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PARTIE TECHNIQUE. LE TOUR

d'Égine, deSamos, de la Grande-Grèce ou Italie méridionale, de la Campanie, quelque anciennes qu’elles soient, ont été tournées avec une grande perfection.

Les Poteries anciennes de l’Espagne et du nord de l’Afrique ont aussi été tournées, mais il paraît qu’elles doivent l’application du Tour aux Arabes, si habiles dans les arts céramiques.

Enfin, toutes les Poteries romaines, tant celles de l’empire que celles des colonies, ont été faites au Tour.

Dans le nord et l’ouest de l’Europe, je neconnais que les Poteries auxquelles on donne le nom de gauloises ou celtiques , qui manifestent clairement la connaissance et l’usage du Tour -, quant aux grandes pièces, telles que Jarres, Cuviers, Amphores, fabriquées chez les peuples qui connaissent le Tour à Potier, elles ont rarement été faites au moyen de cet instrument, mais on les a montées rondes par le procédé du Colomb in et du façonnage à la main^sur le plateau (*) : ici ce n’est pas la pièce qui tourne devant l’ouvrier, mais c’est celui-ci qui tourne à l’entour de la pièce.

Les peuples dont les Poteries anciennes n’ont point, quoique rondes, été faites sur le Tour à Potier sont en Europe, les Scandinaves. Aucun des échantillons que j’ai vus de ces Poteries, à façonnage grossier, n’a été tourné.

Parmi les Poteries germaines, quelquefois difficiles à distinguer des gauloises et même des gallo-romaines, il y en a un grand nombre qui, malgré leur perfection de forme et leur ténuité , malgré les stries circulaires qu’elles présentent, ont été façonnées à la main sans le secours du Tour à Potier, mais probablement «à l’aide, soit du moulage, soit du plateau tournant (*).

(’) M. Letronne cite un passage des Géoponiques où ces deux procédés sont clairement indiqués : «Les I*ithos sont des va^es propres à conserver les den- » rées. Les petits se font à la roue , les grands se façonnent à même la terre. »

(*) Il faut distinguer le Tour à Potier dont la tête, qui porte la pièce, est mise

continuellement en rotation tandis que le tourneur façonne sa pièce , de la tou rn e t te ou plateau tournant sur lequel l’ouvrier place son ballon de pâte , qu’il façonne avec la main en le faisant tourner de temps en temps avec l’autre main pour amener successivement devant lui les parties de la pièce qu’il veut arrondir ; on peut voir alors quelques traces de lignes circulaires, mais elles ne sont jamais ni si exactement circulaires ni si continues que sur les pièces réellement tournées, qui se reconnaissent au parallélisme des rayures circulaires et aux stries ou lignes

II faut donc apporter une grande attention pour s’assurer, d’abord, que le Tour du Potier n’a point été employé, et par conséquent que tels peuples , ou ne le connaissaient pas, ou ne l’ont pas employé pour tout et dans tous les temps ; ensuite , si les pièces qui indiquent l’usage de cet instrument , sont du même ouvrier , du même peuple ou du même temps que celles qui montrent un autre mode de façonnage.

Une circonstance qui me paraît assez remarquable , c’est que la plupart des Poteries étrusques proprement dites (‘) , qui sont d’ailleurs assez parfaites, sous le rapport des formes, des ornements et des figures en relief , quoique complètement rondes et sans qu’elles aient de garnitures et de saillies qui aient pu s’opposer à l’emploi du Tour, n’ont pas été faites avec le Tour à Potier. Le nombre des pièces étrusques que j’ai vues et qui ne portaient aucun indice de tournage , est très-considérable en comparaison de celui des pièces tournées, et en général, ces dernières présentent dans leurs formes, dans la couleur et la nature de leur pâte, des caractères qui les distinguent assez nettement des Poteries étrusques noires, grises et rougeâtres non tournées. Parmi les noires et même parmi les grises, celles dont l’exécution est mince et délicate, paraissent avoir été faites sur le Tour.

Aucune des pièces provenant des indigènes des deux Amériques, Caraïbes, sauvages du territoire des États-Unis, Mexicains, Chiliens, Péruviens, n’indique l’emploi du Tour à Potier; par conséquent, la connaissance de cet instrument n’était pas arrivée à ces peuples': Les personnes qui, en voyageant dans ces pays (*),

courbes que fait le fil métallique du tourneur sur le dessous du pied de la pièce lorsqu’il la détache de la tête du Tour pendant qu’il est en mouvement.

P) Je n’ose pas dire toutes n’ayant vu que celles de Sèvres qui sont authentiques , et celles du Musée royal , qui , malgré le manque d’indication de localité , ne peuvent laisser aucun doute sur leur origine : d’aiileurs il est des cas où le façonnage à la main est si parfait qu on peut douter si la pièce a été faite sur le tour, sur la tournette ou si elle a été moulée.

(2) M. Rodlin, qui a voyagé dans l’Amérique méridionale , et qui s’est fait connaître par les curieux résultats de ses nombreuses observations.

M. Acosta, officier du génie de la république de Colombie.

Les Vases qui ont été rapportés du Chili par M. d’ORBiONï, et qui font partie du Musée céramique de Sèvres, quoique ronds et semblables en beaucoup de points auv vases des Indiens orientaux, n’ont pas été faits sur le Tour.

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