PRÉLIMINAIRES
Pour faire l'histoire des nombreuses applications de l'électrité à la thérapeutique, il est indispensable de suivre un ordre méthodique et de classer les matériaux nombreux qui se sont successivement accumulés sur ce sujet. D'un autre côté, le cercle des maladies auxquelles l'électricité est applicable n'est pas très étendu, et cette classification ne saurait être très compliquée ; il est donc inutile de suivre un ordre nosologique et de passer en revue la plupart des maladies. On peut se borner à classer dans autant de chapitres ou de sections les principaux groupes d'affections dans lesquelles on peut mettre en usage cet agent thérapeutique. C'est pour arriver à ce résultat que j'ai divisé cette partie, la plus importante peut-être de cet ouvrage, en six chapitres dont voici l'énoncé :
Le premier chapitre comprend deux sections, la première est consacrée aux paralysies symptomatiques et essentielles des organes du mouvement^
Le deuxième chapitre comprend les lésions de la sensibilité que je divise en anesthésies, en névralgies et en maladies des organes des sens.
Le troisième s'occupe des diverses espèces d'atrophies.
Le quatrième renferme la description des applications de
INDICATIONS JiT CONTRE-INDICATIONS. 153
V électricité à des maladies ou à des états qui n'ont pu être classés dans les quatre chapitres précédents.
Le cinquième coniieniles applications de f électricité à la chirurgie; il comprend quatre sections : la première, les applications au traitement des at^enttes ; la deuxième, les applications aux anévrysmes; la troisième, aux maladies de l'utérus; et la quatrième, la galvano-caustique.
Le sixième chapitre, enfin, traite des dangers et des inconvénients que peut présenter l'emploi de l'électricité.
Avant d'aborder l'histoire particulière des maladies qui demandent l'emploi de l'électricité, il est indispensable d'entrer dans quelques détails relatifs aux indications et aux contre-indications qui peuvent se présenter dans les applications dont il s'agit.
Ces indications et ces contre-indications sont relatives aux maladies dans lesquelles on met en usage l'électricité, ou bien à l'état général des sujets qui sont affectés de ces maladies.
INDICATIONS ET CONTRE-INDICATIONS RELATIVES AUX MALADIES DANS LESQUELLES ON EMPLOIE l'ÉLECTRICITÉ.
Le but que l'on peut avoir à se proposer en employant l'électricité est loin d'être toujours le même. Voici les principales indications qui peuvent se présenter en pareille circonstance.
1° Rétablir la contractilité dans les muscles qui en sont privés. — Cette indication est un des principaux buts de l'administration des courants électriques, et elle peut se présenter dans des circonstances essentiellement différentes.
La perte de la contractilité dans les faisceaux musculaires de la vie de relation et de la vie organique peut être due à une maladie du cerveau, de la moelle épinière ou des nerfs. Lorsqu'il en est ainsi, l'administration des courants électriques est tout à faitcontre-indiquée, elle ne serait que nuisible.
Lorsque cette perte de contractilité a survécu à la cicatrisation, et par conséquent à la guérison des lésions encéphalorachidiennes, et que le diagnostic permet d'établir que cette cicatrisation s'est opérée, il peut y avoir indication de recourir à l'emploi de .l'électricité.
La perte de la contractilité est due quelquefois à toute ^ autre cause que celle des lésions encéphalo-rachidiennes ; lorsqu'elle marche avec la perte de la contractilité électromusculaire, l'indication de l'emploi de l'électricité est positive, mais elle devient moins nécessaire lorsque cette dernière reste normale, et que le mouvement volontaire est aboli ou simplement diminué.
On rétablit la contractilité en faisant passer dans l'intérieur des faisceaux musculaires ou des filets nerveux qui les animent des courants électriques intermittents, à doses variables, à l'aide de l'un des procédés indiqués précédemment, et qui constituent spécialement l'électrisation localisée dont l'application a lieu soit à l'aide des réophores munis d'épongés imbibées d'un liquide conducteur, soit à l'aide de l'électro-puncture.
En opérant ainsi, les courants électriques produisent directement la contraction musculaire, action toute locale et qui n'a pas besoin, pour se produire, de l'influence du centreencéphalo-rachidien.
En 1856, M. Remak, dans un mémoire lu à l'Académie ^ des sciences, a admis qu'en faisant passer dans un muscle un courant continu d'une certaine énergie, on produisait dans ce muscle non-seulement des contractions par suite de l'action locale de l'électricité, mais encore des contractions par suite d'une action réflexe du centre encéphalo-rachidien.
Il suit de là que dans un muscle paralysé cette deuxième espèce de contractions est seule produite. En faisant passer un courant continu intense (celui fourni par une pile de Bunsen de 15, 20, 30 éléments) dans des muscles paralysés,