HUMIDE
J’ai noté que sur cent trente des chancres qui précédèrent la grande papule humide, cent huit furent accompagnés d’engorgements ganglionnaires des régions voisines.
Ces engorgements consistaient cinquante-neuf fois, en petites tumeurs multiples, arrondies ou olivaires, mobiles, indolentes ou légèrement douloureuses, ou bien en petits ganglions réunis en forme de corde allongée dans le sens du pli de l’aine.
Ils formaient, trente-sept fois, des bubon s à proprement dire, tumeurs saillantes, égalant au moins la grosseur d’un œuf de pigeon, indurées, presque indolentes, souvent mobiles, et sans changement de couleur à la peau.
Ils formaient, dans onze autres cas, des tumeurs, ou bubons douloureux, rouges, toujours immobiles, faisant craindre une terminaison par suppuration, qui n’arriva cependant pas. Enfin un seul des 108 cas d’engorgement ganglionnaire suppura, ce qui confirme tout ce que nous avons eu occasion de dire
précédemment de la rareté du bubon suppuré, avec les chancres qui précèdent la syphilis généralisée dans l’économie. D'ailleurs, tous ces engorgements ganglionnaires se sont développés dans les régions recevant les vaisseaux lymphatiques qui venaient des parties ulcérées par les chancres.
Il n'y avait aucun rapport à établir entre le nombre des chancres, entre leur degré d’ulcération, et les variétés de ces adénites, qui étaient, dans quelques cas, doubles avec des chancres solitaires, et vice versa ; situées d’un côté de la ligne médiane, le chancre se trouvant de l’autre; indolentes avec des chancres très-douloureux ; rouges, enflammées, douloureuses, avec lés érosions chancreuses les plus bénignes.
J’ai noté dix-sept fois l’existence de la Ivmphite indurée, dans les cas de chancres qui ont précédé la grande papule humide. Les vaisseaux lymphatiques indurés allant du chancre à la chaîne ganglionnaires voisine, étaient quelquefois multiples, mais le plus souvent solitaires. Je n’ai remarqué aucun rapport entre le volume de ces lymphatiques indurés, le degré d’induration du chancre, ou la grosseur des bubons. D’ailleurs, la plupart des choses que j’ai dites au sujet delà lymphite indurée, dans le paragraphe 7 de l’histoire de l’érythème syphilitique, sont applicables aux cas de lymphite que j’ai rencontrés chez les malades atteints de papules bu-
mides ; je renvoie donc à ce paragraphe, afin d’éviter des répétitions inutiles.
§ VIF. — De quelques symptômes syphilitiques qui ont précédé ou