TERNES CUITES. CARACTÈRES
Les terres cuites sont des produits céramiques à pâte d’une texture lâche et poreuse, quelquefois hétérogène, peu dure, rayable par le tranchant d’un instrument d’acier ordinaire ; peu cuites et à son sourd;
N’acquérant, par une haute température, ni la texture compacte, ni la dureté du grès-cérame;
Étant ordinairement sans aucune sorte de glaçure, ou n’en admettant que partiellement et dans des cas exceptionnels.
Leur pâte est composée généralement d’ Argile figuline ou de Marne argileuse ; elle est marchée ou malaxée , mais rarement lavée.
Elle est dégraissée soit avec du Sable , soit avec du Ciment , des Escarbilles ou autres matières grossières ( les briques , les carreaux , les fourneaux).
Quand il y a une glaçure ou enduit vitreux , c’est ordinairement un vernis de plomb (les tuiles de Hollande, les conduits d’eaux).
La fabrication est grossière ; elle se fait à la Main , mais aussi, et même souvent, dans des Moules plus ou moins soignés, c’est une de celles à laquelle s’appliquent le plus fréquemment et le plus utilement les moyens mécaniques de pression.
La cuisson est simple, et sa Température s’étend depuis la simple Dessiccation à un soleil ardent, jusqu’à une Cuisson voisine de celle du grès-cérame.
Le f o u r est tantôt nul , c’est-à-dire que les pièces à cuire sont disposées de manière à le former ; tantôt c’est une enceinte carrée à Bouches inférieures multiples, sans Cheminées déterminées.
Le Foyer est tantôt inférieur et tantôt interposé dans le Laboratoire avec les pièces.
Le Combustible est soit du Bois en fagot, et alors le Foyer est inférieur, soit de mauvaise Houille , quelquefois même les résidus d’autres fourneaux , soit de la Tourbe , et alors le foyer est interposé. (Cuisson des briques en Angleterre, à Auteuil près Paris, etc.)
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Tels sonf les caractères de cette fabrication.
On peut subdiviser cet ordre, en raison des nombreux articles qu’il embrasse, en trois Sous-ordres que je désignerai par les noms de Plastique, d’üstensiles et de Poterie m atte.
Le premier sous-ordre , la Plastique, renfermera les pièces de figure et d’ornement façonnées à la main ou moulées.
Le deuxième sous-ordre , les Ustensiles, réunira toutes les pièces diverses d’usage économique ou domestique qui ne sont point destinées à contenir des liquides.
Le troisième sous-ordre, la P o t e ri e , se composera de tout ce qui est creux et destiné à recevoir ou contenir différents objets, notamment des liquides, des grains, des poudres, etc.
1er sous-ordre. — A. LA PLASTIQUE.
La Plastique, expression empruntée des anciens, et qui indique plutôt un art qu’un produit, renferme pour nous toutes les productions en Terre-cuite auxquelles l’art des sculpteurs, et même celui des statuaires, a contribué.
Il a chez les modernes beaucoup moins d’emploi qu’il n’en a eu chez les anciens, et il peut paraître assez remarquable que les arts céramiques qui, sous le rapport des pâtes et des vernis, sont restés dans l’enfance pendant une si longue suite de siècles, aient été au contraire poussés aussi loin chez les anciens sous le rapport de la Plastique, qui consiste à faire en Terre-cuite des ornements, des ustensiles, des statues même d’une assez grande dimension.
Il reste une multitude de fragments de corniches , d’entablements, de mausolées, de tombes en Terre-cuite qui faisaient partie d’édifices d’une grande étendue, et qui sont ornés de sculptures et de bas-reliefs composés avec autant de goût et de style, qu’exécutés purement $ exécution dont le mérite, reconnu et admiré du temps de Pline, donnait à ces produits une valeur considérable.
C’est à Dibutade de Sicyone, établi à Corinthe, qu’on reporte l’invention de la Plastique : ce procédé a été surtout très-fré-
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quemment employé pour faire de petites tombes, dont on trouve encore un grand nombre dans l’ancienne Étrurie, où, suivant Varron, cet art était très-cultivé.
On en faisait aussi en Italie de très-grandes, car Varron et Caton voulurent être placés dans des cercueils de Terre-cuite.
La Plastique d’ornementation a eu un emploi des plus communs dans la fabrication de ces tuiles d’ornement du bord des toits plats qu’on appelle des Àntéfixes.
Les figures antiques en Terre-cuite ne sont pas moins nombreuses que les ornements , mais la plupart sont d’assez petites dimensions : cependant les anciens en savaient faire aussi de trèsgrandes : Pline cite une statue de Jupiter, par Turianus, placée au Capitole, et une d’Hercule nommé Fictilis à cause de la matière dont elle était faite, qui était encore célèbre de son temps; il ajoute une longue énumération des artistes qui s’étaient distingués dans l’art de la Plastique, tant à Corinthe qu’à Samos.
On voit dans le Musée royal de Naples des statues en Terrecuite d’une seule pièce ayant près de deux mètres de hauteur, et notamment un Jupiter d’une très-grande beauté; enfin on vient d’en avoir tout récemment un nouvel exemple dans une figure de bacchante du plus beau travail et de grandeur naturelle, qu’on a découverte à Rome (‘).
La Plastique des anciens, soit qu’ils l’appliquassent aux statues, aux tombes ou aux bâtiments, était presque toujours colorée
[soit en bleu , soit en vert , soit en rouge. Cette dernière couleur était le plus fréquemment employée. Pline nous apprend que Dibutade introduisait de la rubrica dans l’argile dont il composait sa pâte pour lui donner une couleur rouge. Ces couleurs étaient terreuses et peu adhérentes; cependant il est bien rare qu’en les cherchant avec attention on n’en trouve pas quelques restes dans le fond des plis et dans les cavités où elles ont été garanties du frottement. Le musée de Sèvres possède un petit tombeau étrusque où se voient assez facilement les vestiges de la couleur rouge et verte dont il avait été enduit.
(*) Lettre tic M. Pietro Visconti à M. Raoul Rochette , datée de Rome 1«r juil-
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MM. le duc de Luynes et deBacq, architecte, ont trouvé dans les ruines de Métaponte, golfe de Tarente, dans le lieu dit chie sa de Sansone, des fragments de corniche et des têtes de lion très-belles, d’environ quatre décimètres de hauteur, qui étaient enrichies de couleurs brune, rouge, jaune très-vives, et qui paraissaient avoir été cuites avec la terre (1). Ce qu’il y a de remarquable sous le rapport de la fabrication, c’est que cette pâte de Terre-cuite, assez dure, a un grain grossier dans l’intérieur, mais très-fin à la surface, de manière à donner aux détails de la sculpture toute la finesse désirable. On verra plus bas que M. Yirebent, de Toulouse, a suivi cette même marche.
Beaucoup d’archéologues regardent la Plastique comme ayant précédé la sculpture en pierre. Il est certain qu’on trouve des figurines en Terre-cuite parmi les objets de la plus haute antiquité, et chez les nations les moins avancées dans les arts.
La planche M, I , du Musée céramique de Sèvres présente plusieurs exemples de Plastique de différents temps et de différents peuples. La figure 2 est une enveloppe de momie égyptienne, et la figure 1 2 un sceau ou cachet égyptien en Terre-cuite rougâtre, assez dure et coloriée, par conséquent un échantillon de Plastique qui a près de 3ooo ans.
La figure 7 est une figurine mexicaine. Je reviendrai sur la Plastique des anciens Mexicains àl’article des Terres-cuites mattes; enfin les figures 8 et 1 1 offrent des exemples de la Plastique chez les anciens Péruviens.
On peut suivre la Plastique, pratiquée, comme on vient de le dire, dès les temps les plus anciens, sans autre interruption que celle qu’ont causée à toute civilisation ces temps d’ignorance et d’anarcljje pendant lesquels les hommes n’ont fait que se disputer, se déchirer et se battre 5 on peut, dis-je, la suivre par quelques exemples de monuments, et de pièces d’une grande dimension exécutés à différentes époques, notamment dans les xive et xve siècles.
A la fin du xive siècle, Nicolo d’Arezzo fit pour divers monuments de sa ville natale de grandes figures en Terre-cuite, et
(') Métaponte , par le duc de Luynes. — Paris , 1833, PI. vu et nu.
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notamment un saint Antoine pour l’église consacrée à ce saint.
Au xve siècle, le sculpteur Simon fit pour Florence une statue de Marie-Magdeleine de plus de 2 mètres de hauteur.
Vers la fin du même siècle, Mazzoni Guido Paganino, de Modène,et Delsa, peintre florentin, étaient célèbres comme sculpteurs en Terre-cuite; plusieurs de leurs ouvrages se voyaient à Fer rare, Venise, Naples, Florence.
A ces exemples tirés de l’Italie (*), on peut ajouter les statues colossales en Terre-cuite représentant saint Paul et saint Pierre et un grand bas-relief d’une des portes de la cathédrale de Séville, exécuté par maître Miguel, sculpteur espagnol du xvie siècle (*) ; et en France les statues en Terre-cuite de Germain Pilon d’un Ecce homo, d’un Christ au tombeau, d’un saint François, toutes figures de grandeur naturelle exécutées en 1 588, et qui se voyaient au musée des monuments français.
On ne peut pas dire que cette partie des arts céramiques ait été inconnue ni même entièrement abandonnée dans les temps modernes; mais il est assez singulier qu’on l’ait presque uniquement appliquée dans le xvme siècle à des objets sans style, sans goût et sans mérite , telles que ces figures habillées dont on peuplait certains jardins , les mauvaises figures allégoriques placées sur les poêles d’antichambres , etc
Cependant, vers la fin du siècle dernier et dans le siècle actuel, on revient avec ardeur, goût et succès à l’emploi de la Plastique , tant pour la statuaire que pour les ornements. Clodion , vers la fin du xviii® siècle , a laissé de très-jolies statuettes et de fort jolis groupes en cette matière, et nous avons vu tout récemment au dernier salon d’exposition de 1842 un basrelief en terre cuite d’une grande dimension , représentant une panthère terrassant un chevreuil, dû à la main habile de M. Mène (3).
La plupart des sculpteurs ébauchent leurs ouvrages en argile , mais peu actuellement terminent assez ces ébauches pour les
P) Vassari, Vie des peintres célèbres , trad. fr., 1840, t. II.
(s) Taylor , Voyage pittoresque en Espagne.
(*) Voyez cc que dit Pline à ce sujet des esquisses en terre cuite de Pasitèle qu’on estimait plus que les marbres (liv. XXXV, chap. XII ).
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croire dignes de la durée que donne la cuisson $ cependant, dans un grand nombre de cas, les amateurs, tant les modernes que les anciens (*) , estiment plus , comme art , ces esquisses où se montre le sentiment du maître et l’esprit de sa touche, que les marbres et les bronzes terminés, dont un travail soigné, réfléchi, mais fatigant la main de l’ouvrier, quelque habile qu’il soit, a souvent effacé le premier et naïf sentiment du compositeur.
A ces exemples de Plastique moderne en Europe, j’en joindrai un autre de ce même art, tiré de l’Inde, mais bien informe sous tous les rapports. La figure i o de la planche M, I , du Musée céramique déjà citée , représente une statue équestre faite dans l’Inde en terre grossière, gris-rougeâtre, sale et peu cuite, rapportée par M. le contre-amiral Laplace , et faite à la manière des chevaux de carton qu’on vend dans nos foires 5 elle a un mètre ■25 centimètres de hauteur, sur un mètre de longueur.
On fait en outre dans l’Inde et en Espagne des figurines en argile ou plutôt en pâte argileuse à peine cuite , couvertes de vives couleurs non vitrifiables , mais appliquées à l’huile ou à l’essence. La figure 9 est un exemple espagnol, et la figure 6 un exemple indien.
La plupart des figures chinoises si finement et si richement peintes qui représentent de hauts personnages, ont pour base de ces couleurs une argile non cuite, blanchâtre, semblable à l’argile des faïences fines d’Angleterre et infusible comme elles.
La Plastique appliquée aux bâtiments, tant civils que monumentaux (2), avec moins de difficulté et de célébrité du côté artistique, a plus d’extension du côté industriel et présente une autre sorte de difficulté. Il faut que la pâte argileuse soit fine, qu’elle soit assez compacte et assez cuite pour résister aux intempéries atmosphériques, et qu’elle conserve après la cuisson la rectitude de lignes qui fait un des mérites, une des qualités essentielles de tout ce qui est architectural. Il faut aussi que son prix soit en rapport avec l’emploi très-en grand qu’on doit en faire. La qualité et la préparation soignée des argiles entrant pour beau-
(’) Je connais d’IIoudon, des bustes en terre cuite plus estimés que les marbres qu’on a faits d’après eux.
f3) Kunstlichen Steinmass.
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coup dans le prix, MM. Virebent, architectes à Toulouse, ont trouvé un moyen de satisfaire à ces deux conditions.
Ils font avec une masse de pâte argileuse blanche, fine, solide, sous un ou deux centimètres d’épaisseur, toute la croûte extérieure et visible des modillons, entablements, corniches, basreliefs, caryatides, qui doivent être placés dans un bâtiment; ils renforcent cette croûte mince, tandis qu’elle est encore molle, d’une masse de pâte argileuse rougeâtre plus grossière et d’un prix bien plus bas (*). Or, c’est ici qu’est la difficulté ; il faut qu’ils composent cette seconde masse, cette pâte de doublure, de manière qu’elle ait, tant à la dessiccation qu’à la cuisson, la même retraite que la croûte. Sans cette condition on conçoit qu’il y aurait séparation des deux pâtes ou au moins déchirement (*).
La plupart des bâtiments de la ville de Toulouse et de plusieurs villes des environs sont enrichis de ces sculptures en Plastique plus solides et surtout à bien plus bas prix que si elles eussent été faites en pierre.
Je viens de dire que la Plastique qu’on pourrait appeler monumentale, a bien plus d’extension que la Plastique statuaire. Je choisis parmi un grand nombre d’exemples ceux que je puis emprunter a des monuments que j’ai vus ou dont le musée céramique de Sèvres possède des échantillons.
A Valentine, près Saint-Gaudens, Haute-Garonne, MM. Fouques et Arnoux ont fait des ornements et des pièces d’architecture pour les bâtiments de la ville de Toulouse à l’instar de MM. Virebent.
Près de Paris, dans le parc de Saint-Cloud , nous avons la copie exacte, et de mêmes dimensions que l’original, du monument en marbre blanc de Lysicrates à Athènes, dit la Lanterne de Diogène. C’est une sorte de petit temple à huit pilastres surmonté d’un dôme porté par quatre colonnes. Le corps principal a 2 mètres 70 cent, de diamètre à sa base ; les colonnes de la lanterne ont 3 mètres 60 cent, de hauteur et sont en trois pièces. La coupole, avec sa corniche, a près d’un mètre de haut.
Q) Mus. cér., pl. M, 11, fig- 1, où cette structure est clairement indiquée par les teintes.
(*) J’ai fait remarquer plus haut que les anciens paraissent avoir suivi ce même procédé.
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Il a été mis à l’exposition de 1802, et placé ensuite, en 1808, sur le plateau élevé du parc de Saint-Cloud. Cette grande pièce de Plastique a été exécutée par les frères Trabucci sur les dessins de Molinos, architecte. Mais cette pâte qui ne paraît ni moins dense, ni moins cuite que celle des anciens, est bien plus attaquable dans nos climats que dans les pays méridionaux. Aussi ce petit monument, comme presque toutes les figures en terre cuite qui j’ai vues exposées en plein air, commence-t-il à s’altérer et à tomber en ruines.
Une des plus remarquables pièces de plastique moderne que je puisse citer, est une copie du groupe du Christ au tombeau, monument du xve siècle qui se voit au château de Biron (Dordogne), et qui, composé de sept figures de 1 mètre 7 déc., de celle du Christ , du tombeau avec un riche soubassement ayant en tout 3 mètres 3 déc. de largeur, a été exécuté en terre cuite d’un blanc un peu jaunâtre dans la fabrique de MM. Virebent frères, à Toulouse, et mis à l’exposition des produits de l’industrie de 1839.
Le musée de Sèvres possède des échantillons de Plastique ayant le même emploi et envoyés de Cassel par M. Wohler, de Pise par M. Picchioli, architecte, etc. (1).
A Dresde, M. Messerschmidt a fait un très-grand nombre de pièces en Terre-cuite destinées aux constructions. On en voit des exemples (M. C. , PI. n , fig. 9). A Berlin, M. Feilner a fait en Terre-cuite beaucoup de pièces d’assez grande dimension destinées à entrer dans les constructions civiles ou monumentales, comme matériaux ou comme ornements.
Son argile est lavée dans une auge à patouillet , qu’on appelle aussi auge à débourber; non-seulement il rejette les petits cailloux pierreux ou pyriteux, mais il sépare par ce lavage l’argile en deux parties renfermant des proportions de sable très -différentes. Il mêle l’argile la moins sableuse avec 2 à 3 parties de ciment, et il soumet ce mélange au pétrissage dans la tinne à malaxer (dite thon maschine). Cette pâte moulée est cuite à une assez haute température , de manière à ne pas
(*) Mus , cer., PL 11, fig 7.
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craindre l’altération produite par les météores atmosphériques, dans les fours ronds ou rectangulaires à plusieurs étages de laboratoires et d’alandiers, que j’ai indiqués auchap. V, page iq5, et qui sont figurés PI. xm , fi g. i et 3. La pesanteur spécifique de cette Terre-cuite est, d’après Accum, de 2,12.
A Munich, une grande partie des nouvelles églises et de quelques monuments sont garnis d’Antéfixes et d’autres ornements d’architecture en Terre-cuite, souvent colorés à la manière des anciens.
L’emploi des briques ornées de sculpture et décorées en nuances de couleur , se confond avec la Plastique. J’en renvoie cependant les exemples au deuxième sous-ordre, qui traite des briques et autres ustensiles.
On fait dans ce moment en plastique des figures allégoriques de 2 mètres de hauteur pour décorer extérieurement l’hôtel -de-ville de Paris. C’est M. Demont , fabricant de plastique à Montrouge , qui est chargé de ce travail; il a fait une pâte qui donne l’espérance que ses terres cuites conserveront une longue durée. C’est un mélange d’argile plastique de Bourgogne, et d’une assez grande quantité de pierre calcaire pulvérisée , qui conserve au feu la couleur jaunâtre de la pierre à bâtir de Paris. C’est un silicate de chaux et d’alumine.
Les conditions techniques pour l’emploi des pâtes argileuses à la Plastique sont fort simples et déjà indiquées par la connais- ! sance que j’ai donnée, d’après Schubart, de la composition et des procédés de lavage de M. Feilner, de Berlin. Il faut que cette ' pâte, facilement maniable, se soutienne bien, ne se dessèche pas trop promptement, ne prenne en séchant et en cuisant ni déformation, ni trop grande retraite, ni fissure, et cependant qu elle ait un grain très-fin propre à recevoir nettement toutes les délicatesses et finesses du modèle. J’ai rapporté comment les anciens et MM. Virebent étaient parvenus à réunir ces deux conditions. Il faut enfin qu’elle présente après la cuisson une couleur agréable.
Les moyens de lavage, de pétrissage, d’addition de proportions convenables entre l’argile, le sable fin et le ciment, sont de ces préceptes qu’on ne peut donner que d’une manière générale, et que j’ai déjà exposés (livre Ier, chap. II , sect. II), parce que leur application doit varier suivant la qualité des matériaux que le