CLASSE PREMIÈRE DES POTERIES
Classe Ire — POTERIES A PATE TENDRE.
D’après les principes de classifications des Poteries , posés et développés dans l’introduction, les caractères distinctifs de ces produits d’un même genre d’industrie, doivent être pris d’abord de la pâte, ensuite de la glaçure; or, les quatre premiers ordres de cette Première Classe, les terres cuites, les Poteries lustrées, les vernissées et les émaillées ne diffèrent pas essentiellement entre eux par la nature de leur pâte (*). Elles sont toutes sableuses, presque toutes calcarifères et la plupart fusibles à haute température (2); toutes ont la texture lâche. Enfin , elles sont tendres, c’est-à-dire susceptibles d’être rayées par l’acier ordinaire , en sorte qu’en donnant à la tête de la lre Classe les caractères de la pâte, on remarquera que celle-ci étant à peu près la même dans les quatre ordres , les caractères doivent être exprimés par les mêmes termes.
Il ne reste plus qu’à indiquer pour caractères des quatre ordres, ceux qui tiennent à des propriétés moins importantes que celles qui dérivent de la pâte, tels sont les caractères que fournissent les glaçures.
Dans les temps modernes la séparation des Poteries à pâte tendre en deux groupes principaux, les Poteries mattes et les Poteries àglaçure, est difficile et paraît illusoire, car il y i a bien peu de Poteries tendres mattes qui ne soient susceptibles de recevoir une glaçure, et bien peu de fabriques de Poterie commune qui ne fassent les deux sortes; mais il n’en a pas été ainsi dans les temps anciens, et même cette confusion est plus commune en Europe que dans d’autres parties du monde.
(>) En général , une classification précise est ici presque impossible , elle est même peu importante, et si je cherche à en approcher, c’est pour grouper les différents procédés de fabrication suivant la sorte de Poteries à laquelle ils sont plus particulièrement applicables.
(*) Ce qu’il y a d’assez remarquable , c’est que parmi ces pâtes tendres, cuites à basse température, il s’en trouve plusieurs dont on aurait pu porter la cuisson à une température beaucoup plus élevée sans les fondre ; car j’ai essayé beaucoup d’entre elles au grand feu, et quelques-unes n’y ont éprouvé ni fusion, ni ramollissement; elles sont, au contraire, devenues dures comme du grès; je ferai connaître en leur lieu celles qui ont offert une infusibilité à laquelle je ne m’attendais pas.
ORDRE 1er. — TERRES CUITES.
Cette séparation est donc assez importante, puisqu’elle marque des époques et des lieux.
J’ai déjà dit que jusqu’à présent on n’avait reconnu aucune Poterie européenne qui avant le xne siècle eût reçu une glaçure I plombifère; voilà pour le temps, mais pas pour les lieux, car les ustensiles en terre cuite vernissée étaient certainement connus en Orient avant le Xe siècle.
Tels sont les principaux motifs qui m’engagent à traiter séparément ces deux sortes de Poteries , les Poteries mattes et les Poteries à glaçure, et, tout en prenant l’ordre géographique pour première considération, je prendrai ensuite , autant qu’il serai possible, l’ordre chronologique pour seconde considération. Ainsi cette classe sera divisée en quatre ordres : le premier renfermera sous le nom de terres cuites tous les objets en pâte argileuse, ; quelles que soient leur forme et leurdestination, qui sont généralement sans glaçure ; les trois autres ordres présenteront toutes les : Poteries recouvertes totalement ou partiellement d'une glaçure, j ce qui établit sans hésitation qu’elles sont d’un temps postérieur à la découverte d’une glaçure quelconque.
Premier ordre. — TERRES CUITES.
C’est ici que l’expression de P o ter 1 es est inapplicable, et c’est j même le genre de produit qui compose ce premier ordre qui m’a forcé à adopter l’expression d'art et de pâte céramique de préférence à celle de Poteries; car on ne peut appliquer ce dernier : nom à la plupart des produits de cet ordre où se trouvent réunis les briques, les carreaux, les tuiles, les fourneaux, etc., des ornements, des bas-reliefs et des figures en Terre cuite.
Les produits céramiques de cet ordre renferment la plupart des productions qui faisaient partie chez les anciens de l’art nommé plastique, et ils les renfermeraient toutes si la Plastique ne c’était exercée aussi sur des matières susceptibles de recevoir toutes sortesde formes comme l’argile, mais d’ailleurs très-différentes de cette terre par leur nature, telles que le plâtre, la cire, etc.