MATTES. GROUPEMENTS
l’Europe, et notamment dans presque toutes celles de l’ancien continent, on ne fait encore, même en Poterie fine, que de ces Poteries sans vernis.
Leur pâte présente des différences extérieures et quelques différences de composition qui pourraient faire établir entre elles des subdivisions assez bien fondées que je suivrais comme plus rationnelles que l’ordre géographique et chronologique si elles ne rompaient des rapports qui offrent, sous un autre point de vue, des considérations intéressantes et même assez importantes. Je dois donc me contenter d’indiquer ces diverses sortes de pâtes susceptibles d’être distinguées par leurs carectères extérieurs et même par leur composition.
On peut y établir les divisions suivantes qui, fondées sur la couleur, indiquent suffisamment, en attendant que des analyses encore plus nombreuses les modifient, des différences de composition dans les pâtes.
Je réuni rai donc en quatre groupes les P o t e r i e s à pâte tendre , uniquement sous le rapport de la couleur de la pâte et sans égard à* la glaçure.
der Groupe. Pâte jaunâtre pâle, presque blanche.
2e Groupe. Pâte rouge ou rougeâtre, sale, passant au brun rougeâtre. 3e Groupe. Pâte grise ou gris de cendre, plus ou moins foncée.
4e Groupe. Pâte noire, matte ou brillante, soit par polissage, soit par lustre antracitique.
Je vais développer les caractères chimiques de ces groupes et donner plusieurs exemples de chacun d’eux pris dans les pâtes, sans avoir égard au lustre dont quelques-unes sont recouvertes.
On verra dans le tableau qui doit suivre l’exposition des caractères de ces quatre groupes, que ces pâtes qui ont , en général, une composition semblable , offrent cependant des différences , légères il est vrai, mais qui sont liées avec leur couleur.
Premier groupe. Ainsi les pâtes de couleur jaunâtre , pâle , si pâle quelquefois qu’elles passent au blanc sale, ne renferment, comme l’indique cette couleur, que très-peu de fer, au plus 6 p. o/o.
POTERIES TENDRES
Je donne comme exemple de ce groupe les vases, jarres, amphores.
Grecs. (Amphores deTarente.)
Gallo-romains. ( Jarres et amphores. )
D’Espagne, 'j
De Naples. ? . . . . ( Hydrocérames. )
D’Algérie. )
De France. D’Orléans. ( Formes à sucre. )
De Champagne. (Vases culinaires à feu.) De Lannilis. ( Cruches , poêlons. )
Du Gard. (Assiettes, etc.)
Le second groupe renferme les pâtes rouges ou rougeâtre sale, passant quelquefois au brun-rougeâtre. Je donne pour exemple de ce groupe ,
Les Poteries romaines du Ier siècle de différentes contrées de ■ l’Europe.
Les Poteries :
égyptiennes. ( Cônes de Momies , vases peints du temps des Ptolémées. )
grecques ancityines, de toutes localités, de toutes formes.
( A tous usages. )
grecques actuelles, de l’Archipel. (Cruches et autres pièces. )
gallo-romaines de divers lieux. ( Principalement les bouteilles de voyage. )
péruviennes anciennes. (Grandes amphores, bouteilles,! figurines. )
péruviennes actuelles. (De toutes formes et à tous usages.) chiliennes actuelles de Talcahuana.
indiennes de Pondichéry, cochinchinoises.
françaises de Saint-Samson. (Coquemars, etc. )
de Malansac [Ille-et-Vilaine]. (Tines à lait, cruches. )
d’Agen. (Cruches.) de Marseille. (Formes à sucre.)
MATTES. GKOUPEMENTS.
Dans le troisième groupe qui renferme les Poteries à pâte , gris de cendre , plus ou moins foncé, le fer à l’état de protoxyde, est maintenu à cet état par la température très-basse de leur cuisson.
On peut donner pour exemples :
Les Poteries romaines postérieures au ive siècle, germaines ou celtiques, slaves, gauloises.
Scandinaves.
de Corse. (Les urnes funéraires actuelles.) d’Égypte. ( Quelques hydrocérames. ) ,
Le quatrième groupe renferme les Poteries presque noires et quelquefois d’un noir matdevelours; elles ont la plupart des caractères chimiques qui se lient avec les caractères extérieurs. Elles se ramollissent au feu et même se fondent en se boursouflant, mais sans se réduire en un verre coulant.
Elles sont à peine cuites , et quand on les porte à une haute 1 température, elles deviennent rouges.
Les exemples peuvent être pris des Poteries suivantes :
Mattes.
Poteries étrusques, de Volterra.
gauloises.
indiennes, du Bengale, américaines, du Pérou, françaises, deCessel.
de Bourzy. } de Thuir. ; Portugaises, de Schavo.
(Les cuviers.)
(Faites par enfumage).
Luisantes par frottement.
Du Jutland.
De Madagascar.
De la Colombie.
POTERIES TENDRES NOIRES
Luisantes par une sorte de lustre d’Antracite , — comme celui du coke, et faisant le passage aux Poteries lustrées du deuxième ordre.
Indes, Calcutta.
Les Briques noires de Hollande.
On connaît assez bien la cause de cette couleur et les moyens d’introduction du charbon que ces Poteries contiennent, et qui malgré sa si petite proportion ( deux millièmes quelquefois) conserve sa propriété colorante si tenace et si puissante.
Ces Poteries à peine cuites , sans autre lustre que celui qu’elles ont reçiî du polissage, telles que celles des Gaulois , de Madagascar, doivent en partie leur couleur noire au fer qui a conservé la couleur de son protoxyde par l’influence des matières organiques existantes ou introduites dans l’argile, base de la Poterie, puis au charbon lui-même résultant de la décomposition de ces matières organiques.
On peut donc, parmi les Poteries noires, indiquer encore cinq divisions sous le rapport de la cause de cette couleur.
Les unes ont la pâte entièrement noire sans vernis et paraissent devoir cette couleur au charbon. Elles sont tantôt mattes, tantôt brillantes, mais elles ne doivent cet éclat qu’à un polissage avant leur cuisson.
Les secondes également noires, souvent jusque dans l’intérieur de la pâte, doivent cette couleur à l’enfumage.
Les troisièmes à pâte noire ou grise doivent leur poli à un enduit de graphite.
Les quatrièmes sont brillantes , elles tirent cet éclat d’anthracite d’un enduit charbonneux qui a été placé liquide (‘).
Les cinquièmes enfin, à pâte rouge, reçoivent leur couleur noire d’une vraie glaçure posée sur la surface du vase, qui la couvre quelquefois si complètement qu’on ne peut voir la couleur de la pâte que par une cassure.
Les Poteries noires , bien cuites , telles que celles des cuviers du midi de la France, des vases d’usage de l’Inde, cités plus
0) Voir PI. lvh, fig. 1.