prdinairement difficile de reconnaître l'élément primitif dont la durée est éphémère, et partant de décider si l'affection générique est un eczéma ou un impétigo, et parce que eczéma impétiçinçux et impétigo sont souvent réunis chez un même scrpfuleux.

La scrofulide exsudative (gourmes) occupe d'abord le cuir chevelu, envahit ensuite les oreilles, le cou, la face où on l'observe aux ouvertures nasales, sur la pituitaire, les commissures des lèvres, les joues; elle peut même se répandre sur une partie plus ou moins étendue du corps.

Au cuir chevelu, et au début , elle est caractérisée par des vésico-pustules, ou des pustules dont la durée est si courbe qu'on ne les observe jamais, qui se rompent, donnent issue au liquide qu'elles contiennent, liquide qui se concrète et se convertit en croûtes. C'est à ce moment que le malade se présents à l'observateur; alors on constate qu'une partie ou la totalité de la surface crânienne est recouverte de croûtes jaunâtres ou verdâtres, humides, molles et exhalant une odeur fade. Çà et là ces croûtes sont le siège de fissures desquelles s'écoule un liquide purulent ou séro-purulent, qui se concrète à sou tour en croûtes jaunes ou verdâtres; les cheveux sont coHés et agglutinés entre eux par ie produit de la sécrétion , et tormept souvent des faisceaux recouverts eux-mêmes de çrpûtes. jaunâtres pu brunâtres.

Si l'on détache les croûtes à l'aide des cataplasmes, ou si on soulève leuçs bords à l'aide d'une spatule , on trouve les surfaces sous-jacentes rouges, exulcérées et quelquefois mèm£ fongueuses.

Le plus, ordinairement cette inflammation se propage au

tissu cellulaire sous-jaeent et aux ganglions qui reçoivent leurs lymphatiques de la partie affectée; de là résultent de petits abcès et des adénites. Simultanément avec l'eczéma impétigineux du cuir chevelu existe de l'eczéma suintant à la face postérieure des oreilles, et souvent de l'impétigo de la figure.

A la face, la scrofulide exsudative se présente fréquemment sous la forme de plaques arrondies ou ovalaires (impétigo figurata), occupant la partie médiane d'une joue, le front, et recouvertes de croûtes également jaunâtres et humides; au pourtour du nez et à l'entrée des narines, elle est caractérisée par des concrétions jaunâtres allongées, qu'Alibert comparait à des stalactites.

Quelquefois toute la face esc recouverte d'une enveloppe crustacée plus ou moins épaisse (impétigo larcalis), jaunâtre, exhalant une odeur fétide et nauséabonde, masquant complètement les traits du visage.

Si le malade, ennuyé par les tiraillements qu'exercent les croûtes, se gratte incessamment, les surfaces irritées sont le siège d'un écoulement sanguin qui se mêle au liquide séropurulent, et de là résultent des croûtes noirâtres plus ou moins épaisses qui donnent à la physionomie un aspect tout à fait repoussant.

La scrofulide exsudative n'est jamais accompagnée de vives démangeaisons ou de fortes douleurs lorsqu'elle se complique d'abcès.

Lorsque cette affection est passée à l'état chronique, elle est souvent caractérisée par de petites croûtes rugueuses, jaunâtres ou brunâtres (galons), traversées par un faisceau de cheveux, adhérentes au cuir chevelu, ou séparées de lui par les ongles du malade, et glissant alors sur les cheveux qui en sont hérissés. — Impétigo granulata. Cette forme est ordinairement accompagnée de pediculi. Dans d'autres circonstances la scrofulide exsudative chronique est caractérisée par des croûtes sèches, farineuses, blanchâtres ou d'un blanc jaunâtre, et for-

SCROFULIDES. 329

mées de lamelles épidermiques. — Pseudo-teigne furfuracée. Enfin quelquefois les cheveux sont agglutinés, réunis en faisceaux et enveloppés d'une gaine chatoyeuse (pseudo -teigne amiantacéé).

Après une durée en général assez longue, la scrofulide exsudative disparaît définitivement, mais en laissant souvent des places dégarnies de cheveux ou de l'acné sébacée.

Diagnostic. — La scrofulide exsudative peut être confondue avec l'impétigo herpétique ou avec le favus.

Mais l'impétigo scrofuleux occupe primitivement le cuir chevelu, la face, tandis que la mélitagre herpétique débute par les membres et la poitrine. L'éruption dartreuse est symétrique et caractérisée par des croûtes flavescentes, entourées d'une auréole rosée; est accompagnée de vives démangeaisons; ne détermine que rarement des engorgements ganglionnaires, et s'observe dans l'âge adulte ou la vieillesse ; tandis que la scrofulide impétigineuse est asymétrique, caractérisée par des croûtes verdâtres, accompagnée d'un prurit très-léger et d'engorgements ganglionnaires, s'observe dans l'enfance, etc.

Nous avons établi le diagnostic différentiel de la scrofulide bénigne exsudative et du favus, page 183; il est donc inutile de revenir sur ce sujet.

3° SCROFULIDES BOUTONNEUSES.

Ce groupe comprend des affections essentiellement papuleuses : strophultis, prurigo et lichen; une affection papulo érythémateuse : Verythemapapulatum, des affections papulo -pustuleuses, diverses formes d'acné.

La scrofulide boutonneuse apparaît souvent dès l'âge le plus tendre et sous la forme de lichen aigu. — Strophulus. Cette affection survient, en général, chez les enfants à la mamelle, à l'occasion du développement des dents. Elle est quelquefois accompagnée d'un léger mouvement fébrile, et est caractérisée par des papules apparaissant d'abord sur la face et les parties supérieures du corps et envahissant successivement les autres parties de la peau.

Ces papules sont volumineuses, isolées les unes des autres, présentent la même couleur que la peau environnante, ou sont rouges ou rosées et alqrs reposent sur des surfaces érythémateuses ; elles ne sont pas accompagnées de. vives démangeaisons, et se terminent par desquamation dans l'espace de trois à quatre jours.

Quelquefois les papules du strophulus présentent à leur sommet un soulèvement de Tépiderme par de la sérosité transparente, et constituent alors des papulo-vésicules dont la durée est plus longue que celle de? simples papules.

Le strophulus peut récidiver plusieurs fois, se compliquer d'eczéma, se transformer en lichen ou lichen eczémateux.

Il paît de préférence chez les enfants lymphatiques,

lorsque le strophulus naît à l'occasion du travail de la dentition, disparaît après lui, il constitue seulement une éruption symptomatique d'un travail physiologique; mais s'il persiste après l'éruption des dents, il constitue alors l'effet d'un étatpathologique : de la scrofule, quia été éveillé par la sortie des dents et a converti le strophulus en une une manifestation serofuleuse.

Le lichen de nature scrofuleuse apparaît, en général, vers l'âge de 12 à 15 ans, est caractérisé par des papules plus volumineuses que celles des lichens herpétique et arthritique, est accompagné de vésicules et de pustules ; ne détermine que de faibles démangeaisons; débute par la face et les parties supérieures du corps et se répand ensuite sur les diverses autres parties de la peau ; coïncide avec des adénites cervicales, ta scrofulide exsudative du cuir chevelu, etc.

Le lichen scrofuleux a une longue durée, lorsque le malade n'est pas soumis à un traitement rationnel.

Cette espèce de lichen se différenciera facilement du lichen herpétique caractérisé par un prurit intençe, des papules peu volumineuses et recouvertes de vésicules oude légères croùtes,etc.; du lichen arthritique constitué par des plaques circonscrites de papules, plaques occupant le dos des mains, des avant-bras, le front, siège de démangeaisons, de picotements et d'élancé-

SCROFUUDES. 331

weot^, et gufy^^pt çbe? ta? adultes et non à l'âge de 13 à 15 ans.

Le Jioben syphilitique est caractérisé par des papules offrant unq couleur cuivrée, et recouvertes de squames épidermiques ; est exempt ds démangeaisons, accompagné d'autres accidents syphilitiques et a été précédé de chancre induré, etc.

Toutes les considérations que nous venons de donner au sujet du lichen scrofuleux sont applicables au prurigo scrofuleux.

Erythema papulatum. — Cette affection apparaît aussi chez les jeunes enfants, mais non dans la première enfance, occupe le dos des mains et des joues, alterne avec l'engelure et est caractérisée par une rougeur érythémateuse indolente, disparaissant sous la pression du doigt et sur laquelle on aperçoit quelques papules proéminentes.

Cet éry thème scrofuleux a une marche lente qui le différencie de l'érythème papulo-tubereuleux arthritique.

Acné scrofuleuse. — Les formes d'acné qui dépendent de la scrofule sont : l'acné punctata, l'acné sebacea, l'acné varioliforme, l'acné miliaris, l'acné indurata et l'acné rpsea.

L'acné punctata est caractérisée par de petites saillies au centre desquelles on aperçoit de petits points noirs. (Tannes.)

L'acné yariolifonae est une vafiété qui était décrite sous le nop ç} e ^luscujft avant que M. Bazin ait fait paraître son mémoire sur cette affection (1851). Depuis cette éppque elle a été bien étudiée par le D p Magnan, ancien interne de M. Bazin, et r^ttapjiée par tons les. çlerpaatologistes au genre acné.

L'acné varioUforme siège habituellement à la face, au cou, au devant de la poitrine, mais peut s'observer sur les diverses autres régions du corps ; elle est caractérisée par de petites saillies dont la grosseur varie de celle d'un grain de mil à celle d'un pqis ou d'une petite cerise, saillies indolentes, ombiliquées au centre, présentant une couleur qui se rapproche de eelle 4e la cire, et demi-transparentes sur les bords de l'ombilic.

M. Bazin a démontré que cette affection était précédée ou accompagnée d'autres manifestations scrofuleuses.

Ce même médecin place au nombre des scrofulides acnéiques, l'acné sébacée et l'acné éléphantiasique caractérisée par l'hypertrophie générale des glandes de la peau, et dont une observation recueillie par M. Lutz est insérée dans le Traité de la scrofule de M. Bazin.

L'acné miliaris occupe principalement le front et est caractérisée par de petites pustules analogues à des papules pseudovésiculeuses et produites par l'occlusion de l'orifice du canal de la glande sébacée et son soulèvement par la sécrétion glandulaire mêlée à un peu de lymphe ou de sérosité purulente. Ces pustules sont discrètes et séparées par des intervalles de peau saine, ou cohérentes réunies les unes à côté des autres de manière à former des groupes dont la forme souvent régulière représente des figures géométriques, celle d'un anneau, d'un demi ou d'un quart de cercle, etc. Il est en général facile de reconnaître que ces groupes sont constitués [par une réunion de pustules; quelquefois cependant on n'arrive qu'avec peine à diagnostiquer cet élément primitif, parce que les pustules s'étant rompues, il n'existe plus que des plaques saillantes, régulières ou irrégulières, rouges et recouvertes de squames blanches et peu épaisses, plaques offrant quelque analogie avec celles du lichen lividus. Tantôt l'acné miliaire scrofuleuse n'occupe que le front; tantôt, au contraire, elle est disséminée à la surface de tout le corps.

L'acné indurata est caractérisée par des pustules dures et rouges à la base, purulentes au sommet, le plus ordinairement isolées et discrètes, quelquefois cependant cohérentes. Ces pustules s'ouvrent à leur sommet, donnent issue au pus qu'elles contiennent, et disparaissent en laissant une petite cicatrice blanche, oblongue et plissée.

Elles sont le résultat d'un travail inflammatoire qui s'empare de la glande sébacée, se propage ensuite au tissu cellulaire ambiant et ne détermine que lentement la suppuration qui a lieu d'abord au sommet de la papulo-pustule.

SCROFULIDES. 333

Nous avons décrit précédemment l'acné rosée de nature scrofuleuse.

La scrofulide acnéique n'apparaît ordinairement que vers l'époque de la puberté et se perpétue souvent pendant un temps fort long, par suite de l'existence de poussées successives. Elle disparait, en général, quand surviennent les périodes ultérieures de la scrofule. Nous devons ajouter que l'acné varioliforme se rencontre souvent vers l'âge de \ ou 5 ans.

On voit quelquefois la scrofule débuter, par la couperose, chez les femmes arrivées à l'âge critique. Cette affection persiste alors longtemps et ne disparait que lors de l'apparition de la scrofule viscérale.

L'acné scrofuleuse pourrait être confondue avec l'acné syphilitique ; mais la première espèce occupe presque exclusivement la face, le dos, les épaules, le devant de la poitrine, est caractérisée par diverses variétés d'acné : de l'acné punctata, de l'acné miliaire, de l'acné indurata, et les éléments n'affectent aucune disposition spéciale ; au contraire l'acné syphilitique occupe toute la surface du corps et est caractérisée par des pustules discrètes ou réunies en petits groupes, entourées d'une petite auréole cuivrée et laissant à leur place une petite cicatrice déprimée qui blanchit du centre à la circonférence.

L'acné miliaire et l'acné indurata de nature scrofuleuse, pourraient être confondues avec les mêmes variétés de nature arthritique ; mais l'acné miliaire scrofuleuse siège ordinairement sur le visage et les épaules, est associée à l'acné punctata, l'acné indurata n'est pas accompagnée de picotements et coïncide souvent avec d'autres manifestations scrofuleuses.

L'acné indurata arthritique se développe par plaques sur le dos, la partie interne des cuisses et coïncide avec d'autres manifestations arthritiques.

Marche, durée, terminahon de la scrofule cutanée bénigne. — La scrofule cutanée sécrétante est celle que l'on observe, en général, la première ; elle apparait dès la plus tendre enfance, et disparait, selon M. Bazin, vers i'àgc de 3 ou 4 ans, mais peut

aussi se continuer dans l'âge adulte sous forme d'eczëmà chronique, de pityriasis ou d'acné sébacée, quelquefois même elle n'apparaît que datis l'âgé adulte.

Le lichen généralisé précédé dé atrôphtiliiS petit ûkïttè âtissi daiis lès premiers temps de là vie et coexister ave& la gburiiiê, tandis que l'acné n'apparaît qu'à l'âge de la pulièïté (î'actié varioliforme excepté) et la couperose â i ? àgê cfrtitfttë.

La scrofulide cutanée petit se prôjiàgër Île la pèâîi ékk miiqueuses ou se transformer in situ en scrofulides ihalignes: — Ufc impétigo siniple du nez ou dé la lèvjbë peut âittSî se transformer en scrofulide rongeante où même?» èh liipûâ fibrbplastique.

Étiologie. — Nous ne pouvons j>as étudier ièl léâ' ëàiiàôs de là Scrofule, mais seuleinent indi(juèi» les ëircoûstâûc&â qui déterminent l'apparition des éruptions ctitattiéès Scrôfulëusës.

La dentition, la puberté, la grossesse, etc., peuvent constituer autant de causes provoquantes de. là scrofule et éveiller bette maladie constitutionnelle. La dentition est accompagnée de feux dé dents, c'est-à-dire de congestions, d'érytHèmës de la face, de strôphùlus; d'éruptions eczémateuses, tous phéno : mêiies qui disparaissent lorsque la dent à perce la gencive, si l'enfant n'est pas scrofuleux; mais, s'il est atteint clé cette niàladië constitutionnelle, alors l'éruption éveillé la maladie jusque là latente, et celle-ci, s'eînparant dé l'éruption provoquée par là dentition, la perpétue et la transforme ëii manifestation scrbfulëuse (lichen scrofuleux, eczéma scrofutêùx, ètcij

A la puberté, les congestions qui se produisent du côté des mamelles déterminent des érythèmes, passagers ordinaire* ment, mais qui chez les jeunes filles scrofuleuses se transfertnient en eczémas scrofuleux* Le tempérament lymphatique pr& dispose aux éruptions sécrétantes, le tempérament bilieux aux éruptions acnéiques, le tempérament bilibsô-herveUx aux éruptions papuleuses.

Les maladies fébriles exàrithémâtic[iiës, la chlorose, jouent soutetit aussi le rôle de causes provoquantes de la scrofule. D en est de même des parasites végétaux ou animaux, etc.

SCROFULIDES. 335

Traitement. — Oii doit conseiller un traitement interne dirigé contre la cause des affections cutanées, c'est-à-dire contre la scrofule,, et un traitement externe dirigé contre l'éruption de la peau elle-même.

On satisfera à la première indication en ordonnant des tisanes amères, telles que : celles de houblon, de pensée sau • vage, de gentiane, etc.; un léger laxatif tous les jours; une cuillerée de sirop d'iodure de fer chaque matin et une cuillerée de sirop antiscorbutique chaque soir, M. Bazin réserve l'huile de morue pour les scrofulides malignes et les accidents de la scrofule osseuse.

Toutefois, dans les cas de scrofulides bénignes rebelles, il conseille l'association du sirop de fer et de l'huile de morue.

Le traitement local doit être différent, suivant que l'affection est humide ou sèche.

S'il s'agit d'une scrofulide exsudative non compliquée de parasites et présentant des symptômes inflammatoires, on fera des lotions émollientes sur les parties malades; on saupoudrera de poudre d'amidon ou de fécule de pommes de terre les surfaces affectées; on détachera les croûtes à l'aide de cataplasmes de fécule, et on fera prendre un bain d'amidon tous les jours ou tous les deux jours. Si la gourme est compliquée de parasites, il faut détruire ces êtres à l'aide d'onguent napolitain ou d'une solution de sublimé.

Lorsque les symptômes inflammatoires sont apaisés, on badigeonne les surfaces malades avec de l'huile décade pure; une minute ou deux après le badigeonnage, on essuie avec un linge fin et par pression la partie imbibée d'huile de cade. Il convient de répéter cette application tous les trois ou quatre jours.

Si l'huile de cade déterminait de l'irritation, on la mélangerait à l'huile d'amandes douces ou on la remplacerait par des pommades au calomel, à l'oxyde de zinc, etc.

Ce traitement local convient aussi aux scrofulides boutdiineu3es et acnéiques ; s'il s'agit d'acné sébacée, on prescrira

336 AFFECTIONS SFECIÀLES.

les glycérolés d'ammoniaque, de carbonate de soude, les bains gélatino-sulfureux ou sulfureux.

(6) Scrpfulides malignes.

M. Bazin assigne les six caractères suivants à ce groupe d'affections scrofuleuses : 1° l'extension aux couches profondes de la peau; 2° la circonscription plus limitée, plus restreinte, des parties affectées; 3° l'absence de douleur; ° l'hypertrophie, suivie plus tard d'une atrophie remarquable des parties atteintes ; 5° la coloration d'un rouge violacé ou livide ; 6° les cicatrices indélébiles, et trop souvent hideuses que laissent après elles les scrofulides profondes-

io SCROFULIDE ÉRYTHÉMATEUSE.

Ce groupe renferme les affections où il semble qu'il n'y ait que de l'éry thème sur les surfaces malades. M. Bazin en admet deux variétés : le lupus érythémateux et le lupus acnéique.

Lupus érythémateux. — Il siège presque constamment à la face, aux tempes ou au cuir chevelu, quelquefois sur le dos des mains et des doigts, et est caractérisé par des plaques ordinairement arrondies ou ovalaires, indolentes, non saillantes, offrant une rougeur congestive tantôt analogue à celle de Térysipèle, tantôt livide ou jaunâtre, rougeur disparaissant sons la pression du doigt, permanente et fixe ; après avoir persisté un certain temps, la rougeur disparait et laisse à sa place une véritable cicatrice semblable à celle d'une brûlure, et qui s'est produite sans que Tépiderme ait été détruit. Les couches superficielles du derme disparaissent par suite d'une absorption interstitielle.

Quelquefois le lupus érythémateux offre une marche centrifuge (éry thème centrifuge de Biett). Il débute par une rougeur qui s'exfolie, se transforme en cicatrice, tandis qu'à la circonférence apparaît une rougeur circulaire qui subit la même évolution, et ainsi de suite.

SCROFULIDES. 337

Lupus acniique; herpès crétacé du bout du nez, de M. Devergie. — Cette affection ne s'observe guère qu'à la figure, sur les joues et le nez; elle est caractérisée par une ou plusieurs taches arrondies ou ovalaires limitées par un bourrelet rouge qui s'étend progressivement vers les parties saines à mesure que le mal fait des progrès ^ Au niveau de ces taches, on observe que les conduits des glandes sébacées sont élargis et remplis d'une matière blanchâtre, comme crayeuse, et composée d'un mélange d'épiderme et de matière sébacée altérés; de l'existence de cette substance au niveau des glandes sébacées résultent de petites aspérités à la surface.

Lorsque cette affection est guérie, les parties du nez qui en étaient affectées sont couvertes de petites dépressions semicirculaires et cicatricielles correspondant aux ouvertures des glandes sébacées.

Diagnostic. — La couperose érythémateuse peut être confondue avec le lupus érythémateux ; cependant la couperose est caractérisée par des taches moins régulièrement arrondies, présentant des capillaires dilatés à leur surface et à leur pourtour, ordinairement recouvertes de papulo-pustules et de pustules.

Uérythèmc marginé arthritique est caractérisé par des plaques d'un rouge inflammatoire, nettement limitées par des bords relevés, et présente une marche aiguë.

TJerythema papulatum scrofuleux est constitué par des surfaces rouges recouvertes d'éléments papuleux, et n'offre jamais de tissu cicatriciel.

2o SCROFULIDE TUBERCULEUSE.

M. Bazin admet trois variétés de scrofulide tuberculeuse : le lupus tuberculeux, la scrofulide tuberculeuse inflammatoire et une variété rare du molluscum des auteurs.

(a) Lupus tuberculeux, — Il présente une forme simple et une forme hypertrophique.

La forme simple s'observe le plus ordinairement sur la face,

plus rarement sur le tronc et les membres, et est caractérisée par des tubercules disposés en groupes affectant les formes les plus variées, celles d'un arc de cercle, d'une demi-lune, d'un anneau complet ou incomplet, etc. Ces tubercules présentent un volume variable de celui d'un grain de mil à celui d'un gros pois, sont demi-transparents, et offrent uue coloration rougeâtre, d'un rouge livide ou jaunâtre, que l'on a comparée avec raison à la couleur du sucre d'orge. Ils sont m général indolents, et donnent au doigt qui les presse la sensation d'une rénitence élastique.

Si on examine au microscope le tissu qui les compose, on constate qu'il est constitué par des cellules et des noyaux libres renfermant au milieu d'eux des follicules pileux ou des glandes sébacées dégénérées et remplies dp couches concentriques d'épi thélium provenant de ces glandes.

Ce néoplasme est résorbé après avoir subi sans doute la transformation graisseuse, et alors le tubercule devient plus mou, perd sa rénitence, se ride et s'affaisse, et finit par disparaître en laissant une cicatrice enfoncée qui n'a pas été précédée d'ulcération {lupus non exedens)* et ressemble à celle d'une brûlure.

Le lupus tuberculeux a une marche très-lente, et s'étend en surface tantôt par de nouvelles poussées tuberculeuses et tantôt par un bourrelet tuberculeux circonférentiel qui apparaît dès que les tubercules du centre sont affaissés. La durée est très-longue, et cette affection persiste pendant une grande partie de l'existence»

La forme tuberculeuse hypertrophique s'obserVe aussi principa^ lement sur la face, mais existe également sur les membres et les organes sexuels.

La face acquiert un volume considérable, d'où le nom de léontiasis qui lui a été donné. Les traits ont alors disparu^ les joues sont tuméfiées et pendantes, et donnent au doigt une Sensation de rénitence élastique analogue à celle que produit la pression des tubercules du lupus non hypertrophique. Les lèvres sont énormes, les paupières recouvrent presque complc-

SCROFULIDES. 339

tement les yeux que Ton aperçoit à peine; les oreilles sont également le siège d'une tuméfaction considérable.

Aux membres, le volume des parties affectées est double ou triple du volume normal. Tous les éléments de la peau sont affectés d'hypertrophie, les papilles sont saillantes et donnent aux téguments un aspect de peau de chagrin ; sur les limites des parties hypertrophiées existent dés tubercules exfoliés ou recouverts d'une croûte noirâtre.

Les parties génitales peuvent aussi présenter cette hyper* trophie, et on constate alors que le pénis a un volume double ou triple de son volume normal et que les glandes sébacées de cette partie et les follicules pileux du scrotum sont hypertrophiés, ou que les grandes et les petites lèvres forment des masses volumineuses et pendantes.

Cette affection persiste pendant de longues années, s*étendant, comme la forme simple, soit par l'apparition de nouveaux groupes, soit par la naissance d'un bourrelet circonférentiel.

Chaque tubercule individuel peut se terminer par résorption ou ulcération.

(b) Scrofulide tuberculeuse inflammatoire. — Cette affection n'est pas commune; elle peut occuper toutes les régions du corps et se présente ordinairement sous forme de plaques constituées par des tubercules réunis en groupes, tubercules opaques, rouges, indurés, peu sensibles à la pression, quelquefois purulents ou croûteux à leur sommet.

(c) Molluscum* — C'est une affection très*rare, dont M. Ba* zin n'a observé qu'un exemple. Elle consiste, dit ce médecin, en une éruption de petites tumeurs variables en volume, depuis celui d'un pois jusqu'à celui d'une cerise* Le contenu de ces tumeurs n'est autre chose que du tubercule tout à fait analogue, pour la composition, au tubercule pulmonaire* Au bout d'un ôertain temps, les tumeurs se ramollissent par suite de la formation d'une matière caséeuse et de véritable pus. L'abcès tuberculeux se perfore, s'ouvre au dehors; le kyste se vicie, et

ses parois se cicatrisent un peu plus vite et mieux que celles des cavernes pulmonaires.

Dans le cas observé par M. Bazin, les parois de la tumeur étaient formées d'une double enveloppe : de la peau amincie et presque réduite à sa couche épidermique et d'une tunique profonde ; c'était un véritable kyste dans lequel se trouvait renfermée la matière tuberculeuse.

Diagnostic du lupus non ulcéreux. — La scrofulide maligne tuberculeuse non ulcéreuse pourrait être confondue, à la rigueur, avec la couperose pustuleuse, le lichen à papules déprimées, le psoriasis circiné. Cependant, un examen attentif permettra toujours de distinguer ces diverses affections. En effet, la couperose est caractérisée par une surface rouge, sur laquelle existent des papulo-pustules d'un rouge inflammatoire ; le lichen à papules déprimées est disséminé et ses éléments présentent une couleur toute différente de celle des tubercules du lupus. Enfin le psoriasis est caractérisé par des saillies recouvertes de squames blanches, argentées, bien différentes des légers furf lires qui recouvrent quelquefois les tubercules.

La syphilide tuberculeuse circonscrite pourrait plutôt prêter à l'erreur; en effet, elle est caractérisée par des tubercules groupés, indolents, etc.; cependant, les tubercules syphilitiques offrent une teinte cuivrée, sont plus durs que les tubercules du lupus, disposés de manière à former un croissant ou un fer à cheval, et présentent une marche rapide; ils ont été précédés d'ailleurs d'autres phénomènes de même nature.

Le lupus hypertrophique a pu être pris pour l'éléphantiasi» des Arabes, mais jamais on observe, dans cette dernière affection, un fond cicatriciel et l'existence de tubercules, phénomènes habituels au lupus.

3° SCROFULIDE CRUSTACÉE ULCÉREUSE.

Cette scrofulide se divise en scrofulide ulcéreuse tuberculeuse et en scrofulide ulcéreuse inflammatoire.

SCROFULIDES. 341

Scrofulide ulcéreuse tuberculeuse (lupus ulcéreux). Elle débute par des tubercules identiques à ceux que nous avons décrits en faisant l'histoire de la scrofulide tuberculeuse simple, mais, toutefois, moins saillants, plus indurés et plus rouges. Ces tubercules sont bientôt le siège d'une ulcération qui s'étend en largeur et en profondeur. Quelquefois, cependant, l'ulcération s'étend principalement en largeur, et se présente sous la forme d'une ulcération irrégulière, superficielle, recouverte de croûtes noirâtres et adhérentes, à bords rouges, gonflés, un peu douloureux et semés de tubercules, ulcération sécrétant un pus mal lié, de mauvaise nature, que la pression fait sourdre à sa circonférence, et qui se propage à de vastes surfaces, de la face au cou et à la région sous-maxillaire.

Dans quelques circonstances, l'ulcération se guérit à la place primitivement atteinte, laissant des cicatrices rougeâtres ou d'un blanc rosé, luisantes, coupées de brides entre-croisées ou de végétations produites par des lambeaux de téguments qu'elles ont compris dans leur épaisseur, et qui peuvent devenir le siège de nouveaux tubercules, et envahit simultanément les parties qui entourent la surface cicatrisée (lupus serpigineux).

Dans d'autres cas, l'ulcération s'étend en profondeur et détruit tous les tissus qu'elle rencontre. Cette forme débute ordinairement au niveau des ailes ou de la pointe du nez, par un tubercule qui s'ulcère, perfore l'aile du nez ou réchancre sur son bord libre (lupus terébrant). L'ulcération est recouverte d'une croûte brunâtre ou noirâtre formée par le dessèchement d'une suppuration sanieuse, s'étend progressivement par la destruction des parties voisines, et ne respecte ni les cartilages, ni les os du nez.

Quelquefois l'ulcération se fait par la muqueuse, détruit la cloison ou la voûte palatine, et fait communiquer soit les deux fosses nasales, soit la fosse nasale et la cavité buccale. Si la scrofulide ulcéreuse débute par la commissure des lèvres ou les paupières, elle détruit ces parties, agrandit les ouvertures buccale et palpébrale, gène la mastication ou amène le renversement des lèvres, l'ectropion et l'ophthalmie.

En général, cette scrofulide a une marche très-lente, quelquefois, cependant, elle détruit tous les tissus avec une rapidité désespérante et mérite le nom de lufusvorax : « En moins d'un mois, six semaines, dit M. Bazin, le nez est complète* ment rongé, les lèvres sont détruites. On voit entre les ouvertures nasales, le vomer et la lame perpendiculaire de l'ethmoïde se raccourcir de jour en jour sous l'influence du travail destructeur des os. La langue se détruit par parties, et bientôt se trouve réduite à un moignon informe placé au fond de l'antre qui représente la bouche et les fosses nasales réunies, par suite de la chute des dents et de la destruction de la voûte palatine* Le plancher de l'orbite ne tarde pas à s'écrouler, et les globes oculaires tombent, retenus seulement par les nerfs optiques, auxquels ils se trouvent appendus comme à deux cordes. — Les malades parvenus à ce degré de la scrofulide maligne sont ordinairement enlevés par une phlegmasie ultime. » %

Scrofulide ulcéreuse inflammatoire. — Elle débute par des pustules, des papulo-pustules, des bulles de rupia, etc., ou par des tubercules inflammatoires réunis en groupes, rouges, indurés, peu sensibles à la pression, purulents et croûteux à leur sommet, etc. Que la scrofulide ait présentée son origine l'un ou l'autre de ces éléments primitifs, elle aboutit en définitive à la formation d'une croûte épaisse, brunâtre, enchâssée profondément dans la peau, et au-dessous de laquelle existe une ulcération irrégulière et anfractueuse, sécrétant une humeur sanieuse qui se concrète et forme une nouvelle croûte ; les bords de cette ulcération sont rouges, légèrement tuméfiés et parsemés souvent de tubercules inflammatoires ou de pustules indiquant l'élément primitif de l'affection. Cette scrofulide présente une marche plus lente que la scrofulide tuberculeuse fibro-plastique (lupus) ; trouve dans les os une barrière presque infranchissable, et laisse à sa suite des cicatrices bridées, enfoncées, adhérentes aux os.

Tandis qu'à la face et aux membres on observe, à peu prés indistinctement, les deux variétés de scrofulides ulcéreuses; au

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tronc, selon Mi Bazin, on constaterait plus souvent Texistenoe de la scrofulide inflammatoire.

Étiolojie. ~ La scrofulide maligne débute d'emblée ou suc* cède à la scrofulide bénigne, apparaît ordinairement entre J6 et 25Lans, et à peu près également dans les deux sexes; quelquefois elle est consécutive à la transformation in situ de scrofulide» bénigties en scrofulides malignes; decoupwose, d'érythema papulatum en scrofulides fibro-plastiques.

Diagnostic. — Nous devons indiquer les moyens de reconnaître l'élément primitif de la Scrofulide ulcéreuse ; l'espèce de scrofulide, scrofulide inflammatoire ou tuberculeuse fibro-plastique, et enfin la nature scrofuleuse de l'affection cutanée.

Il n'est pas toujours facile de reconnaître l'élément primitif, l'affection n'étant caractérisée que par une ulcération recouverte d'une croûte plus ou moins épaisse, et autour de laquelle n'existe aucune trace de l'élément primitif; cependant, on constate quelquefois sur les bords de la partie malade l'existence d'indurations profondes, aplaties, peu saillantes et indiquant que l'affection a débuté par un tubercule qui a suppuré et qui s'est transformé en croûtes.

De même, selon M. Bazin, si les bords de la croûte sont profondément enchâssés dans la peau et semblent situés sur le même plan que les parties environnantes ; si la croûte semble se continuer avec le bord rouge induré de la peau, faire en quelque sorte corps avec lui, l'élément primitif a été un tubercule cutané ou sous-cutané.

Si la croûte a la forme d'une écaille d'huître, elle indique la présence, au début, de la bulle de rupia ou de la pustule de l'ecthyma.

Si la croûte est jaunâtre, saillante, détachée du fond de l'ulcère, elle indique là préexistence de la pustule d'impétigo.

Si la croûte est humide, suintante, imprégnée d'un pus sérosanguinolent, elle démontré que l'affection a débuté par la vésico-pustule.

La scrofulide ulcéreuse ne peut être confondue qu'avec la scrofulide exsudative ou les ulcérations consécutives aux scro-

fuies ganglionnaires ou cellulaires. Mais la scrofulide exsudative est caractérisée par des croûtes jaunâtres, superficielles, non enchâssées dans la peau, autour desquelles on observe souvent l'élément primitif vésiculeux ou pustuleux, et qui ne laisse à sa suite qu'une simple maculature s'effaçant peu à peu et non une cicatrice bridée.

Les ulcères ganglionnaires ont des bords sinueux, bleuâtres et décollés, et ont été précédés pendant longtemps par une tumeur fluctuante.

Mais, la scrofule ulcéreuse étant reconnue, quelle en est la variété? Est-ce un lupus? Est-ce une affection inflammatoire?

Dans le lupus, on observe sur les bords de l'ulcère, soit des tubercules fibro-plastiques, soit des traces de tubercules.

Dans la scrofule inflammatoire, au contraire, on constate l'existence de grosses papulo-pustules rouges et inflammatoires.

La scrofulide ulcéreuse doit enfin être distinguée de la syphilide cutanée ulcéreuse.

Or, les tubercules syphilitiques sont saillants, volumineux, offrent un reflet obscur, de couleur brune ou cuivrée, sont disposés en groupes circulaires, tandis que les tubercules scrofluleux sont livides, rougeâtres, demi-transparents.

A la période ulcérative, s'il s'agit d'une affection syphilitique, on constate que les croûtes qui recouvrent les surfaces malades sont entourées d'une auréole cuivrée, sont affaissées, brunâtres ou noirâtres, et laissent à leur place des surfaces ulcérées à bords taillés a pic et baignées d'un pus qui se concrète rapidement au contact de l'air ; tandis que s'il s'agit d'une affection scrofuleuse, les croûtes sont entourées d'une auréole rougeâtre et bleuâtre, sont saillantes, d'un brun jaunâtre et laissent à leur place des ulcères couverts de granulations et de fongosités.

Enfin la marche de l'ulcère scrofuleux est très-lente, tandis que celle de l'ulcère syphilitique est très-rapide.

Quelquefois cependant la scrofulide ulcéreuse s'étend rapidement en superficie ou en profondeur; mais, dans le premier

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cas, l'ulcération n'offre jamais de contours irréguliers, en forme d'arcs de cercle, de spirales, comme cela s'observe dans l'ulcère syphilitique serpigineux; les bords sont violacés et décollés, le fond de l'ulcère est recouvert d'un pus peu consistant et les surfaces cicatrisées sont bridées.

Il est plus difficile de décider si le lupus qui détruit en profondeur, appartient à la syphilis ou à la scrofule, surtout lorsqu'il siège au nez : toutefois on pourra s'appuyer sur les caractères suivants : la scrofulide débute par la peau, naît dans la jeunesse, s'accompagne de caries et de tumeurs blanches, tandis que la syphilide débute par la muqueuse et coïncide avec des douleurs ostéocopes, des exostoses, etc., et guérit rapidement sous l'influence d'un traitement spécifique.

Pronostic— «Il est sérieux, les scrofulides malignes présentant une longue durée, étant difficiles à guérir, laissant, après la guérison, des cicatrices difformes et désagréables, pouvant déterminer des pertes de substance considérable et même entraîner la mort.

. Les scrofulides malignes non ulcéreuses sont moins graves que les ulcéreuses, et les scrofulides fibro-plastiques ulcéreuses sont plus graves que les affections ulcéreuses inflammatoires, le système osseux ne constituant pas pour elles une barrière, une limite à leurs progrès.

Traitement. — On doit conseiller un traitement interne, dirigé contre la scrofule, et un traitement externe, dirigé contre l'affection cutanée.

On satisfera à la première indication, en prescrivant l'huile de morue et le sirop d'iodure de fer, les tisanes amères, une nourriture tonique, etc.

M. Bazin a fait prendre aux scrofuleux jusqu'à 200 et 300 grammes d'huile de morue chaque jour en hiver. En été, l'huile de morue n'est pas aussi bien supportée, et il ne faut guère en ordonner qu'une ou deux cuillerées thaque jour.

M. Bazin professe que l'on doit suspendre l'usage de l'huile de morue lorsque les ulcères scrofuleux sont blafards et se couvrent d'une couche comme couenneuse, et comme putrila-

gineuse, parce que dans ce cas le mauvais état de la lésion augmente sous l'influence de l'absorption de l'huile.

En résumé, on conseillera de prendre matin et soir une tasse de tisane amère; avant chaque repas une dose convenable d'un mélange de sirop d'iodure de fer et d'huile de morue.

Le traitement local varie avec la variété de scrofulide maligne que Ton observe. Les scrofnlides érythémateuses et tuberculeuses simples réclament les mêmes modificateurs, c'est-à-dire l'huile de cade et l'huilé de noix d'acajou. On applique sur la gurfaoe malade une très-légère couche d'huile de noix d'acajou et vingt-quatre heures après on trouve la partie imbibée d'huile couverte d'une eschare analogue à une feuille de parchemin. Cette eschare se détache quelques jours après son application, sans laisser aucune plaie. On répète l'application d'huile de noix d'acajou tous les huit et dix jours jusqu'à ce que Térythème, les tubercules aient disparu.

Dans le lupus hypertrophiqtte, M. Bazin a employé avec avantage la pommade de ciguë sur les empâtements cellulaires et les applications d'huile de noix d'acajou sur les tubercules circonférentiels.

Le traitement local des scrofulides ulcéreuses varie suivant les circonstances : Si l'ulcère est superficiel, on se contentera d'en modifier la surface à l'aide de légers modificateurs, tels que la teinture d'iode, le coaltar saponiné, et on réprimera les fongosités à l'aide de la poudre d'alun ou du nitrate d'argent.

Si l'ulcération est profonde, il faut la modifier à l'aide de la teinture d'iode caustique (iode 1 partie, iodure de potassium 2 parties et eau 2 parties), après avoir préalablement détaché la croûte. L'application de teinture d'iode doit être répétée tous les quatre ou cinq jours.

M. Bazin met quelquefois aussi en usage une pommade au bi iodure de mercure, composée de une portion de sel pour deux parties ou une partie seulement d'excipient, mais il proscrit les caustiques énergiques, tels que la pâte arsenicale, le caustique de Ganquoin ou de Vienne, etc., et pose en axiomes, que plus la scrofulide maligne est généralisée, plus elle a de

SYPHIUDES. 3i7

tendance à s'étendre, moins elle réclame de caustiques énergie ques; que plus elle est limitée, circonscrite, statioanaire, plus on est en droit de l'attaquer par des agents destructeurs ; que Ton ne doit jamais appliquer un caustique dangereux ou par son action cautérisante, ou par ses propriétés toxiques, sur une surface ayant plus de 5 à 6 centimètres de diamètre ; que dans les cas de scrofulides malignes très-étendues ou très-nombreuses, les cautérisations doivent être partielles et successives.

DES SYPHILIDES.

On désigne sous le nom de syphilides les éruptions cutanées déterminées par la syphilis.

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