DIFFORMITÉS DE LA PEAU. 40 J
membraneuses, flasques et vides, ressemblant à des grains de raisin dont on aurait extrait les i^épins. L'acné varioliforme lui donne quelquefois naissance ; la matière sébacée s'accumule dans l'intérieur d'un follicule, le dilate, s'échappe par l'ouverture, et il en ré-.ulte un sac à. parois ridées et revenues sur elles-mêmes.
Le plus ordinairement, l'afTection est primitive, et se développe en delioi's du follicule sébacé, aux dépens des aréoles dermiques (Bazin).
2" Le moUuscum granuleux est caractérisé par de petites élevures arrondies, blanchâtres et luisantes, ou d'un gris de perle, semblables à des grains de millet, siégeant ordinairement au front, au cou, aux paupières, et n'ayant aucune tendance à s'eûacer.
Le mollmcum stéarique, véritable loupe de la peau, est constitué par la rétention et l'accumulation d'une matière graisseuse concrète dans un follicule ou dans un conduit sébifère liyperlrophié.
Difform ités hypertrophiques .
Ce groupe comprend trois affections : l'hypertrophie cutanée, le nœvus hypertrophique et l'éléphantiasis des Arabes.
L'hypertrophie cutanée est caractérisée par l'hypertrophie des cléments anatomiques de la peau ; elle est générale ou partielle ; les hypertrophies partielles sont plus communes que les hypertrophies générales et sont caractérisées par des déformations, par un état tîbreux et lardacé de la peau, etc.
Le nxvus hypertrophique ou chalazo-dermie est un nrevus boutonneux dépassant un certain volume. Alibert en a donné un exemple en ces termes : Le nommé Deloutre, dit la Taupe, portait au devant de l'œil et sur le nez une espèce d'excroissance qui s'étendait sur tout le front, sur une partie du crâne et de la face; la couleur de cette excroisscnce était tout à fait analogue à celle de la peau d'une taupe. La surface était granuleuse, et ressemblait beaucoup à des mûres noires; elle était,
/lOG DIFFORMITÉS DE LA PEAU.
dans deux ou trois endroits, pourvao de quelques longs poils; environ quarante taches brunes, plus ou moins foncées, étaient disséminées sur les bras, les jambes et s«r tout le corps.
Véléplianliasis des Arabes est une affection caractérisée par une tuméfaction considérable et permanente d'une partie du corps, tuméfaction survenue consécutivement à divers états pathologiques.
L'élépliantiasis présente dans son développement deux périodes: dans la première période, on observe des Ij^mphites accompagnée? de l'engorgement des ganglions lymphatiques, des crysipèles ou des érytlièmes, des ulcères, des aff"ections chroniques de la peau, telles qu'un lichen, un eczéma, etc.
La lymphite est l'affection que l'on observe au début de l'élépliantiasis endémique de l'ile Barbade ; le malade présente à intervalles inégaux et sous forme d'accès, des inflammations des vaisseaux lymphatiques, et après chaque accès la peau offre une induration plus marquée, un développement de volume plus considérable, et peu à peu la partie affectée acquiert des proportions énormes.
Après un certain laps de temps, la peau est tantôt unie, luisante et distendue, tantôt inégale, rugueuse, mamelonnée, creusée de sillons profonds ou hérissée de tumeurs; l'épiderme est épaissi, ichthyosique, le derme a acquis une épaissem* de plusieurs centimètres, et si l'affection siège aux jambes, cellesci perdent leur forme primitive, deviennent presque cylindriques et offrent une analogie plus ou moins frappante avec la jambe d'un éléphant.
Le malade n'éprouve d'ailleurs aucune souffrance, mais se trouve condamné à traîner un membre pesant et difforme.
On conçoit parfaitement la déformation que doit entraîner l'élépliantiasis lorsqu'il siège aux bourses, aux grandes et petites lèvres, aux mamelles, à la langue.
Ëliohrjie. — L'élépliantiasis des Arabes n'est ni contagieux, ni héréditaire, mais siège endémiquement en Égypte, en Nubie, n l'ile Barbade, et sur les côtes du Malabar. On l'a attri- ]iu.'' aux brusques variations de température et à la différence