PREMIER EXEMPLE
Individu sain contractant un chancre suivi d’érythème syphilitique par des rapports avec une femme atteinte de chancre, puis de syphilis constitutionnelle.
Vauchelet, Agé de vingt ans, exempt jusque-là de maladie vénérienne, a des rapports sexuels avec une jeune ouvrière en juillet 1810. Il continue d'avoir commerce avec elle durant quinze jours. Après ce laps de temps, il voit paraître sur le bord de la couronne une ulcération dont la base devient dure, qui s’accompagne d’un gonflement indolent des ganglions inguinaux, et se cicatrise en moins de deux mois. Il entre à l'hôpital du Midi le 25 septembre, salle 2, lit 11, au moment de la cicatrisation du chancre, quand déjà le tronc et les membres sont couverts de taches d'érythème syphilitique, le cuir chevelu d’une éruption croùteuse, l’isthme du gosier et l’anus de plaques muqueuses.
Je me dirigeai, d’après les renseignements qu’il me fournit , à la recherche de la femme qui l’avait infecté. Elle présentait, à la commissure postérieure de la vulve, une ulcération large, à base indurée, en voie de cicatrisation, et un bubon dur, indolent, de la grosseur d’un œuf de pigeon, dans l’aine gauche. Une syphilide papuleuse commençait à paraître sur le ventre et les épaules, ainsi que des plaques muqueuses sur les amygdales, aux commissures des lèvres et à l’anus. Ni l’un ni l’autre de ces malades n’avait fait de traitement au moment de mon examen.