‹ Traité des arts céramiques (volume 2)Chapitre 102 sur 261 · POSAGE PAR VOLATILISATION · texte numérisé non relu

POSAGE PAR VOLATILISATION

respirent une poussière doublement dangereuse et comme poussière, et comme matière minérale vénéneuse.

§ 3. — Posage par volatilisation.

Ce procédé est des plus remarquables et des plus anciens , mais des plus près d’être tout à fait abandonnés. Il consiste à remplir le four ou les cazettes d’une vapeur saline ou métallique , qui s’étendant sur les pièces portées à l’incandescence , vitrifie leur surface.

Ce Posage a lieu , ou dans le four même et sur toutes les pièces qui le remplissent , ou dans les étuis ou cazettes , et seulement sur les pièces qu’elles renferment.

Dans le premier cas je ne sache pas qu’on ait employé d’autres matières vitrifiantes que le selmarin. Vers la fin de la cuisson, lorsque le four est amené à la plus haute température qu’il doive recevoir, on cesse le feu, on ferme toutes les issues, et on jette dans les bouches du foyer, et dans les foyers incandescents , du selmarin qui se volatilise aussitôt , se décompose sur la surface des pièces , leur cède son alcali qui forme avec la silice de la pâte, un enduit vitreux, mince et fortement adhérent à la pâte. Il a la dureté d’un verre terreux , et ne se lève jamais ni en bouillons , ni en écailles. Le seul défaut que présente ce mode de vernissage , c’est l’inégalité , toutes les pièces et toutes leurs parties n’étant pas toujours également exposées à cette vapeur. Cette glaçure est particulière au grès-cérame, et on y reviendra en traitant de cette classe de Poterie.

Le second procédé de cette sorte de Posage , consiste à enduire la surface intérieure des cazettes ou étuis, de la matière volatilisable et vitrescible , qui doit former l’enduit vitreux des pâtes enfermées dans ces étuis.

On n’emploie guère dans ce procédé très-peu répandu , que de l’oxyde rouge de plomb, de l’oxyde de cuivre? et de l’acide borique. Lorsque le four devient incandescent , ces matières se volatilisent et enveloppent les pièces renfermées dans les étuis, d’une vapeur métallique ou saline, qui en vitrifie la surface. Ce moyen a l’avantage de ne faire que polir pour ainsi dire , par un mince

CUISSON DES GLAÇURES. 181

enduit vitreux , la surface des pièces. 11 n’a pas l’inconvénient des vernis épais posés par immersion ou arrosement , qui altèrent les formes , et qui détruisent toutes les finesses des ornements délicats dont certaines pièces sont enrichies.

Les étuis qui ont servi à un premier vernissage peuvent servir à un second et à un troisième, sans qu’on soit obligé de leur donner une nouvelle couche de l’enduit vitrescible volatilisable.

Articlb IV. — CUISSON DES GLAÇURES.

Je ne traiterai ici que des rapports qu’il y a entre la Cuisson de ces enduits et celle de la pâte qu’ils recouvrent. Ces rapports présentent des principes généraux assez remarquables, et que je n’aurai plus qu’à rappeler lorsque je parlerai des moyens de Cuisson des diverses sortes de Poteries.

En considérant sous le même point de vue , celui de la Cuisson complète d’une Poterie , la Cuisson de la pâte et celle de l’enduit vitreux , on arrive à remarquer que les Poteries offrent deux modes généraux de Cuisson , que je désignerai sous les noms de Cuisson simple ou unique et de Cuisson double.

§ 1. — Cuisson simple ou unique.

Elle appartient à toutes les Poteries dont la pâte et l’enduit vitreux pouvant cuire à la même température , et par conséquent en même temps , n’ont besoin de passer au feu qu’une seule fois.

On trouve dans cette classe les Poteries les plus grossières et les Poteries les plus fines et les plus dures , les Poteries communes à pâte lâche et à vernis tendre, avec les grès et les porcelaines dures.

Mais la température qii’exigent ces Poteries si différentes présente elle-même des différences considérables.

A. à basse température. — Les unes cuisent à une I très-basse température, celle où le four est à peine incandescent. Ce sont les Poteries communes à pâte colorée , lâche et fusible ,

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