PAPULES HUMIDES CONSÉCUTIVES A UNE BLENNORRHAGIE
Le 4 avril 1845, entre à l'hôpital du Midi, salle 3e, lit 4, un jeune homme âgé de vingt ans , atteint de papules humides du scrotum et de toute la surface du gland et du feuillet interne du prépuce. Le malade déclare qu'il n'a jamais eu de chancres, mais seulement une blennorrhagie, il y a cinq mois. Je ne découvre, au milieu de ces papules humides, aucun point ulcéré, ni induré qui indique qu'il a existé un chancre. Les ganglions inguinaux sont légèrement tuméfiés , mais ils n'ont pas une forme assez caractérique pour qu'on puisse les considérer comme la preuve de l'existence antérieure d'un chancre. Un fait important , relatif à cette observation , me reste à signaler. Il y a présentement, dans les salles de l'hôpital du Midi, trois autres malades atteints de syphilis constitutionnelle, ayant eu précédemment, l'un un chancre et une blennorrhagie , les deux autres des chancres indurés ; tous trois infectés , à peu près à la même époque , par la même femme qui a communiqué la contagion au malade dont nous venons de donner l'observation ; et cette femme est elle-même à l'hôpital de l'Oursine, où elle est traitée pour une syphilide papuleuse; et j'ai recueilli de sa bouche l'aveu qu'elle avait eu des chancres, cinq à six mois avant d'entrer à l'hôpital de l'Oursine, où elle est depuis vingt jours.