AFFECTIONS DE CAUSE MÉCANIQUE. 14S
I gné de symptômes généraux ; dans des cas heureusement rares, on constate cependant de la fîèwe, de la céphalalgie, de la soif,
: de l'insomnie, du délii'e maniaque, et la mort ne tarde pas à arriver.
A l'autopsie, on trouve tous les phénomènes d'une congestion cérél)rale ou d'une méningite.
Ces accidents graves s'observent seulement pendant les étés très-chauds ou sous le soleil ardent des régions équatorialesj et ( (insécutivemcnt à l'crythcme solaire de la face et du cuir che- \ élu.
Cet érythème étant dû à l'action des rayons solaires sur la peau ne s'observe que sur les parties découvertes, le cuir che- ' vehij la face, le cou, les mains, la poitrine, les jambes et les pieds. Il nait d'autant plus facilement que la peau est plus fine ; aussi l'observe-t-on souvent chez les enfants.
On établira toujours facilement le diagnostic de cette espèce I d'érythème en se fondant sur son apparition subite, après l'exposition au soleil, sur sa forme diffuse et mal arrêtée, etc.
Le pronostic est en général bénin. Il ne devient grave que si des accidents cérébraux apparaissent.
Le traitement ne difiëre pas de celui de la brûlure au premier degré, et consiste dans des applications d'eau froide, de Uniment oléo-calcaire, etc.
Contre les accidents cérébraux on mettra en usage la médication antiphlogistique locale et générale, on conseillera l'application de vessies de glace sur la tète, des révulsifs intestinaux, etc.
B. Erythème pernio ou engelure. — Cet érythème est caractérisé par une rougeur congestive plus ou moins vive occupant, en général, les doigts des mains ou des pieds, plus rarement le nez, les oreilles ; cette rougeur de^dcnt de plus en plus foncée et acquiert une teinte violacée ; elle est accompagnée de tuméfaction des parties affectées, d'une sensation de chaleur, de tension, de prurit qui porte les malades à se gratter; ces scnsa- ■ tiens augmentent sous FinQuence de la chaleur d'un foyer ou du Ut et se calment pendant la journée.
Là peuvent se ]jorner les phénomènes par lesquels est caractérisée l'engelure et, après un temps variable, la rougeur, la tuméfaction diminuent et disparaissent. Mais quelciuefois on voit apparaître des plilyctènes remplies d'une sérosité roussàtre, qui ne tardent pas à se rompre, et au-dessous desquelles on constate l'existence d'exulcérations devenant bientôt de véritables ulcères dont le fond est blafard, grisâtre, qui n'ont pas de tendance destructive bien marquée, mais aussi pas de tendance à la cicatrisation et sont accompagnées de douleurs assez vives.
L'engelm^e reconnaît comme cause première le froid et comme causes prédisposantes l'enfance et le tempérament lymphatique. Chez les enfants lymphatiques, elle persiste souvent pendant tout l'hiver et ne disparaît qu'à l'approche de l'été. Lorsqu'elle apparaît chez des enfants scrofuleux, elle peut persister (în l'absence de la cause première, c'est-à-dire du froid, et exister pendant toute l'année : alors il semljle, selon l'expression de M. Bazin, que la scrofule trouvant une manifestation toute préparée s'en empare et la perpétue en l'absence de la cause. L'engelure est devenue, dès lors, une manifestation scrofuleuse.
Le diagnostic de l'engelure est en général très-facile et je crois qu'il sufht de signaler la possibilité d'erreur avec le lupus érythémeux, l'acné rosée, si elle siège à la face ; avec l'érythème papulo-tulierculeux. si elle siège aux membres supérieurs, etc., pour qu'on évite de la commettre.
Traitement. — Un a conseillé comme traitement préventif contre l'engelure les lotions avec l'eau-de vie, les frictions avec la neige, l'usage haljîtuel de l'eau froide, tous les moyens propres, en un mot, à réveiller l'activité fonctionnelle de la peau.
Lorsque l'engelure existe et est à l'état érythémateux, ou conseille un grand nombre de topiques dont bien peu ont de l'efficacité réelle : les meilleurs sont la solution ou la pommade au sous-acétate de plomlj, la solution de sublimé au 1/300 ou au 1/000 , le céiat opiacé, le cèrat saturné, la glycérine, le Uniment oléo-calcaire.
Si des ulcères existent, ou excitera leur vitalité en les lavau^
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uvrc l'eau ailditioniiée de vin aromatique et ou les pansera avec le cérat satuiaié.
C. Intertrifjo. — On peut l'observer dans toutes les parties du corps où la peau est adossée à elle-même, c'est-à-dire au pli des seins, aux aisselles, derrière les oreilles, aux plis gcnitocruraux, aux bourses chez les hommes, aux grandes lèvres chez la femme ; par suite du contact de la peau à elle-même dans ces diverses régions, la sueur stagne, s'altère, devient irritante et produit l'érythême.
L'intertrigo s'observe principalement dans l'enlance et à l'âge critique ; chez les personnes qui transpirent aljondamment, telles que les arthritiques.
Mais la sueur n'est pas le seul liquide dont le contact entre deux surfaces cutanées détermine de l'intertrigo ; on voit cette ati'ection apparaître sous rintlucncc de llueurs blanches, du liquide (|ui s'écoule par les fistules vésico-vaginales, etc.
L'intertrigo est caractérisé par une rougeur dill'usc (pii débute par le fond du pli cutané, s'étend peu à peu jusqu'à ce qu'elle ait envahi toute l'étendue des surfaces en contact, et ne dépasse pas alors cette limite, à moins de complication. Pendant les premiers temps de la durée de l'intertrigo, le malade éprouve seulement des démangeaisons; plus tard l'épiderme se détruit et le derme mis à nu devient le siège d'une sécrétion muco-purulente, intertrigo purifluens.
Tel est l'intertrigo qui upparait chez une personne exempte de toute maladie constitutionnelle; lorsque cette atfection nait, au contraire, chez un individu scrofuleux ou arthritique, elle subit des modihcations par suite de l'existence de la maladie constitutionnelle. (Voyez scrofulides et arthritides.)
Diagnostic. L'intertrigo pourrait être confondu avec l'eczéma, mais l'intertrigo est caractérisé par une tache èrythémateuse et l'eczéma par des vésicules. Cette dernière affection ne reste pas limitée aux parties adossées, et le liquide sécrété se concrète en squames plus ou moins himiides et épaisses ; il existe d'ailleurs, en général, plusieurs plaques eczémateuses.
J'ronostic. L'intertrigo n'olhe pas de gravilé et constitue seu-
huuont une aflcctioii yùnaiite, iucommode et souvent rebelle.
Traitement. Il convient avant tout d'isoler les surfaces contii^uës à l'aide d'un linge de toile, de saupoudrer les parties malades avec les poudres d'amidon, de tan, de lycopode, qui réussissent mieux que les corps gras.
Si l'intertrigo est ancien, on conseillera des lotions avec des liquides astringents et substitutifs, tels que la solution d'alun, de nitrate d'argent, le vin aromatique additionné d'eau, etc.
D. Erythème pa?- décubitus prolongé ou paralrime. — Il existe sur les points du corps qui supportent pendant longtemps une pression prolongée ; la pression est d'aiUeurs favorisée dans la production de l'érythème par la position déclive des parties comprimées et partant par la stagnation du sang; par le contact des sécrétions cutanées, quelquefois même dans les maladies graves, par celui des matières fécales ou urinaires et l'affaiblissement de l'économie.
L'érytbème est caractérisé par une rougeur marbrée, plus intense là où la pression est le plus développée, indolente et accompagnée seulement d'un peu de prurit et de chaleur; mais à un moment donné, une douleur fixe, continue et sourde apparaît et l'on (;onstate au milieu de la tache érythémateuse un point bleuâtre, insensible, et indice de la mortification des tissus comprimés.
Le traitement consiste à empêcher le décubitus prolongé, c'est-à-dire à changer la position du malade, à renouveler fréquemment son linge, à user de grands soins de propreté, à saupoudrer les surfaces érythémateuses de poudre d'amidou ou de tan, ou à les laver avec des liquides astringents, tels que la décoction de quinquina, l'infusion de roses de Provins, etc.
Urticaire mécanique.
De petits poils microscopi(j[ues se détachent du corps des chenilles de plusieurs bombyces, processionnaires, lors de leur transformation en chrysalide, se répandent dans l'air et vont s'enfoncer dans la peau (Qu'ils irritent : de cotte irritation rcsul-