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DES BOUTONS

On désigne sous le nom de boutons toute saillie circonscrite de la peau et des muqueuses.

Les boutons constituent des lésions propres, c'est-à-dire ne traduisant qu'une seule maladie, ou des lésions communes, c'est-à-dire constituant des manifestations de plusieurs maladies.

Les premiers sont le godet favique, l'acné variohforme, la plaque muqueuse, la kéloïde, la carcine, le tubercule de la

LÉSIONS ÉLÉJIENTAmES. 23'

lèpre. (Voyez aux affections gén('ri((uos et spéciales la description de ces lésions.)

Les seconds sont Icis boutons séreux qui compi-ennent les vésicules et les bulles ; les boutons purulents qui comprennent les pustules, les fiu-oncles et les abcès dermiques ; les boutons bypertrophiques qui comprennent les papules et les tubercules.

Des boutons séreux. — (a) Vésicules. — On désigne sous ce nom de petites saiUies liquides dues au soulèvement de l'épiderme pai' de la sérosité. Le volrnne des vésicules varie de celui d'un grain de mil à celui d'une lentille; elles sont globuleuses ou coniques, ne persistent pas longtemps, mais se crèvent, et alors le liquide qu'elle contiennent se concrète et forme mie squame ou une croûte. Quelquefois cependant le liquide disparait par alDSorption. Le liquide des vésicules est, en général, limpide, quelquefois cependant, légèrement trouble, et contient quelques leucocytbes.

Lessudamina, la mibaire, la varicelle, l'berpès, l'ezcéma, sont caractérisés par des vésicules.

Les sudamina consistent en de petites vésicules hémisphériques, transparentes et ne reposant pas sur une surface rouge.

La miliaire rouge est caractérisée par de petites taches rouges, peu saillantes, disparaissant sous la pression du doigt et dont le sommet esl soulevé par de la sérosité.

La varicelle consiste dans l'existence devésicules plus grosses que celles de la mibaire, reposant sur un fond rouge et précédées de phénomènes généraux.

L'herpès est constitué par des vésicules plus ou moins grosses, mais toujours assez volumineuses, groupées les unes à côté des autres et séparées par des intervalles de peaij saine ; ces vésicules reposent sur la peau ou les muqueuses et persistent pendant un certain temps. On distingue deux variétés d'herpès : l'herpès à grosses vésicules et l'herpès à petites vésicules.

L'eczéma est caractérisé par de petites vésicules agglomé rées reposant sur une surface plus ou moins rouge, ne tardant

pas à se rompre et laissant à leur place une surface suintante dont le liquide, ù un certain moment, se desséché et se convertit en squame.

(h) Bulles. — On désigne sous ce nom de petites saillies d'un volume variable de celui d'un pois à celui d'une noix, saillies dues au soulèvement de l'épiderme par une sérosité transparente.

Il existe deux espèces de boutons bulleux : la bulle dupemphigus et celle du rupia. A vrai dire, toutefois, le rupia peut être regardé comme constitué par une lésion intermédiaire à la bulle et à la pustule {pustulo-bulle). En effet, le liquide situé sous l'épiderme soulevé devient rapidement purulent, se concrète en une croûte qui s'épaissit par suite d'une nouvelle exsudation dans la profondeur, et autour de laquelle se fciit un soulèvement de l'épiderme par de la sérosité, qui devient, à son tour, purulente, se concrète, est suivie aussi d'un soulèvement épidermique périphérique, et ainsi de suite. Par suite de cette évolution spéciale, la croûte revêt la forme d'une écaille d' huître.

Les vésicules et les bulles sont dues ordinairement à un trouble nutritif congestif ou inflammatoire, limité à la partie superficielle du derme et déterminant une exsudation séreuse qui soulève l'épiderme.

Nous avons dit plus haut que, chez les personnes présentant des sueurs abondantes, le hquide sudoral pouvait s'infiltrer sous l'épiderme, le soulever par place et déterminer des vésicules.

Boutons purulents; pustules. — On désigne sous le nom de pustules des boutons Uquides caractérisés par l'existence de pus au-dessous de l'épiderme. Comme dans les vésicules, il y a d'abord une exsudation séreuse, mais en même temps il se développe un nombre considérable de jeunes cellules, se mêlant au sérum et lui donnant une couleur blanche ou jaunâtre.

On distingue deux sortes de pustules, les pustules phlj'saciées fil les pustules psydraciées.

LKSIOXS KI.KMENTAIRES. 2?)

Les premières sont larges, aplaties, et le pins souvent purulentes de la base au sommet. Tel est l'ecthyma.

Les secondes sont plus saillantes, plus pointues, et parfois purulentes à leur sommet, dures à leur base constituée par un soulèvement inflammatoire du derme. Telles sont l'impétigo, la miliaire blanche, l'acné pustuleuse, la mentagre pustuleuse.

La pustule d'ecthyma consiste en un soulèvement de l'épiderme par un liquide contenant des cellules purulentes. Le chorion devient quelquefois le siège de rinÛammation, et il existe alors une ulcération qui laisse des cicatrices.

L'impétigo est caractérisé par de petites pustules groupées, reposant sur une surface rouge, et dont le liquide se concrète après leur rupture et forme des croûtes épaisses, molles et d'un jaune flavescent.

Dans la miliarre, les pustules, dont le volume ne dépasse pas celui d'un grain de millet, sont répandues sur une large surface, se rompent après un certain temps, produisent une légère suppuration, et ne laissent à leur place aucune cicatrice.

L'acné est caractérisée par des pustules pointues, discrètes ou confluentes, dont la base papuleuse reste souvent indurée pendant un certain temps après leur disparition. Elles ont pour siège an atomique les follicules sébacées. Tantôt le follicule est seul altéré, enflammé, tantôt ses parois et les parties de la peau qui l'entourent sont aussi le siège d'une inflammation ; de là l'induration tuberculeuse que l'on observe ordinairement autour de la pustule.

La mentagre pustuleuse consiste dans l'inflammation des follicules pileux. Le derme environnant prend part à l'inflammation et est induré et infiltré.

Furoncle. — Le furoncle est constitué par une tumeur d'un rouge violacé, conique, se terminant par supuration et laissant échapper un produit particulier : le bourbillon ; il a son siège dans un follicule pileux ou sébacé.

Abcès dermique.— On désigne sous ce nom de petites tumeurs purulentes dont le siège paraît être dans les follicules sudoripares (hydrosadénite).

Boutons hypertrophiques. — Ils comprennent les papules et les tubercules.

Papules. — On désigne sous le nom de papules des saillies pleines et non liquides de voliune variable, mais ne dépassant pas, en général, celui d'une tète d'épingle, discrètes ou réunies les imes à côté des autres et dues à une exsudation circonscrite du derme.

L'ordre des papules comprend deux variétés, le lichen et le prurigo (voyez ces affections génériques). Les papules sont constituées soit par une hypertrophie des papilles, soit par un exsudât et une prolifération cellulaire du derme (réseau muqueux) ; enfin Hebra prétend que, dans le lichen pilaris , la saillie dermique est due à la production anormale et à l'accumulation de l'épiderme autour de l'orifice des follicules pileux. Alors les gaines tubulaires épidermiques, entourant les poils, sont retenues dans le canal excréteur, et des couches successives s'ajoutent jusqu'à ce qu'il se forme une saillie épidermique percée d'un poil à son centre. •

Tubercules. — On désigne sous le nom de tubercules des saillies volumineuses indolentes s'enfonçant par leur base dans le tissu sous-dermique, présentant une grande tendance à l'ulcération, et constituées par l'hypergénèse des éléments préexistants ou l'infiltration inflammatoire des parties malades.

On distingue des tubercules scrofuleux, syphilitiques, éléphantiasiques (lépreux), cancéreux (épithéhoma et cancer), le molluscum, le bouton d'Alep, le frambœsia.

Le volume des tubercules varie de celui d'une lentille à celui d'un pois ou d'une noisette. Leur couleur n'est pas différente de celle des parties environnantes ou est rosée, rouge, ocrée, cuivrée.

Tantôt ils se terminent par résolution, tantôt ils sont sui\'is d'ulcération .

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