‹ Traite des affections de la peauChapitre 29 sur 59 · AFFECTIONS DK CAUSE MECANIQUE · texte numérisé non relu

AFFECTIONS DK CAUSE MECANIQUE

tent du prurit et des éruptions qui eousisteut le plus souvent dans des papules d'urticaire, quelquefois dans des taches érythémateuses el qui plus rarement sont pustuleuses.

Les actinies et les méduses , orties de mer, déterminent aussi des phénomènes d'urtication plus ou moins prononcés l'appareil urticant des méduses est constitué par des dards ou pointes aiguës que l'animal découvre pour attaquer ou se défendre.

Éruptions papiikuses mécaniques.

Les piqûres de punaises déterminent des saillies papuleuses rosées ou rouges, dont le sommet est quelquefois soulevé par de la sérosité, et qui sont accompagnées de douleur et de prurit.

Ces pajpules se différencient des piqûres de puces caractérisées par une tache hémorrhagique centrale, entourée d'une zone congestive ; de l'urticaire, dont les éléments sont intermittents, accompagnés de vives démangeaisons, et réapparaissent consécutivement à de légères frictions ; de l'épinyctide, caractérisée par la sensation nocturne de milliers d'insectes qui parcourent la peau et par d'atroces démangeaisons, sans que l'on constate aucune éruption cutanée.

Éruptions vésiculeuses et pustuleuses mécaniques.

Le rouget, arachnide très- répandu dans les campagnes, s'insinue au-dessous de l'épiderme et jusque dans les folhcules des poils; alors apparaissent des rougeurs, du gonflement, des vésicules, quelquefois même de l'ecthyma et existent des démangeaisons très- vives.

Crasses non parasitaires.

On désigne ainsi une altération cutanée, causée par une lésion pécrétoire. Cette aflection s'observe presque exclusivement chez les enfants à la mamelle et consiste en un enduit sébacé de la tètè, mêlé à des débris épîdermiques, exhalant une odeur fade et nauséeuse, enduit d'abord assez mou, mais se desséchant

I AKKECTIONS SPÉCIALES.

ensuite (!l prenant alors la forme (l'(k-.aille.s lavons, irrcyulières (!t adhérentes. Si, cédant au préjugé vulgaire, on respecte ces crasses, la papille pileuse, privée d'air et de lumière, s'atro-' phie graduellement et s'oblitère, et le petit malade est condamné à une calvitie définitive.

Il faut donc se hâter de débarrasser l'enfant de ces crasses : on y parviendra facilement en appliquant des cataplasmes, faisant ensuite des lotions alcalines et des onctions avec un corps gras, huile d'amandes douces, jaune d'œuf, glycérine, etc.

M. Bazin désigne sous le nom d'affection provoquée, toute congestion ou inflammation de la peau déterminée par une cause d'ordre physique, qui n'agit sur le tissu cutané qu'au titre de stimulus morl)ide, ou agent provocateur.

Il partage les affections provoquées en deux sections : 1° Les affections provoquées directes, de beaucoup les plus nombreuses ;

2° Les affections provoquées indirectes ou pathogénétiques.

Nous avons déjà dit que les premières étaient le résultat de l'action sur la peau de substances irritantes, de parasites, etc., et que les secondes naissaient après l'absorption de principes morbifiques, tels cj[ue le copahu, l'alcool, les moules (V. p. -i)-

Nous diviserons pour la commodité de l'étude, les affections provoquées directes, en affections provoquées non parasitaires et en affections provoquées parasitaires. Nous avons donc trois grands groupes d'affections provoquées : les affections non parasitaires, les affections parasitaires et les affections pathogénétiques.

Avant d'étudier ces diverses affections spéciales de cause externe, nous croyons utile de placer sous les yeux du lecteur les caractères communs qu'elles présentent, tels que M. Bazin les a indiqués dans son Traité des affectiom artificielles.

Caractères communs ilcs a/fections provoquées. — 1" Leur siège

AFFECTIONS pno^ 0(,u;i:KS OL" ARTIFJOIELI.KS. l'il)

topographique ordinaire est aux parties (It'couvertcs, les plus exposées à l'action des causes. Elles se développeut surtout à kl face, au front, aux mains, aux avant-bras, à la partie antérieure de la poitrine, aux jambes et aux pieds ; les parties génitales constituent, pour beaucoup d'entre ces alfections, un véritable siège de prédilection, ce qui s'explique parle transport, au moyen de la main, de l'agent provocateur ; la gale en fournit un exemple. Il est enfin des cas où l'éruption artificielle est généralisée à toute la surface du corps, mais alors même, elle est surtout prononcée dans les régions que je viens de vous signaler.

2" Forme. — Tandis cjue les éruptions constitutionnelles ont habituellement une forme qui leur est propre, forme nummulaire et nettement arrêtée pour les arthritides, sinueuse et figurée en arcs île cercles pour les syphilides, les éruptions artificielles prennent les aspects les plus divers, suivant les mille circonstances qui peuvent présider à leur développement. Tantôt et le plus souvent, elles sont dilfuses, mal dessinées, vagues dans leurs contours, sans avoir la symétrie des herpétides; rien de normal, d'habituel, tout semble donné au hasard ; tantôt, au contraire, leurs éléments se disposent avec une régulai'ité si grande, que ce signe sullît à lui seul pour établi)' aussitôt le diagnostic : je parle surtout en ce moment des éruptions déterminées par cei'tains emplâtres, onguents ou pommades (toiles vésicantes, diachylon thapsia, emplâtre de Vigo cuin mercurio, onguent napolitain en frictions, etc.). Telles sont encore les éruptions qui annoncent au début la germination de l'achorion et du trichophyton (anneaux herpétiques, disques érythémateux, etc.) ; mais la forme est ici le fait du parasite, dont elle représente exactement le mode de propagation.

3" Le mode palhogénique n'est pas moins irrégulier et variable que la forme ; on trouve souvent réunis sur un petit espace tous les degrés de la dermite à la fois. Les éruptions constitutionnelles sont en général caractérisées par un seul élément anatomique ou par un élément prédominant : c'(!st de

i;iO AFFECTIOMS SPECIALES.

l'eczéma, c'est de l'herpès, ou bien du psoriasis, du pytiriasis, du lichen, etc. Us n'en est pas ainsi généralement des éruptions artificielles qui sont au contraire remarquables par la multiphcité des lésions primitives : à côté de papules , on trouve des pustules ; ici , la vésicule de l'eczéma ; la bulle pemphigoïde, la large phlyctène ; un peu plus loin, des furoncles, de véritables phlegmons, etc. C'est ainsi que, dans la gale, existent des éléments extrêmement variés : la papulovésicule, les sillons, la pustule ecthymatique, le prm'igo. l'eczéma, et on sait quelle importance a pour la diagnose cet aspect protéiforme.

Ici encore, nous devons excepter les éruptions qui résultent de frictions ou applications méthodiques des agents irritants.

Le mode pathogénique est d'ailleurs sujet à varier suivant la nature de l'agent, suivant qu'il attaque de préférence tel ou tel élément de la membrane cutanée.

V Les sensations éprouvées par les malades sont également très- variables. Certaines éruptions provoquées sont complètement indolentes ; quelques-unes s'accompagnent de démangeaisons fort vives : ainsi le lichen tropicus. Mais le plus grand nombre déterminent, à leur début, et pendant leur période d'acuité, de la chaleur, de la cuisson, des élancements douloureux, phénomènes qui durent peu en général, et auxquels succède un prurit plus ou moins intense.

So li'intensilé dépend de la force de l'agent, de sa durée d'action, et de la sensiljilité du sujet à en subir l'influence. Elle n'est pas la même sur tous les points de la lésion, et varie de la simple rubéfaction au degré le plus avancé de la dermite.

(jo La marche de ces affections est très-importante à considérer : le plus souvent elle est progressive et ascendante, si la cause persiste, et celle- ci doit alors être supprimée sans délai ; ou bien, la lésion arrive à un certain état autour duquel elle oscille indéfiniment, et c'est ainsi qu'elle peut se perpétuer pendant des mois et des années. Parfois au contraire, il s'ètabht une sorte d'accoutumance de la peau à l'influence de l'a-

gent qui cpssr, nprôs un temps varinhle, de l'impressionner; ceci nous (Explique comment un grand nombre d'ouvriers peuvent impunément se livrer à des occupations qui, au début, les avaient fort incommodés ; mais cette immunité ne se maintient pas en dehors du milieu qui l'a fait naître, et la peau doit, pour la reconquérir, subir de nouveau toute l'action de la cause irritante.

Ce que l'on doit noter avant tout, comme le fait le plus général dans l'histoire des affections artificielles, c'e.st leur décroissance rapide, quand la cause n'existe plus, c'est leur guérison toujours prompte et radicale, quand aucun vice constitutionnel ne leur a imprimé son cachet de lenteur et de chronicité.

7° Durée. — Jamais, en effet, plus juste application n'a été faite de cet ancien adage : Suhlalâ causa, tollUuv effectus. Cependant les éruptions provoquées ont, par elles-mêmes, et indépendamment de la cause, une certaine durée : la peau ne peut revenir brusquement ù son état normal, mais cette durée est courte; elle oscille entre trois et vingt-cinq jours.

8° La cause est généralement facile à saisii", et les elFets qu'elle détermine sont propoi tionnels à son intensité, ce qui distingue les affections artiiicielles simples des affections mixtes qui résultent tout à la fois et de l'agent externe et de l'in- Uucnce constitutionnelle ou diathésique. Souvent le malade fixera tout d'abord le jugement du médecin en dévoilant luimême la cause de son mal ; on sera mis d'ailleurs siir la voie par l'aspect singulier de l'affection, par son siège, par la forme et la multiplicité des éléments qui la composent : les renseignements fournis par le malade feront le reste, s'il n'a point intérêt à cacher la vérité.

9" Les éruptions provoquées de nature spécifique sont caractérisées par leur marche régulière et la période d'incubation qui les précède ; de plus, elles sont généralement contagieuses.

10° Il est des circonstances accidentelles qui peuvent jeter une vive lumière sur le diagnostic; ainsi, l'odeur de térébenthine exhaliie par un malade, fera penser ù un accident causé

j[V,-2 AFl'F.CTIONS Sl'I-XMAI.KS.

par cotte siil)Stancc; tel autre a les cheveux vcrdâtres, un troisième a les ongies lbrt(;ment colorés eu jaune: on est eu présence d'éruptions professionnelles déterminées, dans un cas par les préparations de cuivre, et dans l'autre par les verts arsenicaux. Enfin, l'agent provocateur laisse parfois, sur le lieu même de l'éruption, des traces révélatrices de son passage.

J 1° Le traitement est rapidement efficace dans les éruptions artificielles ; il sufdt même le plus souvent, comme je vous l'ai dit plus haut, d'éloigner la cause, pour voir presque aussitôt décroître et cesser les accidents. Or, on n'en peut dire autant des afl'ections constitutionnelles.

Doux ordres de causes agissent pour produire les éruptions artificielles : les unes sont provocatrices ou déterminantes, les autres sont prédisposantes.

Les premières peuvent appartenir aux trois règnes de la nature ; elles agissent en irritant le tissu dermique. Les agents irritants sont gazeux, liquides ou solides.

Gazeux, ils sont chargés de principes acres, irritants ou toxiques, de corps solides impalpables qui agissent sur les téguments et déterminent des éruptions.

Liquides, ils agissent soit par suite de leurs propriétés spéciales, soit en vertu des principes qu'ils tiennent en dissolution ou en suspension .

Sofides, ils agissent par leur dureté, leur résistance, leur température ; quelquefois même ils pénètrent dans la peau : ainsi se comportent, du reste, certains parasites végétaux, l'acarus.

La composition chimique des substances exphque souvent leur action : ainsi quelques-imes dégagent, à une faible température, des principes volatils irritants, des huiles essentielles, moutarde, térébenthine; d'autres agissent en se combinant avec les tissus et les irritants.

Un grand nombre d'agents jouissent d'une soi'te de propriété élective et agissent sur tel ou tel élément de la peau, sur le réseau vasculaire, les papilles, les follicules sébacés, les glandes

AFFECTIONS FRO\0(nKF.S OU ARTIFICIELLES. ï'/to

su(lnri[)ai'cs, les ai'i'oles dermiques : de là érythèmes, papules, vésicules, pustules.

Canst's prédisposank's. — L'enfant nouveau-né ou à la mamelle est exposé aux éruptions cutanées, provoquées ou artilicielles, par suite de la linesse de la peau, du frottement des linges i[ui l'entourent, du contact de l'urine, des matières fécales.

La femme y serait plus exposée que l'homme, à cause de la délicatesse de sa peau, si ce dernier n'exerçait des professions qui l'obligent à manier des substances irritantes.

Les personnes lymphatiques subissent plus facilement l'action des agents artificiels que les individus bilieux et sanguins.

Enfin, il existe une aptitude spéciale pour chaque individu. En effet, la peau n'est pas également sensible, chez toutes les personnes, aux divers agents d'irritation ; elle ne répond pas toujours, et nécessairement de lu même façon, à un même agent d'irritation. D'autre part, tous les points de la peau d'un même individu ne sont pas également sensibles aux irritants ; il est des parties où la peau est très-fine; d'autres, où elle est très-épaisse.

Tantôt elles sont simples et caractérisées par l'existence d'une lésion élémentaire unique ; tantôt elles sont caractérisées, au contraire, par la présence de plusieurs lésions élémentaires, de papules, de pustules, de vésicules.

;«) Affections provoquées caractérisées par une lésion élémentaire unique.

AFFECTIONS ÉRYTHÉMATEUSES.

On a donné spécialement le nom de rubéfiants, en thérapeutique, aux substances qui, appliquées sur la peau, ont la propriété d'y provoquer une congestion active. Les principales de ces substances sont : la farine de moutarde, l'ail pilé, la poix de Bourgogne, la clématite, la renoncule scélérate, etc.

Chacun connaît les effets classiques de la farine de moutarde : quelques minutes après l'application de cette substance, on éprouve une sensation de picotements qui augmente à chaque instant et se convertit bientôt en une sensation de brûlure; simultanément la peau revêt une coloration d'un rouge intense et devient turgidc. Tous ces phénomènes disparaissent après l'enlèvement tle la farine ; la rougeur persiste cependant quelquefois assez longtemps.

Urticaire provoqué direct. — Il est produit par le contact de l'ortie ou urtica ureus. A peine la peau a-t-elle subi les atteintes de cette plante, qu'on voit apparaître des papules blanches, entourées d'une légère teinte rosée et accompagnées d'un sentiment de cuisson brûlante. Après quelques minutes, toute trace de l'éruption a disparu.

Les propriétés irritantes de l'ortie sont dues à un liquide acre qui s'insinue sous l'épiderme à la faveur des poils creux et piquants dont ce végétal est hérissé.

Roséole provoquée directe. Roséole estivale. — En été ou en automne, sous l'influence de l'éréthisme cutané produit par la chaleur, apparaissent, principalement sur les parties découvertes, de petites taches rouges dont la couleur disparait sous la pression du doigt, isolées les unes des autres, ne faisant aucuni' saillie au-dessus des parties environnantes. Après un ou deux jours de durée, la teinte des taches pâlit et il se produit une légère desquamation furfuracée ; quelquefois il existe simultanément un léger mouvement fébrile, de l'anorexie, etc.

Diagnostic. — La roséole estivale se distinguera toujûur;^ facilement de la rougeole et de la scarlatine, maladies caractérisées par une période de prodromes spéciaux : fièvre intense et angine dans la scarlatine ; fièvre, coryza, congestion oculaire et larmoiement, bronchite congestive, etc., dans la rougeole, et par une éruption plus régulière et moins fugitive que celle de la roséole estivale.

Nous indiquerons plus tard les caractères difi-érentiels dos roséoles syphililique et herpétique et de la roséole estivale.

Le pronostic n'a aucune gravité, puisque la roséole disparaît spontanément,

ÉRUPTIONS PAPULEUSES PROVOQUÉES pIRECTES,

1" Lichen tropicus. — Il se développe, ainsi que son nom Tindique, sous l'influence de la température élevée des régions tropicales, u Dans ces climats, dit Bontius, cité par M. Rayer, lorsque la sueur a été excitée, il se manifeste des papules rouges t't rugueuses, qui, le plus souvent, couvrent tout le coi'ps et i[ui sont accompagnées d'un prurit très-violent. Cette éruption attaque de préférence les personnes récemment arrivées dans ces contrées, mais il n'est aucun de leurs habitants qui n'en ait été atteint. Les démangeaisons sont intolérables. »

2" Dermite à petites pajmles. — Elle est produite par les pommades alcalines et les bains alcalins; elle n'offre rien de spécial dans sa forme ; aussi est-il difficile d'arriver au diagnostic de la cause d'après les seuls caractères objectifs de la lésion.

3" Dermile à grosses papules. — Est est déterminée par l'ipécacuanha. — Si l'on se sert d'une pommade composée d'une partie d'ipécacuanba pour deux parties d'axonge et si l'on frictionne la peau chaque jour cinq minutes, de la deuxième à la quatrième friction une éruption apparaît, caractérisée d'abord jtar des rougeurs diffuses, sur lesquelles s'élèvent de petites saiUies qui augmentent de volume sous l'influence de nouvelles frictions, sont rouges de la base au sommet, mais dépourvues d'aréole circonférentielle, dont la coloration s'eftace sous la pi essiou du doigt, qui ne sont jamais très-nombreuses et sont séparées les unes les autres par des intervalles variables. La peau, à l'endroit où elles siègent, est rude, rugueuse et sèche au toucher, sans pourtant présenter d'épaississement notable.

Au (h'but, le malade éprouve unn cuisson vive due à l'action irritante produite par la pommade ; plus tard, lorsque l'éruption papuleuse est apparue, il ressent un prurit intense qui s'exaspère et de-\dent intoléral^le pendant la nuit, sous l'influence de la chaleur du lit. Aussi le malade écorche-t-il sou-

vent les papules, qui se recouvrent do croûtes sanguines ;uialogues à celles du prurigo.

L'éruption ne disparaît qu'avec lenteur, et il ne faut pas moins d'un à deux septénaires pour qu'elle soit complètement effacée.

S'il y avait lieu d'établir le diagnostic d'une telle lésion, dit M. Bazin, on pourrait la reconnaître à la coloration vive et animée de ses papules, à leur volume, à la régularité de leur aspect, à leur marche aiguë, à l'absence de toute exfoliation sensible à leur surface. Ajoutons à ces signes qu'elles sont ordinairement groupées sur un espace circonscrit et que la peau qui les supporte n'a pas subi d'épaississement.

AFFECTIONS PROVOQUÉES VÉSICULEUSES.

(a) Miliaire sudorale. — Ainsi que le nom l'indique, cette espèce de miliaire apparaît exclusivement sous l'influence de sueurs ; elle s'observe surtout pendant les grandes chaleurs et chez les individus qui sont sujets à des sécrétions sudorales abondantes : la peau devient chaude, halitueuse et turgescente, des taches rouges apparaissent çà et là à sa surface et se cou vrent bientôt de petites saillies hémisphériques formées par l'épanchement d'une sérosité au-dessous de l'épiderme; ces petites vésicules sont toujours distinctes les unes des autres, discrètes ou confluentes. Rarement l'éruption est généraUsée ; le plus souvent elle est hmitée au cou, à la partie antérieure de la poitrine, au ventre, à la face interne des membres.

Après vingt-quatre ou trente-six heures d'existence, le liquide des vésicules se trouble et devient opaque ; puis, vers le troisième jour, la vésicule s'affaisse, se Hétrit et disparait en donnant lieu à une légère exfoUatiou.

La miliaire sudorale, affection des plus bénignes, ne réclame aucun traitement particulier.

(//) La dermite vésiculeuse peut aussi être déterminée par la térébenthine, le soufre, les emplâtres do poix de Bourgogne, de ciguë, d'opium, l'huile de croton, les euphorbiacées.

M. Bazin divise les éruptions produites par ces diverses i substances en éruptions à petites, moyennes et grosses vésicules.

La térébenthine, le soufre, produisent des éruptions à petites vésicules. Sous l'influence de lotions et pommades sulfureuses, liait une irritation qui se manifeste surtout par une fluxion vive, suivie de près par une poussée de très-petites vésicules confluantes qui se gonflent de pus ou de sérosité purulente et s'entourent d'une auréole inflammatoire qui égale deux ou trois tViis leur diamètre ; cette éruption est assez douloureuse ; elle se dissipe dans l'espace de quelques jours.

Ladermite à vésicules moyennes est surtout déterminée par lies préparations mercurielles appliquées localement.

L'éruption se rapproche plus ou moins de celle de l'eczéma : elle est constituée par une teinte érythémateuse qui est quelquefois le seul phénomène observé ; mais, le plus soxivent, i naissent des vésicules hémisphériques, sensiblement égales I dans leur volume, et répandues avec une grande profusion ! sur la siu'face cutanée, où elles provoquent de vives déman- : geaisons.

La sérosité limpide qui les gonfle à leur début devient rapidement lactescente ; la plupart se dessèchent sans rupture de leur enveloppe et ressemblent alors assez bien à des gouttelettes de cire coucrétée ; d'autres sont déchirées par les ongles des malades, et se recouvrent de petites croûtes foliacées. Dans l'espace de (pielques jours, tout est revenu à l'état normal.

Les emplâtres de poix de Bourgogne, de sparadrap, de ciguë et d'opium, la clématite, la renoncule, les acides étendus, etc., déterminent aussi une dermite à vésicules moyennes; mais pour ces divers agents, la production de vésicules est tout exceptionnelle, et ces éléments n'ont d'ailleurs ni la l'orme liien délinie, ni le volume égal des vésicules mercurielles.

L'huile retirée des euphorbiacées, dit M. Bazin, jouit de propriétés tellement énergiques qu'il suffit ordinairement d'une ou deux frictions de (pielques minutes pour ipie la der-

mite vcsiculeuse se déclare avec ses caractères les plus tranchés. Sur un fond légèrement érytliémateux, apparaissent des groupes de vésicules confluentcs, tantôt parfaitement distinctes, tantôt réunies par leurs bords, et perdant ainsi leur forme arrondie primitive; un certain nombre d'éléments peuvent même, dans leur développement excentrique, se fusionner les uns dans les autres, et donner lieu à de véritables bulles.

Le contenu des vésicules est d'abord séreux et limpide, et il peut demeurer tel pendant toute leur durée ; mais ordinairement, du deuxième au quatrième jour (surtout si les frictions ont été continuées), il se trouble et devient tout à fait purulent. Quelques-unes se dessèchent sur place sans ruptm-e ; sur ! d'autres, l'enveloppe se déchire, et laisse à nu une exulcération arrondie, limitée par un liséré épidermique, et qui se recouvre d'une petite croûte jaunâtre : cette exulcération peut être fort étendue et irrégulière.

Au début, le malade éprouve un sentiment d'ardeur et de I cuisson, qui s'accroit avec les progrès de la lésion, pour diminuer ensuite avec elle, et faire place à un prurit ordinairement modéré. La douleur acquiert parfois une intensité extrême.

On observe quelquefois des éruptions secondaires loin de la région sur laquelle avait été porté l'agent (scrotum) et qui , sont dues au transport de l'huile de croton ou d'euphorbe au moyen des doigts ou par tout autre intermédiaire.

Le thapsia garganica détermine une éruption caractérisée l par des vésicules uniformes, très-nombreuses et également ' réparties, vésicules qui deviennent très-rapidement puru- • lentes.

Éruptions eczémateuses des cuisiniers et des cuisinières. — A la i face dorsale des mains, aux poignets, aux avant-bras, existe > souvent chez ces personnes un eczéma caractérisé par des vésicules éparses, disséminées sur une siu-face érythémateuse ; ces vésicules se rompent, et le liquide se concrète en squames || minces et adhérentes ; mais la cause qui a déterminé l'appari-

tion des premières vésicules en fuit Ijicntot naître d'autres et ainsi se perpétue l'aflection.

Lorsque l'eczéma existe depuis quelque temps, les surfaces malades sont rudes, sèches, recouvertes çà et là de squames minces et adhérentes, présentent une coloration rougeâtre ; l'épiderme est cassant et fendillé et le derme s'épaissit, se liérisse de saillies papuleuses et de plaques lichénoïdes ; de temps à autre apparaissent quelques poussées aiguës de courte durée. Les malades éprouvent au début une sensation de chaleur et de cuisson et plus tard du prurit.

Cette affection est due à la manipulation de suljstances irritantes et mal[iropres. et à l'exposition des mains à la chaleur des fourneaux.

Le ti'aitement consiste d'abord à éloigner la cause et ensuite à employer les émolUents, c'est-à-dire les bains d'amidon, la poudre d'amidon, les cataplasmes de fécule, si l'aflection est aiguë; mais lorsque l'affection existe depuis longtemps, il faut laisser ces moyens et conseiller soit des pommades au goudron ou au calomel, soit des onctions avec l'huile de cade mitigée l)ar l'addition d'huile d'amandes douces, etc.

Gale des épiciers. — A côté de l'eczéma des cuisiniers nous devons placer une éruption que l'on observe chez les épiciers et qui est caractérisée par de l'eczéma et du lichen. Elle est due à l'action des alcaUs et des autres irritants que manient ces personnes.

Eczéma délerminé par la coralline. — Dans la séance du i2 février 1869, M. Tardieu'a attiré l'attention des médecins sur les accidents que peut déterminer la coralline ou péonine, substance déi'ivée de l'acide rosolique, lequel est lui-même un dérivé par oxydation de l'acide phénique.

La coralline sert à colorer les chaussettes en rouges ; or, on constate chez les personnes qui fout usage de ces chaussettes, une éruption vésiculeuse aiguë, douloureuse et ressemblant à une éruption eczémateuse. Les vésicules, petites, reposent sur une surface rouge ; quelquefois et notamment à la plante des pieds, elles se réunissent et forment de larges cloches ou bulles

jfiO AKl'ECTIO.NS SPÉCIALES.

remplies tl'iin liquide séro-purulcnt, l'éruptiou s'accompagne (le malaise général, île lièvre, do mal de tète, de nausées ; elle disparait dès la cessation de l'usage des chaussettes et sous l'influence d'applications émollientes.

ÉRUPTIONS PROVOQUÉES BULLEUSES.

La dermite huileuse provoquée se présente sous deux formes distinctes : le pemphigus et le rupia.

Le pemphigus est déterminé par de nombreux agents • l'ammoniaque pure ou incorporée à Taxonge, l'eau bouillante, la poudre de cantharides, l'écorce de garou, etc.

Le soulèvement de l'épiderme ne s'opère pas d'une façon tout à fait identique avec tous les agents de vésication, et de là résultent des aspects variées dans la lésion : lorsqu'on fait usage de poudre de cantharides, l'épiderme est soulevé sur toute la surface où elle a été appliquée, et souvent il existe une ])ulle unique, large et régulière ; quelquefois cependant il existe plusieurs bulles séparées les unes des autres, de grosseur variable et dans l'intervalle desquelles l'épiderme a été à peine soulevé.

D'autres agents, dit M. Bazin, doués d'une grande énergie, et dont l'action est difhcile à mesurer, sont, par cela même, plus irréguliers dans leurs etïets ; ils infligent à la peau une véritable brûlure qui parfois n'atteint pas, et qui souvent dépasse le degré de la vésication (ammoniaque, chaleur, cautère objectif, alcool enflammé, acide acétique, etc.). Entin, se placent sur la hmite un assez grand nombre de substances dont les propriétés se rapprochent davantage de celles des cantharides, mais qui n'arrivent à produire, dans la majorité des cas, que des phlyctènes isolées, répandues comme au hasard sur une surface rouge érythémateuse : la dermite est tout aussi bien vésiculeuse que liulleuse (farine de moutarde, garou, quelques plantes de la famille dos renonculacées, otc).

Quel que soit d'ailleurs l'agent mis on usage, le mode .le formation et la constitution des bulles ne varient pas; du dorme

AFFECTIONS PROVOQUEES OU ARTIFICIELLES. IGl

unOammc s'exluilo un liqui(ie séro-albumineux, transparent, qui décolle et soulève tl'une manière brusque ou graduelle la lame épidermique, et le derme mis à nu se recouvre d'une couche mince de lymphe semi-coagulée qui plus tard pourra se transformer en fausse membrane.

La vésication est quelquefois produite dans un but de simulation. A rh(")pital Saint-Louis a séjourné pendant plusieurs mois une jeune fille (pii chaque soir appliquait sur divers points de sa peau de petites rondelles d'emplâtre vésicant et chaque matin, à la visite, offrait huit, dix bulles pemphigoldes; on la croyait affectée de pemphigus, quand un jour on reconnut sur une des bulles de la poudre de cantliarides.

On conçoit (|ue le diagnostic est souvent, dans ces cas, fort (lifiicile, qu'il faut étudier la marche, le siège de l'éruption et regarder attentivement les bulles pour tâcher de découvrir quelques vestiges de poudre de cantliarides.

Le rupia artificiel est très-rare et s'obtient seulement en appliquant sur la peau un papier Joseph imbibé d'huile de noix d'acajou. Après six, huit, ou vingt-quatre heui-es, on constate l'existence d'une ou de plusieurs bulles remphes d'une sérosité purulente ; après la rupture des bulles, on note que le derme est ulcéré ; il sécrète alors un liquide qui se transforme en croûtes assez épaisses.

ÉRUPTIONS PROVOQUÉES PUSTULEUSES.

a. Éniptions pustuleuses phhjzaciées , c'est-à-dire purulentes de la base au sommet. La plus remarquable est celle qui est produite par le tartre stibié en solution ou en pommade. Après l'application de cette substance sur la peau, on voit apparaître de petites pustules, dont le volume s'accroit rapidement, mais d'une manière inégale, entourées d'une auréole assez vive, arrondies et contenant, dès le début, un liquide louche, opaque et purulent; on voit ordinairement au centre de la pustule une petite tache qui tranche, par sa coloration plus foncée, sur la teinte générale de la vésicule ; si on ouvre alors la vésicule, on constate qu'elle est tapissée d'une fausse membrane.

Après quelques jours de durée, le liquide intérieur devient de plus en plus consistant, les pustules s'affaissent et perdent leur plénitude ; la tache centrale grandit et se déprime, d'où résulte quelquefois une espèce d'ombilication ; puis tantôt la vésicule se rompt à son centre et dès lors existe une ulcération qui mesure le diamètre de la pustule ; tantôt le liquide se concrète au contact de l'air et forme une croûte noirâtre qui recouvre toute la surface de la vésicule purulente.

Le tartre stibié attaque la propre substance du derme, détermine une véritable ulcération et de petites cicatrices indélébiles.

b. Éruptions psydracîées, c'est-à-dire purulentes au sommet, dures à la base. L'huile de cade, les verts arsenicaux, l'acide azotique sont les principaux agents qui les produisent.

i" Huile de cade. — Lorsqu'un m ilade s'est frictionné pendant quelque temps avec de l'huile de cade, on constate l'existence de papulo-pustules disséminées ou réunies en groupes peu confluents, mais distinctes les unes des autres, s'implantant dans la peau par une large base papuleuse, se terminant par un sommet acuminé donnant issue à un poil; ces papulo-pustules sont dures, solides, rouges et entourées d'une auréole de même couleur; elles suppurent difficilement et lorsque la supuration a lieu, elle est localisée au sommet.

L'affection a évidemment son siège dans les follicules pileux et mérite le nom de sijcosis cadiqur; sous lequel M. Bazin la désigne.

2° Composés arsenicaux. —■ M. Bazin, à l'aide de frictions avec une pommade contenant 8 grammes de vert de Sclieele ou d'iodure d'arsenic pour 30 grammes d'axonge, a obtenu des effets tout k fait semblaliles à ceux que l'on oljserve chez les ouvriers qui manient les verts arsenicaux: érythèmes, pustules, ulcérations.

3" Acide azotique. — M. Bazin a fait des frictions avec de rac"de azotique étendu de deux fois son poids d'eau. A la première ou deuxième friction, la peau présentait une rougeur diffuse parsemée de petites élevures pleiues ; à la quatrième

friction, ces petites élevures devenaient des pustules qui bientôt donnaient lieu à de petites ulcérations, présentant un point noirâtre au centre et une zone blanchâtre d'aspect pseudomembraneux à la périphérie.

(Il) A.ffections provoquées, caractérisées par des lésions élémentaires multiples.

Éruptions propres aux ouvriers qui manient les verts arsenicaux. — L'érythème constitue le premier degré de la dermite arsenicale ; il est diffus et n'otlTe aucun caractère spécial. Bientôt s'élèvent, sur la surface érythéraateuse, des papules, des vésicules fines et transparentes, ou des pustules. C'est la pustule qui, en dernière analyse, parait traduire l'action des arsenicaux sur la peau. Ces pustules constituent des saillies coni(jues, rouges à la base, purulentes au sommet, ne lardant pas à se recouvrir de croûtes verdàtros, opaques el assez minces. Si l'ouvrier cesse alors son travail, l'éruption disparait, mais s'il le continue, la pustule est suivie d'une ulcération arrondie, à bords taillés à pic, non décollés et mesurant parfois jjlus d'un centimètre de hauteur ; le fond est grisâtre ou rougeàtre, légèrement humide, quelquefois induré ainsi que le pourtour, et alors l'ulcération a été comparée au chancre spécifique. Les ulcères sont, en général, accompagnés d'une douleur plus ou moins cuisante .

M. le D' Vernois pense que les ulcères succèdent aux piqûres que se font les ouvriers employés au sécbage des étoffes : « L'inoculation du sel arsenical s'ensuit, la peau s'irrite et rougit, une vésicule, puis ime large pustule recouvrent la piqûre et subissent in silu toutes les transformations qui prorluiscnt la suppuration et souvent la gangrène; au-dessous d'elles se développe une ulcération profonde et douloureuse, d'autant plus lente à se cicatriser que l'inoculation se renouvelle chaque jour.» M.Bazin n'admet pas l'opinion exclusive de M. Vernois et pense que les ulcères ne procèdent pas toujoiu-s d'une écor^

lf,4 AFFECTIONS SPECIALES.

chure ou d"uno plaie ; il a pu d'ailleurs obtenir des ulcérations à l'aide de frictions avec le vert de Scheele sur des parties ne présentant aucune solution de continuité.

Siège. — Comme la plupart des éruptions provoquées, les éruptions produites par les verts arsenicaux existent sur les parties découvertes, là où l'agent toxique peut se déposer ; on les observe aux extrémités des doigts et à leur racine, aux plis des coudes, aux avant-bras, au pourtour des lèvres et des ailes du nez, au front, derrière les oreilles et sur la région cervicale. Le scrotum et la partie interne des cuisses sont presque toujom-s atteints chez les hommes, et on explique facilement le siège de la lésion en ces points par les attouchements incessants que nécessitent les besoins de la miction. C'est là que la lésion se montre sous forme de larges papules humides et suintantes, véritables plaques muqueuses, comme les a appelées M. Pietra- Santa. Les ulcères siègent quelquefois à l'extrémité, le plus souvent à la racine des doigts.

Diagnostic. — On trouve réunis tous les caractères appartenant aux éruptions artificielles : siège sur les parties découvertes, multiplicité des éléments, dissémination, etc. Mais les érythèmes, papules, vésicules, pustules ne présentent aucun caractère particulier ; l'ulcère seul est type et ne sam^ait être confondu qu'avec l'ulcère spécifique ; mais si on tient compte de la profession, du siège de l'ulcère, de ce fait que le chancre arsenical induré n'offre jamais cette résistance élastique, parcheminée, si remarquable dans le chancre spécifique, on pourra toujours porter un diagnostic exact.

Traitement. — Les accidents dispai-aissent spontanément dès que les malades sont soustraits à la cause provocatrice; quelques bains d'amidon, des pansements avec le cérat simple ou saturné suffisent pour ol^tenir la guérison. M. de Pietra-Santa s'est constamment servi avec succès de lotions d'eau salée sur les parties malades, qui étaient immédiatement après ces lotions, saupoudrées de calomel.

Éruditions propres aux ouvriers qui travaillent la canne de Provence.-—La. canne de Provence est complètement inollensive

AFFECTIONS rROVOQUKES OU ARTIFICIELLES. 165

n'acquiert S(?s propriétés irritantes et toxiques cpic par le développement à sa surface d'une poussière blanche qui parait constituée par un cryptogame parasite, produit de fermentation et se développant dans les endroits humides, mal aérés, sur les roseaux plus ou moins altérés et vieillis.

Cette poussière irrite tout ce qu'elle touche.

A son début l'atlection s'annonce par du malaise, de la céphalalgie, des éternuments, de la rougeur des paupières, des démangeaisons sur tout le corps : la Qèvre s'allume alors et des taches érythémuteuses apparaissent à la partie supérieure du tronc, la face interne des cuisses, les parties sexuelles; ces taches se recouvrent de vésico-pustulcs. Vers le deuxième jour, dit M. Maurin, l'éruption se localise sur les bourses qui sont tuméfiées, rutilantes, dépouillées d'épiderme, exulcérées en un mot, et plus tard se recouvrent d'une croûte unique, brune et crispée. M, Miquel a constaté un cas de mort par suite de gangrène des parties génitales.

Le contact de la moisissure avec les diverses muqueuses y développe des accidents analogues : conjonctivite, coryza, stomatite, angine, laryngite.

Tous les symptômes précédents, après deux ou trois jours d'existence, diminuent d'intensité : la rougeur pâlit, les pustules s'affaissent et se couvrent de croûtes, et vers le neuvième ou dixième jour tout a disparu.

Traitement. — Les bains tièdes, simples ou à l'eau de son, un liniment d'huile d'oUve vierge camphrée, additionné de 1 à 2 grammes de laudanum ; un vomitif et des purgatifs, quand le tube gastro-intestinal est affecté, tel est le traitement.

On iH-éviendra l'affection en ayant soin de mouiller les réseaux, et en rendant ainsi adhérente la poussière toxique.

A ffections des ouvrières employées à piler des oranges amères. — C'est à M. Imbert-Gourbeyre que nous en devons la connaissance.

Les ouvrières sont occupées à piler les chinois (ouvrières pileuses) ; elles commencent par les inciser à l'aide d'un couteau, et le jus qui s'écoule de l'orangette se répand sur les mains

qui, à leur tour, peuvent les transporter sur d'autres parties du corps : de là des accidents cutanés locaux. En outre, l'essence qui se dégage incessamment des chinois vicie l'atmosphère des chambres, et devient la cause de symptômes généraux plus ou moins graves. Les accidents observés par M. Imbert-Gourbeyre ont été de deux espèces : des troubles nerveux consistant en céphalalgie, vertige, névralgies diverses, convulsions épileptiformes ou autres, partielles ou générales, crampes, agitation, etc., etc.; et du côté de la peau, des lésions de divers ordres : des érythèmRS douloureux avec tuméfaction, des éruptions vésiculeuses et pustuleuses, avec cuisson et prurit intenses. Ces lésions, ordinairement localisées aux membres supérieurs et à la face, et spécialement à la main gauche qui tient l'orangette, au moment où on l'incise, peuvent être rencontrées sur toutes les régions; elles sont remarquables par leur persistance indéfinie dans certains cas, et par les souffrances parfois intolérables qu'elles font endurer aux rnalades.

Eruptions propres aux peintres, teinturiers, apprôteurs de couleurs^ minium^ chromate de plomb, elc. — Les substances dont se servent ces artisans ont presque toutes une action irritante: tels sont le plomb, l'arsenic, le cuivre, le fer, le mercure etc., qui fournissent les matièies colorantes employées pour les peintures ; l'essence de térébenthine qui sert à délayer les couleurs ; les acides nombreux et les sels employés comme mordant.^, etc. De cette multiplicité de substances maniées résultent des éruptions élémentaires multiples : érythèmes, papules, vésicules, puslu.es, squames.

Les barbouilleurs, les broyeurs de couleurs, les teinturiers, sont les plus fréquemment alTectés, et le siège des afi'ec'ions est aux mains, aux avant-bras ; les mains sont habituellement rouges, gonûées, fendillées et gercées.

Eruptions propres aux ouvriers employés dans les fabriques de produits chimiques e t phrmaceuliques. - Un certain nombre de produits chimiques et pharmaceutiques peuvent déterminer, chez les ouvriers qui les préparent, des accidents de divers ■ ordres, et particulièrement des éruptions cutanées. Nous ne

pouvons indiquei- toiitns les substances douées de propriétés irritantes, nous signalerons seulement les principales.

M. Chevallier a démontré que les ouvriers qui travaillent le sulfate de quinine étaient atteints d'accidents cutanés spéciaux.

M. Bazin à vérifié l'exactitude des assertions émises par M. Chevallier, et a résumé en ces termes le travail de ce médecin :

1" Ces accidents, fort rares en Angleterre, très-communs au contraire en Allemagne, et surtout en France, atteignent presque exclusivement : a. les ouvriers qui font bouillir les écorces ; b. ceux qui convertissent la quinine en sulfate, et ceux qui mettent le sulfate en flacons.

2° Les mêmes accidents ont été observés parfois sur des personnes qui ne faisaient que séjourner dans les fabriques, sans prendre aucune part aux travaux.

3" Us consistent spécialement en éruptions cutanées, sur la nature desquelles paraissent d'accord tous les fabricants : ce sont des rougeurs, des vésicules, des pustules, des croûtes, siégeant aux mains, aux avant-bras, à la face, aux parties génitales, et pouvant, dans certains cas, se généraliser à toute la surface du corps ; on note de vives démangeaisons.

4" L'éruption cutanée dure quinze jours, un mois et plus; un ouvrier aurait été six mois dans l'impossibililé de travailler.

5° L'éruption cutanée est due à un principe émané du quinquina, et non point, comme on l'a prétendu, à la pénétration, dans le tissu de la peau, de petites écbardes de quinquina, puis-qu'elle, attaque ceux qui font bouillir les écorces, les siilfateurs, et même des personnes fréquentant simplement les fabriques ou travaillant aux environs. Les écbardes des écorces peuvent, il est vrai, causer des irritations cutanées, mais qui ne ressemblent nullement à l'éruption produite par les émanations quiniques.

La prô[)aration de certains extraits et particulièrement de celui de douce -amèie, peut déterminer quelquefois des accidents cutanés, tels que rougeur, tuméfaction, etc., de la face, des membres et des parties génitales.

La plupart, dos plantes de la iamille des euphorbiacées, surtout le croton tigiium et l'euphorbia latyris, jouissent de propriétés extrêmement irritantes, et ceux qui les manient doivent, pour se préserver de leur action, user des plus grandes précautions. L'euphorbe est un violent sternutatoire ; lorsqu'elle est en poudre fine, elle peut se répandre dans l'air à de grandes distances, et produire l'effet ptarmique; elle agit en même temps sur la peau et y provoque de la rougeur, un gonflement douloureux, et une éruption de vésicules assez comparables à celles de l'eczéma. Le croton tiglium possède des propriétés analogues.

Ajoutons enfin que si l'on s'abandonne au sommeil à l'ombre du rhus radicans et du rhus toxicodendrum, le corps se couvre presque aussitôt d'un exanthème vésiculeux, avec gonflement énorme, et en même temps se déclarent des symptômes généraux qui prennent la forme d'un véritable empoisonnement aigu, et dont la violence peut entraîner la mort dans un temps très-LOurt.

Mal de vers ou mal de bassine. Éruptions des fileuses de cocons. — On désigne sous le nom de mal de vers une éruption vésiculo pustuleuse survenant chez les fileuses de cocons de vers à soie. M. le D' Potton, de Lyon, a le premier décrit cette curieuse affection.

Pour se rendre compte, dit M. Potton, de la cause et du mode de développement de la maladie, il faut savoir que les ouvrières sont assises auprès d'une bassine pleine d'eau chaude et qu'elles déroulent et réunissent les fils provenant de flocons détrempés et ramolUs qui surnagent au liquide.

Il existe deux sortes d'accidents : les uns sont légers, sans importance et dus au contact de l'eau chaude ; l'épiderme est ramolh, macéré, quelquefois soulevé par de la sérosité, on observe même des fissures, des crevrasses, de petits abcès autour de l'ongle. Ces lésions guérissent facilement.

Les accidents du mal de vers proprement dit s'observent dans les grandes filatures entretenues par des cocons anciens ; ils surviennent après huit jours de travail à la racine des doigts

et dans les espaces iiiter digitaux ; alors on voit se dessiner une rongeur érythémateuse, sur laquelle s'élèvent des vésiciules arrondies. Ces phénomènes sont accompagnés de démangeaisons et d'une douleur cuisante ; deux choses peuvent alors arriver: ouïes vésicules se rompent, la rougeur s'éteint et tout rentre dans l'ordre, ou l'affection s'accroit, les vésicules se transforment en pustules et dans leurs intervalles se forment d'emblée d'autres pustules volumineuses. Alors la douleur est aiguë, les mouvements sont impossibles surtout dans le sens (le la flexion... les pustules se i-ompent et laissent à nu des surfaces ulcérées et tuméfiées; cependant, dit M. Potton, toute douleur a cessé brusquement et les fileuses peuvent dès lors reprendre sans inconvénient leur travail.

La durée totale des accidents est de quinze à dix-huit jours. - M. Potton a quelquefois observé l'iuQammation lIu tissu cellulaire sous-cutané, des vaisseaux et des ganglions lymphatiques ; de petits phlegmons circonscrits sous les pustules : alors existe une réaction locale et générale très-intense, mais dès que les pustules se crèvent tout l'éréthisme tombe.

Cette affection n'attaque qu'une fois les ouvrières, elle leur confère pour ainsi dire une immunité.

M. Potton attribue cette affection à une décomposition du ver qui s'est faite lentement dans l'intérieur du cocon. Tl a vainement essayé de la prévenir à l'aide de moyens variés ; il conseille de laisser travailler les ouvrières jusqu'à l'apparition des pustules et alors de n'employer ni les émollients, ni les antiphlogistiques inefficaces pour ces cas comme pour toutes les inflammations spécifiques et de ne conseiller que des décoctions de plantes aromatiques, de feuilles de noyer, de ronces, d'écorce de chêne ; des solutions d'alun, de sulfate de fer. S'il existe des ab<;ès, il faut les ouvrir et cautériser les surfaces dénudées avec le nitrate d'argent.

Les ébénistes, les graveurs, les maço7is sont exposés à des affections vésiculeuses et papulo-squameuses déterminées par le contact des substances irritantes qu'ils emploient : chaux, vernis, ciment romain, etc.

Les pleurs de laine suas cossii enveloppés de poussières irritantes et malpropres présentent des furoncles, des érysipcles, et quelquefois toutes les fermes de la dermite.

Des gerçures existent souvent sur la peau des mains des ouvriers en nacre de perle; elles sont dues à la poussière ténue et abondante qui s'échappe de la coquille que l'on scie.

Les mégissiers, les tanneurs, les criniers, les pelletiers, les marchands de peaux de lapins, etc. ; tous les ouvriers qui manient journellement les peaux ou les poils des animaux morts, ofFreut souvent des éruptions pustuleuses et ectliymatiques à la surface des doigts.

Les forgerons, les verriers, les pâtissiers, etc., exposés constamment à une chaleur intense, présentent des lésions cutanées sur les mains et la face : le tissu de la peau se vascularise, perd son poli, sa souplesse; on observe de l'érythème, et plus tard l'exagération de la sécrétion épidermique, de la sécheresse, des gerçures qui s'agrandissent par les mouvements des doigts, gerçures dont les bords sont durs et le fond saignant. La peau ainsi modifiée ne revient à ses conditions physiologiques qu'avec une extrême difficulté.

On désigne sous le nom de parasite un être végétal ou animal qui, fixé sur un autre, y puise exclusivement les éléments de sa nourriture.

Il existe des parasites véjélaux et des parasites animaux.

L'affection cutanée parasitaire est une affection produite directement par le parasite lui-même — sillon acarien — ou symptomatique d'une maladie parasitaire.

Or, la maladie parasitaire est un état particulier et accidentel de l'organisme qui se développe par suite de la présence d'un parasite, et se manifeste par un ensemble de symptômes, de lésions et d'affections.

La maladie ne peut se développer sans le concours de la cause provocante : le parasite , et dune cause interne : l'ap-

titufle morbide. M. Bazin a eu l'occasion d'observer un sujet dont la peau des mains était couverte de sillons et d'acares, mais qui ne présentait pas la plus petite éruption; dans ce cas, il y avait défaut d'aptitude, et le sujet ne présentait pas la

ipsore, bien que les conditions de terroir fussent très-favorables

lau développement des parasites.

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