I. — PARALYSIE DE L'ORGANE DE LA VUE
La paralysie complète ou incomplète de la vue, c'est-àdire l'amaurose à ses différents degrés, est une des maladies pour le traitement desquelles on devait à 'priori conseiller l'emploi de l'électricité. Cependant les applications des courants au traitement de cette affection ont été fort négligées, et la science ne possède à cet égard que fort peu de faits bien observés.
Depuis qu'on s'occupe des applications de l'électricité à la médecine, la plupart des auteurs qui s'y sont livrés citent l'amaurose comme une des maladies qu'ils guérissent le plus facilement, et cependant on n'a publié aucune observation positive, aucun fait bien authentique de guérisons de çç genre.
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Les faits les plus positifs que nous ayons encore à cet égard sont les cas très peu nombreux d'amaurose traités par Magendie et rapportés par plusieurs de ses élèves dans leurs thèses inaugurales (C. James, Depuisaye, etc.).
Pour déterminer quel peut être le rôle de l'électricité dans les amauroses, il importe d'établir quelques distinctions qui ne sont pas sans importance.'
Les travaux des ophthalmologistes modernes, surtout depuis les applications de l'oplithalmoscope, ont démontré que beaucoup de maladies des yeux, rangées autrefois sous l'étiquette d'amauroses, ne doivent pas toutes être considérées comme telles. Beaucoup d'entre elles, en effet, ne sont autres que des maladies de la rétine, du corps cristallin ou de l'humeur vitrée qui avaient été méconnues jusque-là. Nous supposerons donc un diagnostic bien établi, et nous admettrons qu'aucune lésion matérielle n'ayant été reconnue dans une partie constituante de l'œil, il peut cependant exister un affaiblissement notable de la vue et même une paralysie complète de ce sens, une véritable amaurose, en un mot.
Ces affaiblissements ou ces paralysies complètes de la vue, ainsi admises par voie d'élimination, peuvent être divisées en trois groupes. Les unes sont liées à un état général de l'organisme; les autres sont symptomatiques d'une maladie du cerveau ; les dernières enfin constituent une maladie locale essentielle de sa nature, l'amaurose vraie.
Quelques mots sur chacune de ces trois classes.
1° Amauroses liées à un état général.
Les amauroses dont il s'agit ici sont de plusieurs espèces qu'il est du reste assez facile de reconnaître. Les unes sont le résultat des progrès de l'âge, d'une vieillesse anticipée, d'une constitution délabrée ou épuisée par les excès. Elles peuvent encore être dues aux fatigues exagérées de la vue.
Les autres sont le résultat d'une anémie par diminution des globules du sang, anémie qui a besoin d'être portée à un certain degré et de durer un temps assez long pour produire un semblable résultat.
D'autres enfin sont des expressions symptomatiques de la maladie de Bright ou du diabète. La fréquence de ce symptôme dans ces deux affections a, du reste, été singulièrement exagérée. M. Landouzy (1) a signalé l'existence de ce symptôme, il y a une dizaine d'années à peu près, et il le regarde comme extrêmement fréquent, sinon peut-être même comme constant.
Depuis dix-neuf ans, je m'occupe de recueillir tous les faits de la maladie de Bright que je rencontre. Depuis que M. Landouzy a appelé l'attention sur ce phénomène, j'en ai recueilli plus de cent cinquante observations, et j'ai noté avec le plus grand soin les phénomènes amaurotiques. Eh bien I je puis affirmer que ce symptôme existe tout au plus dans le dixième des cas.
A l'instant où était publiée la première édition de cet ouvrage, il y avait sept cas de maladie de Bright bien caractérisés dans mes salles, et aucun de ces malades (quatre hommes et trois femmes) ne présentait d'amaurose. Il en est de même dans le diabète; et, tout en admettant l'existence de ce symptôme, tout en reconnaissant sa grande valeur quand il existe, j'ai tenu à protester contre le rôle trop important qu'on a voulu lui faire jouer (2).
Dans ces diverses espèces d'amaurose produites sous l'influence d'un état général antérieur, l'emploi de l'électricité n'aurait aucun résultat--^ et ce qu'il y a de mieux est de ne pas
(1) Landouzy, De Pamaurose et de l'affaiblissement de la vue considéré comme symptôme delà néphrite alhumineuse. 1849, in-8.
(2) Bouchardal, Annuaire de thérapeutique, 1850, p. 298. De l'affaiblissement de la vue accompagnant les maladies qui ont pour symptôme une modification anormale dans la composition de l'urine.
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songer à y avoir recours et à traiter par des moyens convenables les états généraux dont l'affection qui nous occupe est une des expressions morbides.
2° Amauroses symptomatiques d'une maladie du cerveau.
Ces aoiauroses ne sont pas difficiles à reconnaître en raison des phénomènes cérébraux variés qui les accompagnent. Nous ne nous y arrêterons pas, attendu que nous ne pensons pas qu'on puisse songer sérieusement à employer l'électricité contre elles.
3° Amauroses essentielles, amauroses proprement dites.
D'après les détails dans lesquels nous venons d'entrer, on peut voir en définitive que ce n'est que par voie d'exclusion que l'on admet les amauroses essentielles , les paralysies idiopathiques de l'organe de la vision. En procédant ainsi, on a beaucoup réduit le nombre des amauroses et celles qui sont susceptibles d'être traitées par l'électricité sont devenues beaucoup plus rares.
Peut-on et doit-on espérer guérir ces affections au moyen de l'électricité. L'absence de faits positifs, les détails très peu nombreux dans lesquels sont entrés à ce sujet les médecins qui ont prétendu guérir les amauroses par l'électricité devraient faire croire que les succès obtenus sont fort contestables.
Les quelques faits observés par Magendie et les guérisons doi>t on trouve un petit nombre d'exemples çà et là dans les journaux de médecine doivent engager les médecins à faire quelques tentatives dans cette direction.
Quelles sont les amauroses qu'on doit essayer de traiter par l'électricité ?
Pour décider cette question, il faut tenir compte de la nature, du degré et de l'ancienneté de la maladie.
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Nature de Vamaurose. — Dans lesaniauroses essentielles, une des espèces les plus communes ce sont les amauroses hystériques. Il est facile d'en constater la nature par la coexistence d'une hystérie proprement dite et par ses caractères eux-mêmes. Ces caractères sont la variabilité et la mobilité propres à tous les accidents hystériques ; débutant souvent brusquement pour disparaître de même, ils se présentent avec les nuances les plus diverses de forme et d'intensité. J'ai vu en 1857, chez une jeune dame très nerveuse et très impressionnable, une amaurose complète débuter subitement à la suite d'une émotion morale très vive, durer trois jours, disparaître à un œil au bout de ce temps pour persister à l'autre près de trois mois, reparaître au premier œil attaqué au bout de ce temps, et, par conséquent, redevenir complète, pour disparaître de nouveau et d'une manière définitive aux deux yeux à la suite d'une nouvelle impression nerveuse. Il y a trois ans que cette disparition complète a eu lieu, et il n'y a eu aucun signe de la réapparition de l'amaurose depuis cette époque. Aucun traitement actif n'avait été fait.
Le diagnostic des amauroses hystériques est facile; nous n'avons pas besoin d'y insister ici. Nous établirons seulement qu'il est parfaitement inutile de les traiter par l'électricité, et qu'il est préférable d'avoir recours à toute autre médication, et en particulier à l'hydrothérapie.
Si cependant ces amauroses étaient trop rebelles, on pourrait essayer les courants électriques, mais il faudrait les employer avec une grande modération et leur donner une faible intensité et des intermittences lentes; il faudrait, en un mot, prendre les précautions les plus grandes dans cette application.
Phénomènes qui accompagnent Vamaurose. — Les amauroses accompagnées de congestion vers la tête constituent une variété qu'il faut bien se garder de traiter par l'électri-
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cité. Celles, au contraire, qui marchent en même temps qu'un état de faiblesse de l'organisme, les amauroses torpides, comme on les a quelquefois appelées, sont surtout celles qui réclament l'application des courants électriques.
Degré de l'amaurose. — Lorsqu'une amaurose est complète, et que la vue est abolie d'une manière absolue, la chance de guérison au moyen de l'électricité est beaucoup moindre, et je peux même dire très faible. Ce n'est pas cependant une raison pour ne pas la tenter. Le cas d'amaurose que j'ai vu guérir par Magendie était un cas d' amaurose complète.
Ancienneté de l'amaurose. — Plus on emploie l'électricité à une époque rapprochée du début de la maladie, plus on a de chances de réussite. Quand, au contraire, la maladie est très ancienne et qu'elle remonte à une époque éloignée, celte chance devient beaucoup moindre ; il est même probable que l'on n'obtiendra aucun succès. Cependant, en pareil cas, on peut toujours essayer.
Procédé à suivrepour traiter r amaurose. — Magendie (1836) distinguait deux espèces d'amauroses : l'une résultant de l'altération de la branche ophthalmique de la cinquième paire, l'autre due à la paralysie du nerf optique. Je ne crois pas cette distinction fondée.
La seule véritable amaurose est celle qui est due à la paralysie du nerf optique, et je suis persuadé qu'il en est quelques-unes de cette nature qui peuvent guérir par l'emploi de l'électricité.
M. Person a publié en 18/i3 plusieurs observations de guérison complète d'amaurose par l'électro-puncture. Il implantait les aiguilles dans l'orbite et même dans la sclérotique jusqu'au corps vitré.
M. Duchenne conseille d'employer le courant du deuxième ordre contre les amauroses, mais à de faibles doses et avec de grandes précautions, il cite même un cas de cécité pro-
duite par un de ces courants Irop énergiquemeni administré. M. Duchenne pense de plus que les courants galvaniques simples jouissent de la propriété spéciale d'exciter très vivement la rétine, et il préconise également son emploi dans les affections purement nerveuses de l'œil. 11 cite, à l'appui de son opinion, un cas dediplopie guéri par ce moyen.
M. Purkinje a établi, d'après ses expériences, une méthode de traitement des amauroses au moyen des courants continus. Lorsque l'amaurose est commençante et qu'elle est accompagnée de la production de couleurs subjectives, il fait placer le plus près possible de l'œil sur lequel il veut agir l'électrode négatif; cet électrode fait disparaître la lumière subjective que le malade aperçoit suivant la direction de l'axe optique de cet œil et peut par là ramener à l'état normal l'excitabilité de la partie la plus importante de la rétine. Lorsqu'il s'agit, au contraire, d'amauroses qui débutent par un affaiblissement de la sensibilité de la rétine, M. Purkinje place l'électrode positif dans le voisinage de l'œil dont on veut exciter la rétine, tandis qu'il applique le pôle négatif à une certaine distance de ce point, la muqueuse buccale par exemple.
Pour traiter une amaurose, voici la marche que je crois devoir conseiller : on doit d'abord essayer l'électricité localisée, appliquée à de faibles doses et à l'aide de conducteurs humides. On n'a nullement besoin de faire usage de courants à forte tension (deuxième ordre). Il faut des courants de tension médiocre, mais peu intenses et administrés avec des intermittences très lentes.
On applique les conducteurs humides autour des orbites, sur les paupières mêmes.
Chaque séance doit être courte, et il faut de la patiences car pour guérir ou améliorer une amaurose, il faut agir pendant très longtemps, mais en même temps avec beaucoup de douceur et de grandes précautions. Tout traitement un
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peu vigoureux par l'électricité produirait dans la rétine des désordres irrémédiables.
I.es principes applicables au traitement de l'amaurose par l'électricité sont, en résumé, les deux suivants :
V Séances très courtes, mais répétées souvent et pendant un long espace de temps (quelquefois plusieurs mois) ;
2° Courants à tension modérée, peu intenses et à iniermittences lentes.
En cas d'insuccès, à l'aide des éponges humides appliquées à l'extrémité des réophores, il ne faudrait pas encore désespérer. C'est alors qu'on pourrait avoir recours à l'électropuncture. J'ai beaucoup plus de confiance dans ce mode d'application de l'électricité pour le traitement de l'amaurose, et si ce n'était la frayeur qu'il inspire aux malades, j'engagerais volontiers les médecins à y avoir immédiatement recours. J^es aiguilles doivent être implantées dans l'orbite, et il faut administrer les courants avec les mêmes précautions qu'il a été dit précédemment.
L'article précédent est celui que j'ai déjà publié dans la première édition de cet ouvrage. J'avoue n'avoir rien trouvé à y changer ; j'ai été toutefois fort surpris de voir les divisions que j'ai établies, les règles que j'ai présentées, reproduites dnns trois articles publiés par M. Boulu dans VUnionmédicale. Bien que ces articles ne contiennent rien de nouveau et qu'ils ne reposent que sur trois observations, comme il y est question d'un procédé que l'auteur regarde comme nouveau, je vais les analyser.
Delà médication électrique dans certaines affections de l'appareil oculaire. — Tel est le titre du mémoire publié par M. Boulu dans trois numéros de VUnion médicale (^29 novembre, 3 et 10 décembre 1859). Nous allons en donner l'analyse :
Dans le premier chapitre, l'auteur s'occupe de la paralysie
LÉSIONS DES Ô:ir;AM'S DES SKNS. 387
des paupières; il signale couime symptômes de la pai'aiysie du nerf moteur oculaire commun :
i° Le prolapsus de la paupière supérieure ;
2° Un strabisme externe ;
3° L'abolition des mouvements alternatifs de rotation du globe oculaire autour de son axe antéro-postérieur ;
[l° l^a dilatation et l'immobilité de la pupille.
11 n'étudie que le prolapsus de la paupière inférieure dû à la paralysie du muscle releveur.
Les causes qu'il signale comme étant celles de cette paralysie sont assez obscures ; il ne s'occupe que de celles qu'il regarde comme de nature rhumatismale.
Il rapporte trois observations : les deux premières guérirent rapidement par l'électrisation localisée ; pour la troisième, il a introduit plusieurs fois entre la paupière et le globe oculaire des aiguilles mousses; il prétend que cette médication nouvelle, que nous examinerons dans un instant, a pour double avantage de combattre tout à la fois la paralysie de la paupière supérieure et l'amblyopie qui l'accompagne. Dans ce cas, le traitement dura trois mois.
Il n'y a dans ces faits absolument rien de nouveau et qui n'ait été dit et rapporté par la plupart des médecins qui se sont occupés d'électricité. On trouve dans A-lthaus, dans Todd, des faits de ce genre.
Le deuxième chapitre est consacré à la paralysie de l'appareil visuel ou amaurose.
L'auteur veut bien rappeler les tentatives faites dans celte direction par Morand, Warren, Person, Piertung, Magendie, Duchenne, Becquerel et Bougard.
Il établit qu'il faut d'abord en bien rechercher la cause. C'est une chose qu'aucun des médecins modernes n'a négligée, et ce serait absurde d'entreprendre le traitement d'une amaui'ose par l'électricité avant d'en avoir bien élabli le diagnostic et la cause.
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11 cite trois observations. La première est celle d'une amaurose qu'il appelle aslhénique. La guérison n'a pas été complète. Le traitement a duré deux mois.
La deuxième concerne une amaurose complète chez une jeune fille qui, traitée par M. Breton lui-même avec son appareil, guérit en trois mois.
La troisième, une amaurose incomplète chez une jeune fille de vingt ans dont le traitement a duré un an.
Je ne vois rien de nouveau dans tout ceci. Des expériences plus complètes, plus nombreuses et plus positives ont déjà été faites et ont été publiées par M. Duchenne, par moi et par d'autres.
M. Boulu paraît tenir surtout à son mode d'électrisation, je le retranscris d'après son mémoire.
Pour pratiquer l'électrisation externe sur la tempe donttoute la peau était insensible,nous avons appliquélefustigateur électrique dont nous avions le premier proposé l'usage. Cet instrument portant avec lui ses deux courants, l'application est facile.
Quant à l'électrisation interne, elle est facile, comme nous l'avons dit, avec les aiguilles, composées de fils métalliques très fins de 4 à 5 centimètres de long, recouverts dans toute leur étendue de soie blanche, excepté aux deux extrémités. La première, celle qui doit être libre, est fermée par un petit anneau destiné à recevoir le courant négatif, tandis que le positif est fixé à la tempe. L'autre, qui doit être enfoncée entre la paupière et la sclérotique, est enveloppée d'une éponge protectrice d'une grande finesse et sert à transmettre le fluide électrique à la rétine.
Ces petites aiguilles mousses et assez flexibles pour se courbera volonté sur le globe oculaire, se maintiennent toutes seules sous les paupières, et il suffit de toucher légèrement les petits anneaux métalliques et de faire passer un courant très faible pour produire au fond de l'orbite une légère excitation qui retentit jusque sur la rétine.
LÉSIOiXS DES ORGANES DES SEiNS. 389
Ces aiguilles se placent facilement; il suffit de soulever la paupière de la main gauche et d'enfoncer l'aiguille le plus avant possible avec la droite sans crainte de blesser le globe oculaire.
On pourrait de même placer une aiguillesous les paupières de chaque côté si les deux yeux avaient besoin d'être électrisés en même temps. Si Ton veut borner l'excitation électrique sur un muscle de l'œil ou sur un des points de la rétine seulement, la mobilité de l'aiguille réophore permet de le faire sans difficulté.
M. Boulu établit les six conclusions suivantes : 1° Les amauroses qui se développenten même temps qu'un état de faiblesse générale de l'organisme et sans aucune lésion apparente à l'ophthalmoscope des parties constituantes de l'œil, les amauroses torpides en un mot, sont surtout celles qui réclament l'application des courants électriques.
2° Parmi les paralysies de la rétine, celles qui sont le résultat de l'altération de la brancheophthalmiquedela cinquième paire à la suite de névralgies fréquentes, ou encore les amauroses qui coïncident avec la paralysie des paupières, senties plus communes, mais elles offrent aussi par compensation le plus de chances de guérison par le fluide électrique.
3° Les paralysies incomplètes et même complètes de l'organe de la vue, qui sont liées à un état général, et surtout celles qui sont le résultat d'un état anémique par diminution des globules du sang, peuvent quelquefois guérir par le secours de l'électricité localisée, contrairement à l'opinion de plusieurs médecins distingués, quand bien même l'état général ne serait pas modifié entièrement.
ll° Enfin, le fluide électrique est encore le moyen le plus puissant pour la guérison des amauroses essentielles en général, et après l'insuccès bien constaté des autres médications. On devra toujours y avoir recours avant d'abandonner les malades à eux-mêmes.
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5° Les ch?aices de guérison qui peuvent exister dans les divers cas que nous venons d'énoncer sont toujours en raison de Page des malades, de leur constitution et de l'ancienneté de la paralysie, mais aussi en raison de la persévérance que le médecin apportera dans les applications du fluide électrique et la docilité des malades à le supporter.
6° Quant aux amauroses symptomatiques d'une affection cérébrale ou organique, de même que celles qui sont le résultat d'un âge trop avancé, on comprend aisément que le fluide électrique ne puisse être d'aucune utilité.
On ne saurait que louer M. Boulu de la persévérance qu'il a mise à traiter ses trois malades. Mais on devra remarquer que ce nombre est bien faible pour poser des conclusions aussi longues et aussi tranchées.
On traite depuis longtemps les amauroses par l'électricité, et on a varié de bien des manières le mode d'application des courants électriques. Dans tout ceci, il n'y a de nouveau que les aiguilles, et encore, ne pensons-nous pas qu'on doive les employer sans quelque hésitation, surtout si on les faisait pénétrer comme le demande M. Boulu.
Le mémoire contient une guérison de tumeur lacrymale dont il n'est pas besoin de parler ici.
L'appareil dont M, Boulu se sert est l'appareil de MM. Breton frères.
Le mémoire est terminé par de nouvelles conclusions qui ne se rapportent guère au sujet traité par l'auteur, et qui sont plutôt relatives à la nécessité qu'il y a de traiter les amauroses par l'électricité.