CONDITIONS INHÉRENTES AUX COURANTS
action que celle des diverses espèces d-e courants électriques ; il est possible de les employer, parce que plusieurs des appareils mis en usage satisfont mieux à telle ou telle condition que l'on veut remplir, et que nous allons étudier ; mais ces courants par induction n'ont en aucune manière une action spéciale, et leur effet consiste, comme celui de tout courant électrique, dans une action stimulante. Nous n'insisterons pas sur ce point, et nous n'emploierons pas cette dénomination, tout en rendant hommage au célèbre physicien anglais dont elle rappelle le nom. Du reste, ce changement de dénomination , que rien ne justifie et qui ne s'appuie sur aucune raison, n'a pas été adopté.
Nous examinerons successivement :
i° L'intensité ou plutôt la tension des courants ;
2° La rapidité et l'instantanéité des courants ;
3° Les intermittences des courants ;
k° Le sens du courant.
1° Intensité ou tension des courants.
Personne ne saurait contester qu'avec un courant électrique intense, on ne puisse produire de puissants effets physiologiques. Cependant, ce n'est pas le meilleur moyen d'arriver à ce résultat; car des courants très intenses peuvent amener une grande perturbation dans le système nerveux, et quelquefois même en désorganiser certaines parties. D'un autre côté, comme cela résulte des recherches de plusieurs physiologistes, les nerfs et les muscles peuvent s'habituer à l'action de courants continus d'une certaine énergie, et ce n'est plus alors que par les changements d'intensité que l'excitation vient à se manifester. En parlant électricité, il faut distinguer dans le courant la quantité d'électricité qui circule et la tension en vertu de laquelle elle passe dans le circuit. En général, les effets chimiques de
l'électricité sont proportionnels à la quantité d'électricité, mais les effets physiologiques et les commotions dépendent de la tension. En conséquence dans les appareils dont on fait usage, la tension de l'électricité qui passe dans un circuit doit être très grande dans une bobine dont le fil a une très grande longueur et un diamètre très fin ; alors mieux ces conditions se trouvent remplies, plus vives sont les actions physiologiques.
Sous le rapport de leur administration, il est toujours préférable, sauf certains cas particuliers qui seront signalés au fur et à mesure qu'ils se présenteront, de ne faire usage que de courants modérés.
2° Rapidité et instantanéité des courants.
Cette deuxième condition est de beaucoup la plus importante.
On peut établir en principe que, plus les courants sont produits rapidement, plus les effets physiologiques sont nets, caractéristiques, énergiques, et se produisent sans qu'il y ait de perturbation ou de désorganisation dans le système nerveux. D'après Henry, pour produire les effets physiologiques les plus énergiques, il ne faut en mouvement qu'une petite quantité d'électricité circulant avec le moins de résistance possible dans un fil.
Leseffets physiologiques signalés par M. Duchenne comme propres aux courants du deuxième ordre, et qui lui semblent constituer des propriétés physiologiques toutes spéciales, ne sont que la conséquence du principe que nous venons de poser. Le courant électrique induit dans une bobine voisine de la bobine inductive, circulant dans un fil très long et très fin, a une tension très énergique, et cette tension est même telle dans l'appareil de Ruhmkorff, par exemple, qu'elle produit
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des étincelles très vives. Il en est de même de la puissance stimulante de cette espèce de courant. On explique ainsi les apparences lumineuses plus énergiques que ces courants induits déterminent sur la rétine, et l'espèce d'action spéciale qu'ils paraissent produire sur la sensibilité cutanée. Ces effets sont le résultat de la tension plus grande de l'électricité et se rapprochent beaucoup de ceux produits par la bouteille de Leyde ; car ici on a l'exemple d'une très petite quantité d'électricité se mouvant très vite, mais ayant une forte tension et donnant des commotions énergiques. En général, on peut dire que l'excitation musculaire est due à la destruction et au rétablissement de l'équilibre électrique des nerfs, et que plus cet équilibre sera troublé rapidement, plus fort sera l'effet physiologique.
Il est certain que ces effets sont produits d'une manière plus nette avec des courants induits, mais on peut les obtenir également avec tout autre appareil, pourvu que l'on se place dans les mêmes conditions d'intensité, de rapidité de transmission électrique et de conductibilité.
Toutes ces idées si simples sont la conséquence des lois physiques bien connues maintenant et si compréhensibles, qu'il était difficile de croire qu'on pût, ou plutôt qu'on voulût ne pas les comprendre, car on a constamment refusé de porter la question sur son véritable terrain où je vais encore une fois la replacer, et j'espère que tous les médecins de bonne foi voudront bien m'y suivre.
D'après M. Duchenne , les courants induits du premier ordre et ceux du deuxième ordre jouissent de' propriétés physiologiques toutes spéciales et différentes pour chacun d'eux. Ces propriétés sont : pour les courants du premier ordre, une action plus spéciale sur la contractilité musculaire ; pour les courants induits du deuxième ordre, une action plus spéciale sur la sensibilité cutanée et la rétine , ainsi qu'une pénétration plus facile. dans l'organisme.
l'iO APPLICATIONS DE 1,'ÉLECTRICÎTÉ.
J'ai déjà répondu et je réponds encore : Vos prétendus courants induits du premier et du deuxième ordre n'existent dans aucun de vos appareils. Vous avez seulement des courants d'une tension plus ou moins forte en raison de la différence de diamètre et de longueur des fils que vous employez ; de plus, l'action est toujours la même ; seulement, avec des courants de moindre tension (courants du premier ordre circulant dans un fil plus gros et moins long) , on n'a qu'une action sur la contraction musculaire, tandis qu'avec un courant d'une tension beaucoup'plus grande (prétendus courants induits du deuxième ordre) circulant dans un fil plus long et plus fin, on a une action semblable sur la contraction musculaire, une pénétration plus profonde dans l'organisme et une action sur la peau et la rétine que des courants d'une moindre tension ne pouvaient produire.
11 n'y a donc pas spécialité d'action physiologique, et en prétendant que j 'avais nié ces actions différentes, M . Duchenne n'a probablement pas lu ou bien n'a pas compris ce que j'avais écrit. Les effets sont vrais , seulement je les explique autrement, et par les lois de la physique et de la physiologie la plus élémentaire.
Mais la question ayant été portée devant l'Académie de médecine, et M. Bouvier ayant raisonné et conclu dans le sens de M. Duchenne , là où je ne pouvais ni discuter ni me défendre, je le ferai ici, et je vais examiner à fond la partie du rapport de l'honorable membre de l'Académie qui a trait aux courants des deux ordres.
Un fil fin étant enroulé sur un premier fil parcouru par un courant, devient le siège d'un courant instantané quand on ferme ou qu'on ouvre le circuit fermé parce premier fil. On a appelé courant inducteur le courant formé par le premier fil, et courant induit celui du fil fin ; mais on a découvert que les spires du fil inducteur agissaient les unes sur les autres, de telle sorte qu'il s'y développait aussi un courant spécial au