PARALYSIE DES INTESTINS
La paralysie ou l'atonie des intestins a pour conséquence ç}e déterminer l'accumulation des gaz dans leur cavité et ua
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ballonnement plus ou moins considérable de l'abdomen. C'est ce qu'on observe dans beaucoup de fièvres typhoïdes, dans la péritonite, chez beaucoup de femmes hystériques.
J'ai essayé fréquemment, dans douze ou quinze cas au moins, d'appliquer l'électricité dans l'intention de déterminer des mouvements péristaltiques des intestins et de faire ainsi sortir les gaz. Voici comment je procédais :
Le pôle positif communiquait à un conducteur métallique introduit dans la bouche, et le pôle négatif à un excitateur placé dans le rectum. On faisait alors passer dans ce circuit nn courant d'induction que Ton varia de plusieurs manières; tantôt faible, tantôt fort, tantôt à petite tension, tantôt à forte tension, tantôt à intermittences lentes, tantôt h intermittences rapides. En opérant ainsi je n'ai jamais obtenu aucun résultat; il n'y eut aucune évacuation de matières solides, de liquides ou de gaz. Je puis parler avec certitude de ces expériences que j'ai faites avec beaucoup de soin, et je n'ai renoncé àde nouvelles tentatives qu'après êtrebien convaincu de la complète impuissance de l'électricité en pareil cas.
Constipation. — M. Duchenne considère avec raison la constipation comme une des conséquences de la paraplégie, et il l'attribue, comme la dysurie, à la paralysie des muscles abdominaux; il pense pouvoir la vaincre par l'électrisatioii des muscles de l'abdomen. Je crains qu'il ne se fasse illusion, car une paralysie des muscles de l'abdomen suppose toujours un degré assez a' ancé de la paraplégie, et je doute que quelques séances, et même un grand nombre de séances d'électrisation, puissent en faire justice.
Si la constipation est liée à la paralysie du rectum, M. Duchenneagitdirectementsurcetintestinavec l'excitateur rectal, licite comme exemple un cas de constipation datant de trois semaines et ayant occasionné un ballonnement considérable du ventre, qui céda à une seule excitation du rectum, après ivoir résisté quinze jours à des purgatifs répétés.
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Ce fait est tout à fait exceptionnel ; et, lorsqu'il s'agit de constipation, j'aime autant, dans la grande majorité des cas, employer un purgatif qui manque rarement son effet.
Je viens de donner le résultat de mes observations dans l'atonie des intestins et la constipation. Je crois utile de rappeler l'opinion toute contraire de M. Althaus dans son ouvrage. Je reproduis textuellement ce qu'il a dit à ce sujet.
« Dans les cas de constipation qui sont déterminés par l'absence du mouvement péristaltique des fibres contractiles des intestins et par le manque de force des muscles abdominaux, l'électricité peut être d'un bon emploi, spécialement si l'affection survient après des diarrhées prolongées et après l'abus des médicaments apéritifs. Dans les cas de ce genre une abstinence totale de médicaments laxatifs est impérativement indispensable. Les médicaments les plus simples présentent même en pareil cas des inconvénients, tandis qu'au contraire de puissants mouvements péristal tiques des intestins peuvent être déterminés par le galvanisme sans que la membrane muqueuse alimentaire soit affectée en aucune manière. Des cas de constipation habituelle qui avaient résisté à tous les traitements et qui ont été guéris par l'électricité, ont été décrits par le docteur William Cumming, d'Edimbourg, et par le docteur Clemann, de Francfort. J'ai eu à soigner un cas dans lequel deux gouttes d'huile de croton ne pouvaient déterminer l'ouverture des intestins et dans lequel l'application des courants d'induction détermina une rapide évacuation des excréments. »
M. Althaus étudie ensuite la lympanite intestinale reconnaissant les causes les plus différentes, l'hystérie, l'usage d'aliments indigestes, les maladies aiguës graves, les fièvres et spécialement les fièvres typhoïdes, la fièvre puerpérale, la péritonite. Suivant le médecin anglais, la tympanite qui survient dans ces cas divers, suffit souvent pour compromettre la vie, surtout en déterminant l'asphyxie par le refoulement
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du diaphragme. Suivant lui rien ne justifie l'emploi de l'électricité dans les tympanites symptomatiques des fièvres et des maladies aiguës, tandis que dans celles qui sont de natufe hystérique ou qui succèdent à la digestion des mauvais aliments, l'application des courants d'induction peut faire disparaître les gaz accumulés ; il conseille à cet égard d'employer la méthode de Cumming, qui place un des électrodes sur la colonne dorsale, et l'autre sur les parois abdominales. M. Althaus préfère encore placer les deux électrodes indifféremment sur les divers points de la paroi abdominale, et il fait agir pendant une dizaine de minutes un courant assez intense. Quant à ce qui concerne la direction des pôles, la meilleure lui paraît ce diriger les courants électriques dans la direction de l'anus.
§ 4. — CHUTE DU rev:tuim par atonie du sphincter de l'anus.
L'application que îvî. Duchenne a faite de l'électricité en pareil cas est une des plusingénieuses qu'il ait proposées. 11 est à désirer qu'on essaye de traiter ainsi de telles chutes du rectum. M.. Duchenne a observé qu'à la suite de longues constipations, de la dysenterie, chez les enfants cachectiques, etc., il y a des chutes du rectum qui sont produites par un relâchement du sphincter de l'anus, relâchement produit par le défaut de puissance tonique de ce muscle. La muqueuse qui sort alors a dû être préalablement détachée des tuniques sousjacentes par un état pathologique quelconque. M. Duchenne conseille, en pareil cas, de pratiquer l'électrisalion du sphincter de l'anus avec un courant à intermittences rapides, et il eite trois cas de guérison obtenus de cette manière.
§5. — PARALYSIE du DIAPHRAGME.
On peut rapprocher des paralysies des muscles de la vie organique celle du diaphragme. Cette affection a surtout été
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étudiée par M. Duchenne. Voici, le résumé du travail de ce médecin distingué.
Les signes principaux de la paralysie du diaphragme sont les suivants :
Pendant l'inspiration, les hypochondres et l'épigastre sont déprimés, tandis qu'au contraire la poitrine se dilate. Pendant l'expiration, les mouvements de la poitrine et de l'abdomen ont lieu également dans un sens opposé, c'est-à-dire que l'abdomen se soulève, tandis que la poitrine se resserre. Ces effets amènent une inspiration courte et insuffisante aux besoins de la phonation et de la parole; de là aussi l'impossibilité d'inspirer largement, de soupirer, etc., sans être arrêté par l'ascension des viscères.
La paralysie du diaphragme n'est pas mortelle par ellemême ; la respiration qui se fait par les intercostaux et les autres muscles respirateurs quand la respiration est agitée, suffit à l'hématose. On peut donc vivre longtemps, mais la plus simple bronchite peut occasionner la mort par asphyxie , l'expectoration étant difficile ou même impossible.
Le meilleur traitement à opposer à cette maladie est l'électrisation du diaphragme par l'intermédiaire des nerfs phréniques.
On obtient ainsi une véritable respiration artificielle qui peut, du reste, également être d'une grande utilité dans les cas où les muscles respirateurs sont demi-paralysés comme dans certains cas d'empoisonnement par l'opium et par la vapeur de charbon, quelques fièvres graves, le choléra, les diverses asphyxies.
M. Duchenne opère la respiration artificielle au moyen de l'électrisation cutanée effectuée rapidement sur diverses parties du corps.
Pour opérer l'électrisation au moyen des nerfs phréniques, M. Duchenne place un des conducteurs au-devant du scalène antérieur d'un côté de la poitrine, et l'autre au-devant
du scalène antérieur du côté opposé, en ayant soin de déprimer la peau et de faire agir l'extrémité du conducteur dans cette dépression. On fait agir le courant par intermittences. Tel est le résumé de la description de la paralysie du diaphragme d'après M. Duchenne. Cette maladie doit être extrêmement rare ; je n'ai jamais eu l'occasion de rencontrer rien qui lui ressemblât. 11 serait à désirer qu'une description plus complète pût venir s'appuyer sur des faits plus nombreux et plus positifs.