‹ Traité des arts céramiques (volume 2)Chapitre 126 sur 261 · HUMIDITÉ DANS LES BOIS · texte numérisé non relu

HUMIDITÉ DANS LES BOIS

La première y paraît bien plus tenace ; elle semble être retenue dans le Bois par une sorte d’action vitale 5 on ne peut donc l’en dépouiller qu’avec peine , et par une température élevée et longtemps continuée , qui non-seulement chasse l’eau interposée , mais qui agit aussi sur la sève et enlève ainsi au Bois une certaine partie de la matière combustible ; ce résultat est controversé (1).

Quel que soit l’effet de l’opération du dessèchement , soit du Bois vert, soit seulement du Bois mouillé , il est indispensable; car le Bois humide brûle lentement , une partie de la chaleur produite par sa combustion est employée à volatiliser l’eau ; de là une plus grande consommation de Combustible. Cette combustion incomplète est accompagnée d’un dégagement considérable de fumée humide ; toutes choses souvent très-nuisibles à la cuisson des Poteries. Il faut donc éviter avec soin les Bois verts ; et, sauf quelques moments où on les emploie dans un but particulier, ils sont nuisibles à la fabrication, sous plusieurs rapports.

Mais lorsque des Bois ont perdu leur verdeur, ils conservent encore, selon les circonstances où ils se sont trouvés, une plus ou moins grande quantité d’eau; cette eau y est peu adhérente; quelque temps d’exposition à l’air, au soleil ou dans une étuve , suffit pour les faire sécher. Mais faut-il pousser cette dessiccation très-loin , jusqu’à ce que les Bois aient perdu toute l’eau interposée, et que leur sécheresse presque complète soit indiquée par le son clair qu’ils rendent quand on les frappe? C’est une question qu’il est difficile de résoudre par l’expérience , parce qu’un grand nombre de circonstances viennent compliquer les résultats et les rendre tout à fait incertains.

L’opinion des artisans , qui paraît résulter chez eux , non pas d’observations exactes , mais d’une pratique souvent répétée et qui équivaut presque à des expériences rigoureuses , est le seul moyen que nous ayons jusqu’à présent de répondre à cette question. Il paraît, d’après cette opinion , et d’après ce que j’ai vu moi-même, que du Bois porté à une trop complète dessiccation

(*) Berihier, Essai, toiue 1, page 255.

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