‹ Traité des affections de la peau symptomatiques de la syphilisChapitre 53 sur 63 · CHANCRE ET D’UNE BLENNORRHACIE · texte numérisé non relu

CHANCRE ET D’UNE BLENNORRHACIE

Ces cas sont au nombre de trois seulement. Les trois malades sont à plusieurs années de distance de la contagion , et les renseignements qu'ils donnent sur l’ apparition et la marche des symptômes contagieux n’ayant rien de précis , je m’abstiendrai de toute réflexion relative à ces symptômes.

§ IV. — Siège du chancre qui a précédé la sypiiilide tuberculeuse.

Tous les chancres qui ont été suivis de sypiiilide tuberculeuse étaient situés sur les organes génitaux, au rapport des malades.

Il n’en était pas de même dans les autres syphilides étudiées précédemment, qui, toutes, ont été précédées , dans un certain nombre de cas , de chancres situés plus ou moins loin de ces organes. Celte différence entre la sypiiilide tuberculeuse et les syphilides érythémateuse, papuleuse et. pustuleuse peut être un simple effet du hasard. Rencontrer une série de cinquante malades atteints de sypiiilide tuberculeuse précédée de chancres siégeant

tous sur le prépuce ou sur le gland, ne serait pas une chose extraordinaire. Cependant il est possible, et peut-être même il est probable , que l’absence de chancres éloignés des organes génitaux, chez les malades atteints de syphilide tuberculeuse, tient plutôt à ce que les sujets qui ont pu en être atteints sont allés grossir la catégorie des cas où la syphilide tuberculeuse n’a été précédée d’aucun symptôme primitif; car, à moins d’avoir été traités par quelque médecin très-exercé, les malades ne parlent jamais de ces chancres extragénitaux, qui passent ordinairement inaperçus.

§ V. — Des diverses formes du chancre qui a précédé la

SYPHILIDE TUBERCULEUSE.

Il est difficile de dire exactement, d’après les renseignements des malades, si la syphilide tuberculeuse fut plus souvent précédée de chancres durs que de chancres non indurés; mais d’après l’inspection des parties sur lesquelles avait siégé l’ulcère contagieux, on pouvait juger de sa largeur et de sa profondeur. Parmi les cinquante malades qui déclaraient avoir eu des chancres, dix avaient dû n’avoir que de simples érosions, car on n’apercevait aucune cicatrice; vingt-deux portaient des cicatrices légères qui démontraient que le chancre avait ulcéré, dans toute son épaisseur, la membrane sur laquelle il siégeait ; enfin dix-huit avaient été

atteints de chancres phagédéniques qui avaient laissé des destructions plus au moins profondes.

La syphilide tuberculeuse était sèche et superficielle, dans huit des cas où le chancre avait eu la forme érodée ; elle était ulcéreuse et grave, dans deux des cas seulement où le chancre avait été superficiel.

L’éruption tuberculeuse était tantôt sèche, tantôt ulcéreuse, tantôt fixe, tantôt serpigineuse, mais jamais d'un haut degré de gravité, dans les vingt-deux cas où le chancre avait laissé de légères cicatrices.

La syphilide tuberculeuse était, au contraire, ulcérée, rongeante, profonde, en un mot, d’une gravité incomparablement plus grande, dans les dix-huit cas où le chancre avait eu la forme phagédénique; ce qui confirmait l’exactitude de la loi que nous avons formulée précédemment sur le rapport qui existe entre le degré d ulcération des chancres et la tendance à l’ulcération qu'ont les symptômes consécutifs de la syphilis. Le chancre syphilitique, ainsi que nous l’avons écrit dans un des chapitres précédents, doit donc être considéré comme la pierre de touche de la constitution; et d’après sa lorme on peut, en général, prévoir d’avance la gravité plus ou moins grande des accidents qui pourront survenir consécutivement, si les traitements ne parviennent pas à empêcher leur développement.

§ VI. — De l'état des vaisseaux lymphatiques et des ganglions, AU VOISINAGE des chancres qui précédèrent la syphilide tuberculeuse.

Je n’ai rien à dire de l'état des vaisseaux lymphatiques, au voisinage des chancres, les malades n'ayant pu me fournir aucun renseignement à ce sujet. J’ignore également quel fut l’état exact des ganglions qui se trouvaient dans la sphère d activité des chancres. Le seul renseignement précis que j aie pu recueillir, c’est que le chancre fut accompagné, quatre fois sur cinquante, de buhons suppurés.

S De quelques symptAmes qui ont précédé ou accompagné

LA SYPHILIDE TUBERCULEUSE.

Le développement des syphilides tuberculeuses, soit sèches, soit ulcérées, fut, dans un certain nombre de cas, précédé et accompagné, comme je l’ai dit précédemment, de divers symptômes, parmi lesquels je ferai remarquer : 1° la céphalalgie initiale, qui fut ordinairement d une grande intensité; 2° les exostoses, qui furent très-communes ; 3° l'induration des testicules, altération déjà observée fréquemment avec la syphilide pustuleuse ; 4° le marasme et l'état cachectique, symptômes que nous n avons jamais observés avec les syphilides précoces.

§ VIII. — Époque d’apparition de la syphilide tuberculeuse,

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