DES CICATRICES
On désigne sous ce nom le tissu de production nouvelle consécutif à une perte de substance des téguments.
Les cicatrices diffèrent des maculatures qui succèdent à l'évolution d'une tache ou d'un bouton. En effet, elles sont permanentes, tandis que les maculatures finissent par disparaitre après un temps plus ou moins long.
Les cicatrices ne peuvent être méconnues que par un esprit inattentif.
Comme les ulcères, elles peuvent siéger sur tous les points du corps, mais, comme pour les ulcères dont ils sont la conséquence, il est des sièges de prédilection suivant chaque maladie, le cou pour la scrofule, les parties génitales pour la syphilis.
Les cicatrices sont rondes, ovalaires ou irrégulières ; quelquefois elles ont la forme d'un fer à cheval ou d'un T.
Elles peuvent être lisses, unies ou plissées, gaufrées et parsemées de rides, de saillies, de parties exubérantes qui résultent soit de ce que l'on n'a pas réprimé les bourgeons charnus, soit de la maladie même dans le cours de laquelle elles sont survenues.
Elles sont quelquefois profondément déprimées et même adhérentes aux os. Alors elles constituent une preuve de l'altération antécédente des os.
Leur coloration est tantôt tout à lait blanche, tantôt blanche au ceijtrc et violacée à la périphérie, et ce n'est qu'après un temps assez long que la coloration foncée disparait et que la cicatrice est tout à fait blanche.
Certaines substances employées pour faire les pansements, du taffetas noir d'Angleterre, par exemple, peuvent donner naissance à une cicatrice colorée (i).
Quand un individu est affecté d'une brûlure produite par la poudre, la cicatrice présente des points noirs dus aux grains de poudre incrustés dans son tissu.
Le tissu cicatriciel peut s'hypertrophier, et alors existe une kéloïde cicatricielle.
Les cicatrices sont rétractiles, et de cette rétraction résultent souvent des déformations.
Les cicatrices se distinguent facilement des téguments voisins par leur aspect hsse et luisant, leur blancheur due à l'absence de pigment, et la non-existence de poils et d'ouvertures glandulaires à leur surface. Elles sont constituées par du tissu conjonctif.
(1) Dictionnaire de médecine et chirurgie. — Cicatrice.
DES AFFECTIOiNS GÉNÉRIQUES DE LA PEAU.
Il existe, avons-nous vu, des affections génériques et des affections propres.
Une affection générique, ou un genre dermatologique est une affection qui présente certains caractères spéciaux, la différenciant des genres voisins , et qui offre des espèces , dont chacune, outre les caractères du genre, a des caractères particuliers, la séparant des espèces voisines.
L'eczéma est un genre , puisqu'il est caractérisé par une évolution anatomique et symptomatologique, différente de celle du lichen, de l'acné...., et qu'il présente des espèces scrofuleuse, syphilitique, arthritique, herpétique, dont chacune, outre les caractères de l'eczéma, en offre de spéciaux capables de la faire reconnaître par un œil exercé.
Il existe des affections génériques érythémateuses , vésiculeuses, huileuses , pustuleuses , furonculeuses , phlegmoneuses, papuleuses, tuberculeuses, squameuses.
Le tableau suivant donnera une idée nette des affections génériques :
1" Èrylliémateuses
Erylhème.
Urticaire.
Roséole.
Miliaire.
3° Bulleuses
Eczéma.
Varicelle.
Pemphigus, rupia.
Acné.
4° Pustuleuses.
5° Furoiiculouses
6» Phlegmoiieuses (inflammation
Hydrosadériite.
Furoncle, Anthrax.
des glandes sudoripares). .
7» Papuleuses
Liclien.
Pj'Qrigo Lupus.
8" Tuberculeuses 9" Squameuses .
Pityriasis.
Psoriasis.
AFFECTIONS ÉRITHÈMATEUSES.
DE l'ÉRYTHÈME.
Dc/inUion. — On désigne sous le nom d'érythème une affection de la peau en voie d'évolution caractérisée, à sa période d'état, par des taches congestives, rosées ou rouges, assez larges, n'occasionnant pas de démangeaisons ijrononcées, et se terminant par résolution , en présentant ou non une desquamation légère.
Symptomatologie . — Tantôt l'érythème présente un début brusque ; tantôt, au contraii'e, l'éruption est précédée de phénomènes précursem's dont la durée varie de un à trois jours, et qui consistent dans un malaise général , le brisement des membres , des picotements ou des démangeaisons sur les parties qui doivent être le siège de l'affection , un mouvement fébrile modéré qui. contraste avec la fièvre intense du début des pyrexies éruptives (variole, scarlatine), et enfin le trouble des fonctions digestives, c'est-à-dire l'anorexie, l'enduit blanchâtre de la langue, la soif, la difficulté des digestions.
Que ces phénomènes prodromiques aient existé ou non, des taches congestives, roses ou rouges, apparaissent à la surface du tégument externe, taches qui, d'abord diffuses et mal hmitées, ne tardent pas à se circonscrh-e ; elles peuvent conserver, pendant toute la durée de leur existence, la teinte rosée du début; mais le plus souvent elles acquièrent une coloration foncée, framboisée et violacée même ; elles sont ch'culaires, ovalaires (E. circiné), ou offrent une forme irrégulière; leur surface peut rester plane et lisse, ou se couvrir de saiUies papuleuses ou tuberculeuses (érythème papulo-tulierculeux); tantôt elles offrent à leur circonférence un rehef, un bourrelet qui les sépare des parties environnantes (érythème marginé}; tantôt, au contraire, la coloration morbide se confond insensiblement avec la teinte normale de la peau ; (pielquefois elles sont ovalaires, présentent une saillie médiane du volume d'une noisette, d'une petite noix, ijui semldc onchi\spéo dans le tissu cellulaire souscutané (érythème noueux).
LEKYTHÈME. 33
L'étendue qu'elles occupent est très-variable : si, en eilct, les taches érythémateuses peuvent ne pas dépasser les dimensions d'une pièce de 3 francs, même d'une pièce de 2 francs, elles occupent le plus souvent toute une région , la face dorsale des mains, les joues, le front, par exemple; enfin, elles disparaissent sous la pression du doigt, et sont ou non le siège de démangeaisons très-fadjles, ou de légers picotements.
Arrivé à son plus haut degré d'intensité, l'érythème parcourt une marche inverse à celle qu'il a suivie pendant la période d'augment : on observe alors la décoloration progressive des téguments, l'atlaisseraent graduel du Ijourrelet circonférenciel, et la disparition des démangeaisons , lorsque ces deux phénomènes ont existé. Enfin, au déclin de l'affection apparaît souvent, sur les parties malades, une légère desquamation qui ne tarde pas à cesser elle-même.
Quelquefois aussi naissent à la surface de l'érythème des vésicides, des bulles, des phlyctènes, se produit même une sécrétion puf'ulento, ainsi qu'il est donné de l'observer dans l'intertrigo purifluent.... Mais ces phénomènes doivent être regardés comme essentiellement accidentels, et ne sauraient être considérés comme formant partie nécessaire de l'évolution naturelle de l'afi'ection.
Marche, durée, terminaison. — Tantôt l'érythème suit la marche des pseudo-exanthèmes, et disparait spontanément vers le douzième ou quinzième jour de son existence; tantôt on ne peut lui assigner aucune limite, et on le voit se prolonger pendant des mois et des années, et récidiver plusieurs fois avant de disparaître complètement; tantôt, enfin, sa durée est éphémère et en rapport avec la persistance de la cause qui lui a donné naissance.
Caractères anatomlques . — L'érythème. envisagé au point de vue du siège topographique, peut occuper toutes les parties du corps; envisagé au point de vue du siège anatomique, il consiste dans la congestion des vaisseaux capillaires du derme ; dans l'une des variétés de l'érythème se produit même dans le tissu cellulaire une extravasation sanguine de laquelle résul-
iJi: AFFECTIONS GÉNÉRK^UES.
teiil d(3s jiodosit().s douloureuses, ovales, et ottrant une coloration violacée, tpii ne tarde pas à faire place à une teinte jaunàtiv., indice de la résorption que suint le sang épanché {erythema nodosum).
Diagnostic du genre. — L'érytlicrne pourrait être confondu avec i'érysipcle :
Mais un frisson intense précède ordinairement l'érysipèle, et ne fait au contraire presque jamais partie du cortège des phénomènes précurseurs de l'érythème.
Dans l'érysipèle existe une surface rouge, sm'élevée au-dessus des parties environnantes et sensi])le à la pression, tandis que les taches érythémateuses ne dépassent pas, en général, le niveau des parties environnantes, et ne sont pas ou sont à peine douloureuses.
L'érysipèle présente des hords nettement limités par une saillie festonnée, tandis que la rougeur érythémateuse olire une décoloration progressive, et se confond insensiblement avec les parties saines.
• Enlin on observe, à la suite de l'érysipèle, l'intiltration du tissu cellulaire par de la lymphe plastique ou du pus, la gangrène des parties sous-jacentes à la peau, résultats de l'inflammation (pic l'on ne constate jamais chez un malade aflecté seulement d'éry thème.
Des diflerences plus tranchées encore séparent la rougeole et la scarlatine de l'érythème; toutes deux, eu elfet, sont contagieuses, précédées de symptômes prodromiques pathoguomoniques, et accompagnées d'une fièvre intense, cai'actères (lue l'on n'observe pas dans l'érythème ; enfin, les éruptions rul^éolique et scarlatineuse sont répandues sur toute la siu"iace du corps, tandis que l'érythème n'en occupe qu'une partie peu étendue.
La roséole se distingue de l'érythème par la petite dimension, la multiplicité et la dissémination des taches sur toute la surface du corps.
L'urticaire se différencie suffisamment de l'érythème par l'existence de papules rosées ou rouj-es à la périphérie, déco-
l'érytiième. * 3o
lorées au centre, sièges d'un prurit intense , apparaissant brusquement et disparaissant subitement, sans laisser pour ainsi dire aucune trace.
La lèpre se distinguera facilement aussi de l'érytliùme, si l'on considère que jamais, dans cette dernière affection, on ne constate la coloration bronzée de la ligure , l'existence de tubercules cutanés et sous-cutanés, l'encliilrènement nasal, l'enrouement de la voix, l'insensibilité des téguments...., cortège habituel de la lèpre. Cette maladie ne serait-elle encore caractérisée que par l'existence de macules, que leur couleur d'un jaune fauve, l'absence de décoloration à la pression, et leur insensibilité, suffiraient pour les différencier des taches érythémateuses.
Pronoslic. — Considéré en lui-même, l'érythème est une affection légère et tendant à disparaitre spontanément ; mais, envisagé au point de vue de son origine, des causes qui lai ont donné naissance, il constitue une affection dont le pronostic est extrêmement variable. Est-il dû à la présence des parasites ou à l'action d'agents irritants, il n'entraine à sa suite qu'un pronostic des plus bénins, puisqu'il suffit d'enlever la cause pour que l'effet disparaisse ; est-il le reflet d'un état général de l'économie, reconnait-il pour cause une maladie constitutionnelle, il constitue alors une affection plus sérieuse , parce qu'il doit faire craindre l'apparition de nouvelles manifestations cutanées plus rebelles et plus graves dans un intervalle de temps plus ou moins éloigné.
Étiologie. — L'érythème doit être divisé en érythème de cause externe et érythème de cause interne.
1" L'érythème de cause externe est dû à une cause mécanique ou physique, ou est provoqué, artiliciel.
{ci) L'érythème de cause mécanique est dû à la piqûre ou à la morsure de petits animaux non venimeux, tels que le rouget, le cousin, la puce, les processionnaii-es; à l'action prolongée des rayons solaires, à l'innuence du froid, au déciibitus prolongé, etc.
(//) L'érythème artiliciel se divise en érythi'me provocpié di-
rect et en éry thème patliogénétique. — L'érythéme provoqué direct se rencontre fréquemment chez les ouvriers obligés <le se servir, par le fait de leur profession , de substances irritantes, telles que les produits chimiques, pharmaceutiques, etc.
Certains agents médicamenteux, la farine de moutarde, la poix de Bourgogne, la clématite, etc. ; des produits physiologiques ou morbides , tels que la sueur, les larmes dans l'épiphora, le mucus vaginal dans la blennorrhagie, etc.; l'insertion, sous l'épidermé, de matières vénéneuses, telles que le venin de l'abeille, des guêpes, des frèlons, etc., déterminent l'érythéme provoqué direct.
Enfin, le trichophyton (végétal parasite) détermine l'érythéme circiné parasitaire, érythème provoqué direct parasitaire.
Les érythèmes provoqués indirectement, ou pathogénétiques , sont consécutifs à l'absorption de la belladone, de l'iode, etc., ou à l'ingestion de maïs altéré par le verdet (E. pellagreux.)
2° L'érythéme de cause interne apparait dans le coiu-s d'une maladie fébrile {erythema fugax des fièvres, de l'état puerpéral), ou dans celui de l'arthi'itis ou de la scrofule (maladies constitutionnelles).
L'érythéme arthritique est pseudo-exantliématique ( érythème marginé, papuleux, noueux), ou chronique (érythème papulo tuberculeux, ou intertrigo). A la scrofule se rattachent l'engelure et l'érythéme induré .
Causes de l'érjtkèmc.
/railemciU. — L'érytlième, envisagé comme alfection y-éné-
LA ROSÉOLE. 37
l'iqiie, ne donne lieu qu'aux indications tlii'rap('uii({ues suivantes :
11 convient, en fçcnéral, de séparer les parties conti,!3ni("'s à l'aide de charpie, d'un linge, et de saupoudrer les surfaces malades de poudre d'amidon, de lycopode, de sous-nitrate de bismuth, etc. Ces poudres sont les meilleurs topiques, et doivent être employées de préférence aux liquides, aux corps gras.
Mais , avant tout , il faut tenir compte de la cause qui a donné naissance à l'érythème. L'érythème artificiel n'exigera que l'éloignement de la cause ; l'érythème parasitaire, les parasiticides; l'érythème pseudo-exantliématique disparait spontanément; mais un purgatif, un éméto-cathartique, une petite saignée, abrégeront sa durée; enfin, les érythèmes scrofuleux et arthritique nécessiteront un traitement antiarthritique ou antiscrofuleux.
DE LA ROSÉOLE.
La roséole est une affection de la peau , non contagieuse , apyrétique, caractérisée à sa période d'état par de petites taches roses, ou d'un rouge clair , de configuration varialjle, sans saillie au-dessus des parties environnantes, et se terminant par résolution avec ou sans desquamation de l'épiderme.
Symptomalologie. — L'éruption roséolique, précédée ou non de courbature, de fièvre, d'anorexie, etc., se manifeste d'abord par des taches diffuses , pâles et échappant facilement à un examen superficiel ; mais ])ientôt ces marbrures de la peau sont remplacées par des taches inégales , de formes variées, tantôt rondes ou ovalaires , tantôt figurant un croissant , un demi- cercle, tantôt tout à fait irrégulières , de (juelqucs millimètres d'étendue, dont lu coloration varie du rose tendre au rouge vif, séparées les unes des autres par des intervalles de peau saine, planes et lisses , et accompagnées ou nop de chaleur, de picotements ou de brûlure.
Les taches présentent quehpiefois, à hm- centre, une petite
38 AFFECTIONS GENERIQUES.
élévation vésiculcusc, comparable à celle de la miliaire, ou au contraii-e une petite saillie papulcuse (R. miliaire ou papuleuse). D'autres l'ois on observe une desquamation plus ou moins abondante (R. squameuse). L'éruption peut n'occuper qu'une partie du corps, les cous-de-pied, les genoux, les poignets, etc., ou, au contraire, être généralisée.
Après un temps varia])le de quelques jours à un ou deux septénaires, les taclies pâlissent, les squames se détachent, les saillies papuleuscs s'affaissent, et aucune trace de l'éruption ne subsiste. Cependant des maculatures brunâtres ou jaunâtres, persistant pendant des semaines et des mois, une légère furfuration de la peau, s'observent parfois à la suite de la roséole. Cette farfuration se produit principalement à la suite de la roséole miliaire. On constate , dans certains cas, une congestion de la conjonctive, ou de l'isthme du gosier, indice de l'extension de l'éruption aux membranes muqueuses.
Marche, durée, terminaison. — La roséole est aiguë ou chronique; aiguë, elle dure quelques jours, ou un ou deux septénaires ; chronique, elle peut persister pendant plusieurs mois. Elle se termine toujours par résolution, tantôt sijontanément, tantôt sous l'influence d'un traitement approprié. On a cité de rares exemples de disparition subite de l'éruption et de l'apparition de phénomènes plus graves, ou de la transformation inusitée des taches en éléments papulo-tuberculeux (R. syphilitique) .
Diagnostic. — Nous avons indiqué les différences qui séparent la roséole de l'érythème.
La scarlatine et la rougeole se différencient par l'existence de prodromes spéciaux et d'une intensité plus grande que ceux de la roséole; la température de la peau est plus élevée dans la période prodromique do la scarlatine et de la rougeole, que dans celle de la roséole.
L'éruption de la scarlatine est caractérisée par une rougeur uniforme de la peau, ou par une série de petites élevures rouges se touchant pour ainsi dire par leur base.
L'c'ruption rul)éoUque se rapproche beaucoup de celle de la
LA ROSKOI.E. 3ÎJ
roséole ; elle en diflV'i'o cepemlant par son intensiti? ])lus grande, sa marche r(''gulièrc, sa desquamation aljondante. — Simultanément avec elle existent ordinairement des pluhiomènes de catarrhe du coté des muqueuses oculaire, nasale, pharyngée, bronchique et intestinale.
On poiu'rait aussi confondre la roséolo miliairc avec la miliah-e; mais, tandis que dans cette dernière affection la vésicule est l'élément primitif et constant, dans la roséole eUe constitue un élément accidentel et secondaire à la présence de taches.
Pronostic. — La roséole, envisagée en elle-même et indépendamment de la cause qui lui a donné naissance, ne présente aucune gravité; elle disparaît ordinairement spontanément et sans laisser aucune trace de son existence.
Anatomie 'pathologique . — L'éruption de la roséole consiste en une hyperëmic de la peau, limit('e à de petites places circonscrites ; c'est un genre dermatologique caractérisé par une tache, et qui doit être placé entre l'érythème et l'urticaire.
Éliologie. — Nous admettons une roséole de cause externe et une roséole de cause interne.
La roséole de cause externe apparaît lorsque la peau est fortement excitée par les chaleurs vives de l'été (R. tTstivale, provoquée directe), ou consécutivement à l'inge&tion du copahu, du cubèbe (R. pathogénétique).
La roséole de cause interne est pseudo-exanthématique essentielle, syphilitique ou herpétique.
La roséole pseudo-exanthématique survient dans l'enfance et la jeunesse, sous l'influence des émotions morales, des vicissitudes atmosphéricpes : elle règne quelquefois épidémiquement.
Causes de la roséole.
! Provoquée i ^ i -c
directe. ' Pi'oclmte par la clialeur.
PatliogéiuV ( Produite par l'iugestiûu du culjiiijo, du
tique. ' copahu, etc.
1 Pseudo-exanthémalicpie essentielle.
Roséole I Herpétique. | Roséole miliaire.
Commune. ) Granulée.
Papuleusp. l
se interne. Syphilitique.
TraUemenl. — La roséole, (invisagée comme affection générique, ne donne lieu à aucune indication spéciale ; on peut conseiller des bains, des lotions astringentes, etc.; mais les espèces de roséole exigent un traitement différent suivant chacune d'elles. La roséole pseudo-exanthcmalique disparait spontanément et n'exige que des tisanes acidulées, des laxatifs, etc.; les roséoles syphilitique et herpétique un traitement antiherpétique ou antisyphilitique.
DE l'urticaire.
On désigne sous le nom d'urticaire une affection de la peau, en voie d'évolution, caractérisée à sa période d'état par des plaques congestives rosées ou rouges, quelquefois décolorées au centre , d'une largeur variable de quelques millimètres à 2 à 3 centimètres, accompagnées d'un prurit semblable à celui que détermine la piqûre des orties, plaques qui apparaissent et disparaissent brusquement.
Symptomatologie. — L'éruption est quelquefois précédée de prodromes consistant dans de la fièvre, un malaise général, de la céphalalgie, de la coiu'bature, des nausées, des vomissements, de la diarrhée, etc.
Que ces phénomènes aient existé ou non, un prurit plus ou moins intense se fait sentir sur divers points du corps , aux membres, à la poitrine , au cou, à la face , et porte le malade à se gratter; alors apparaît une éruption caractérisée par des plaques saillantes, dures, arrondies ou ovalaires, de 4 millimètres à 2 , 3 et S centimètres de diamètre , rosées ou rouges, dont la coloration disparaît sous la pression du doigt, souvent blanchâtres et décolorées à leur centre. Quelquefois les plaques sont tout à fait blanches, et cette décoloration est peutêtre due à la compression des vaisseaux du corps papillairc par de la sérosité.
Au Ueu d'élevures , on peut ojjserver de simples taches rouges ou rosées, disparaissant sous la pression du doigt, quelquefois fort étendues et se rapprochant de l'éruption scar-
l'urticaire. 'i-i latimnise, taches ne faisant qu'une léyèn.! sailli.' au-dessus des parties environnantes (U. maculosa).
Quelquefois l'éruption se présente sous la forme de lignes sinueuses, rouges ou rosées , d'une longueur souvent trèsgrande, et qui semblent comme produites par des coups de lanière (U. gyrata}.
Dans d'autres cas, les plaques d'urticaire oflrent à leur centre une saillie papuleuse comme celle du lichen , ou au contraire une grosse éminence tuberculeuse s'enfonçant dans le tissu cellulaire sous-cutané (U. papuleux et tuberculeux).
Enfin, au centre des papules s'oljscrve parfois une tache noirâtre due à une hémorrhagie capillaire , de forme congestivc (U. hœmorrhagica).
Tantôt les plaques sont discrètes, tantôt elles sont tellement rapprochées que quelques-unes se confondent (U. conferta).
L'éruption peut non-seulement occuper la surface de la peau, mais l'intérieur de la bouche.
Que l'une ou l'autre de ces formes existe, après une durée variable de deux à quelques heures , l'éruption disparait sans laisser la moindre trace, ou ne laissant qu'une légère teinte roiige ou violette, qui s'évanouit à son tour.
Souvent l'éruption disparait en un point pour reparaître en un autre. Le plus ordinairement l'éruption se reproduit plusieurs fois à des intervalles variables avant la guérison complète.
Les phénomènes généraux que le malade éprouve quelquefois au début de la maladie disparaissent dès l'apparition de l'éruption, et s'il existe plus tard un léger mouvement fébrile, ce n'est guère qu'au moment où se produisent les poussées éruptives ; mais le plus ordinairement le prurit intense détermine de l'insomnie et de l'agitation.
Marche, durée, terminaison. — f/urticaire se présente à l'état aigu ou à l'état chronique : lorsqu'elle revêt la forme aigu*', sa durée varie de huit à quinze jours ; elle ne laisse alors après elle qu'une légère furfuration, si elle est très-intense ; revèt-elle au
contraire la forme chronique, elle peut durer des mois et des années. Elle est toujours alors symptomatiquc de l'arthritis ou de riierpétis. L'urticaire tubéreuse, manifestation arthritique, laisse souvent à sa suite des taches bleuâtres , ne disparaissant ■pas sous la pression du doigt, et indice d'une extravasation sanguine.
Anatomie pathologique. — Les plaques d'urticaire sont le résiûtat de congestions Umitées du derme, accompagnées d'un œdème partiel.
Diagnostic. — Trois phénomènes caractérisent l'urticaire : l'existence de plaqAes rosées, décolorées à leur centre, et dont la coloration disparait par la pression du doigt ; un prurit intense ; une brusque apparition, et une non moins brusque apparition de l'éruption, après un court espace de temps.
Ces symptômes différencient l'urticaire de l'érythème caractérisé par des taches congestives , sans élévation au-dessus du niveau de la peau, dépourvues de prmit, et circonscrites à une région Umitée du corps ;
De la roséole constituée par des taches rosées, non saillantes, non prurigineuses, persistant pendant plusieurs jours;
Du pityriasis rubra, caractérisé par des taches rouges, à peine saillantes, disposées en demi-cercle, couvertes de squames, et ne disparaissant qu'après un certain temps;
De l'épinyctide, caractérisée par une éruption apparaissant pendant la nuit et disparaissant pendant le jour.
Au déclin de l'urticaire, et lorsqu'elle n'est plus cai^actérisée que pai' des taches violacées, des cercles, des ecchymoses, l'éruption est difficile à reconnaître , et le diagnostic ne s'établit que d'après les commémoratifs, c'est-à-dire l'existence antécédente de plaques rouges, décolorées au centre, prurigineuses, et dont le développement brusque a été suivi d'une disparition rapide.
Pronostic. — L'urticaire ne présente aucune gravité. La forme aigui' est moins sérieuse que la forme chronique, qui peut p(;rsister des mois et des années, et qui dépend d'une
l'urticaire. 43
maladie constitutionnelle difficile ù guérir (arthritis, herpetis) .
Le prurit est souvent un symptôme fâcheux par l'insomnie, l'excitation qu'il détermine, et la difficulté de le faire disparaître. — Trousseau a enfin signalé la possibilité, heureusement rare, d'accidents nerveux, tels que anesthésie et amyosthénie des memljres inférieui's à la suite de l'urticaire.
Étiologie. — Nous admettons une urticaire de cause externe et une urticaire de cause interne. — L'urticaire de cause externe survdent sous l'influence du contact de l'ortie, des processionnaires, des actinies, ou orties de mer (urticaire provoqué directe), ou consécutivement à l'al^sorption de certaines substances alimentaire , parmi lesquelles il faut citer les crabes, les moules, les écrevisses, le homard, la langouste, les crevettes , les poissons salés ou fumés, le porc, les fraises, les concombres, la valériane, la jusquiame, le copahu (U. pathogénétique) .
L'urticaire de cause interne est le symptôme d'un pseudoexanthème, de quelques maladies fébriles , ou d'une maladie constitutionnelle.
L'urticaire pseudo -exanthématique est surtout fréquente chez les enfants et les femmes , s'observe principalement au printemps et en été, sous l'influence des brusques transitions de température, et règne quelquefois épidémiquement; elle est souvent d()signée sous le nom de fièvre ortiéc, parce que l'éruption est précédée des phénomènes généraux que nous avons indiqués. Elle est aussi occasionnée par des émotions morales, la peur. Je l'ai observée dernièrement chez une femme à laquelle on devait pratiquer la ponction d'un kyste du foie.
L'urticaire apparaît quelquefois dans le cours de la pneumonie, de la pleurésie, dans certaines formes de fièvre intermittente, ou dans le travail de la dentition (U. fébrile).
Enfin, l'urticaire est une manifestation de la dartre et de 1 arthritis. On l'observe assez souvent dans le cours du rliumatisme articulaire aigu.
AFFECTIONS GÉNKRIQUES .
Causes de l'arlicaire.
TT • { 1'™^°^"'''' \ Produite par les oi'lies, les actinies, etc.
Urticaire directe. ( ' '
de cause externe. | Patliogéné- j Pi'oduitc par les moules, les crabes, les ' tique. ' fraises, etc.
iPseudo-exan thématique.
Symptomatiquc d'une maladie fébrile.
Herpétique. | Ciiidosis ou urticaire chronique. . „ Aiguë ou urticaire hémorrhagique.
iVrlJinlique. i y-,, • • , •
' ( Chronique, — cnidosis.
Traitement. — L'éruption d'urticaire ne donne lieu, par elle-mêaie, qu'à un petit nombre d'indications thérapeutiques.
Contre le mouvement fluxionnaire qui tend à s'opérer vers la peau, on emploiera les boissons acidulées, les bains émollients, de légers purgatifs, ou même une évacuation sanguine.
Contre le prurit on conseillera les lotions alcalines , de sublimé, d'eau blanche,, de cyanure de potassium, et les préparations opiacées à l'intérieur.
Mais au-dessus du traitement imposé par l'affection générique se place le traitement de la cause qui a donné naissance à cette affection. — On donnera donc un émétique, si elle est pathogénétique (moules, crabes), ou les substances antiarthritiques, ou antiherpétiques, si elle est artlu'itiquc ou dartreuse.
■ AFFECTIONS VÉSICULEUSES