INDICATIONS ET COIS THE-INDICATIONS
cette excitation galvanique locale produit des contractions dans ce muscle, en vertu d'une action réflexe, et après avoir passé par les centres nerveux. M. Remak a convoqué à l'hôtel des Monnaies un certain nombre de médecins pour être témoins de l'action des courants galvaniques continus sur des malades qu'on lui amenait porteurs de paralysies partfelles (1),
(1) Nous croyons devoir reproduire dans cette note le résumé lu par M. Remak à l'Institut :
Au mois de décembre de l'année 1856, j'ai eu l'honneur de communiquer à l'Académie une note sur des contractions toniques des muscles produites chez l'homme au moyen de courants galvaniques constants. En poursuivant depuis ce temps ces expériences, je suis arrivé à mettre hors de doute que les contractions toniques ou continues qui surviennent dans un membre pendant le passage d'un courant constant par un tronc nerveux, soit dans les muscles antagonistes, soit dans les muscles animés par ce même nerf, sont de nature réflexe, et peuvent, par conséquent, être produits aussi par l'excitation galvanique de certains nerfs cutanés. Il était donc démontré que l'excitation continue des fibres nerveuses sensibles, qui, comme on le sait depuis Volta, se produit par l'action du courant galvanique continu, peut se transmettre chez l'homme jusqu'aux centres nerveux, et causer même des contractions continues des muscles qui sont en rapportavec les parties centrales excitées.
A la même époque,une autre série de recherchesanatomiques et physiologiques m'avait conduit à essayer sur l'homme l'effet des courants électriques pour fairecesser des contractures. M. Edouard Weber avait trouvé dans des expériences sur la grenouille (18Zi5) que les muscles deviennent plus souples par l'action du courant induit. La première expérience faite par moi (le 13 juin 1856) sur une femme souffrant depuis deux ans d'hémiplégie avec contractures, confirmait en apparence ce résultat; mais je reconnus bientôt que les muscles délivrés de la contracture par le courant induit ne rentraient pas sous l'empire de la volonté. En conséquence, j'entrepris la même expérience (le 22 juin) en remplaçant le courant induit par le courant constant d'une batterie de vingt éléments de Daniell. Après avoir conduit le courant pendant quelques minutes par les muscles contractures de l'épaule, j'eus la satisfaction d'observer qu'ils devenaient plus mous et commençaient à obéir à la volonté de la malade. En poursuivant ces expériences, toujours avec un succès croissant, sur la même personne pendant un mois, mon attention fut captivée par des phénomènes qui me forcèrent à supposer que la cessation des contractures n'est pas un fait simplement périphérique, mais qu'elle est causée par une excitation des centres nerveux. Par
M. Dechambre a rendu compte de la manière suivante, dans la Gazette hebdomadaire, des expériences dont il a été témoin :
« Des quatre sujets galvanisés sous nos yeux, deux se w trouvaient dans des conditions telles que nous eussions été » fort surpris de voir se produire en quelques moments une » amélioration quelconque. Le premier offrait un exemple » de paralysie progressive générale, caractérisée surtout aux » membres supérieurs; les muscles de l'épaule ont été élec- » trisés, et le mouvement d'élévation du bras n'en est pas de- » venu plus facile. Le second portait une triple courbure » latérale du rachis, suite d'une inclinaison du bassin à » gauche, consécutive elle-même aune sciatique. On a tenté
là mes recherches furent dirigées vers une application thérapeutique des contractions galvano-toniques découvertes par moi sur mon propre corps, et je continuai à essayer les effets du courant constant en guérissant un grand nombre de contractures rhumatiques, arthritiques et paralytiques, c'est-à-dire de celles qui se combinent avec l'hémiplégie cérébrale.
Dans le cours de ces traitements d'hémiplégie, il m'est arrivé plusieurs fois de voir que la paralysie de la face ou de la langue, ou même la faiblesse intellectuelle, s'était améliorée, quoique les courants galvaniques n'eussent été conduits que par les extrémités. Ainsi il ne restait plus de doute que l'action du courant se transmettait aux centres nerveux, et je fus conduit à essayer la guérison de la chorée partielle et générale, puis des paraplégies, notamment de cette paralysie de la moelle épinière qui est connue en Allemagne sous le nom de tabès dorsalis, et que l'on suppose ordinairement être causée par atrophie de la moelle épinière.
Je ne veux pas parler encore des succès étonnants que j'ai obtenus dans le traitement de ces maladies, ainsi que de la paralysie de la vessie et du rectum ; mais je dois dire, à cette occasion, que tous ces succès élargissant le point de vue où je m'étais placé jusqu'ici dans mes expériences, me portaient à croire que le courant constant est en état, non-seulement d'exciter les centres nerveux, mais de régler et de rétablir les actions des cellules ganglieuses centrales, en leur communiquant l'excitation périphérique des fibres nerveuses. On comprendra aisément comment, en suivant cette hypothèse, j'ai pu guérir même des névralgies des extrémités déjà très anciennes, et apaiser quelquefois des tremblements des membres qui évidemment avaient une cause centrale.
11 y a même des faits qui permettent de supposer que les fibres nerveuses, et par conséquent les cellules ganglieuses, pourraient, sous l'influence du courant constant, revenir à leur volume normal. Au moins j'ai observé
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» de redresser la courbure moyenue et ha courbure inférieure » par l'excitation de muscles placés sur la convexité, mais » sans résultat appréciable. Les deux autres cas paraissent » offrir plus de chances : car il s'agissait dans l'un d'une » paralysie incomplète du deltoïde, suite de contusion chez » un tout jeune homme, et dans l'autre d'une paralysie des » extenseurs de la main, rapportée à une cause du même » ordre, mais ici encore le résultat a été nul. »
2° Rétablir la sensibilité générale ou la sensibilité spéciale des organes des sens^ abolie on simplement diminuée. — Lorsque cette diminution ou cette abolition est sous la dépendance d'une lésion des appareils qui sont le siège de cette
plusieurs fois que les muscles atrophiés d'un membre s'augmentaient subitement de volume pendant que le courant traversait les troncs nerveux, et je ne peux pas croire que cet effet soit purement périphérique, parce que je ne l'ai observé que dans des cas où les muscles étaient sujets, pendant le passage du courant, à des tremblements ou des contractions violentes qui, selon mes expériences physiologiques, doivent être considérées comme mouvements réflexes. D'autre part, il résulte des recherches microscopiques que j'ai faites pendant les dernières années, que la partie centrale des fibres nerveuses découvertes par moi en 1837, et reconnues maintenant sous le nom de cylindre d'axe de Purkinje, qui lui a donné ce nom, peutsegonfler quand elle est délivrée de sa gaine en présence de liquides, et perd cette propriété endosmique quelque temps après la mort, en subissant un endurcissement analogue à la rigidité cadavérique de la fibre musculaire.
Comme le nombre des malades qui faisaient l'objet de ces recherches ne dépasse pas encore deux cents, on ne me demandera pas d'entrer déjà dans des détails sur l'application méthodique des courants constants à la guérison de toutes les maladies nommées dans ce travail. Je veux dire seulement que la guérison des contractures rhumatismales, qui existent si souvejit dans la classe ouvrière, est devenue un fait certain, qu'on peut quelquefois démontrer en quelques minutes, et que je me suis convaincu que l'on pourrait appliquer le courant galvanique à la guérison ou amélioration des déviations scoliotiques et au rétrécissement de la cavité pectorale, qui surviennent si souvent dans la jeunesse par contracture et par faiblesse des muscles respiratoires. Il s'agit, comme on le voit, d'un problème important, c'està-dire d'agrandir la surface respiratoire et de prévenir, si c'est possible, les destructions pulmonaires en tant qu'elles sont occasionnées ou facilitées par uu rétrécissement de la cavité pectorale (Commissaires, MM. Andral, Rayer, Velpeau).
sensibilité spéciale, il y a contre-indication d'employer l'électricité; il y a, au contraire, indication d'y avoir recours lorsque ces anesthésies ou ces paralysies des organes semblent d'origine nerveuse. Pour remplir cette indication, il faut distinguer les paralysies des organes des sens et la sensibilité cutanée ; dans les premières, on doit faire usage de courants de tension modérée à dose assez faible et à intermittences un peu lentes que l'on fait pénétrer directement dans les -appareils des sens, soit à Taide de conducteurs métalliques ou humides, soit à l'aide de l'électro-puncture.
C'est encore par le même mode d'électrisation qu'il faut combattre l'anesthésie profonde ; c'est au moyen de l'électrisation cutanée qu'il faut essayer de rétablir l'anesthésie de la peau.
3° Ramener à leur type normal la contractilité et la sensibilité exagérées ou perverties. — Toutes les fois que l'exaltation ou la perversion de la contractilité et de la sensibilité est sous la dépendance d'une lésion organique quelconque appréciable du centre encéphalo-rachidien ou des cordons nerveux, il n'y a rien à tenter, et par conséquent, il n'y a pas indication d'avoir recours à l'électricité. Au contraire, si l'exaltation ou la perversion de ces deux fonctions nerveuses est de nature purement nerveuse, comme dans les névralgies, certaines formes de chorée, etc., etc., on peut essayer la méthode hyposthénisante, qui a été décrite plus haut et qui consiste à faire passer dans la partie malade soit un courant simplement direct et continu, soit un courant d'induction à intermittences très rapides et d'une certaine intensité. Les guérisons de contractures que M. Remak pense avoir obtenues, ne rentreraient-elles pas dans la catégorie des faits dont il est question ici, au lieu de s'expHquer par la théorie particulière qu'il s'est faite? Je suis porté à le croire.
li" Produire une révulsion cutanée. — La révulsion cutanée dont il est question ici et qui consiste dans une doubleaction,