‹ Traite des affections de la peauChapitre 47 sur 59 · DIFFORMITÉS SPONTANÉES OU DE CAUSE INTERNE · texte numérisé non relu

DIFFORMITÉS SPONTANÉES OU DE CAUSE INTERNE

M. Bazin admet cinq sections de dillbrmités spontanées : les difformités maculeuses , boutonneuses, exfoliatrices , ulcéreuses et atrophiques, cicatricielles.

1° DIFFORMITÉS MACULEUSES.

Elles se divisent en difformités dues à une altération du pigment et en difformités dues àun état pathologique du réseau vasculaire de la peau.

Di/formités maculeuses pigmenlaires .

Elles comprennent trois groupes : les difformités hyperchromateuses, aehromateuses et dyscliromateuses dues à une augmentation, une diminution ou une inégale répartition de la matière pigmentaire.

Les difformités hyper chromateuses com^vçimiini la nigritie, le mélasma, le lentigo et les nœvi pigmentaires.

La nigritie est caractérisée par une coloration noire d'une partie ou de la totalité du corps ; coloration congénitale ou acquise et survenant chez des individus blancs.

La nigritie générale congénitale est très-rare, peut-être même n'existe pas. Au contraire, la nigritie accidentelle gêné-

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raie est incontestable. Addison à prétendu iju'elle se rattachait toujours à une lésion des capsules surrénales, mais cette lésion n'existe évidemment pas dans tous les cas. (Voyez maladie d'Addison.)

La ni,Q,ritie partielle et acquise peut s'observer sur toutes les parties du corps, mais siège principalement sur les parties génitales, la face, les régions mammaire et abdominale antérieure.

La coloration des taches est uniforme et partout la même, ou Ijrune en certains points, noire comme de l'encre dans d'autres.

La grossesse prédispose évidemment ù cette difformité; Rayer cite, d'après Lecat, le fait remarquable d'une femme qui, au septième mois de trois grossesses successives, vit son visage se colorer du plus beau noir.

En outre, les affections cutanées chroniques, telles que le lichen, le prurigo, les eczémas anciens, etc., déterminent souvent une hypersécrétion du pigment et partant une coloration noire des téguments. M. Bazin admet que la nigritie peut survenir à la suite d'émotions morales et qu'alors elle est ordinairement généralisée.

Le mélasma est caractérisé par des taclies noirâtres, variables en nombre et en étendue, et présentant ceci de spécial, que l'épiderme qui les revêt se dessèche et tombe sous forme de furfures, qu'elles sont accidentelles et passagères.

Le mélasma, simple lésion pigmentaire, est fort rare ; on l'observe surtout chez la femme enceinte. 11 n'éveille aucun trouble fonctionnel, aucune sensibilité morbide.

Le lentlgo ou tache de rousseur est congénital ou apparaît peu après la naissance. 11 est caractérisé par de petites taches circulaires, non saillantes, que l'on a compai'ées à des écailles de son, qui ont une couleur jaune fauve ou brunâtre, sontéparses ou confluentes et le plus ordinairement limitées aux parties découvertes, telles que la lace, la poitrine, les membres supérieurs.

Ces taches n'entravent en aucune façon les fonctions de la

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peau et (Jiit puur seul inconvénient d'altérer la beauté. Elles sont constituées par un excès de pigment et persistent pendant toute la vie. .

Le lentigo s'o])serve, en général, chez les.'personnes blondes, à peau fine et blanche, à tempérament lymphatique.

Diafjnoslic. — L'éphélide solaire est généralement confondue avec le lentigo ; elle en diffère cependant par un certain nombre de caractères : elle se développe à tous les âges et sous l'influence des rayons solaires qui déterminent un surcroit de la forjnation du pigment et par suite de la réunion en certains points de cette matière colorante, des taches irrégulières, déchiquetées, anguleuses, jaunâtres et non saihantes. — Au contraire, le lentigo naît spontanément ; il constitue donc une tache de rousseur de cause interne et l'éphéhde une tache de rousseur provoquée ou de cause externe.

D'autre part le leutigo persiste toute la vie, tandisque l'éphélide solaire a des intermittences, pâlit et s'efface en hiver, réapparaît pendant l'été. — Enfin la tache de l'éphélide solaire est plus diûuse que celle du lentigo.

Contre les taches de rousseur spontanées, le traitement est nul; on peut se préserver des taches de rousseur provoquées en évitant les rayons du soleil à l'aide de voiles.

Les nœvi pigmenlaires ou envies sont caractérisées par des taches existant ordinairement au moment de la naissance, apparaissant quelquefois cependant dans la première enfance, taches d'une couleur jaune fauve, brunâtre ou noirâtre, nœvus niger,ne s'elfaçant pas sous la pression du doigt, circulaires ou irrégulières et recouvertes ordinairement de poils plus foncés, plus longs que ceux des régions voisines, et prcseulant une petite saillie à leur base.

t^es naîvi ont été attribués à l'imagination de la mère, à des désirs non satisfaits, etc. ; le plus souvent ces causes sont tout à fait hypothétiques, quelquefois cependant elles paraissent réelles.

Le? taches de rousseur diflèreut des nievi par leur noralirc

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beaucoup plus grand, la petitesse des taches et l'aljsonce de poils à leur surface.

DijformUé achromateme. — Albinisme. — L'albinisme est un état morbide, caractérisé ptir l'absence absolue ou relative du pigment, résultant d'un arrêt, d'une insui'lisance ou d'un retard du développement régulier.

L'albinisme, rare dans les races blanches, plus commiui chez les Américains du Sud, et dans l'Archipel-Indien, présente son maximum de fréquence parmi les nègres et surtout parmi les fammes.

Tantôt le pigment fait complètement défaut, tantôt il existe partout, mais en moindre quantité, tantôt enfin il manque en certains points seulement.

Les albinos présentent des caractères très-tranchés : leurs cheveux, leurs cils, leurs sourcils sont blancs, d'iui blanc jaune ou d'un blanc de lin, présentent une finesse et un aspect duveteux; leur peau est décolorée et blanche comme de l'albâtre, quelquefois teintée d'un bleu léger qui laisse deviner le réseau veineux et sous-cutané. L'albinos redoute la lumière, baisse la tète ou porte la main en abat-jour au-dessus de ses yeux, pour ne point la subir. Quand il ouvre ses yeux on observe derrière la cornée une zone rougeàtre ou rose, entourant une pupille rouge, et souvent, on voit les globes oculaires exécuter un mouvement transversal, rapide, qui augmente encore la singularité de son aspect. Cette coloration de l'œil est due à l'absence de pigment. Les cellules existent mais sont transparentes, et ne contiennent aucuni; granulation pigmentaire; dès lors, la doublure opaque et noire en vertu de laquelle le globe occulaire est une chambre obscure, cessant d'exister, les rayons traversent les enveloppes et se colorent en rouge de sang en traversant la nappe vasculaire de la choroïde.

L'albinos présente une constitution débile, des pieds plats, des mains grosses et courtes, des oreilles trop longues ou trop larges, et souvent une inteUigence médiocre.

Dans l'albinisme partiel, l'absence de pigment n'atteint que certains points d'étendue variable.

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Dans l'état actuel ilu lu suieiicu, l'iiérédité et la débilité des parents sont les seules causes générales dont rinfluence soit démontrée.

Plusieurs faits permettent de croire que les modificateurs généraux extérieurs et intérieurs, air, lumière, toniques reconstituants, pourront être d'un grand secours.

Difformité dijsckromakuse, vitilifjo. Le vililiijo est une aÔection dyscromateuse, congénitale ou acquise, générale ou partielle, caractérisée par des taches blanches ou d'une couleur blanc de lait, non accompagnées de prurit ou de desquamation, petites au début, mais s'étendant graduellement just^u'à ce qu'elles aient acquis tout leur développement, et entourées de parties plus colorées, comme si le pigment refoulé s'accumulait à la circonférence. La zone circonférentielle ne présente pas une coloration égale, et le pigment semble accumulé davantage en certains points qu'en d'autres ; elle se confond d'ailleurs insensiblement avec les parties environnantes.

Les poils qui revêtent les plaques de vitiligo sont décoloi'és, mais ne tombent pas.

Il résulte donc de cette description que le vitiligo est caractérisé par des taches décolorées et privées de pigment, autour desquelles existe une zone où le pigment est accumulé en grande abondance.

Étiohrjie. — Le vitiligo s'observe chez les sujets syphilitiques, chez les femmes principalement, et aux parties découvertes; il ne constitue pas une syphilide, puisqu'il survient à toutes les périodes de la syphiUs, et puisqu'il ne guérit pas sous l'inQuence d'une médication mercuriclle. Il constitue seulement une affection spéciale qui trouve dans l'existence de la syphilis une cause prédisposante, favorable à son développeuKint.

M. Bazin l'a aussi o])servé chez des sujets arthritiques, enfin, sur des enfants ou des jeunes gens exempts de tout vice constitutionnel.

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Le pityriasis versicolor pourrait en imposer pour un vitiligo, les taches jaunâtres faisant ressortir la coloration blanche de la peau; mais les taches jaunâtres ont une couleur café au lait, sont le siège de desquamation, de prurit, et si l'on examine les squames au miscroscope, on constate l'existence de spores et de sporules.

Dans la pelade, les surfaces décolorées sont arrondies ou ovalaires, et privées de cheveux ou seulement revêtues d'un léger duvet ; tandis que dans le vitiligo, les plaques sont irrégulières, les cheveux exisîent, mais sont seulement décolorés.

Le vitiligo est incurable et ne cède pas aux lotions de sublimé, aux frictions avec l'huile de cadc, etc. Quelquefois cependant il disparait spontanément.

Di/fonnités maculcuses hématiques.

Elles sont dues à un développement anormal des vaisseaux capillaires sur un point circonscrit de la peau, et sont caractérisées par des taches rouges ou violacées, entourées d'arborations vasculaires et de dilatations veineuses, disparaissant souvent, mais non toujours, sous la pression du doigt, se tuméfiant et devenant plus coloiTes sous l'inQuencc des causes qui accélèrent la circulation, telles que l'exercice, la chaleur, les émotions morales, l'époque menstruelle.

M. Bazin en admet trois espèces : le nxms, /latnmeus ou lâche lie de vui siège souvent à la face dont il occupe alors une grande étendue, est constitué par des taches d'un rouge lie de vin ou violacé, lisses, non saillantes au dessus des parties environnantes ou mamelonnées, ne disparaissant pas complètement sous la pression du doigt, donnant quelquefois lieu à des hémorrhagies, non douloureuses et subissant un développement proportionnel à l'accroissement général du corps.

Chez un malade observé par M. Bazin, la surface rouge était le siège d'une exfoliation épidcrmiquc aljondanle.

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Le lucous arancus est constitué par de petites taches rougeàtres, arborisées, disparaissant par la pression ; on les trouve en plus ou moins grand nombre disséminées sur une région : elles n'atteignent jamais les dimensions du nxvus Jlammeus.

Le -nœms à pernione est le vestige en quelque sorte cicatriciel d'une lésion pathologique actuellement disparue : l'érythcme pernio, ou engelure; il est caractérisé par des taches rougeâtres, indolentes et indélébiles. Il siège fréquemment aux mains et à la face. M. Bazin a prescrit sans résultat satisfaisant des frictions avec le perchlorure de fer.

(b) Difformités boutonneuses et hypertrophiques.

Ce grouppe de difformités spontanées comprend : les dîjfor' mités boutonneuses proprement dites et les difformités hypertrophiques.

Difformités boutonneuses .

Aux difformités boutonneuses se rattachent les verrues, le molluscum, et le nœvus boutonneux.

Les verrues, papillomes cornés, sont de petites excroissances de la peau, mobiles ou très-adhérentes, sessiles ou pédiculées, caractérisées par l'hypertrophie des papilles qui se décomposent et donnent naissance à des papilles secondaires et sont recouvertes de cellules semblables à celles du corps muqueux ou de l'épiderme ; quelquefois un certain nombre de papilles sont isolées par un revêtement épidermique propre à chaque groupe, et la petite tumeur est inégale, fendillée (poireau).

L'histoire des verrues appartient à la chirurgie, aussi n'insisterons-nous pas davantage sur elle.

Le molluscum est une affection caractérisée par de petites tumeurs indolentes, arrêtées dans leur développement, et produites par des altérations des glandes cutanées ou des aréoles dermiques. \

M. Bazin en admet trois variétés :

r Le m:;lluscK)ii peu-'ulani est caractérisé pnr de petites poches

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