INTRODUCTION. XI
De quelque manière qu'il convienne aux médecins de décider une question éternellement discutable, il n'en est pas moins vrai que certaines angines aiguës sont précédées par un tel consensus de troubles généraux, qu'on ne peut les considérer comme des lésions indifférentes, ou réduire leur étude à celle des phénomènes locaux.
Or, entre les maux de gorge d'une évidente acuité et les formes les plus chroniques, le passage s'établit par des types sur lesquels nous sommes loin d'être exactement renseignés.
L'érysipèle guttural pourrait à lui seul marquer la transition. Aigu ou subaigu, devancé par un appareil fébrile inégal et mal défini, il nous semble néanmoins procéder d'une dyscrasie plutôt entrevue que démontrée. Quand on voit l'affection érysipélateuse succéder à l'agglomération et au traumatisme, quand on la voit se répéter chez le même sujet avec une périodicité qui témoigne de la persistance des causes déterminantes, on ne peut se défendre de chercher un lien entre le malade et la maladie.
Ce trait d'union ignoré dans son essence, constaté ou supposé en vertu d'un acte logique, s'appelle alors d'un nom qui n'engage à rien. Le malade était prédisposé, c'est-à-dire que la maladie ayant eu lieu, il existait quelque raison latente qui préparait son apparition. Durant cette incubation présumée, à échéance indéfinie, aucun signe n'était venu nous dénoncer les chances mauvaises de l'avenir.
Les choses procèdent autrement et sous une forme moins pauvrement conjecturale lorsqu'il s'agit des angines chroniques. La prédisposition n'est plus une aptitude latente; elle devient une dyscrasie dénommée ou, pour prendre le langage assez confus de la pathologie générale de notre temps, une diathèse. L'individu affecté d'un mal de gorge <1 Mimique
XH IHTRODUCTION.
avertit préalablement le médecin par des symptômes multiples et significatifs que sa constitution a subi une atteinte. L'homme physiologique s'est transformé dans l'homme pathologique, el Le probable ou le prévu a pris la place de l'inconnu et du possible.
Quand il en est ainsi , l'angine ne représente plus qu'un anneau dans la chaîne, et on réussit à établir ce que, par une expression singulièrement heureuse, Lotze a appelé la calénation «les symptômes.
l'aurais voulu pouvoir placer chaque angine chronique sous le vocable de la diathèse dont elle relève; maisje ne me suis senti ni assez éclairé pour instituer ce classement définitif, ni assez osé pour être le précurseur de la science. 11 est certain que la nosologie des affections anguleuses chroniques no sera assise sur sa vraie base que le jour où on aura le droit d'ouvrir un chapitre à l'angine chronique, herpétique ou goûtt. ii-i- au même titre qu'a L'angine morbilleuse ou scarlatine. Nous sommes encore loin d'une si souhaitable précision.
Parmi les d - auxquelles certaines formes d'angines
ittachent, les unes pont durables sinon définitives, les autres passagères. Entre ces dernières la syphilis esl certainement celle qui doit fournir Le meilleur type; aussi ai- je longuement insisté sur ses divers modes, aux diverses périodes de la maladie générali
L'âge et le sexe répondent également, quoique à uo moindre degn ptitud »s morbides différentes. Je me >uis appli-
qué & faire la part de chacun de ces éléments de prévision. Peut être o'est-il pas une classe d'affections où l'influence de soil plus manifeste, el c'eût été, à mon Bens, une faute
impard able de ne pas profiter des enseignements que nous
offrent bous ce rapport Les angines aiguës el chroniques.