LICHEN
Le lichen de cause externe est aussi dii a l'ingestion de l'iode et des iodures (lichen jjatliogénétiquc).
Le lichen de cause interne est scrofuleux, arthritique, herpétique ou syphihtique.
Causes du lichen.
Lichen / Provoqué i Dû aux irritauLs.
direcL j Dû à des parasites (parasitaire).
de ' cause externe.
Provoque Du 1 uiprestion ^ n - -i- . , ' , ,,• V ' Patliogenelique.
indirect. w. I iode. ° ^
/ I Exanthcmatique.
i Scrofuleux. | Agrius.
Lichen 1 ( Invétéré.
) 1 Circonscrit.
Arthritique. PiUiris.
cause interne. ] ' Lividus.
A petites papules.
Lenticulaire.
Herpétique.
Syphilitique.
Miliaire.
Traitement. — Envisagé comme afiecîion générique, le lichen donne lieu aux indications suivantes : est-il aigu, il faut recourir à la médication émoUiente, bains d'amidon ou de son, tisanes rafraichissantes , légers purgatifs ; est-il chronique , trois symptômes réclament une médication spéciale : ce sont le prurit, l'hypertrophie de la peau et sa sécheresse.
Si l'on veut calmer le prurit il faut conseiller les bains fi ais, les lotions avec l'eau blanche, l'eau aluminée ou vinaigrée, les lotions de sublimé — eau 300 gr. sublimé 0,10, — les pommades opiacées ou à l'oxyde de zinc, l'huile de cade pure ou mitigée.
Du reste, le prurit réclame des agents dill'érents suivant la nature du lichen : l'huile de cade réussit l^eaucoup moins dans le cas de lichen dartreux que dans celui de lichen scrofuleux.
S'il existe un état hypertrophique de la peau, on conseUlera les pommades avec l'iodure de potassium ou l'iodure de plomb, ou l'extrait de ciguë, ou les substances alcalines.
Enîiu, si la peau est niii.L' el sèclio, on aura recours aux bains de vapeuis.
U4 AFFECTIONS GENERIQUES.
Mais il faut pour le liciieii, comme pour les autres affections génériques, satisfaire non- seulement aux indications fournies par, le genre, mais encore à celles qui sont données par la nature du lichen.
DU PRURIGO.
M. Bazin délinit, avec Willan, le prurigo : « une affection cutanée caractérisée par des papules plus volumineuses que celles du lichen, sans changement notable de couleur à la peau, développées le jslus souvent dans le sens de l'extension, couronnées à leur sommet d'une petite croûte noirâtre de sang desséché et s'accompagnant toujours d'un prurit très-vif et quelquefois intolérable. » Mais il fait cette restriction que les papules ne sont pas toujours plus volumineuses que celles du lichen, et que dans le prurigo latent, par exemple, elles sont à peine visibles.
Symplomatologie. — L'éruption a pour siège de prédilection les épaules, la nuque, la face externe des membres; quelquefois elle envahit en peu de temps une étendue plus ou moins considérable de la surface cutanée ; dans d'autres cas, au contraire, elle est limitée à une région telle que la face, le scrotum, le poui'tour de l'anus, et ne présente pas de tendance à s'étendre ; elle est en général précédée de démangeaisons plus ou moins intenses. Ensuite apparaissent des éminences pleines, ordinairement discrètes et isolées, larges, saillantes et donnant au doigt une sensation de rudesse et d'aspérité ; sous l'influence du prurit le malade se gratte sans cesse, déchu'c avec ses ongles les papules qui se recouvrent d'une petite croûte brunâtre ou noirâtre, formée par une gouttelette de sang desséché, caractère important du prurigo.
Le prurit présente d'ailleurs une intensité variable suivant la forme et la nature de l'affection : léger dans le prurigo mitis des auteurs, caractérisé par des papules volumineuses (P. scrofuleux de M. Bazin), elles sont atroces dans le prurigo formicans des auteurs caractérisé par de très-petites papules (P. her-
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pétiqiic de M. Bazin); alors le malade éprouve les sensations les plus diverses : celle d'une brûlure, d'une ardeur cuisante, ou il lui semble que la peau est traversée par des milliers d'aiguilles, est parcourue par des légions de fourmis, etc. Le prurit augmente souvent le soir et la nuit sous l'influence de la chaleur, sul)it une exaccrbation consécutivement à un travail assidu, une émotion vive, un brusque changement de température et par suite de toutes les causes qui accélèrent la circulation. Pour calmer ces sensations pénibles, le malade se gratte incessamment, substitue même à l'action insuflisante de ses ongles celle d'étriUes, de brosses et déchire la peau. Alors on voit de nombreuses croûtes sanguines au sommet des papules; des traînées sanglantes qui dénotent l'action irritante des ongles et même des pustules d'ecthyma, des furoncles, des aljcès sous dermiques, consécutifs à l'irritation des téguments. Vainement le malade cherche dans le sommeil un allégement à ses doideurs : à peine est-il au lit, que la chaleur qu'il éprouve redoulilc les démangeaisons, et qu'il est obligé de se lever et de faire des lotions avec l'eau froide ou d'autres liquides.
Lorsque la prurigo est partiel, il occupe en général les parties génitales, le pourtour de l'aïuis, la plante des pieds, et alors on peut voir survenir des phénomènes spéciaux, l'extension de l'hyperesthésie au clitoris et à la muqueuse vaginale, et partant l'onanisme et la nymphomanie si le prurigo occupe les parties génitales de la femme, etc.
Quelquefois la ténuité des papules est telle que l'on peut mettre en doute leur existence et que le prurit est le seul ■ symptôme existant. (P. latent ou sans papules des auteurs.)
M. Bazin fait remarquer qu'il existe un défaut habituel de ■relation entre le prurit et l'altération papuleuse; que l'un peut prédominer sur l'autre, et il attribue judicieusement les modi- Jications de volume, de forme et de nombre des papules, les variations du prurit, les relations du prurit et des papules, à la nature de la maladie qui a déterminé le prurigo : artiiritis, herpéiis, scrofule.
Le prurit et l'agitation, les insomnies répétées, le trouble des
fonctions digestives qui en sont la conséquenco, déterminent l'épuisement, l'amaigTissement, l'abattement, etc., quelquefois même la folie et une tendance au suicide.
Marche, durée, terminaison. — Le prurigo est tantôt aigu, et ne dure alors qu'un à trois septénaires ; tantôt chronique, et se prolonge alors pendant des mois et des années. Quelquefois il est intermittent, apparaît à une certaine époque de l'année, disparaît après un laps de temps plus ou moins long, et ne se développe de nouveau que l'année suivante, à la même époque.
Lorsque le prurigo a existé pendant longtemps, la peau subit des altérations notables; elle présente des taches brunes ou noirâtres dues à la production et à l'accumulation considérable de matière pigmentaire ; on voit au milieu de ces maculatures de petites cicatrices blanchâtres consécutives aux exulcérations que le malade a produites en se grattant immodérément. On constate une sécheresse notable, un état granuleux, un épaississement considérable des téguments et une exagération de ses plis. Alors il n'existe entre le prurigo et le lichen aucune différence appréciable, et il est impossible de savoir laquelle des deux aliections est sous les yeux. Le diagnostic différentiel n'a d'ailleurs, dans bien des cas, qu'une importance secondaire, puisque le prurigo et le hchen peuvent être des manifestations d'une même maladie, et partant exiger le même traitement.
Le prurigo est quelquefois suivi de mort; il la détermine alors non par lui-même, mais par les troubles fonctionnels qu'il entraine : insomnie, altération des fonctions digestives, etc. Cette terminaison est, d'ailleurs, heureusement rare.
Diagnostic. — Les auteurs établissent un diagnostic différentiel entre le prurigo et le strophulus; mais le strophulus est caractérisé par des papules rosées ou blanches, quelquefois accompagnées d'érythème, parfois surmontées à leur sommet de vésicules demi-transparentes et siège d'un prurit modéré. Ce strophulus est un lichen aigu de nature scrofuleusc, et le diagnostic se confond avec celui du lichen.
Quant au strophulus prurigineux de M. Hardy, il ne con-
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stituo pas \m genre sp(k'ial et n'a aucun rapport avec le li'.'hen scrofuleux de M. Bazin (.sprtvrulide boutonneuse). C'est une affection de cause externe, un lichen ou un prurigo artificiel; en effet, il occupe les parties découvertes, est accompagné de taches érythémateuses, de pustules ecthymatiques, etc., occupe les parties découvertes : la face, les membres supérieurs, les cuisses, les jambes, etc., s'observe chez les individus qui, par leur profession, sont exposés au contact des substances irritantes, etc.; il n'y a donc pas lieu d'établir un diagnostic différentiel entre le strophulus prurigineux et le prurigo, puisqu'ils constituent une seule et même exception.
Nous avons indiqué les caractères différentiels du lichen et du prurigo (voyez Lichen). Quant à l'urticaire, je ne pense pas qu'il soit possible à un médecin exercé de la confondre avec le prurigo.
Pronostic. — Le prurigo, considéré comme affection générique, n'est grave que par les démangeaisons qui l'accompagnent, démangeaisons quelquefois intolérables et déterminant de l'insomnie, de lafoUe et de la tendance au suicide.
Le prurigo des pai'ties génitales est plus sérieux que celui des autres parties du corps, parce que le prurit s'étend, chez la femme, au clitoris, au vagin, provoque la nymphomanie et une excitation intellectuelle considérable.
Mais le pronostic varie surtout suivant la nature de l'affection : le prurigo de cause externe disparaît avec la cessation de la cause; le prurigo scrofuleux cède plus facilement à un traitement approprié que le prurigo arthritique, qui persiste souvent longtemps, est sujet à des récidives fréquentes; mais le prurigo herpétique est, sans contredit, l'espèce la plus grave, parce qu'elle résiste ordinairement à tous les traitements, détermine des démangeaisons atroces, etc.
^natnmif pathologique. — La plupart des auteurs ont localisé la papule de prurigo dans la papille cutanée; mais le prurigo épargne précisément les régions où existent le plus grand nombre de papilles nerveuses, c'est-à-dire la face palmaire d(^s mains, des pieds, la partie interne des membres. Rayer le
H8 AFFECTIONS GENERIQUES.
considère comme une phlogose papuleixse, et Cazenave comme une névrose.
Hébra pense que la papule du prurigo est due à un épanchement de liquide dans les couches les plus profondes de l'épiderme, liquide dont la quantité n'est pas suffisante pour donner lieu à une papule plate, perceptible au toucher, et plus tard visible à l'œil.
M. Bazin n'attache qu'une importance secondaire à la modalité pathogénique, et professe qu'il importe plus de savoir quelle est la nature du prurigo que de connaître s'il s'agit d'une névrose, d'une phlogose, etc.
Étiolorjie. — Il existe un prurigo de cause externe et un prurigo de cause interne.
Le prurigo de cause externe est provoqué direct ou pathogénétique. Le prurigo provoqué dkect s'observe chez les individus que leur profession expose à une chaleur intense , les cuisiniers, les forgerons, les verriers, chez les personnes qui manquent de propreté, habitent des logements mal aérés ou chez celles qui présentent des acares, des insectes appartenant au genre pcdiculus, pediculi corporis et pedicidi pubis (P. -pavasitaire) .
Le prurigo apparaît aussi chez les individus atteints d'ictères, et est dù à l'irritation produite dans la peau par la matière colorante bihaire. Enfin on le constate à la suite d'abus alcoohques (P. pathogénétique).
Le prurigo de cause interne est scrofuleux, arthritique ou herpétique.
Causes du prurigo.
Provoqué I ^^''^duit par le feu, les irritants,
direct. ! ^'^^ parasites : acarus pediculi, acare du
Prurigo. \ ( chat.
Provoqué \
indirect ( x i,- ,, ,
on patlio- ( Higestion d alcoohques.
de cause externe.
génétique. '
Prurigo ( Scrofiilenx. I Mitis.
Artiiritique. ) Partiel,
liurpétitine. ( Formicans.
d(! cause interne.
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Trailement. — Doux indications sont fournies par le genre prurigo : calmer le prurit et faire disparaître les papules.
Pour calmer le prurit, il faut avant tout rechercher quelle est la nature de l'affection; en elfet, si elle est parasitaire, il suffit de faire usage des parasiticides pour la faire disparaître immédiatement et guérir complètement le malade ; si elle est de cause interne, il faut conseiller un traitement local et un traitement général.
Les moyens externes consistent en hains, lotions, pommades et douches.
Les ])ains froids ou les hains additionnés de sublimé, d'alun, de sous-carbonate de soude, produisent un soulagement notable ; au contraire, les bains sulfureux, les bains de mer, les bains de vapeurs, ne donnent pas d'heureux résultats par suite de l'excitation trop vive qu'ils déterminent.
On peut aussi employer les lotions avec de la glycérine étendue, de l'eau vinaigrée, ou de l'eau de goudron, de l'eau froide, de l'eau blanche (1 gramme sous-acétate de plomb pour 400 à 500 grammes d'eau), de l'eau de sublimé (sublimé 8 grammes, eau 300 grammes) ou avec des décoctions de jusquiame, de tètes de pavot.
Les pommades réussissent mal : cependant M. Bazin a obtenu des succès avec la pommade suivante : morphine Ogr. 0."i à 0 gr. 10 pour 30 gr. d'axonge. Cette pommade substitue à la sensation de prurit une sensation douloureuse que le malade supporte mieux.
Quelquefois on est même obligé de recourir aux cautérisations répétées tous les trois ou quatre jours avec une solution plus ou moins concentrée de nitrate d'ax-gent.
Le traitement interne doit satisfaire à deux indications : calmer l'excitation nerveuse et partant le prurit; agir contre la maladie qui a déterminé le prurigo.
Pour répondre à la première, on ordonnera les narcotiques et les antispasmodiques ; et, pour répondre à la seconde, on prescrira les antiscrpfuleux, les antiarthritiques et les antiherpétiques.
AFFECTION'f; flKNKRIQUES.