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DENSITÉ

pays, les Étrusques, la plupart des Grecques, Dans le second degre de dureté , il faut appuyer un peu plus fort pour obtenir une rayure : ce sont, en général, les Poteries romaines, les Poteries vernissées et la pâte de faïence commune. Le troisième degré renferme les Poteries qu’on ne peut rayer qu’en appuyant trèsfort avec la pointe d’un couteau bien acérée ou celle d’un burin : ce sont les biscuits de quelques faïences fines, les prétendues porcelaines opaques. Enfin, le quatrième degré de Dureté est celui des Poteries i n r a y a b 1 e s , par l’effort le plus puissant de la main avec le couteau ou le burin : ce sont les grès-cérames, les porcelaines dures et tendres , tant françaises que flamandes et qu’anglaises.

Ce caractère, quelque vague qu’il paraisse, m’a appris que toutes les Poteries qu'on nomme antiques, de quelque pays

qu’elles soient (j’en excepte toujours la Chine), ne dépassaient jamais le deuxième degré, à moins qu'ayant été trop cuites, elles n’aient éprouvé un commencement de fusion. On a vu et on verra de nouveau quel parti j’ai tiré de ce caractère dans la distinction des Poteries antiques et des Poteries modernes.

li en est de même, ou à bien peu de chose près, des glaçures, quoique ici le caractère soit bien moins tranché. Toute glaçure ancienne , dans l’acception que les antiquaires donnent à ce nom et sans discuter dans ce cas leur degré d’ancienneté, est rayable assez facilement par le burin 5 aucune n’y résiste, du moins de toutes celles que j’ai essayées. C’est dans les Poteries modernes seulement , qu’on trouve le troisième et même le quatrième degré de Dureté.

On verra l’application de ce moyen dans l’exposition des caractères distinctifs de chaque classe de Poterie et les exceptions partielles qu’il peut offrir.

§ 2. — Densité.

On n avait de notions sur cette propriété physique dans les pâtes céramiques, que ce qui avait été inséré dans les tables de Brisson, et répété sans examen dans presque tous les ouvrages de physique.

DURETÉ

Les pâtes céramiques dont on avait donné les pesanteurs ! spécifiques, se réduisaient à huit , qui sont dénommées dans la

table suivante :

Porcelaine tendre de Sèvres en couverte. . 203

— — en biscuit . 210

Porcelaine dure de Sèvres en couverte . j ...

— — en biscuit . 186

Porcelaine de Saxe . 247

Porcelaine de Limoges . 234

Porcelaine de la Chine . 238

Porcelaine du Japon . 237

Mais d’abord ces observations, qui se bornaient à la porcelaine, ne spécifiaient pas suffisamment à quelle qualité de porcelaine elles s’appliquaient ; elles avaient été faites suivant l’ancienne méthode, qui consistait à peser des fragments, méthode qui \ donne des résultats bien différents de la méthode par les poudres, accompagnée des soins minutieux qu’on prend actuellement.

On n’avait donc eu aucune direction pour comparer entre 1 1 elles les Densités des diverses Poteries , et encore moins de la j I même Poterie dans différents états.

J’ai cru devoir remplir cette lacune, et chercher à déterminer par les moyens les plus perfectionnés et les plus précis les Densités d’un grand nombre de pâtes céramiques dans différents; 1 états de cuisson. C’était une suite fort longue d’opérations : je i priai M. A. Laurent, attaché au laboratoire des essais de la ma- I nufacture de Sèvres , pour m’aider dans toutes les recherches dej physique et de chimie propres à éclairer les arts céramiques , de 1 prendre , par les procédés les plus exacts, la pesanteur spécifique1 d’une série de pâtes céramiques dans divers états de cuisson , eij qui font la majeure partie de celles qui sont inscrites dans le ta bleau n° vm (*).

Nous arrivâmes à des résultats tout à fait inattendus et entiè : rement opposés aux idées qu’on a généralement sur les différence: de pesanteur spécifique des diverses sortes de Poteries , idées qu<

Voir ces tableaux dabs l’Atlas.

je regardais comme tellement fondées que j’en tirais, avec la plupart des physiciens, si ce n’est pas avec tous, des conséquences qui se sont trouvées totalement démenties par l’expérience.

En effet, en étudiant le tableau n° vin , A , on voit d’abord quelle différence considérable il y a entre la pesanteur d’une même Poterie prise sur des fragments ou sur la poudre de cette Poterie ; ensuite , et c’est ici le fait le plus remarquable , c’est que la pesanteur spécifique , au lieu d’aller en croissant des Poteries les plus lâches, les moins cuites, aux Poteries les plus cuites et les plus serrées, va au contraire en diminuant ; en sorte que les briques tendres de Sarcelles, près Paris, les pâtes de faïence et de Poterie grossière du faubourg Saint-Antoine , à Paris , ont une Densité plus considérable que celle de la pâte si dure , si serrée , si cuite des porcelaines dures.

Mais ce fait me parut tellement paradoxal que, malgré la juste ' confiance que j’ai dû avoir dans la manière si exacte et si adroite d’opérer de M. A. Laurent, dans des expériences faites dans mon laboratoire de Sèvres et la plupart sous mes yeux, j’ai cru devoir les faire répéter , à plusieurs années de distance , par l’habile \I. Malaguti, et ensuite tout récemment parM. Salvétat. De ces expériences faites dans des circonstances assez particulières et )eut-être uniques , c’est-à-dire par une succession d’hommes labiles voulant bien se prêter à poursuivre des recherches que ’avais demandées avec persévérance à plusieurs personnes , il 'ésulteque la porcelaine dure , à mesure qu’elle cuit, qu’elle se entracte , qu’elle diminue de volume, au moins d’un dixième , diminue aussi de pesanteur spécifique dans me proportion énorme. On voit que c’est dans le rapport de 1,619 ^ 2,242, en passant au milieu de sa cuisson, par celle le 2,440. Ainsi, lorsque la pâte est cuite en dégourdi , c’esti-dire lorsqu’elle a été chauffée pendant dix heures à une temlérature incandescente de beaucoup supérieure à la fusion de 'argent , lorsqu’elle est encore poreuse et happante , elle préente, réduite en poudre, une pesanteur spécifique de 1,619: lorsqu’on la cuit au grand feu, mais seulement à moiié. la couverte n’étant qu’adhérente mais glacée, sa pesanteur a

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