‹ Traité des applications de l'électricitéChapitre 30 sur 61 · EXALTATION OU PERVERSION DU MOUVEMENT · texte numérisé non relu

EXALTATION OU PERVERSION DU MOUVEMENT

En lisant seulement le titre de cet article, la première impression qui doit frapper un médecin, est celle de l'étonnement. Comment, en effet, concevoir qu'on songe à appliquer contre les affections de ce genre un agent dont l'effet immédiat est de produire une contraction involontaire, une véritable convulsion, d'une nature toute spéciale, il est vrai. Cet étonnement est juste, et beaucoup de faits que nous rapporterons dans le cours de cet article viendront peut-être le justifier. Néanmoins on a été assez loin dans cette voie, et on a souvent employé des arguments pour le moins singuliers pour justifier les applications qui ont été faites de l'électricité aux convulsions. C'est une question que nous devons étudier avec d'autant plus de soin qu'elle est maintenant à l'ordre du jour et qu'un certain nombre de médecins sont entraînés à cet égard dans une voie aussi fausse que nuisible aux malades.

Je n'ai pas besoin de dcfuiir ici ce que c'est qu'une convulsion, tous les médecins savent que c'est une contraction plus ou moins violente et involontaire d'un ou plusieurs muscles, qui se produit sous l'influence de causes bien diverses.

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Tous les médecins savent également qu'on clislinguc deux espèces de convulsions, j.a convulsion clonique ou convulsion proprement dite, dans laquelle il y a alternativement contraction et relâchement musculaire, et la convulsion tonique ou contracture dans laquelle la contraction musculaire est permanente. Ces définitions étant bien précisées, examinons dans quelles circonstances peuvent se montrer ces convulsions et ces contractures.

Une première classe de convulsions ou de contractures comprend les accidents de ce genre qui surviennent si fréquemment sous l'influence d'une lésion matérielle du cerveau ou de la moelle épinière. Leur histoire ne saurait trouver place ici. Constatons seulement un fait, c'est que toutes les fois qu'on applique des courants d'induction d'une énergie modérée à ces muscles convulsés ou contractures, on peut constater que la contractilité électro-musculaire est conservée intacte et bien souvent augmentée, surtout si on compare à ce qui se passe dans les muscles sains. Quand la contracture est passée à l'état chronique et est devenue très ancienne, les choses ne se passent plus ainsi. Le tissu musculaire s'atrophie et la contractilité électro-musculaire diminue et peut même finir par disparaître. Aucun médecin, je pense, ne songe à combattre les convulsions et les contractures symp^tomatiques de lésions récentes du cerveau et de la moelle par les courants électriques. Quant aux contractures anciennes ayant survécu à la lésion qui s'est cicatrisée, c'est autre chose, et il en sera question plus loin.

Une deuxième classe de convulsions et de contractures comprend ces accidents qui se développent sous l'influence de maladies générales de diverses espèces , telles que les fièvres typhoïdes, la variole, la rougeole, la scarlatine dans quelques-unes de leurs formes graves ; la fièvre puerpérale, l'infection purulente, les maladies pestilentielles, telles que le choléra, la peste, le typhus, etc. : on pourrait en mul-

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tiplier les espèces. Danscescas divers, desconvulsions etmême des contractures peuvent devenir un symptôme important et grave. J'ai eu occasion, dans un cas de fièvre typhoïde, de rechercher ce qu'était devenue la contractililé électromusculaire des muscles convulsés, et je l'ai trouvée augmentée.

On conçoit que dans cette classe de convulsions aucun médecin sensé ne saurait penser à employer l'électricité comme moyen curatif.

Une troisième classe de convulsions et de contractures comprend celles qui se développent sous l'influence d'une intoxication. Les exemples ne manquent pas. Rappelonsnous les effets de la strychnine, de la brucine, ceux de l'opium, de la belladone et bien d'autres qu'on pourrait rapporter. Les préparations de plomb, les absorptions mercurielles peuvent encore produire les mêmes résultats.

Toutes les fois que les individus sont encore sous l'influence de l'intoxication il serait puéril de songer à combattre les convulsions ou les contractures par les courants électriques. Si, une fois l'intoxication vaincue, elles viennent à persister, ce serait autre chose, et l'emploi des courants électriques pour obtenir leur guérison, pourrait être au moins discuté.

La quatrième classe de convulsions et de contractures comprend celles qui constituent un des éléments d'une névrose générale. Elles ne sont pas toute la maladie, mais elles en sont un élément important, et qui doit être pris en grande considération dans le traitement.

Parmi ces névroses je citerai l'hystérie, la chorée, l'épi-

lepsie.

Dans ces diverses variétés de convulsions, la contractilité électro-musculaire est ou conservée intacte, ou augmentée. L'application de l'électricité à leur traitement étant un des points principaux de cet article, j'y renvoie le lecteur; Rediscuterai plus loin son opportunité.

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Enfin dans une cinquième classe de convulsions ou de contractures, on rangera les diverses variétés auxquelles on peut avec juste raison donner le nom d'essentielles ou de nerveuses, et qui se manifestent sous l'influence des causer les plus diverses; nous aurons successivement occasion de les étudier. Dans toutes les convulsions et contractures essentielles, la contractilité électro-musculaire est conservée intacte ou augmentée. C'est surtout dans cette forme qu'on a conseillé les courants électriques comme moyen curatif.

Il résulte de cet exposé que l'on a pu conseiller les courants électriques dans les variétés suivantes :

Les convulsions ou les contractures ayant survécu à des lésions cérébrales et médullaires guéries et disparues;

Les convulsions et contractures ayant persisté après la guérison d'intoxications de diverse nature ;

Les convulsions et contractures, élément symptomatique de névroses générales;

Les convulsions et contractures essentielles. Examinons maintenant comment on a opéré et de quelle manière on a cru arriver à ce but.

Les méthodes électriques qu'on a prescrites contre les maladies convulsives sont au nombre de quatre, qui sont les suivantes :

1° Méthode révulsive, T méthode substitutive, 3° méthode des antagonistes, [i° méthode hyposthénisante.

Examinons ces diverses méthodes avec quelques détails.

1° Méthode révulsive. — La méthode révulsive consiste dans l'emploi de l'électrisation cutanée, administrée d'après les principes que nous avons établis, cette méthode est la suivante: dessiccation exacte de la peau au moyen de la poudre d'amidon, de riz ou de lycopode; placement d'un des réophores muni d'une éponge dans les mains ou à l'extré-

âO/i AI-rLlCATlONS Di' l'ÉLECTRICITÉ.

mité supérieure des membres qu'on veut éleclriser ; usage d'un pinceau ou brosse métallique placé à l'extrémité de l'autre pôle, et qu'on promène sur les divers points de la surface cutanée qu'il s'agit d'électriser.

L'emploi de l'électrisation cutanée est la méthode purement révulsive. Elle a pour unique effet de produire sur la peau une douleur plus ou moins vive accompagnée souvent d'un certain degré d'hypérémie active.

Les études nombreuses que j'ai faites de ce mode d'électrisation m'ont démontré non pas qu'il était inutile, je suis loin de le penser, mais que cette révulsion ne différait pas sensiblement des révulsions qu'on pouvait produire avec des agents très différents, tels que les sinapismes, les frictions de différentes espèces, les douches hydrothérapiques ou sulfureuses, et bien d'autres que je pourrais énuraérer ici.

Or, si cette révulsion qui est opérée par l'électrisation cutanée est analogue aux autres espèces de révulsions, comment concevoir que celte médication puisse guérir des convulsions, des contractures, des névroses générales, telles que l'épilepsie, la chorée, etc., etc.? Et, cependant, c'est ce que l'on prétend obtenir au moyen de l'électrisation cutanée. Quant à moi, toutes les expériences que j'ai faites à ce sujet, et j'en ai fait de nombreuses, tous les prétendus faits deguérison dont j'ai lu la description, ne m'ont en aucune manière convaincu, et je suis porté à croire qu'on n'a pas obtenu avec l'électrisation cutanée d'autres résultats que ceux qu'on eût égaleiîient obtenus à l'aide des diverses espèces de révulsifs.

Je sais que quelques rêveurs, parlant d'une prétendue identitédu fluide nerveux etdu fluide électriquement supposé que cette dérivation par l'électrisation cutanée devait exercer une influence curative d'autant plus puissante que le fluide nerveux en excès, c'est-à-dire le fluide électrique, était la cause des convulsions, C'est une opinion trop absurde pour qu'elle

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ait besoin d'être discutée. En nous occupant des diverses espèces de convulsions, nous reviendrons sur l'emploi del'électrisation cutanée pour guérir la chorée.

2" Méthode substitutive. — Cette médication consiste dans le passage de courants d'induction, de force et d'intensité modérées, à travers les muscles affectés de convulsions ou de contractures. On ne s'explique pas leur action, on constate ou on prétend constater des effets curatifs à la suite de l'administration de ces courants.

Telles ont été les guérisons nombreuses des maladies convulsives que nous avons rapportées dans notre historique et qui auraient eu lieu à la fin du siècle dernier. J'ai démontré le peu de valeur de la plupart de ces faits et de ces prétendues guérisons. Il en est de modernes qu'on ne saurait nier, mais il s'agit de savoir si on n'a pas agi dans ces cas avec des appareils énergiques, et si on n'a pas produit une action hyposthénisante. Je ne crois pas qu'on doive songer à traiter les convulsions, les contractures et les maladies convulsivesavec des courants d'induction modérés. Il faut, ou agir sur la peau à l'aide de l'électrisation cutanée, ou hyposthéniser les muscles convulsés.

3° Méthode des antagonistes. — Cette méthode a surtout été préconisée par M. Duchenne, et elle constitue certainement un progrès. Cette méthode consiste à produire des contractions électriques d'une certaine énergie dans les muscles antagonistes des muscles convulsés ou contractés. Ces contractions sont destinées à vaincre les résistances des muscles malades et à les faire cesser, d'abord momentanément, puis ensuite définitivement. Cette médication a encore besoin d'être expérimentée. Elle est basée sur un point de vue ingénieux, et je suis convaincu qu'il est un certain nombre de cas dans lesquels on pourrait employer avec succès cette médic'ition.

Voi i, quant h moi, les résultats que j'ai obtenus ; ilsl'ont

été sur des contractures essentielles des extrémités et sur des contractures rhumatismales chroniques. En appliquant l'excitation électrique sur les muscles antagonistes des parties contracturées ou sur les nerfs qui les animent, on fait cesser quelquefois la contracture permanente ; mais cette cessation ne dure que le temps lui-même de la persistance de la contraction électrique des parties sur lesquelles on agit ; d'autres fois cette cessation est plus longue et elle se prolonge pendant quelques minutes, miais jamais au delà de cinq ou six. Quant à des guérisons obtenues par ce moyen, on en a rapporté, il est vrai, mais il est plus que douteux qu'elles aient été bien nombreuses. Ces guérisons, cependant, ne sont pas impossibles et il n'est pas du tout irrationnel d'avoir recours à ce procédé.

[i° Médication hyposthénisante. — Cette médication est celle qu'il semble le plus rationnel d'employer. Elle est basée sur ce grand fait de la possibilité d'engourdir momentanément la motilité normale ou de paralyser la contracture morbide. Nous allons étudier avec quelque soin les faits physiologiques et pathologiques qui ont servi de base à cette médication.

Faits physiologiques. — D'après les faits physiologiques que nous avons rapportés, la faculté qu'ont les muscles de pouvoir se contracter sous l'influence de l'électricité peut se perdre momentanément et pour un temps plus ou moins long, sous l'influence de ce même agent administré d'une manière particulière. C'est ainsi que nous avons démontré que des courants continus directs d'une certaine intensité, ou bien des courants par induction à intermittences rapides et également intenses, employés pendant un certain temps, jouissaient de la propriété d'abolir momentanément la sensibilité et la motilité dans les nerfs et les muscles, dans lesquels on les faisait passer. L'expérimentation physiologique peut donc à priori conseiller l'emploi de l'électricité

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dans les affections caractérisées par la contraclion exagérée de la fibre musculaire.

Faits pathologiques. — Les co4ivulsions toniques et les convulsions cloniques ne sont que des contractions musculaires exagérées ou perverties; il était donc rationnel de penser qu'en appliquant à ces contractions, soit des courants continus d'une certaine intensité, soit des courants par induction également intenses et à intermittences rapides, on les ferait cesser momentanément au moins. C'est ce que l'expérimentation directe est venue démontrer d'une manière positive. Pour faire ces expériences, il faut choisir des convulsions ou des contractures essentielles et qui ne soient pas sous la dépendance d'une lésion quelconque du cerveau ou de la moelle épinière. En opérant ainsi, on voit évidemment les contractures ou les convulsions diminuer, puis cesser. 11 est vrai que très fréquemment les accidents reparaissent au bout d'un certain temps.

J'ai pu répéter ces expériences chez des sujets atteints de convulsions choréiques locales, de contractures rhumatismales essentielles des extrémités, et elles ont constamment déterminé la cessation momentanée des phénomènes pathologiques. Malgré ces succès en apparence rapides, je n'ai pu cependant obtenir encore beaucoup de guérisons complètes et radicales, malgré la persévérance que j'ai mise à en faire usage. Ces résultats ont cependant une grande importance, et ils démontrent d'une manière positive la propriété que possèdent soit les courants continus, soit les courants par induction et à intermittences rapides, de faire cesser, momentanément au moins, les convulsions cloniques et toniques qui ne sont pas sous la dépendance d'une lésion encéphalo-rachidienne ou d'une névrose générale. Ils démontrent de plus que, pour parvenir à quelques résultats dans cette voie, c'est en procédant de la même manière que je viens d'indiquer qu'il faut agir, et non autrement. C'est en hyposthéni-

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sarit les contractions morbides qu'on les fait momentanément cesser ; il y a lieu de penser, en effet, qu'en répétant à intervalles rapprochés ces hyposthénisations momentanées, on pourra obtenir des résultats complets et des guérisons positives. Il est probable que c'est pour n'avoir pas appliqué cette méthode d'une manière assez suivie et avec une persistance assez longue, que je n'ai pu obtenir un plus grand nombre de succès. Le petit nombre d'observations que je possède ne me permet donc pas même de juger cette méthode d'une manière définitive dans un sens ou dans l'autre ; je veux seulement établir qu'on peut tenter une pareille médication, parce qu'elle est essentiellement rationnelle.

Si l'on veut employer cette méthode, voici de quelle manière il faut procéder : la marche sera du reste la même, que l'on fasse usage de courants continus fournis par une pile à auge ou une pile à plusieurs éléments de Bunsen, soit que l'on se serve d'un appareil magnéto-électrique. Je me suis souvent servi du grand modèle de MM. Breton, de celui de M. Gaiffe, et plus récemment, de la nouvelle machine de M. Piuhmkorfb.

Si les convulsions sont locales, c'est dans les muscles convulsés, ou au moins dans les nerfs qui les animent, qu'il faut faire passer le courant. On fait usage à volonté soit de conducteurs humides destinés à localiser l'électricité, soit de l'électro-puncture. Les résultats sont identiquement les mêmes : l'électro-puncture est un peu plus douloureuse, mais aussi les résultats sont peut-être un peu plus nels. La durée du temps nécessaire pour hyposthéniser plusieurs muscles contractures ou convulsés est en général de cinq à six minutes ; on arrive, le plus souvent, à les continuer dix ou douze minutes pour avoir une action plus nette et plus positive.

Si les convulsions sont générales, comme dans la chorée, la méthode hyposthénisante peut-elle être employée ? Je le pense, mais elle doit l'être avec beaucoup de précaution. Les

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courants dont on fait usage ont une certaine intensité, la plupart du temps même une grande intensité, ils doivent agir à la fois sur un grand nombre de muscles. De plus, ne pouvant agir sur tous à la fois, les muscles qui seraient en dehors des courants peuvent être pris de mouvements choréiques violents, et plus violents même qu'ils ne l'étaient ordinairement en raison de ces deux circonstances; il y aurait alors lieu de craindre que chez des sujets nerveux et impressionnables, ils ne produisissent une perturbation de l'organisme. C'est là recueil à éviter et qui fera certainement hésiter beaucoup de médecins à employer cette méthode dans le cas de convulsions générales. Dans les cas de chorée que j'ai observés (il n'y en a que deux), l'hyposthénisation momentanée n'a jamais été complète, et le calme d'un instant a toujours été suivi d'une agitation beaucoup plus grande des malades. C'est donc surtout pour les convulsions toniques ou cloniques localisées que je conseillerais aux médecins de tenter l'emploi de la méthode hyposthénisante comme moyen curatif.

Voilà oij en était l'état de la science relativement à l'emploi rationnel de l'électricité dans les afTections convulsives, lorsque M. Remak lut à l'Académie des sciences une note qui a été reproduite par les principaux journaux de médecine. D'après ce médecin, l'emploi des courants continus permettrait de guérir des contractures anciennes.

11 n'y a rien de nouveau dans ces faits. Tous les auteurs, depuis Jallabert, ont eu la prétention d'obtenir de pareils résultats. Il y a une dizaine d'années, Nobili d'abord, puis Matteucci, proposèrent d'employer les courants à titre de médication hyposthénisante. Les premières expériences que j'ai tentées, relativement aux propriétés hyposthénisantes des courants, remontent à près de sept années. Elles ont été faites en pleine clinique, en présence d'un grand nombre d'élèves. L'idée de guérir des convulsions et des contractures au moyen des courants électriques n'appartieiit pas plus à

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M. Ed. Weberqu'àM. Remak; ce qui appartient à ce dernier, c'est l'explication qu'il a donnée des effets qu'il produit, explication que personne, je pense, ne revendiquera.

Suivant M. Remak, la guérison des contractures, sous l'influence des courants continus, est la conséquence d'une action réflexe et d'une excitation spéciale des centres nerveux qui agit consécutivement sur les parties malades.

M. Remak pense avoir guéri par sa méthode des contractures accompagnant des paralysies symptomatiques de lésions du cerveau ou de la moelle épinière (celles qu'il appelle paralytiques) , des contractures arthritiques et rhumatiques. Cela est possible, et les expériences que nous a rapportées la Gazette hebdomadaire ne sont pas faites cependant pour nous faire admettre les succès étonnants et très nombreux obtenus par ce savant. L'avenir montrera s'il ne s'est pas fait illusion.

La méthode hyposthénisante destinée à. combattre les affections convulsives par l'électricité, dont nous venons de tracer un exposé rapide, peut être dite rationnelle, parce qu'elle repose sur des données physiologiques positives. Elle a cependant été à peine expérimentée, et c'est celle qui demanderait le plus à l'être. Depuis qu'on s'occupe de l'application de l'électricité à la médecine, on s'est beaucoup occupé du traitement de ces sortes de maladies par cet agent ; mais on l'a employé d'une manière tout empirique, et l'on a prétendu obtenir des guérisons nombreuses. Ainsi que nous l'avons dit plus haut, en opérant ainsi, les expérimentateurs ont employé les uns une méthode perturbatrice, les autres une véritable médication substitutive, un certain nombre, enfin, une méthode dont ils ne cherchent pas à expliquer les effets, mais qui guérit ; c'est le seul fait qui leur importait. Ce sont là les prétentions qu'ont émises les médecins qui ont employé l'électricité dans les cas divers que nous allons passer en revue. Leur importance nous fait un devoir de les énumérer avec soin.

§1. — CONVULSIONS ET CONTRACTURES SYMPTOMATIQUES DE LÉSIONS CÉRÉBRALES OU RAGHIDIENNES.

Les convulsions ou les contractures sont un symptôme que l'on observe assez fréquemment dans les diverses maladies aiguës et chroniques du cerveau et de la moelle épinière. Elles peuvent exister comme symptôme de la présence de ces affections ; elles peuvent leur survivre et persister longtemps après : c'est en particulier ce qu'on observe pour un certain nombre de cas de contractures.

Dans l'un et l'autre de ces cas, l'électricité a été employée par tous les auteurs dont nous avons classé les ouvrages dans la première et la deuxième période de notre historique. Des guérisons nombreuses ont été rapportées par eux ; il est plus que probable qu'ils se sont trompés dans leur diagnostic.

Prétendre guérir par l'électricité des convulsions ou des contractures qui sont l'expression d'une lésion actuelle quelconque du cerveau ou de la moelle, est une opinion qui n'est pas soutenable. On peut dire plus, qu'il serait dangereux de le tenter.

Mais une fois ces lésions cicatrisées, lorsqu'il persiste des contractures accompagnées ou non de paralysie, peut-on espérer en triompher à l'aide des courants électriques? On peut l'essayer, en mettant à profit une des méthodes rationnelles dont il a été question ; mais on doit peu y compter. Ce sont là les contractures paralytiques que M. Remak prétend guérir si facilement.

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