TEXTURE
été réduite à 2,4 4°; lorsque enfin elle est parfaitement cuite, ; cette pesanteur est descendue à 2,242 5 et cependant la pâte a pris 10 p. 0/0 de retraite en dimension linéaire!
Je ne chercherai pas à expliquer ce fait (*) : ce n’est pas ici le lieu. Je dois me contenter de dire qu’on doit l’admettre comme r certain , d’abord parce que l’expérience a été conduite avec toutes les précautions , toute la précision exigible 5 ensuite , parce ji qu’elle se lie avec la loi de changement de la pesanteur spécifi- | que dans les pâtes céramiques, loi qui établit que dans ces pâtes la pesanteur spécifique est en raison inverse de leur degré de cuisson , ou bien, ce qui revient au même, que la Densité de la poudre de ces pâtes est d’autant moindre que la pâte est plus cuite.
Le rapport de changement de Densité, duplus au moins, | inverse de celui d’augmentation de cuisson , qui va du moins : au plus, n’a lieu que lorsque ces pâtes sont entièrement privées d’eau. Jusque-là leur changement est en raison directe de la cuisson. On peut exprimer par des courbes , comme l’a fait M. A. Laurent, ces changements dans la Densité produite par la cuisson.
Le tableau n° vm, B présente trois pâtes céramiques dont la Densité a été mesurée à divers degrés de cuisson dans ce but.
§ 3. — Texture des pâtes céramiques.
J’entends par Texture des pâtes de Poterie cuite la grosseur et l’arrangement presque mécanique des parties, d’ou résultent un grand nombre de qualités ou d’imperfections dans les Poteries.
Les parties (je ne dis pas les molécules) peuvent être ou homogènes de nature et de dimension , ou hétérogènes sous ces deux rapports , d’où résulte pour les Poteries une qualité importante. Dans le premier cas, l’aspect de leur cassure ou de leur
0) On 11e peut attribuer ce changement à la perte de l’eau ou de tout autre corps; des expériences très-précises, que je rapporterai plus loin, prouvent que le dégourdi de porcelaine ne perd rien en cuisant au grand feu.
biscuit à surface uniforme et égale est plus agréable à l’œil. Mais si en outre le tissu est serré, les Poteries sont plus fragiles, tant par le choc que par les brusques changements de température.
! Dans le second cas, 1 aspect est rugueux, peu agréable; mais Iles Poteries sont plus résistantes au choc et au changement de température.
La Texture homogène peut être ou grossière ou fine , lâche j; ou serrée, d où résulte l’aspect terne ou l’aspect luisant et comme ( semi-vitreux.
La Texture hétérogène visible présente toujours un aspect ■ grossier et terne.
On voit que plusieurs considérations , telles que la ténacité et [son contraire la fragilité, la sonorité, et enfin dans celles qui ont un tissu très-lâche, la perméabilité, résultent de cette considération piincipale. Nous les examinerons particulièrement; mais je dois traiter ici de la Perméabilité, condition qui est
plus intimement liée avec la Texture poreuse , ou même seulement lâche.
Excepté dans quelques cas particuliers , tels que celui des Poteries de jardin, des formes à sucre et des hydrocérames ou alcarazas, le but du Potier est en général de serrer assez le tissu de ses vases, surtout de ceux qui sont destinés à contenir des liquides , pour que les liquides ne puissent pas le traverser. Eh bien ! on verra combien, parmi les vases antiques, il en est peu qui aient cette qualité.
Parmi les vases communs modernes, un grand nombre ont aussi une pâte poreuse et perméable. Mais j’ai dit en parlant des glaçures que ce perfectionnement si longtemps attendu dans l’art céramique avait eu pour objet et pour principal résultat de corriger la perméabilité des pâtes faciles à pétrir, des pâtes peu cuites, ù par conséquent des pièces qui, par leur bas prix, devaient lître les plus répandues.
j C est dans les vases antiques que ce défaut est le plus sen- n j>ible; la Perméabilité de leurs pâtes, et surtout leur porosité -apillaire, est si générale, que j’ai dit ailleurs qu’on ne peut t rop concevoir comment les anciens conservaient leurs liquides
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vineux , acides ou huileux 5 comment ils pouvaient faire cuire leurs aliments sans imprégner leurs ustensiles culinaires de la graisse et du jus qui sont un condiment indispensable des viandes qui ne sont pas rôties.
Je n’ai pas voulu élever cette difficulté et tirer les consé- j quences que je présente, sans m’assurer par de nombreuses expériences de la réalité et de l’étendue de cette Perméabilité.
Je ne les rapporterai pas toutes , mais je citerai seulement j celles qui peuvent faire connaître et cette imperfection et les ! circonstances dans lesquelles elle pouvait être à peu près corrigée.
Tous les vases et ustensiles a surface complètement matte (excepté les grès-cérames) , tant anciens que modernes , grecs , étrusques , romains , germains , gaulois , Scandinaves , ceux de 1 l’Asie Mineure et de l’Inde, les Poteries brésiliennes, péruviennes, mexicaines et celles des Antilles , absorbent promptement les liquides aqueux ou huileux qu’on y met ; souvent c’est à cette absorption que s’arrête la perméabilité et le liquide amené à la surface externe en petite quantité s’évapore sans se réunir en gouttelettes, j’en donnerai des exemples remarquables à l’article 1 des Poteries de l’Amérique méridionale.
Cette absorption et le suintement qui en résulte ne s’établissent quelquefois qu’au bout de 8, 12 et même 2 \ heures, ce qui donne le temps d’employer ces vases , si ce n'est pour contenir constamment des liquides, au moins pour les transporter.
Tout vase antique couvert seulement à l’extérieur d’un enduit luisant, quelque mince qu’il soit, retient l’eau, même l’eau bouil-1 lante pendant son ébullition et après son refroidissement, pendant un temps indéfini. Ainsi, pourvu qu’il n’y ait pas de parties mattes, ces vases grecs ornés, qui par leurs culots et uné seule anse de côté ressemblent à nos pots à l’eau , ne perdent l’eau que par le dessous du pied qui n’a point reçu d’enduit luisant.
Quelques vases grecs des îles de l’Archipel et notamment ceux deMilo, qui ont été généralement plus cuits que les autres, conservent assez bien l’eau.
D’après l’énumération que les historiens et les antiquaires nous! donnent de l’usage d’un assez grand nombre de vases, on ne !
peut douter qu’ils ne fussent employés aux usages de la cuisine et de la table ; je donnerai cette énumération à l’article des Poteries antiques à pâte tendre, on y verra des vases à contenir du vin, du vinaigre, de l’huile, des vases à cuire des champignons et des légumes , des plats pour cuire des viandes ou du poisson , qui étaient évidemment en terre cuite. J’ai voulu essayer un de
ces plats à manche qui plats à cuire des œufs ci - contre ; d’abord, bien lavé à l’eau bouilpoussanles , ce qui te-
ressemble à nos petits avec du beurre , figuré son odeur , quoique lante, était des plus renaît probablement à
son long séjour dans des tombes 5 j’ai fait néanmoins cuire des nufs dans du beurre et j’ai été étonné de voir que le beurre fondu non-seulement n’avait pas traversé le plat, mais n’avait même été absorbé qu’en petite quantité. Comme on pouvait attribuer cet etfet à une imprégnation d’humidité ou de quelque matière qui avait bouché les pores de la terre, je l’ai fait passer au dégourdi des fours de porcelaines 5 il est alors devenu plus sonore et absorbant, mais on voit qu’il avait fallu peu de chose >our lui enlever une grande partie de ce défaut. J’ai tenu allumée pendant quelques jours une lampe antique 5 je m’attendais i voir l’huile que j’y avais mise, suinter de toutes parts-, elle a été en effet assez promptement absorbée et a traversé l’épaisseur le la lampe, mais elle s’est arrêtée à sa surface extérieure et n’a oas été au delà.
H est probable que ces Poteries une fois imbibées de la matière graisseuse qu’on y mettait , ne la perdaient pas par suintement ïontinu , et pouvaient conserver celle qui restait:, n’ayant d’autre nconvénient ( inconvénient qui pourrait être très- désagréable lour beaucoup d’entre nous) que de communiquer aux matières emblables qu’on y mettait de nouveau ce que nous appelons un 'oût de graillon.
Les Poteries modernes de la classe des Poteries à pâte tendre qui font point eu le lustre des anciens, ou qui n’ont pas voulu iinployer le vernis plombeux des modernes, sont absorbantes t perméables ; mais on a pu quand on l’a voulu leur enlever jtu moins en partie ce grave inconvénient en les enduisant de
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suif ou d’une graisse analogue, comme l’ont pratiqué les Potiers du Pérou, qui font pénétrer cette graisse par la chaleur, ce qui contribue à donner à ces pâtes, d’après le capitaine Bagnold, la couleur noire qu’elles ont généralement (Aikin). Les anciens, et dans les temps modernes les Espagnols , frottaient avec de la cire les jarres dans lesquelles ils devaient mettre et conserver de l’eau, du vin ou de l’huile (Aikin).
Il est donc de fait que toutes les Poteries anciennes, c’est-àdire, jusqu’à l’époque où l’on a découvert le vernis plombeux et le grès-cérame, absorbaient l’eau et tous les corps liquides, par toutes les parties où il n’y avait aucun de ces enduits lustrés ; on ne doit excepter de cette généralité que les Poteries grecques ornées , les Poteries romaines rouges et quelques Poteries noires étrusques, présentant aussi un enduit luisant comme vitreux.
§ 4. — Ténacité et Fragilité.
La Ténacité est une propriété très-importante pour les usages économiques, car elle est relative à la plus grande résistance que les Poteries doivent offrir à la fracture par le choc ou par le changement brusque de température. Non-seulement le Potier doit chercher à faire des Poteries brillantes , fines , imperméables, mais il doit aussi chercher à les rendre aussi peu fragiles que le comporte la nature de la matière.
La Ténacité des pâtes faites n’est pas toujours, comme on pourrait le croire, en rapport aveç leur texture; et la Fragilité elle-même ne suit pas exactement la Ténacité ; elle tient autant à la facilité avec laquelle le mouvement du choc se propage dans le corps, qu’à l’adhérence entre elles des parties de ce corps.
On reconnaît , par l’expérience journalière et par l’observation la plus simple, que les Poteries à texture grossière, qui ne se cassent pas facilement par le choc, jouissent cependant d’une très-faible Ténacité. En effet , leurs parties ont peu d’adhérence entre elles, et la plus faible courbure suffit pour les séparer, tandis que la porosité de leur pâte s’oppose à la propagation de la vibration qui résulte du choc.
TÉNACITÉ
Parmi les pâtes à pâte dense, on a remarqué que toutes choses paraissant égales d’ailleurs , celles qui étaient composées d’une matière vitreuse alcaline et même en partie vitrifiée, rendue opaque par des matières terreuses comme interposées, avaient beaucoup plus de Ténacité dans toute l’étendue de cette propriété que les pâtes vitreuses à composé presque uniquement terreux. Ainsi , les porcelaines tendres, comme celle de Tournay et même celle qu’on faisait à Sèvres , résistent bien plus fortement à la cassure par le choc que les grès et les porcelaines dures , qui se brisent par le moindre choc.
Il ne faut donc pas confondre dans l’usage , la Ténacité due à la cohésion des parties, qui se mesure par la résistance quelle montre à la fracture par pression , avec la Ténacité qui consiste dans une résistance à la fracture par le choc. La porcelaine dure, dont un faible coup détache des éclats avec facilité , présentera beaucoup plus de cohésion que les faïences communes qu’on peut frapper assez fortement sans en détacher aucun éclat.
Mais on voit que ces évaluations de cohésion ne sont qu’approximatives , qu’on ne peut que les présumer sans pouvoir les exprimer ni d’une manière précise, ni même avec certitude.
M. Boch Buschmann, que j’ai eu plusieurs fois occasion de citer dans cet écrit , a inventé un instrument propre à faire connaître, avec une exactitude qui parait suffisante pour la pratique, le degré de cohésion ou de Ténacité de différents corps fragiles. Cet instrument , dont la description exigerait des détails trop nombreux et une figure très-compliquée , a été décrit dans le Bulletin des Sciences , par la Société Philomatique (mars 1809, page 3i 1 et figure, pl. 5). Nous y renvoyons.
On a dû chercher à donner aux Poteries la plus grande Ténacité , c’est-à-dire celle qui les ferait résister à la fracture par le choc, par le changement brusque de température ou parla pression. Mais il est presque impossible de réunir dans une même sorte de Poterie les trois sortes de Ténacités. Il est même très-difficile de les doter de l’une d’elles sans leur donner en même temps des défauts assez graves.
Ainsi , on peut donner à des Poteries la faculté de résister assez bien au choc et au changement rapide de température en I. 19
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rendant leur texture lâche et grossière. Mais elles deviennent alors perméables ou d’un aspect désagréable. Telles sont les Poteries communes à pâte tendre, qui s’écrasent facilement sous une faible pression ( les Poteries communes peu cuites , les pots d’horticultures, les creusets et pièces d’encastage faits avec des ciments plus ou moins gros). Elles peuvent avoir une texture fine et serrée, et cependant au moyen de l’introduction presque mécanique d’une matière terreuse ou d’un oxyde métallique, tel que le plomb dans une masse vitreuse, résister très-bien au choc. Les pièces de porcelaine de l’ancien Sèvres , celles qui sont faites à la façon de Tournay , la Poterie nommée ironstone en Angleterre, ont éminemment cette qualité. On peut jeter des assiettes faites de ces pâtes avec une certaine adresse sur le plancher, sans qu’elles se brisent; mais elles ne résistent pas à l’action d’une température mal ménagée.
Les Poteries dont la pâte est d’un tissu très-serré , très-dur, et ordinairement très-sonores, sont généralement très-fragiles et par le choc et surtout par l’action d’une chaleur vive et inégalement appliquée ; mais elles ont une Ténacité assez puissante pour - supporter sans s’écraser une forte pression ; telles sont les faïences fines cailloutées, les grès-cérames, les porcelaines dures. Cependant beaucoup de ces dernières peuvent, dans un grand nombre de cas, soutenir une haute et inégale température d’application sans accident. De là tous ces grès et ces porcelaines dits à feu. On ne connaît pas encore très-précisément la cause de cette précieuse qualité ; cependant on peut la présumer d’après les observations et même les expériences suivantes.
U est très-rare que les grès-cérames presque uniquement composés d’argile plastique suffisamment dégraissée par la quantité
de sable nécessaire à leur dessiccation et à leur cuisson, puis¬
sent supporter sans se briser l’action du feu ; les porcelaines dures très-translucides sont généralement dans le même cas; mais quand elles ont pour base un kaolin très-argileux tel que celui des porcelaines de Saxe, de Sèvres, de Bayeux, elles acquièrent, avec de l’opacité et une couleur grisâtre, une assez grande résistance aux changements non ménagés de température ; on donne à quelques porcelaines cette même faculté par l’introduction dans '
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leur pâte d’une certaine quantité d’argile plastique. Les Poteries qui sont comme l’intermédiaire entre les grès-cérames et les porcelaines et que Fourmy a nommées hygiocérames sont tout à fait dans ce cas ; les hygiocérames que cet habile Potier avait faits, ceux que l’on a faits à son imitation, à Plombières, à Orchamps dans le Jura, à Berlin et près Berlin sous le nom de Poteries de santé , jouissent éminemment de cette qualité, et j’en ai éprouvé des effets qui m’ont étonné.
Le fendillement de la couverte, qu’on appelle gerçure ou tressaillu re, quand cette couverte n’est pas trop épaisse , quand ce fendillement n’a pas été trop loin , quand il forme des fentes fines, courtes et multipliées, qui divisent la glaçure en une multitude de petits carreaux , donne aussi aux Poteries à pâte fine, dure et sonore, la propriété réfractaire que nous examinons.
On croit que la coloration de cette couverte terreuse en bruni marron par des oxydes de fer et de manganèse, contribue à i donner à ces Poteries la résistance au feu qu’on leur connaît ; de là la couleur générale de presque tous les hygiocérames. Je n’ai pas eu occasion de faire les expériences délicates et difficiles qui auraient pu infirmer ou confirmer cette singulière opinion.
La composition matérielle et chimique des pâtes a une grande influence sur leur Ténacité à l’égard du choc et de la température.
Des pâtes à grains extrêmement fins sont plus Fragiles dans | ces deux cas que des pâtes à tissu grossier.
La chaux, en quantité notable, en augmentant la fusibilité des i pâtes , les rend en général fragiles au point de céder sous le prei mier choc et au plus faible changement de température, et de se diviser môme en mille pièces.
La couverte felspathique ou vitro-terreuse , trop épaisse se j gerce, se fissure, et ces fissures, se communiquant dans la pâte,
I1 en déterminent la fracture. Si les pâtes, qui 11e sont pas de la nature I, semi-vitreuse de la porcelaine , ni même des grès-cérames , se I fendent d’autant moins qu’elles sont peu cuites, il n’en est pas ainsi de ces dernières : la couverte tressaillant plus ou moins ï, visiblement, entraîne dans ce dernier cas la fracture de la pièce