FABRICATION DE HOLLANDE
ouvertes, en chargeant ensuite toutes les deux heures. Puis au bout de vingt-quatre heures, le cuiseur jugeant ce côté suffisamment chauffé , ouvre les bouches du côté opposé, et les charge de même durant vingt-quatre heures, et ainsi de suite pendant deux à six semaines, suivant la grandeur du four. C’est la tourbe de Frise et de Groningue que l’on emploie ; elle est mieux coupée que celle de Hollande, donne une flamme plus longue et plus claire, et produit moins de cendre.
On voit que dans ce fourneau les foyers sont multiples, inférieurs, à bouches opposées, alternativement ouvertes et fermées, que le laboratoire est supérieur, qu’il n’y a point de cheminée distincte, les interstices en font l’office.
L’enfournement d’un four, contenant de 1 1 à 1 1 cent mille Briques, dure trois semaines. Le feu dure, suivant l’état plus ou moins favorable de l’atmosphère , de 1 5 à 1 8 jours , et souvent beaucoup au delà, en raison de la grandeur du four. On consume 3 à 4j°°° tonnes de tourbes, composée chacune de 8o à 90 pièces (stucl r).
Le temps que dure le feu combiné avec l’état de l’atmosphère, est le seul moyen qu’on ait de présumer que les Briques doivent être cuites.
Après le feu on ferme toutes les bouches du foyer; le refroidissement n’est complet qu’au bout de cinq à six semaines , ce qui fait en tout onze semaines pour une fournée de l’importance de celle qu’on a prise pour exemple.
Une fournée donne plusieurs sortes de Briques : les unes, considérées suivant leur qualité et leur emploi; les autres, d’après leur forme et leur dimension.
Sous le premier rapport, on distingue les grosses Briques de construction en rouges et jaunes.
Les Briques petites et moyennes, un peu déformées, extrêmement cuites, presqu’à l’état. de verre compacte et noir, se nomment généralement Klinken. Elles sont jaunâtres ou bleuâtres, et souvent vernissées à l’extérieur. On les emploie principalenrçent pour le pavage des trottoirs et des routes , en les posant de champ.
Enfin les Briques de déchet , employées à toutes sortes d’ou-
BRIQUES
vrages secondaires. On évalue les déchets à environ 10 p. o/o d’une fournée.
Le gouvernement hollandais a fait des ordonnances sur la fabrication de ces matériaux pour en assurer la bonne qualité ; ainsi on ne peut en mouler que pendant vingt semaines, qui finissent au 8 septembre, parce que l’on a remarqué que les gelées qui peuvent survenir alors , nuisent à la bonté des Briques (*)►
Chine — Fabrication des Briques et Tuiles (*). — Le choix et le mélange des terres ne présentent rien qui puisse être apprécié. Mais le marchage se fait par des bœufs que le conducteur pousse en avant dans un bassin où est le mélange. La figure 4 de la planche xlii de la fabrication de la porcelaine, indique assez bien cette manœuvre.
Les Tuiles étant généralement des rectangles courbes sur les grandes dimensions, la croûte se moule sur des noyaux un peu coniques placés sur la tournette chinoise PL xvn, fig. 4- Le moule ou le noyau (n) est divisé par quatre lignes saillantes perpendiculaires à sa base, qui indiquent ou tracent plutôt la séparation de la croûte en quatre Tuiles. Les croûtes faites d’avance, réduites à la hauteur de la Tuile , s’appliquent sur le noyau et y sont comprimées au moyen des contre-moules représentés bien distinctement en ( tt ).
Les Tuiles sont séchées comme à l’ordinaire, puis placées, pour être cuites, dans le four 8. On les y cuit au bois. Lorsqu’elles sont élevées à la température convenable, un ouvrier (a) portant deux seaux (5$) au moyen du levier (/) placé sur ses épaules, en répand le contenu par l’ouverture supérieure ou cheminée du four (f). Le texte dit que c’est un liquide qui doit
(*) Tiré en grande partie de Jars, Voyage Mélaïl., t. m,1765 et 1766, p. 374, et d’EvERSMANN , Technolog. Bemerkunger auf einer reise durch Holland. 1 vol. in-12, Freyberg, 1792, p. 148, Tab. iv.
(2) M. Stanislas Julien a eu l’obligeance de me faire connaître un livre chinois intitulé Thien-Kong-Khai-fVe , ce qui veut dire à peu près Développement des choses par la vertu du Ciel, publié, en 1628 et 1644, en 3 vol., et accompagné de figures au trait dans le texte. Il a eu la bonté de me lire ce qui, dans ce livre qui traite d’un grand nombre de métiers, est relatif aux arts céramiques. C’est l’extrait du passage qui parle des Briques et des Tuiles, et la copie des figures qui y sont relatives , qu’on trouve ici et (PI. xvn). Je donnerai, à l’ordre des Porcelaines dures , l’explication des autres figures.