INTRODUCTION. X1I
Enfin, il se peut que des diatlièses rigoureusement définies par leurs manifestations extrêmes, moins sûrement accusées à leurs premières phases, se traduisent tout d'abord par des lésions gutturales douteuses. J'ai montré que la syphilis constitutionnelle pouvait avoir pour indice initial l'énanthème syphilitique de l'arrière-gorge. J'ai indiqué parallèlement avec un moindre degré de certitude les formes chroniques de l'angine, qui semble daus quelques cas, servir de préface à la goutte.
En m'avançant ainsi sur le terrain mal assuré des diatlièses ou des dyscrasies qui préludent à leurs expressions classiques, je ne me suis dissimulé ni les côtés hasardeux, ni le discrédit de ces tentatives. Je n'ignore pas combien notre époque a peu de sympathies pour cet ordre de recherches. Le pronostic du médecin s'arrête plus volontiers aux événements de la maladie, il se plaît à envisager la lésion comme une sorte de produit parasitaire qui a ses lois propres, indépendantes du terrain où elle se développe. Ma ferme croyance est que la prévision médicale doit embrasser l'homme tout entier, et qu'attendre la maladie du lendemain n'est pas un moindre savoir que calculer le lendemain de la maladie.
En traitant non plus de la pathogénie mais de l'évolution des angines, je me suis appliqué à distinguer deux stades qu'il me paraît essentiel de séparer.
Le plus souvent les temps d'arrêt signalés dans la progression graduelle de la maladie, sont autant de coupures arbitraires qui correspondent ou aux divisions classiques des périodes d'augment,de stase et de déclin, ou à la numération banale de première, deuxième et troisième période.